Ilotes

, par  Bizeau (Eugène) , popularité : 5%
On les a pris aux champs qui réclamaient leur force,
À la compagne en pleurs qui leur ouvrait ses bras,
On les a rendus sourds à l’appel des écorces
Et des chansons d’amour écloses sous leurs pas.
 
Ils ont pleuré d’abord ces pénibles divorce,
Maudit la loi brutale et marché le front bas,
Puis, bravant chez Phryné de perfides entorses,
Ils se sont résignés à demeurer soldats.
 
N’ayant jamais compris les sursauts de révolte
De l’homme en qui partout la fierté virevolte,
Ils sont prêts à braquer sur les pékins rétifs.
 
L’outil qu’à la caserne on leur mit dans les pattes
Pour l’accomplissement des choses scélérates
Que veut l’autorité qui les y tient captifs.

Eugène Bizeau