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L’Unique n°8 (mars 1946)
Portrait : Tharsia
Article mis en ligne le 7 décembre 2007

par Menthor
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Tharsia s’avère pluraliste en matière amoureuse, mais on ne lui connaît que fort peu d’amis, car elle a horreur de compliquer son existence. Tharsia est sage, raisonnable, maîtresse d’elle-même, tout en prenant garde que son cœur se dessèche. Elle tient la balance égale entre ses quelques amis, c’est-à-dire que dans les relations sentimentales, affectueuses, physiques, qu’elle entretient avec chacun d’eux, elle se montre a son égard ce qu’il lui demande d’être. Sage comme elle est, elle a compris que c’était le seul moyen à employer pour que chacun d’eux retire de la joie d’être son ami, mais aussi pour qu’aucun d’eux n’éprouve à l’égard d’un autre du ressentiment ou de l’inimitié du fait qu’il se sent moins favorisé que lui. D’ailleurs, de sa façon de faire, Tharsia retire un enrichissement inappréciable, chacun de ses amis se révélant a elle sous un aspect différent, sentimentalement, affectueusement, physiquement parlant. Dès l’abord, Tharsia refuse ou accepte l’amitié amoureuse qui lui est offerte, mais une fois acceptée, Tharsia considère qu’elle est sous obligation à l’endroit de qui lui fait don de cette amitié. Cette obligation comporte qu’elle paiera de retour cette amitié amoureuse, selon ce que son ami attend d’elle. Naturellement douée de flair, Tharsia se rend immédiatement compte si l’amitié qu’on lui voue est ou non de qualité, durable, trempée, résistant a l’épreuve, sans alliage. C’est cette qualité, d’ailleurs, qui détermine son acceptation de l’amitié amoureuse offerte. Il se peut que ce « payer de retour » ne soit pas toujours plaisant, mais Tharsia ne le laisse jamais soupçonner, car l’obligation est là, et, raisonnable comme elle est, elle estime que ce serait cruauté de sa part que d’infliger de la douleur à l’ami dont elle a accepté l’amitié. Tharsia, d’ailleurs, a tant de cordes à son arc, je veux dire à l’arc de son bon vouloir : affabilité, compréhension, raisonnement, dévouement, bonté, pitié même. Mais ce dont elle ne veut à aucun prix, c’est qu’à cause de son attitude à l’égard d’un seul d’entre eux, ses autres amis aient peine ou tourment. Peu importe le prix a payer, Tharsia ne veut pas faire figure de femme qui fait souffrir et elle sait que, de cette détermination, ses amis lui sauront gré. Tharsia n’entend pas non plus que ses amis se regardent en chiens de faïence, comme on dit, et elle sait que cela se produira inévitablement si elle a le malheur de manifester de la préférence pour l’un d’eux. Elle ne consent pas à être une cause de désaccord, quelque sacrifice qu’il dût lui en coûter. Elle se doit à ce que ses amis, à elle, soient amis entre eux et elle s’y emploie, ne regardant ni au tact ni à la délicatesse indispensables. Mais sa bonne volonté n’est jamais à court de trouvailles. Elle n’entend pas non plus que les sentiments que lui portent ses amis soit occasion pour l’un d’entre eux d’en tirer, sans réciprocité ou compensation, profit sentimental ou amoureux. Désintéressée comme elle est, son mépris serait tel pour le bénéficiaire qu’elle cesserait de le compter au nombre de ses amis. Elle ne consentira jamais à ce qu’on la soupçonne d’avoir approuvé, sans que sanction en résulte, qu’un de ses amis tire d’un autre plus qu’il ne se préoccupe de lui rendre. Tharsia n’est pas que bienveillance et générosité, elle aussi équitable. De ses projets d’avenir, aucun de ses amis n’est absent et tous surent fort bien que, dans ces projets-la ils sont tous présents, à égalité de réalisation affective. Tharsia, en cas de défaillance de sa part, ne se formalise pas parce qu’un de ses amis lui démontre qu’a l’égard de cet autre, elle a négligé un instant de tenir la balance égale, c’est-à-dire qu’elle ne lui a pas donné ce qu’il attendait d’elle. Elle ne trouve cette intervention ni intempestive ni déplacée. Elle est intelligente et toujours disposée à remédier à ses manquements. Elle interroge, fait son examen de conscience et rachète sa défaillance par un redoublement de prévenance et de tendresse. Tharsia n’est-elle pas la femme qui ne veut pas qu’on souffre à cause d’elle ?

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