L’Autonomie Individuelle n°2 (juin 1887)
La décadence bourgeoise
Période progressive (1792/1830)
Article mis en ligne le 24 février 2009
dernière modification le 26 mai 2009

par Deherme (Georges)

 [1]

Mais qu’importait à Robespierre les adjurations humanitaires de son ami, l’ambition le tenaillait ; comme tout homme qui goûte au pouvoir, il y avait longtemps qu’il était corrompu par l’usage de ce pouvoir [2].

Pour régner sans conteste, deux partis le gênaient : les jacobins modérés, ayant Camille Desmoulins et Danton comme chefs, et les hébertistes. Les premiers plus libéraux étaient d’un tempérament bien moins révolutionnaire que les enragés dont la plupart comme nous l’avons déjà dit, croyaient possible une révolution sociale complète. Différant d’idées, de tempéraments, ces deux partis étaient évidemment supérieurs aux gouvernementalistes à outrance. Et, nous le répétons, si les girondins, les premiers cordeliers où les hébertistes eussent triomphé dès 93, bien du sang, bien des pleurs auraient peut-être été épargnés. Mais, hélas ! il en est ainsi de notre malheureuse humanité, il semble qu’elle soit vouée éternellement à la misère et à l’esclavage, puisque dans toutes les luttes engagées par la Liberté contre l’Autorité, c’est toujours le Droit qui succombe.

(A suivre).

G. D.