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Iztok n°3 (mars 1981)
Les communards-révolutionnaires
Article mis en ligne le 6 décembre 2007

par Wieberalski
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Leningrad
est le haut lieu de l’opposition d’extrême gauche en URSS.
Après l’« opposition de gauche » justement, on a
appris l’existence d’une nouvelle organisation radicale, anarchiste :
le groupe des « communards révolutionnaires ». Dans
les années soixante, le nom de communard était souvent
pris par les groupes léninistes de gauche qui se
constituaient, notamment dans le Komsomol. Leur mot d’ordre principal
était le « retour à Lénine ». Un
mouvement existe depuis quelques années à Leningrad,
celui des « jeunes communards ». Ce sont des jeunes qui
vivent en communauté, et qui sont marxistes, trotskystes et
surtout anarchistes. C’est dans ce milieu favorable que sont apparus
l’« opposition de gauche », et un groupe influencé
par l’anarchisme, le groupe des « communards révolutionnaires ».

On
sait relativement peu de choses sur les activités de ce
groupe, car dès le début, pour déjouer la
répression, il a été clandestin. Quelques unes
de ses actions sont cependant connues, bien que certaines restent à
confirmer. En mai 1978, il aurait participé à
l’organisation d’une manifestation contre la guerre sur la
perspective Nevsky. La même année, et en commun avec
l’Opposition de Gauche, il aurait tenu un faux cours de Diamat
(matérialisme dialectique, cours politique obligatoire et peu
apprécié des étudiants) à l’université
de Leningrad. Devant 300 personnes, plusieurs étudiants ont
parlé de Bakounine et Trotsky entre autres. Les communards
révolutionnaires ont aussi édité plusieurs
tracts.

Le
7 octobre 1979, trois membres du groupe sont arrêtés à
Leningrad pour avoir écrit des slogans sur les murs et avoir
collé des tracts. Les slogans disaient « La démocratie,
pas la démagogie » et « À bas la capitalisme
d’État ». Les affiches demandaient « un ordre
simplement anti-autoritaire » et s’opposaient au mal sous la
forme de « la famille, la propriété privée
et l’État ». Ces tracts étaient signés par
le mouvement des communards révolutionnaires. Les trois
personnes arrêtées, Vladimir Mikhailov, Aleksei
Stassevitch et Alevtina Kotchneva, ont été accusées
de « houliganisme » et elles ont été
condamnées le 25 décembre respectivement à 3 ans
de camp à régime sévère pour Mikhailov et
Stassevitch et 1 an et 3 mois de camp à régime sévère
pour Kotchneva. Le jugement a été confirmé en
appel le 15 février 1980. Mikhailov et Stassevitch ont tous
les deux refusé de se reconnaître coupables.

Mikhaîlov,
né en 1952, travaillait comme mécanicien à
l’installation de systèmes de réfrigération à
Dnipropetrovsk. Stassevitch était musicien, poète et
artiste peintre. Ils vivaient en communauté dans l’appartement
de Youri Zaïdenchnir. Ils étaient membre d’une commune de
jeunes depuis 1975 (commune qui participa aussi à
l’organisation de la manifestation contre la guerre). Lors d’une
perquisition chez eux après leur arrestation, les documents
suivants furent confisqués : de vieilles éditions
soviétiques de Kautsky et Bebel, des œuvres de Marcuse et
Fromrn, des samizdats religieux et autres, y compris la « Chronique
des évènements courants » et des tracts signés
par le mouvement des Communards révolutionnaires.

Ce
sont les seules arrestations parmi les communards révolutionnaires
qui soient connues jusqu’à présent. Le groupe continue
sa lutte dans la clandestinité. Il a mandaté un
dissident de Leningrad prêt à émigrer (qui n’a
pas les mêmes idées qu’eux mais qui a travaillé
avec eux contre le régime soviétique) pour prendre des
contacts à l’étranger en son nom, notamment avec des
organisations anarchistes. En France, une annonce est parue à
cet effet dans le quotidien Libération en août
dernier. Si de nouvelles informations nous parviennent sur les
activités de ce groupe, nous en ferons état dans notre
prochain numéro.

Wiebieralski
_

ANNEXE  : texte paru dans Libération :

Les
gauchistes de Leningrad.

Une
des particularités de Leningrad est qu’il existe depuis des
années, en dépit des démantèlements
successifs, au moins un groupe gauchiste. Le dernier en date (après
l’écrasement du Groupe Anarco-communiste de Skobov-Tsourkov en
78) les Communards-révolutionnaires, connus aussi sous le nom
d’anarco-hippies, étaient en entier dans la clandestinité
et tentaient d’échapper aux recherches de la police. Trois de
ces membres ont été condamnés le 25-12-79 :
Vladimir Mikhaïlov et Alexei Stassévitch à trois
ans et Alevtina Kotchévoï à un an. (le groupe
cherche à établir des contacts avec les organisations
anarchistes occidentales. Écrire à leur correspondant à
l’étranger. Okoulov, c/o Lev Routkévitch,
Rassunowskigasse 9-11-14, A1030 Wien, Autriche qui transmettra).

Libération
du 04-08-80

La
nouvelle adresse pour contacter A. Okoulov : A.Okulow, Possev-Verlag,
Flurscheideweg 15. D-6230 Frankfurt/m - 80, RFA

Sources :

  • Labour
    Focus on Eastern Europe
    , février 1980
  • L’Alternative
    n°4-5, mai 1980 ; n°2 janvier 1980
  • Correspondance
    d’Iztok avec Lev Okoulov
  • Informations
    indirectes recueillies auprès d’une personne qui est allée
    il y a quelques temps à Leningrad, ce qui explique le
    conditionnel pour certaines informations.

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