Courrier

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Voici un bref panorama de l’action que j’ai entreprise : Tout d’abord, il m’a fallu approfondir mes idées sur ce sujet (la non-violence m’était alors pratiquement inconnue). Je n’ai pas, d’ailleurs, la prétention de la connaître bien encore à l’heure actuelle. Votre revue, des discussions multiples avec des profs de philo et des élèves, dans différentes classes du lycée (j’ai fait plusieurs exposés‑débats sur le thème : « Anarchisme et non‑violence ») m’ont beaucoup aidé dans cette recherche constante de la vérité.

Nous avons (des camarades non violents, pas forcément anarchistes d’ailleurs) fait venir le pasteur René Cruse, qui a donné une conférence‑débat sur le thème : « Non‑Violence et lutte de classes », à la mairie de Nevers, le 12 mai (auditoire : cent à deux cents personnes). De cette rencontre est né le projet de former un groupe d’objecteurs, destiné à faire connaître l’objection de conscience, à dénoncer l’armée, et surtout à encourager l’objection collective à caractère politique.

En ce qui concerne plus spécialement l’anarchie, nous avons sorti un tract d’information sur l’anarchie en général et cette semaine nous avons tiré un canard anar (toutes tendances, mais fortement teinté situ), distribué sur le lycée soit gratuitement, soit 0,20 F (ou plus…, juste pour couvrir les frais de papier). J’ai inséré un article dont une grande partie a été tirée des « données fondamentales » (« ANV », n° 24, p. 21).

Cela dit, je dois bien constater que cette année a été plus riche en tentatives qu’en réalisations effectives. Le groupe anar de Nevers, où il y a quelques non‑violents, est plus fantomatique que réel et ne dispose en tout cas d’aucune organisation. Néanmoins, et c’est réconfortant, le nombre de sympathisants anarchistes ne cesse d’augmenter, la prise de conscience politique devient de plus en plus nécessaire et effective chez
beaucoup, en un mot, les idées libertaires travaillent en profondeur.

D. R.