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L’ère nouvelle n°4 (août 1901)
Correspondance
Article mis en ligne le 29 mars 2008
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Nous
recevons de Sa Grandeur Mgr X, archevêque d’une contrée
nord-américaine la lettre qui suit

X—
22 juin 1901

Cher
Monsieur et frère en Jésus-Christ

J’accuse
réception de l’Ère Nouvelle. Je vous en suis
très reconnaissant et fais des souhaits pour son existence et
sa prospérité. Nul doute que vous avez cent fois raison
dans votre programme et que l’esprit de votre publication est celui
de Jésus-Christ et de ses apôtres. Malgré tout
cela, j’ai la douleur de vous prophétiser que dans toutes les
églises catholiques ou protestantes vous allez rencontrer des
pharisiens et des persécuteurs pour détruire votre
œuvre ou plutôt l’œuvre du vrai Christ, —Croyez-moi, vous
trouverez plus de consolation au milieu des péagers et des
gens de mauvaise vie que dans les églises soi-disant
chrétiennes et catholiques. Le mensonge, la haine, la
calomnie, la duplicité, la persécution et l’esprit de
clocher semblent aujourd’hui dominer plus de la moitié des
sectes chrétiennes. Bien peu d’apôtres dans le siècle
où nous vivons veulent servir la cause du Grand Socialiste
Jésus, à l’exemple de Saint-Pierre et de Saint-Paul.
Retranchez-moi le tout puissant dollar du budget des cultes
européens, détruisez-moi les église, d’état,
officielles ou césariennes, et vous verrez que par ce fait
vous régénérerez et purifierez les églises
de tous les faux apôtres qui font caisse commune avec les
gouvernements pour assujettir les peuples à la guerre, à
la superstition et à la servitude.

Recevez,
etc.

X.

* * *

Genève,
25 juin 1901.

C’est
avec une grande joie que j’ai lu les deux premiers numéros de
l’Ère Nouvelle.

Combien
je sentais déjà le besoin d’un Christianisme plus vrai
et plus actif, car devant le socialisme athée d’aujourd’hui et
le Christianisme tel qu’il est compris couramment, je n’avais pas de
choix. Le premier m’effraie, mon cœur se sent vide et mon
intelligence entrevoit les finalités peu rassurantes
auxquelles il conduira ; vis-à-vis des chrétiens,
j’étais attristé de les voir discuter un Évangile
qui apporte la vie et de les voir si peu vivants.

Oui,
il nous faut un Christianisme d’action dont on voie les fruits. Que
ceux qui l’ont compris se tendent la main au-dessus de toutes les
barrières que le monde a élevées : credos des
Églises, sectes, frontières nationales, etc.

Disciples
de Christ, nous n’avons qu’un maître : le Christ ; qu’un idéal :
l’Amour réciproque.

Je
souhaite à l’Ère Nouvelle une entière
réussite. La réalisation de son programme qui est beau
et vise un but élevé sera une réelle victoire
sur les iniquités sociales.

Je
souscris à deux abonnements, etc.

Alexandre
Mairet

Réponse

À
M. Chaffaud, Niermon, par Bagé (Ain).

Cher
camarade

Vous
m’avez mal compris. Je n’ai pas voulu dire qu’on dut prêcher
l’Évangile pour un gain quelconque, mais :


Que celui qui, d’une façon ou d’une, autre, passe tout son
temps à annoncer l’Évangile devrait en retirer une
équitable rémunération car l’ouvrier est digne
de son salaire et non pas seulement d’une partie ;


Qu’il n’est pas juste de voir quelqu’un passer par exemple les trois
quarts de son temps a là prédication de l’Évangile,
pour laquelle il ne reçoit aucun salaire, et l’autre un quart
à un travail dont il retire au contraire toute sa
subsistance. Il y a là quelque chose qui me choque.

Voilà
mon idée exacte. Peut-être est-ce une opinion trop
exclusivement personnelle. Mais je me méfie des braves gens
qui aiment être « du peuple » et qui conserve
fortune et propriétés. On ne peut guère
appartenir au peuple que si l’on souffre sa faim, sa soif et sa
misère comme l’a fait le Christ, notre maître.

Je
n’en dirai pas de même des cœurs généreux qui
admettent ne pas être du peuple, ce qui est vrai, mais
descendent vers lui dans un élan sincère, se mettant à
la portée des plus humbles et prêts à accepter la
transformation économique de la société, si elle
se produisait demain. Mais ceux-là ne trichent pas. Ils
s’appellent Gamaliel, Nicodème, Joseph d’Arimathie, etc., mais
non Jean, Pierre ou Paul. Ils n’en ont jamais émis. d’ailleurs
la prétention. Aussi les respecte-t-on et les estime-t-on à
leur valeur.

Votre

E.
Armand


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