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Noir & Rouge n°10 (printemps 1958 ?)
Sur la démocratie
Article mis en ligne le 16 janvier 2008

par Archinov (Pierre)
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Cette
plate-forme a été présentée au Congrès
de Bourg la Reine en 1927.

Le
texte que nous avons n’est qu’une partie de la dite plate-forme, nous
pensons néanmoins qu’il est utile de la représenter à
l’ensemble des camarades.

Négation de la démocratie

La
démocratie est une des formes de la Société
Capitaliste et bourgeoise. La base de la démocratie est le
maintien de deux classes antagonistes de la Société
Moderne : celle du Travail et celle du Capital et leur collaboration,
sur la base de la Propriété privée Capitaliste.

L’expression
de cette collaboration est le Parlement et le Gouvernement national
représentatif. Formellement la démocratie proclame la
Liberté de la Parole et de la Presse, la liberté
d’association ainsi que l’Égalite de tous les citoyens devant
la Loi. En réalité toutes ces libertés ont un
caractère assez relatif.

Elles
sont tolérées jusqu’à ce, et pour autant,
qu’elles ne viennent pas contrecarrer les intérêts de la
classe dominante, c’est-à-dire de la bourgeoisie.

La
démocratie maintient intact le principe de la propriété
capitaliste privée. En même temps elle laisse à
la bourgeoisie le droit de tenir entre ses mains toute l’économie
du pays, toute la presse, l’instruction, la science, l’art, tout ce
qui en fait rend la bourgeoisie maître absolu des pays. Ayant
le monopole dans le domaine de la vie économique, la
bourgeoisie peut également établir son pouvoir illimité
dans le domaine politique. En effet le parlement et le gouvernement
représentatif ne sont en régime démocratique que
les organes exécutifs de la bourgeoisie. En conséquence,
la démocratie n’est qu’un aspect de la dictature bourgeoise
masqué par les fausses formules de liberté politique et
par là, la futile garantie démocratique.

La négation de l’État et du pouvoir

Les
idéologues de la bourgeoisie définissent l’État
comme organe régulateur des rapports compliqués
politiques sociaux entre les hommes, au sein de la société
moderne et comme le tuteur de l’Ordre et des lois dans celle-ci. Les
anarchistes sont parfaitement d’accord avec cette définition
mais ils la complètent en affirment qu’à la base de cet
ordre et de ces lois se trouve l’assujettissement d’une large
majorité du peuple par une minorité infime et que
l’État sert précisément à maintenir cet
esclavage. L’État est en même temps la violence
organisée par la bourgeoisie contre les travailleurs et le
système de ses organes exécutifs.

Les
socialistes de gauche, et en particulier les bolcheviques,
considèrent eux aussi le pouvoir et l’État bourgeois
comme les serviteurs du Capital. Mais ils pensent que le pouvoir et
l’État peuvent devenir, une fois entre les mains des
socialistes, un moyen puissant dans la lutte pour l’émancipation
du Prolétariat. Pour cette raison ces partis soutiennent un
pouvoir socialiste et un État ouvrier. Les uns veulent la
conquête du pouvoir par les moyens pacifiques, parlementaires
(les sociaux-démocrates) ; les autres par les moyens
révolutionnaires (bolcheviques et les socialistes
révolutionnaires de gauche).

L’Anarchisme
considère les deux thèses comme profondément
erronée et profondément néfastes pour l’œuvre
d’émancipation du travail.

Le
Pouvoir est toujours destiné à la spoliation et à
l’assujettissement des masses populaires. Il surgit de cette
spoliation et il est créé pour la permettre. Le Pouvoir
sans la violence et sans l’exploitation perd toute raison d’être.

L’État
et le Pouvoir enlèvent l’initiative aux masses, tuent l’esprit
d’action autonome, l’esprit d’activité, cultivent dans les
masses la psychologie servile de soumission, d’attentisme, d’espoir
dans les autorités. Hors, l’émancipation des
travailleurs n’est possible autrement qu’au cours d’une lutte
révolutionnaire directe de larges masses travailleuses et de
leurs organisations de classe contre le système capitaliste.

La
conquête du pouvoir par les partis sociaux-démocrates,
par les moyens parlementaires dans le cadre de l’ordre actuel, ne
fera pas avancer d’un seul pas l’œuvre d’émancipation, pour
la simple raison que la puissance réelle, et de ce fait le
pouvoir réel, resteront dans la poigne de la bourgeoisie qui
détient tous les levier de l’économie et de la
politique du pays. Le rôle du pouvoir socialiste se réduit,
dans ce cas, aux réformes, à l’amélioration
du régime bourgeois même
. (par exemple Mac Donald,
les partis sociaux démocrates d’Allemagne, de Suède, de
Belgique, parvenus au pouvoir à l’intérieur de la
Société Capitaliste).

La
conquête du pouvoir par un bouleversement social et
l’établissement d’un soi-disant « état ouvrier »
ne peut pas plus servir la cause de la véritable émancipation
du travail. L’État construit à l’origine pour la
prétendue défense de la Révolution, finit
immanquablement par se laisser déborder par des nécessités
spécifique et congénitales, devient lui-même un
but, un produit de peuples particuliers privilégiés sur
lesquels il s’appuie, subordonne par la force, les masses à
ses besoins et à ceux des groupes privilégiés,
et restaure en conséquence le fondement du pouvoir et de
l’état capitaliste : l’asservissement par la force,
l’exploitation systématique des masses. (exemple : l’État
« ouvrier et paysan des bolcheviques.)

P.
Archinov
Pour le groupe des anarchistes Russes en exil
Le 20 juin 1926
(« Plate-forme d’Organisation »)

P.S.
Nous publierons dans un prochain numéro la réponse du
groupe anarchiste russe dont Voline était secrétaire.

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