La Presse Anarchiste
Slogan du site
Descriptif du site
Iztok n°13 (septembre 1986)
Dossier Tchernobyl
À l’attention de la Commission Pansoviétique sur les problèmes d’approvisionnement
Article mis en ligne le 21 novembre 2008

par Kovalevska (Lioubov)
Visites : 617 - Popularité :
7%
logo imprimer
Dans cet article, paru dans Literatourna Oukraïna le 27 mars 1986, soit un mois avant la catastrophe de Tchernobyl, l’auteur, Lioubov Kovalevska, ingénieur ou économiste — on ne sait — attachée à la Centrale, s’en prend, avec un certain courage, aux manques et aux malfaçons qui affectent la construction de celle-ci. Alors même que les journaux français rivalisent de flagornerie nucléariste, il serait irréaliste d’espérer trouver dans un texte édité dans un organe officiel du régime la moindre critique du programme nucléaire. Bon nombre de tels articles, s’appuyant sur les résolutions du XXVIIe congrès et prônant une nouvelle efficacité et la réforme des structures d’approvisionnement paraissent actuellement dans les journaux soviétiques. Celui-ci prend a posteriori une vigueur supplémentaire. De plus, on sent parfois chez son auteur une véritable inquiétude de ce qui pourrait se passer en cas d’accident et la conscience du danger que représente la production de l’énergie nucléaire. Le tout est naturellement noyé dans la langue de bois habituelle à ce genre de textes. Ainsi, ce qui pourrait servir de conclusion, le passage sûrement le plus senti du texte, où la personnalité de l’auteur fait éclater la terminologie fatiguée — « un seul défaut se paiera très cher, se paiera pendant des dizaines d’années » — se trouve coincé entre deux avalanches de chiffres à faire froid dans le dos. Ajoutons enfin que l’auteur, habitant Pripiat, a vraisemblablement depuis subi l’enfer de l’évacuation, à moins qu’elle ne soit au nombre des victimes.

R. Gayraud

À l’attention de la Commission pansoviétique sur les problèmes d’approvisionnement.

En définissant la stratégie de sa politique économique sur le principe de la multiplicité des facteurs originels d’expansion, le XXVIIe Congrès du PCUS a également dégagé les voies réelles et concrètes du passage à une économie de haute organisation et d’efficacité par le moyen de forces agissantes diversifiées et développées, de relations socialistes mûries et d’un mécanisme économique planifié. Il a également indiqué les modes de réalisation de cette stratégie, dont le plus important est la reconstruction de l’économie nationale sur la base du progrès scientifique et technique.

Garantir le développement heureux de l’économie nationale nécessite, en particulier, de poursuivre le renforcement du dispositif de production d’énergie-combustible du pays, et d’accélérer la construction de centrales nucléaires. La puissance de ces dernières atteint actuellement 28 millions de kilowatts. Le douzième plan quinquennal prévoit de produire 41 millions de kilowatts supplémentaires, c’est-à-dire de multiplier leur puissance par 2,5. « Il suffit d’une augmentation de 1% de l’armement énergétique, a remarqué le ministre de l’Électrification de l’URSS A.I. Maïorets, pour relever de manière substantielle la productivité du travail ».

L’énergie nucléaire s’est développée en Ukraine à un rythme particulièrement accéléré. La production de la centrale de Tchernobyl atteignait 4 millions de kilowatts en 1984, les réacteurs de cette centrale ayant été mis en place plus tôt que prévu. Tous ces facteurs ont permis à Tchernobyl de prendre sa place en tête des centrales soviétiques et d’apporter une contribution décisive à l’approvisionnement énergétique de l’ensemble des régions sud-ouest de l’Union. En outre, depuis septembre 1980, l’énergie produite par la centrale de Tchernobyl alimente les pays membres du Conseil d’Aide Économique Mutuelle. Et depuis la mise en exploitation, ce sont environ 150 milliards de kilowattheures par an qui ont été produits.

Cependant, le travail pour accroître la capacité de la centrale se poursuit. La troisième phase de sa construction va entraîner la mise à feu d’un cinquième et d’un sixième réacteurs qui deviendront opérationnels respectivement en 1986 et 1988. après la mise en service de ces réacteurs, la production atteindra 6 millions de kilowatts et Tchernobyl deviendra la première centrale du monde.

Les quinze années qu’a duré l’édification de la centrale de Tchernobyl ont permis la formation d’un collectif de constructeurs. Sa cheville ouvrière est formée de travailleurs hautement qualifiés enseignés à la rude école de l’installation du dispositif de production d’énergie dans différentes régions du pays. La construction de nos quatre réacteurs-millionnaires n’a fait qu’accroître encore leur expérience. Au cours même de leur travail, de nombreuses inventions ont été imaginées et réalisées. Techniciens et ingénieurs ont constitué une équipe soudée. Les réalisations des bâtisseurs, des monteurs, des ajusteurs, des agents d’exploitation et des projecteurs leurs ont valu de hautes distinctions de la part de l’État Soviétique.

Dans le contexte de tels succès, la chute du rythme de construction du cinquième réacteur est particulièrement marquante. Ni les thèmes, ni le volume, ni les plans pour 1985 des travaux de montage et de construction (TMC) n’ont été menés à bien. Est-ce un hasard ? Non, comme d’habitude. Pourtant, une réponse à l’emporte-pièce ne suffit pas. Sans toutefois nous lancer dans l’analyse des conditions de l’activité économique du collectif et de leurs conséquences nous nous arrêterons plutôt sur ce qu’il y a de général et de caractéristique pour tous les grands chantiers du pays.

« L’effet, pour ne pas dire la réalité même de l’utilisation de stocks gigantesques, a déclaré lors du Congrès le premier secrétaire du Comité Central du Parti Communiste d’Ukraine V.V. Chtcherbitski, dépend pour une très large mesure de l’affermissement des bases de production des organismes de construction, de la qualité des projets et de la livraison en temps voulu de l’équipement. Or on se trouve ici confronté à un nœud inextricable de problèmes graves… » J’ajouterai : ces problèmes vont s’accroître incommensurablement si aucune de ces conditions n’est suffisamment garantie. Dans un tel cas, il faut s’appuyer sur l’enthousiasme.

Car parmi les composantes d’un travail couronné de succès, l’enthousiasme doit occuper, et occupe d’ailleurs, sa juste place. Bien plus, on peut même le planifier, mais seulement après que des conditions de travail correctes auront été assurées pour la main-d’œuvre, et non avant. En revanche, le seul résultat des conditions de travail actuelles, c’est le mécontentement général. Ne négligeons pas la question des stimulants matériels. La construction doit s’effectuer harmonieusement, en se fondant strictement sur la technologie de la construction. C’est précieusement ce que l’on ne fait pas : les problèmes du premier réacteur ont été transférés au deuxième, du deuxième au troisième, et ainsi de suite, de sorte que les problèmes sont devenus de plus en plus profonds, et l’on assiste à présent à une inflation de problèmes irrésolus. Ces problèmes ont d’abord été discutés avec grand intérêt, puis ils sont devenus un sujet d’indignation, et finalement, c’est un sentiment d’impuissance qui s’est installé : « Combien de temps encore va-t-on discuter éternellement des mêmes choses ? À quoi riment toutes ces palabres ? ».

Le cinquième réacteur… L’échéance de sa construction a été réduite de trois à deux ans. Sa mise en route a commencé en 1985 avec un approvisionnement minimal. Un tel changement dans les dates, mais aussi le resserrage de plans déjà très denses sans cela, ont pris à l’improviste tant les ingénieurs que les pourvoyeurs de matières premières et les constructeurs eux-mêmes, dont les capacités sont bien sûr limitées. Mais les organismes de direction, et parfois pour des raisons objectives, loin d’accroître autant le potentiel des entreprises de construction, n’ont même pas eu le souci d’étayer les nouveaux programmes de travail sur des ressources adéquates. Tout cela a conduit à une désorganisation des projets de constructions et souvent à un effondrement des plans. Ainsi, l’Institut “Hydroprojet Sergueï Jouk” n’a pas fourni à temps la documentation du programme de financement budgétaire, ce qui a entraîné l’oubli dans le plan des commandes du béton armé et des charpentes métalliques nécessaires. La plupart de ces matériels ne furent commandés qu’au quatrième trimestre, ce qui entraîna une grande irrégularité dans le travail d’assemblage. Et il y eut encore une autre conséquence : c’est l’absence de rythme de travail des simples brigades d’ouvriers. Ce ne fut qu’en octobre-novembre que les constructions eurent besoin des structures de montage, mais les petites unités n’étaient déjà plus en mesure de digérer le volume de travail demandé. La mauvaise qualité du programme de financement budgétaire, comme il arrive hélas bien souvent, a exigé une dépense de travail supplémentaire, et a plusieurs fois rendu nécessaire la destruction de ce qui avait été construit pour reconstruire ensuite, tout cela demandant de grands efforts tant matériels que moraux.

La désorganisation n’a pas seulement affaibli la discipline, mais aussi le sens de la responsabilité globale de chaque individu. L’incapacité et même la mauvaise volonté manifestées par la direction de l’ingénierie et de la technique pour organiser le travail des brigades, ont fini par entraîner l’effondrement des normes de réalisation. On a commencé à enregistrer une certaine « fatigue », une certaine usure des équipements, des machines et des mécanismes, des pénuries d’instruments de mesure, etc… En un mot, tous les défauts du processus de construction, qui sont malheureusement typiques, apparurent dans leur évidence et sous des formes extrêmes. Cette période coïncide avec le début de la réforme économique qui, comme on le sait bien, requiert avant tout un rajeunissement de l’esprit humain. Et ce n’est pas dévoiler un secret que de dire que ce processus prendra du temps. Mais la vie elle-même nous pousse en avant.

Le retard accumulé en 1985 a compliqué la tâche de l’année suivante : gagner prés de 120 millions de roubles sur la mise en marche du complexe (sur le TMC). Or le meilleur chiffre d’économies réalisées lors des TMC se situe un peu au-dessus de 70 millions de roubles. Grosse différence, on le voit.

À l’heure actuelle, à vrai dire, on a mis en place tout un train de mesures afin de normaliser la situation, mais trop de temps est déjà passé. Comme est déjà passé le bon entrain du collectif, pourtant si efficace non seulement pour reconstituer des réserves de force, mais aussi pour trouver l’issue du problème. Pourtant, l’honneur du collectif appartient à celui-ci même. Mais on est loin d’avoir fait tout ce qui était possible pour que le fait d’atteindre et même de dépasser les objectifs fixés devienne la norme.

Le XXVIIe Congrès du PCUS s’est fixé comme objectif une amélioration radicale de la construction de structures d’envergure. Une substantielle rallonge de moyens sera débloquée, les machines seront renouvelées et rendues plus performantes, etc. ; Tout cela est indispensable pour réformer notre technicité. Mais la même restructuration doit aussi affecter l’industrie du bâtiment, dont les délais trop lents ne font que freiner les progrès scientifiques et techniques de l’économie nationale. « Le ministère de l’énergie de l’URSS a permis pour le onzième plan quinquennal l’arrêt du développement du programme nucléaire, causant ainsi un recours exagéré aux combustibles minéraux. Si l’on considère le poids du combustible dans la balance commerciale du pays et le rôle croissant de l’énergie d’origine nucléaire, un coup de frein de la sorte est maintenant inadmissible » a souligné le président du Conseil des Ministres soviétique N.I. Ryjkov dans son discours. Ces différentes mesures vont toutes dans le même sens, qui est d’insuffler le dynamisme qu’il convient à notre économie afin de parachever notre programme social. Elles reposent toutes sur la disponibilité de chaque poste de la chaîne de montage de l’édification, sur chaque dirigeant, sur chaque ouvrier. Elles posent aussi la question de notre responsabilité collective vis-à-vis de l’avenir : qu’allons-nous léguer aux nouvelles générations ?

Il convient de s’arrêter plus longuement sur l’un des postes de la chaîne de l’édification socialiste. « Les systèmes d’approvisionnement matériel et technique exigent de sérieuses mises au point, a noté le secrétaire général du CC du PCUS M.S. Gorbatchev lors de son discours politique. Ils doivent se transformer en un mécanisme économique souple permettant à l’économie nationale de fonctionner de manière stable et régulière. La tâche principale des organes d’approvisionnement d’État est de collaborer activement à l’établissement sur des principes contractuels de liens durables entre producteurs et utilisateurs et au renforcement de la discipline pour tout ce qui concerne les fournitures de biens et d’équipements ».

L’élaboration et la distribution du béton armé, dans les structures du ministère de l’Énergie de l’URSS, sont du ressort de l’organisation « Soïouzenergoboudprom ». La direction de la construction de la centrale de Tchernobyl a conclu un contrat « expérimental » avec le groupe « Energoboudkomplektatsia ». Mais qu’est-ce qu’un contrat « expérimental » ?

Autrefois, les contrats étaient signés entre clients et fabriques situés en différents endroits du pays, ce qui compliquait le mode de paiement des contractants ainsi que les éventuels contacts entre les deux parties, surtout lorsqu’elles avaient conclu un marché d’échange mutuel de fournitures. Aujourd’hui, la direction planificatrice mentionnée plus haut opère comme une usine « centralisée » qui reçoit et distribue les commandes et paie les entreprises sous-traitantes quand la marchandise est prête. Le client n’a de rapports directs qu’avec la direction d’« Energoboudkomplektatsia » et n’a à payer son partenaire qu’après la fourniture de la centrale terminée. Comme on le voit, un accord de ce genre arrange tout le monde, car il libère le client de toute contrainte superflue et garantit aux fabricants l’assurance d’être payés à l’heure. Mais, par contre, aucun document, dans le cadre de ce contrat expérimental, n’a jamais indiqué de façon méthodique la destination des commandes. Quant au technicien qui reçoit la commande, il ne sait même pas quel complexe en a fait la demande. Pourtant, la solution ne serait pas bien compliquée : il suffirait d’adjoindre aux commandes et aux marchandises une documentation précisant quel en est l’objet. Cela ne demande pas le moindre effort ni la moindre dépense supplémentaire, mais personne ne s’y est encore jamais résolu…

Mais il y a encore un autre « mais », beaucoup plus grave. Par suite de l’indélicatesse d’un fabricant qui ne sait pas pour qui il produit, le client n’est nullement à l’abri des défauts de construction, des commandes non complètement honorées et des ruptures d’approvisionnement. Ainsi, en 1985, 45.000 m3 de béton armé précontraint ont été commandés, mais 3200 m3 ne sont jamais arrivés, et sur les 42.000 m3 restant 6.000 m3 étaient de mauvaise qualité. À la fin de l’année, plusieurs points du contrat n’étaient toujours pas honorés.

Quels effets provoquent ces manques sur la construction ? D’abord, l’accumulation de matériau hors-norme. On a le béton, mais on ne peut pas le monter. Les collectifs cessent le travail, les délais sont dépassés. Ensuite, les effets que produit toute accumulation anormale de marchandise que l’on ne peut pas décharger (il faut attendre la fourniture totale pour ne pas encombre le chantier avec des pièces inutiles), c’est-à-dire un surnombre de wagons sur les voies de garage, la construction hâtive de hangars, des transferts incessants. Les services techniques de la direction de la construction de la centrale parviennent à dépasser sensiblement les normes (16.048 tonnes de plus en 1985) ; mais il est impossible de mentionner un travail vraiment fructueux. Enfin, un approvisionnement défectueux est synonyme de désorganisation de la production, de journées de travail perdues, de mécontentement des individus.

Je ne cherche pas à me poser en professeur, et je sais très bien que les fabriquants ont également leurs problèmes d’approvisionnement. Je trouve pourtant anormale la position qui consiste à rompre systématiquement les liens contractés. Ainsi, l’entreprise « Dniproenergoboudprom » a oublié l’an passé 800 m3 de matériau de construction, l’usine de Doubrovo de « Pivnitchenergoboudprom » s’est déjugée pour plus de 150 m3 de dalles de ciment et autres revêtements de sol que « Lvivenergoboudprom » n’a pas envoyés.

Les fournisseurs de constructions métalliques — (2.358 tonnes), l’usine de la Volga (1000 tonnes), l’usine « Pivnitchno-Kavkazski » (326 t.), l’usine « Kourakhovski » (172 t.), du Donets (202 t.)… ont également oublié Tchernobyl. Et ce qu’ils envoyaient était le plus souvent défectueux. Ainsi, 326 tonnes de couverture destinées à noyer les déchets nucléaires sont arrivées de l’usine de la Volga avec de graves défauts. Combien de fois la même usine a-t-elle laissé passer des erreurs après avoir vérifié sa production dans ses propres salles de contrôle. L’usine de montage « Kachirski » est responsable, elle, d’environ 220 tonnes de marchandise inutilisable.

L’inspection technique, qui contrôle la qualité des fournitures et du travail à la centrale rédige rapport sur rapport, où elle indique les appréciations qu’elle porte sur la qualité des constructions. Car un seul défaut se paiera très cher, se paiera pendant des dizaines d’années.

Quand j’énumère ces faits, je souhaite particulièrement attirer l’attention des lecteurs sur le caractère inadmissible des défauts dans la construction de centrales nucléaires, ainsi que de toute source d’énergie en général, où chaque détail de la construction doit satisfaire à certaines normes. Chaque m3 de béton armé doit être d’une qualité et d’une sûreté garanties. La conscience doit être la lumière qui guide toute personne qui participe à l’industrie énergétique. Je suis convaincu que toute personne qui possède une conscience ne permettra pas de défauts de fabrications, car ce serait dégradant pour cette personne elle-même.

Il est déshonorant et offensant pour un travailleur d’avoir à revenir sur les défauts des autres. C’est faire le travail de quelqu’un qui vous a méprisé. Combien les constructeurs ont-ils dû se contenir, de combien d’ingéniosité ont-ils dû faire preuve, de force, de solidité nerveuse, pour mener à bien une tâche aussi ingrate !

Au nombre des entreprises les plus indélicates, il faut citer l’unité du Dniepr de « Soiouzatomenergoboudprom », principal fournisseur de béton armé précontraint de Tchernobyl. Sur les 11.500 m3 reçus l’an dernier, 10.300 m3 présentaient des malfaçons, dont à peu près un millier pour le cœur de la centrale. Mais, surtout, le début de cette année n’a pas vu d’amélioration, puisque, pour janvier-février de cette année, seulement 500 m3 ont été fournis. Tout cela s’ajoute aux manques des années précédentes, soit 3.200 m3. « Soiouzenergoboudprom », quant à elle, est redevable, pour ces deux mois, de 2.000 m3, plus 5.000 m3 sur les 12.300 commandés l’année dernière.

On relève le même situation dans la construction métallique. Dans ce domaine, les défauts s’élèvent à 2.436 tonnes, réparties entre l’usine de Kiev de constructions expérimentales (744 tonnes), la fameuse usine de la Volga (698 tonnes), l’usine Kourakhovski (477 tonnes), l’usine du Donets (182 tonnes).

La construction du foyer socio-culturel et des logements du personnel revenait à l’usine ZZBK de Novovoronej. Sur 530 m3 de béton, 380 n’ont jamais été fournis : plus de la moitié !

Travailler dans ces conditions est impossible ! Dans une société socialiste, la valorisation du travail doit être le principal moyen d’atteindre les meilleurs résultats finaux. La communication entre les différents maillons de la chaîne suppose une responsabilité commune devant les résultats du travail. Nous dirons franchement que pour le moment, ces résultats se font attendre. Pourtant, une bonne part des objectifs du douzième plan quinquennal dépend de l’énergie qui sera produite par le 5e réacteur de Tchernobyl. La mise en service en temps utile de celui-ci n’est pas l’affaire privée du collectif des constructeurs de la centrale de Tchernobyl : c’est l’affaire de tous. Car elle est le symbole et la condition de toute notre activité, de notre initiative, de notre indépendance, de notre conscience, de notre intérêt pour tout ce qui se fait dans notre pays.

Lioubov Kovalevska
Pripiat
in Literatourna Oukraïna, 27.3.1986
traduit de l’ukrainien par Régis Gayraud


Mots-clés associés

Évènements à venir

Pas d'évènements à venir


Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.89
Version Escal-V4 disponible pour SPIP3.2