Introduction

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À la suite de contacts ou de la participation de certains camarades d’« Anarchisme et non‑violence » aux comités de soutien aux objecteurs de conscience, il nous avait semblé intéressant de confronter nos expériences et nos réflexions avec ceux qui, comme nous, privilégiaient une certaine pratique et partageaient un état d’esprit dans la lutte non violente et antimilitariste.

C’était le thème de notre camping de l’été 71.

Nous comptions mettre l’accent sur :

  1. La structure décentralisée des CSOC qui s’apparente à celle des comités d’action ;
  2. La circulation spontanée et horizontale de l’information ;
  3. La faculté des CSOC de se mobiliser rapidement sur un point précis ;
  4. L’élargissement de la notion d’objection ;
  5. La radicalisation des luttes avec la dimension et l’expression politiques que peut prendre l’objection, notamment par sa confrontation avec les gauchistes ;
  6. La solidarité avec les autres luttes révolutionnaires.

En fait, notre travail n’a pas donné les résultats escomptés. Nous avions demandé aux CSOC de nous fournir des textes sur leur groupe (origine, composition, thèmes d’action, orientation, etc.).

Nous n’avons disposé, pour le camping, que de quelques topos regroupés en un dossier qui a servi de base à nos discussions. La réflexion propre au camping a souvent été difficile et n’a peut‑être servi qu’à éclaircir un certain nombre d’idées ou tout simplement à fournir une information ; puis elle s’est surtout orientée sur les problèmes de l’objection dite politique. De plus, d’autres aspects que ceux que nous aurions voulu privilégier sont apparus.

De toute façon, nous avons été trop optimistes dans nos prévisions. Si, par la suite, nous avons reçu d’autres textes et quelques commentaires, le temps semble avoir été trop court et l’intérêt pour un tel travail n’a aussi peut‑être pas été suffisamment ressenti. Par ailleurs, l’action, particulièrement prenante ces derniers temps, a dû être privilégiée.

Dans une première partie, nous ne publions qu’un résumé‑synthèse de notre réflexion sur les CSOC. Par crainte des redites, nous avons éliminé les textes de base ; disons aussi que nous ne pouvions reproduire exactement certains comptes rendus et commentaires oraux qui ont pourtant servi. Un point aussi, notre budget limité nous oblige à calculer, au mieux notre pagination.

La deuxième partie, la plus volumineuse, est consacrée aux objections, insoumissions, etc. Certains textes ont déjà été publiés, séparément, à droite et à gauche, sous forme de tracts, entre autres ; d’autres ont, depuis, été remaniés par leurs auteurs. Là encore, nous avons choisi, nous avons tronqué. Ainsi, rien ne sera publié ayant trait à l’objection en Allemagne, en Espagne et en Suisse, mais nous avons conservé des textes de nos camarades belges dont la situation est actuellement la plus proche de la nôtre.

La troisième partie, article 50 et répression, qui reflète les luttes actuelles, n’est pas aussi élaborée que nous l’aurions souhaité et nécessite encore une analyse.

Nous sommes donc critiques en publiant ce numéro. Fallait‑il ne pas le faire ? Nos lecteurs ont la parole.

Et il serait souhaitable que le travail ébauché ici puisse être repris et poursuivi avec leur collaboration dans le cadre, par exemple, d’une commission de travail sur le thème général de l’antimilitarisme.