Réactions au Congrès de La Haye

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Nous extrayons d’une lettre écrite par un international de Verviers (Belgique) à un membre de la fédération jurassienne, les passages suivants :

« … Je saisis aussi cette occasion de vous écrire pour vous faire part de notre indignation concernant les exclusions tout à fait imméritées prononcées par le Congrès de la Haye. C’est le pendant des votes relatifs au Conseil général et à l’attitude politique de notre Association. Mais nous sommes an-archistes et nous désapprouvons hautement les tentatives autoritaires sciemment dirigées par quelques membres de la Société.

Lors de l’avènement de la Commune de Paris, l’impression qu’elle nous causa me suggéra une idée que je communiquai à quelques amis. Pour éviter une nouvelle et aussi funeste édition de la centralisation bourgeoise, telle que nous l’avons vue se développer dans notre société moderne, leur disais-je, je voudrais voir figurer à l’ordre du jour du Congrès international qui va se tenir cette grave question : L’an-archie opposée à l’autoritarisme.

Cette autre grave question du collectivisme, si ardue et si complexe, a cependant vu le jour dans les Congrès, et l’adoption du principe collectiviste a puissamment contribué au développement de l’Internationale. Il me semble que l’an-archie est le corrélatif nécessaire du collectivisme. Ces deux principes, en recevant en même temps leur développement, doivent être garants l’un de l’autre, ce qui empêchera le droit collectif d’empiéter sur le droit individuel et réciproquement.

Je termine là-dessus, compagnon, et je vous prie, au nom de la Société de résistance des tisserands de notre bassin, association qui se compose de 3000 membres environ, de bien vouloir nous donner les adresses des corporations de tisserands établies en Italie, en Suisse (si toutefois il en existe) et en d’autres pays. »

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On nous écrit d’Anvers (Belgique), en date du 3 octobre

« Anvers et à Gand les travailleurs approuvent tout à fait l’attitude de la minorité du Congrès de la Haye vis-à-vis du Conseil général ; ils applaudissent à nos déclarations, et nul doute qu’au prochain Congrès les prétentions des autoritaires ambitieux seront réduites à zéro.

Nous avons reçu de Hollande de nouvelles adhésions à l’Internationale, et de nouvelles Sections vont y être fondées. Dans la Belgique flamande, les travailleurs industriels et agricoles secouent leur torpeur, des Sections sont en formation clans les campagnes où, cependant, la prêtraille avait jusqu’à présent su préserver le pays de cette peste socialiste personnifiée par l’Internationale.

Je crois qu’en nous abstenant de toute politique militante, autre que notre politique à nous — qui consiste dans la fédération industrielle et agricole, nous ferons beaucoup de chemin d’ici au prochain Congrès ; nous verrons qui aura obtenu les meilleurs résultats, ou de nous, les organisateurs de la révolution, ou des contre-révolutionnaires marxistes, lorsque sonnera l’heure de la lutte à outrance. »

[1Article publié sans titre.