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Le Libertaire n°8 (août 1945)
Le virus politique dans les syndicats
Article mis en ligne le 12 décembre 2008
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Là est la cause profonde du mal qui ronge le mouvement syndical.

Lutter contre l’ingérence politique dans les syndicats, c’est se ménager la possibilité de faire l’union de tous les travailleurs pour obtenir des améliorations à leurs conditions d’existence.

La lutte contre l’ingérence politique dans les syndicats, c’est assurer aux mouvements la possibilité de donner un renouveau à la conscience de classe des militants écartés des tripatouillages électoraux.

La lutte contre l’ingérence politique dans les syndicats, c’est affirmer la possibilité pour les travailleurs de se dégager de la tutelle de l’État et de ses représentants pour gérer leurs propres intérêts.

La lutte contre l’ingérence politique dans les syndicats, c’est écarter le danger de pression sur l’organisation exercée par une certaine forme de capitalisme dit « libéral », mais représentant en fait les intérêts camouflés des trusts.

La lutte contre l’ingérence politique dans les syndicats, c’est écarter le danger de voir le syndicalisme, influencé par la politique de puissances étrangères, abandonner son traditionnel caractère d’antimilitarisme prolétarien pour joindre sa voix aux pourvoyeurs de charniers.

Cette lutte doit être le point central de l’action que mènent les libertaires pour former un mouvement syndical ; elle sera, non de sauver le capitalisme libéral pourrissant, mais d’accélérer sa chute tout en se préparant à s’installer sur ses ruines pour jouer son rôle de pilier dans la Commune libertaire de demain.

Il faut écraser le virus politique dans les syndicats.

Les perspectives envisagées par les bonzes actuels du mouvement syndical sont claires. Elles revêtent cette forme de capitulation, connu sous le nom de réformisme, et de tout temps dénoncée par le syndicalisme révolutionnaire, et dont le mot d’ordre central plus ou moins camouflé sous une phraséologie aussi creuse que ronflante reste celui de tous les charlatans de tribune qui encombrent la centrale ouvrière : collaboration des exploités avec les exploiteurs.

Si certains conservent encore quelques illusions sur leurs directeurs cégétistes, le dernier article de Monmousseau dans la « Vie ouvrière » devrait suffire à les éclairer.

Dans cet article, le secrétaire de la Fédération des cheminots y prend violemment à partie la minorité de son syndicat qui a dénoncé par tracts les compromissions suspectes de la direction fédérale. Il se sert pour cette besogne douteuse d’arguments qui lui sont familiers, car ce sont ceux qu’employaient contre lui les bonzes réformistes de la C.G.T. lors de la grande grève des cheminots de 1922.

Quelles sont donc les raisons qui font que celui qui a été longtemps considéré comme la « grande gueule » du syndicalisme soit devenu maintenant le chantre inspiré de la réconciliation nationale, le vigilant gardien des intérêts d’une économie sur le point de s’effondrer, que celui qui fut un antimilitariste farouche soit devenu le champion d’une grande armée nationale ? La raison est très simple : Monmousseau a été gagné, comme beaucoup de ses pareils, par le virus politique.

Ce n’est pas la pantalonnade sans dignité qu’il joua au dernier congrès du parti communiste, en affectant de rejouer pour son compte la fameuse nuit du 4 août, où notre farouche cégétiste immola à ses amours syndicalistes son mandat de membre du comité central de son parti qui trompera les travailleurs. Devant ces contorsions grotesques, on est tenté de trouver avec le Petit Chaperon Rouge que la grand’mère a de bien grandes dents.

Les méthodes de ces néo-réformistes, pour arriver à imposer aux masses ouvrières leurs buts de conciliation, de réconciliation, revêtent également une forme bien connue.

Les coups de gueule les plus clairvoyants y voisinent avec les essais d’intimidation les plus répugnants. Quiconque se trouve en désaccord avec la gymnastique que s’impose le bureau confédéral pour concilier les inconciliables se voit aussitôt rappeler sur un ton patelin les dangers de la cinquième colonne non encore mise à la raison.

Cinquième colonne, si vous pensez que le camarade Jouhaux a bien mérité un repos après les souffrances qu’il a pu endurer pendant sa captivité !

Cinquième colonne, si vous pensez que la présence de Monmousseau est plus nécessaire à la direction du parti communiste qu’à la C.G.T. et que, somme toute, les travailleurs se seraient bien passé du sacrifice qu’il a fait en optant pour cette dernière !

Cinquième colonne, si vous pensez que la ronflante opération politique tentée par certains sous le nom d’« États généraux » n’a été qu’une parlotte entre gens, toujours les mêmes, qui se rencontrent dans toute une série de manifestations dont le nom change, mais dont l’esprit demeure !

Cinquième colonne, si vous vous permettez de murmurer que l’ensemble des métallos s’est abstenu de pavoiser à l’annonce de l’augmentation du timbre syndical !

Cinquième colonne, si vous avez le malheur de penser que d’autres méthodes appliquées contre d’autres ministres du Travail se sont révélées plus efficaces que les parlotes Saillant-Parodi !

Cinquième colonne, d’autant plus redoutable qu’elle se manifeste depuis longtemps, car il nous semble bien nous rappeler que ces vérités ont été écrites autrefois dans un certain nombre de journaux dont l’« Humanité » et la « Vie Ouvrière » sous la signature de syndicalistes qui s’appelaient Semart, Raynaud, Racamond et même Monmousseau. Si cinquième colonne il y a, il faut reconnaître qu’elle s’était servie de plumes bien alertes à tromper les travailleurs.

Comment se fait-il que la centrale syndicale se soit laissé imposer des méthodes si contraires aux traditions du syndicalisme de lutte de classe ?

Là encore la raison est bien simple : la C.G.T. a été atteinte par le virus politique !


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