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Le Libertaire n°8 (août 1945)
« Ils » sont encore en prison
Article mis en ligne le 18 décembre 2008
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Eysses (Lot-et-Garonne) ? Nom sinistre qui résonne douloureusement dans la tête de ceux qui y furent les pensionnaires de la « Révolution du Mensonge » entre 1940 et 1945.

Eysses qui vit se dérouler dans ses murs, avant la libération en masse de ses détenus, une effroyable tuerie.

Eysses aux murs sombres, aux cours étroites, aux sabots claquants d’un bruit sinistre. Eysses vient de recevoir un nouveau contingent de prisonniers.

Des fascistes ? Des miliciens ? Enfin peut-être de ces bourreaux dont le sadisme a pu s’exercer pendant des années, à l’ombre de la « réconciliation française » ? Allons donc ! Eysses vient de recevoir les « mutins de Vancia ».

Des hommes avaient cru au combat pour la libération. Des hommes avaient cru à l’appel lancé pour la lutte antifasciste. Des hommes, répondant à cet appel, essayaient, le 24 août 1944, de s’emparer du fort de Vancia où ils étaient détenus pour divers délits militaires par la pourriture vichyssoise.

Il s’agissait là de détruire un dépôt de munitions qui se trouvait dans ce fort, de libérer les prisonniers et de former un groupe décidé à lutter contre « les fascismes ». L’affaire échoua, la répression fut terrible. Traduits devant une cour martiale, ils allaient être fusillés, lorsque les Nazis et leurs valets évacuèrent la région.

S’ils s’attendaient à être libres, leurs illusions s’envolèrent bien vite. Non seulement ils restèrent en prison sous les coups des mêmes gardes-chiourmes, mais ils virent avec stupeur les autorités judiciaires gaullistes poursuivre contre eux les accusations de leurs prédécesseurs.

Et il fallut attendre cinq longs mois de misère, de doute, d’amertume pour qu’enfin la sinistre comédie prît fin et qu’ils obtinssent de la « France libre » un non-lieu pour avoir participé à un mouvement de résistance antifasciste.

Et depuis ils continuent d’effectuer la peine que leur avaient infligée les tribunaux de Pétain. Peine militaire ? Effectuée dans des prisons militaires ? Peine adoucie par la considération que leur vaut leur nette attitude dans la lutte antifasciste ? Allons donc ! Les prisons militaires sont occupées par les collaborateurs et nos amis viennent de rejoindre Eysses où ils pourront méditer sur la différence entre la répression impitoyable par le gouvernement fasciste de Vichy de la mutinerie de cette centrale et le traitement que leur réserve le gouvernement « antifasciste » d’aujourd’hui.

Il faut en finir avec la détention de militaires emprisonnés depuis de longues années. Il faut en finir avec cette centrale de cauchemars. Il faut libérer les mutins de Vancia. Il faut raser Eysses !


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