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La Lanterne noire N°6/7 (novembre 1976)
L’organisation anarchiste spécifique
Article mis en ligne le 9 mai 2007

par Nicolas
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« L’organizzazione, che poi non é altro che la pratica della cooperazione e della solidarietà, é condizione naturale, necessaria della vita sociale : é un fatto ineluttabile che s’impone a tutti, tante nella società umana in generale, quanto in qualsiasi gruppo di persone che hanno uno scopo commune da raggiungere. »

Malatesta,
Un progetto di organizzazione anarchica. [1]

« Dès les origines, l’organisation fît problème », dit Maitron dans son histoire du mouvement anarchiste français. Et il est vrai que, un peu partout, la forme et le sens de l’organisation a divisé le mouvement anarchiste international. Quoique ce problème s’accentuât plus en France que dans d’autres régions où le mouvement ouvrier a été lié de façon plus durable à l’anarchisme, tels que l’Espagne, l’Argentine ou l’Italie.

En général, deux tendances relatives à l’organisation se sont manifestées depuis les origines du mouvement et les années qui suivirent la scission de la première Internationale et se manifestent encore. Dans leur forme extrême, ces deux tendances pourraient s’exprimer ainsi : pour l’une, l’anarchisme est spécifiquement inorganisable, c’est-à-dire que l’organisation des anarchistes en tant que tels ne peut aller au-delà du groupe affinitaire ou de la liaison plus ou moins éphémère et pour des circonstances très précises (la défense des emprisonnés par exemple). Pour l’autre, les anarchistes doivent s’organiser dans une fédération de groupes nationaux ou régionaux et internationaux pour opposer une force cohérente et continue à l’État et aux autres organisations qui sont prêtes à prendre le pouvoir et à écraser toute autre alternative qui se présente.

Cette première position peut aller d’une conception très « organisatrice », de la masse ouvrière, ne nécessitant par conséquent aucun regroupement spécifique (puisque le mouvement ouvrier est sensé être révolutionnaire ou anarchiste) à une critique de l’organisation qui s’étend à tous les domaines (groupe spécifique, syndicat, etc.).

La deuxième coïncide généralement avec une tendance organisatrice sur le plan syndical mais elle peut aussi être exprimée par les individualistes.

C’est-à-dire que la classique division des anarchistes en individualistes, anarcho-communistes et syndicalistes ne sert pas nécessairement à différencier les partisans de l’organisation, ni en milieu ouvrier ni spécifiquement.

C’est-à-dire que la classique division des anarchistes en individualistes, anarcho-communistes et syndicalistes ne sert pas nécessairement à différencier les partisans de l’organisation, ni en milieu ouvrier ni spécifiquement.

Ces discussions, vieilles de presque un siècle, ne peuvent pas être considérées abstraitement comme discussions de « principe » sur l’organisation, mais elles sont évidemment en rapport avec le niveau atteint par la lutte de classes dans chaque région précise, ainsi qu’avec le moment révolutionnaire et la situation d’intégration au système des classes potentiellement révolutionnaires [2].

Il est évident que l’existence d’un mouvement ouvrier révolutionnaire actif et de masse a systématiquement soit entraîné le problème de l’organisation sur un autre terrain (le cas de la C.N.T.-F.A.I.) soit il l’a minimisé (cas F.O.R.A.) [3].

Quand les historiens et idéologues bourgeois se sont occupés de l’anarchisme ils ont vu dans cette permanente discussion, dans ses changements, dans la formation et désintégration des organisations anarchistes, une preuve de l’impossibilité ou de l’absurdité de l’idée que, poussée à sa cohérence théorique, l’anarchisme entrait immédiatement en contradiction avec la réalité. Autrement dit, ils prennent à leur compte la « réalité historique », la rationalité du discours établi et nous disent : il y a une contradiction entre la théorie et les nécessités de la réalité.

Mais voyons d’abord le problème de l’organisation en général et après en particulier, ici et maintenant. Premièrement, si ce que l’on cherche c’est la fin de l’exploitation, de la domination de l’homme par l’homme, donc, l’abolition de la propriété, du salariat et de l’État (et sur cela et en théorie toute la gauche classique est d’accord, en tant que fin ultime ; Marx, Lénine et Staline, oui, Mitterand et Marchais, je ne sais pas) l’organisation est un problème puisque on retrouve clairement chez elle les phénomènes de dirigisme, leadership, d’élite dirigeante, de bureaucratie. D’où s’en suit que l’organisation n’est pas un problème pour les anarchistes mais que les anarchistes sont sensibles, grâce à leurs idées, leur projet révolutionnaire, aux phénomènes autoritaires que l’organisation met en évidence.

1. La nécessité de l’organisation

Mais en même temps l’organisation en tant que forme instituée et concrète de rapports sociaux est une réponse créative et positive aux besoins d’association de la vie humaine.

Nous n’allons pas argumenter ici sur les vertus de l’organisation ; il me semble clair que la force des puissants se construit sur l’isolement et la désorganisation des faibles. La difficulté n’est pas dans l’organisation mais dans la domination, dans l’autorité, et les divisions qui la soutiennent : homme-femme, dirigeant-exécutant, manuel-intellectuel, etc.

« À notre avis, l’autorité non seulement n’est pas nécessaire à l’organisation sociale, mais, loin de lui rendre service, vit d’elle en tant que parasite et dirige ses avantages au profit d’une classe qui exploite et opprime les autres… Nous le croyons ainsi et c’est pour ça que nous sommes anarchistes, car si nous croyions qu’il ne peut y avoir d’organisation sans autorité, nous serions autoritaires, car nous préférerions l’autorité qui entrave et assombrit la vie, à la désorganisation qui la rend impossible. » [4]

En plus de cela, l’autonomie de l’individu, sa liberté, est un produit de l’association, de la vie en communauté, de la société. L’opposition individu-société est abstraite et dépourvue de sens puisque l’un et l’autre se reproduisent mutuellement et la liberté est un produit social. Comme Bakounine l’a bien dit : la vie sociale, les rapports avec les autres, le travail collectif, est un moment de la liberté de l’individu [5].

Il est logique et souhaitable alors que ceux qui ont une conscience commune de leur situation sociale et un projet pour un monde nouveau s’unissent, se concertent, pour la propagande et l’action et développent une stratégie d’ensemble. Une stratégie qui naîtra des échanges en commun, qui ne sera ni imposée, ni a priori, par une théorie toute faite et définie en tant que programme à suivre, mais produit de l’échange et des engagements librement acceptés et modifiables à n’importe quel moment.

Le Rapport des groupes anarchistes et communistes révolutionnaires de Paris en 1900 [6] dit — et je suis d’accord, pourvu que la forme adoptée soit en rapport avec les besoins du moment — : « Ce que nous voudrions (…) c’est quelque chose qui nous permit de nous mettre en rapport les uns avec les autres — entre les quartiers d’une grande ville comme Paris, entre les différentes communes d’un pays — toutes les fois que nous pourrons en avoir besoin. Qu’on appelle la chose “entente”, “alliance”, “union”, “Fédération” ou “bureaux de correspondance”, ce nom nous importe peu. »

Mais nous savons, par notre propre expérience, qu’une fois constitué n’importe quel type « d’organisation » — et par différents chemins en fonction de la rigidité ou de l’ouverture de la liaison — apparaissent des phénomènes de leadership ou de pouvoir bureaucratique.

Il semblerait alors que l’analyse que fait Michels rend compte d’une fatalité historique. Et nous ne pouvons pas échapper à la loi, à la loi d’airain de l’oligarchie. Michels disait : « La constitution d’oligarchies au sein des multiples formes de démocratie est un phénomène organique et par conséquent une tendance à laquelle succombe fatalement toute organisation, fut-elle socialiste ou même anarchiste » [7]. Et où était la cause ? Dans l’organisation elle-même. « L’organisation est la source d’où naît la domination des élus sur les électeurs, des mandataires sur les mandants, des délégués sur ceux qui les délèguent. Qui dit organisation, dit oligarchie » [8].

Ce phénomène de la domination qui, au niveau de l’organisation, apparaît comme oligarchie ou bureaucratie est présenté dans ce livre — un classique très intéressant — en tant qu’organique, structural, nécessaire à toute organisation. Cela équivaut à dire : sans chefs, pas d’organisation, sans autorité, pas de société.

Et c’est cela ce que l’anarchie nie. Pour les anarchistes, les rapports de domination sont contingents et non pas nécessaires, ils font partie d’un type de société répressive et apparaissent dans l’organisation parce que l’organisation fait partie de cette société.

Pour échapper à cet élément de contrainte si visible — ou si ressenti — dans l’organisation, les individualistes, ou certains individualistes se sont réfugiés dans une philosophie du soi-même (Stirner). Ce texte d’Armand [9] est un bon exemple : « Si tu es individualiste, toute association ne peut être pour toi qu’un pis-aller, puisqu’en t’associant tu perds tant soit peu de ton indépendance. Un pis-aller, pour un temps déterminé, avec des individus déterminés, pour une besogne déterminée, sans lequel la besogne qui te tient au coeur ne pourrait être accomplie » [10].

2. Le groupe affinitaire

De toute façon, le groupe affinitaire n’est pas une option face aux dangers de l’organisation. La domination, chassée par la porte, rentre par la fenêtre.

Les groupes d’affinité ont toujours existé dans le mouvement anarchiste. Parfois on a expliqué son existence comme une réaction de défense aux persécutions subies par le mouvement ouvrier, par exemple après la Commune, ce qui a obligé les camarades à se regrouper dans une semi-clandestinité. Dans d’autres cas on a pu le voir, comme nous le disions plus haut, comme une réaction à l’activité « politique » de l’organisation partidaire avec sa séquelle de luttes pour le pouvoir et de magouilles. Il n’en est pas moins vrai que certaines activités de propagande et d’élaboration idéologique se voient facilitées par le petit groupe affinitaire, sans compter avec le fait positif en lui-même de l’activité en commun de gens qui se réunissent pour un projet révolutionnaire en même temps que pour des raisons de tempérament ou d’affect.

La prolifération de ces groupes ainsi que d’autres groupements, plus ou moins ponctuels, mais basés sur les activités quotidiennes de quartier, d’usine ou de communication entre groupes et régions, nous semble du point de vue actuel, une situation plus ou moins idéale, si en même temps il existait un mouvement de contenu révolutionnaire, aussi bien dans le prolétariat au sens propre que dans d’autres couches de la population. Jean Grave l’exprimait ainsi, il y a longtemps : « Nous ne croyons pas (…) aux associations, fédérations. etc., à long terme. Pour nous, un groupe ne doit s’établir que sur un point bien déterminé d’une action immédiate ; l’action accomplie, le groupement se reforme sur de nouvelles bases, soit entre les mêmes éléments, soit avec de nouveaux » [11].

Mais, et ceci est fondamental du point de vue de l’organisation, le problème de la domination est loin d’être résolu.

La structure propre au groupe affinitaire. comme tout groupe primaire — aussi bien familiale qu’idéologique — développe des liens interpersonnels très chargés affectivement — dans lesquels l’amour et la haine jouent leur habituelle partie de cache-cache —, et où le contenu fantasmatique (inconscient, refoulé) se structure sur la domination patriarcale.

La lutte pour le pouvoir au sein du groupe est feutrée et généralement inconsciente. Le leadership apparaît centré sur les tâches et toutes les rivalités ont tendance à prendre une forme idéologique. Mais la violence des conflits qui éclatent et la fréquence avec laquelle ces groupes se dispersent montrent la matrice émotionnelle sur laquelle ils se sont constitués.

La relation homme-femme et la relation parents-enfants, la sexualité et la filiation, sanctionnent l’exclusion de la femme et des enfants et déterminent, donc, l’autorité à la place du père. Cette structure n’est pas seulement typique de la « famille », c’est aussi la structure de base du pouvoir, de la domination, à niveau de l’inconscient individuel. Elle s’institue constamment dans la société et sur cette base, à son tour, se constitue l’inconscient individuel. On trouve dehors ce qu’on a dedans. Et on l’a dedans parce que la société s’est érigée en tant que telle en instaurant comme nécessaire une relation contingente : l’interdiction de l’inceste, la loi, la métaphore paternelle. Ces interprétations n’invalident pas les raisons sociologiques, économiques et historiques de la fonction du pouvoir et de la bureaucratie, mais elles essaient de faire le lien ou l’articulation entre le niveau inconscient et la « réalité » telle qu’elle nous apparaît, et qui n’est autre chose qu’une construction sociale.

La loi d’airain de l’oligarchie et la loi paternelle dans chaque destinée individuelle et dans l’histoire de chaque organisation se reconstituent mutuellement [12]. Le groupe affinitaire nous montre clairement cette matrice émotionnelle de l’autorité. [13]

Bien que cet aspect de la domination fut aperçu dès les origines du mouvement anarchiste [14] il ne devient important (et cela n’aurait pas pu se passer avant Freud) que de nos jours. C’est surtout grâce à la critique de la vie quotidienne et en particulier grâce à l’action des différents mouvements de libération des femmes, que la signification profonde de la domination devient évidente et commence à faire partie du projet révolutionnaire.

On ne peut pas être anarchiste dans la C.N.T. et patriarche chez soi. Cette dimension des rapports sociaux reconstruit le pouvoir social. Maintenant, au moins, nous le savons.

Dans le N° 1 de La Lanterne Noire, à propos de la division sociale et technique du travail et en particulier de la séparation dirigeants-exécutants on pouvait lire dans « Nos points communs » : « Et c’est dès maintenant que nous pouvons lutter contre ces divisions, y compris au sein de notre groupe, tout en sachant que la solution ne saurait être ni individualiste, ni groupusculaire, ni volontariste. Quoique indispensables, les modifications au niveau des relations interpersonnelles sont nécessairement partielles. Pour qu’un changement de fond ait lieu, il faut modifier en même temps le cadre structurel du mode capitaliste de production et de l’État. C’est-à-dire que la Révolution exige, dans la présente situation historique, un moment collectif insurrectionnel ».

A mon avis, concrètement, le choix n’est pas entre l’Organisation avec un grand O et le groupe affinitaire — encore moins, bien entendu, l’inaction, la passivité pour critique et intellectuelle qu’elle soit, de celui qui s’installe dans l’attente du mouvement réel qui passerait par-là — mais de prendre conscience des problèmes (formuler la théorie critique) et participer aux diverses formes organisationnelles que la situation sociale nous offre en rapport direct avec notre projet révolutionnaire (adéquation de moyens et fins).

La domination politique, l’État, ne permet à personne de se soustraire au type de rapports sociaux que son existence impose ; on peut lutter contre elle et réduire au minimum ses effets dans les échanges entre camarades, mais on ne peut pas la nier en acte et continuer à vivre. C’est pour cela que la vie quotidienne est réformiste. C’est pour cela que la voie « éducationnelle » n’est pas possible. C’est pour cela que le moment révolutionnaire (l’action insurrectionnelle collective) est nécessaire. C’est à travers l’action, dont le seul temps possible est le présent, que le projet révolutionnaire s’introduit dans le système et change les limites du possible. Il naît une autre réalité.

3. L’organisation possible

Pour revenir sur l’aspect central du problème, je dirai que : l’organisation possible pour les anarchistes est liée au degré de conscience du mouvement ouvrier et paysan dans la lutte de classes à un moment précis.

Actuellement, la situation en France est caractérisée par un malaise grandissant des différentes couches de la population et en particulier par une croissante combativité ouvrière qui déborde souvent le cadre syndical.

Le poids des organisations syndicales réformistes est énorme et leur fonction de contrôle à l’intérieur du système capitaliste se fait de plus en plus évident. Mais même elles devront suivre dans la mesure où le mouvement de grèves sauvages augmente et se créent les conditions d’un processus révolutionnaire. La crise du système capitaliste et le rapport de force international qui enlève aux pays dits communistes leur illusoire et négative image « révolutionnaire », facilite le processus.

Si cette situation se développe, le contact entre les différents groupes anarchistes se fait de plus en plus pressant pour pouvoir intervenir avec quelque possibilité d’efficacité et en même temps pour rendre possible une stratégie d’ensemble en fonction de l’échange d’analyses et d’informations sur cette réalité sociale. Stratégie d’ensemble ne veut pas dire unitaire ni la seule, mais simplement, dans mon esprit, la possibilité que les différents groupes du mouvement anarchiste se développent dans leur propre direction, prenant appui dans la totalité du mouvement antiautoritaire et révolutionnaire.

Ceci dit et pour résumer ma façon de voir, je considère que l’organisation spécifique au niveau national ou international n’est pas adéquate ni à l’état réel des différents groupes et courants de l’anarchisme, ni au degré de structuration du mouvement révolutionnaire. Par contre ce qui est indispensable c’est la liaison entre les groupes, ce qui va permettre l’information et l’échange d’expériences, ainsi que la possibilité d’organisations partielles ayant des buts plus concrets d’action et/ou défense.

Quant au problème de fond soulevé habituellement dès qu’il est question de critiquer l’organisation, c’est-à-dire le pouvoir, la domination, ma réponse est claire. Pouvoir politique et domination aussi bien au niveau de l’État que du couple — en passant par le groupe affinitaire — font partie de la société répressive dans son ensemble. C’est dans cette société que doit se construire le mouvement révolutionnaire qui la détruira pour faire place à un nouveau développement social sans exploitation économique ni domination politique. Seule l’action insurrectionnelle et collective peut créer les conditions d’une nouvelle définition des rapports sociaux, les conditions d’un changement profond vers une organisation sociale non autoritaire.

La critique quotidienne du pouvoir et de l’autorité jette les bases du projet révolutionnaire et modifie les limites théoriques de la « conscience possible », mais la domination sociale doit être combattue au niveau social, au niveau de l’État, et seulement l’existence d’un mouvement collectif révolutionnaire antiautoritaire qui puisse conduire à une situation insurrectionnelle pourra créer une autre société sans maîtres et sans esclaves.

Le type possible d’organisation des anarchistes est une résultante de l’existence ou pas de ce mouvement révolutionnaire. Ladite organisation est en outre un élément fondamental de la construction d’un projet antiautoritaire qui puisse être exprimé par et être l’expression du mouvement de masses.

Dans les périodes de reflux de l’action le contenu utopique du projet révolutionnaire détermine l’isolement, l’ésotérisme et le millénarisme des groupes, si souvent dénoncés par les habituels fossoyeurs de l’anarchisme. Mais même là, pendant ces périodes vides de l’histoire « ils peuvent être certains que le travail ne sera point perdu — rien ne se perd dans ce monde — et les gouttes d’eau pour être invisibles, n’en forment pas moins l’océan » [15].

Dans les périodes révolutionnaires ou lorsque, comme à présent, on commence à remonter la pente, les groupes s’ouvrent, s’élargissent et se relient jusqu’à rejoindre, dans l’action, le mouvement de masses. La libération des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes et l’organisation de la société future sera l’oeuvre des hommes qui y vivront.

Nicolas

Notes :

[1Réponse de Malatesta à la Plateforme d’Archinov, dans Il ruolo della organizzazione anarchica. G. Cerrito, R.L. Catania, 1973, p. 325.

[3Dans le cas de l’Espagne, l’organisation spécifique F.A.I. fut créée comme réponse à une situation interne de la C.N.T. et le problème à été (et continue à être) la relation entre le mouvement de massés révolutionnaire et l’organisation des anarchistes.

Dans le cas de la F.O.R.A. (Federacion Obrera Regional Argentina) de finalité anarchiste et majoritaire dans le mouvement ouvrier dans le premier quart de siècle), l’organisation spécifique de caractère national (F.A.C.A. — Federacion Anarco-Comunista Argentine — puis F.L.A. — Federacion Libertaria Argentina — ) ne se concrétisa qu’avec le déclin du mouvement ouvrier révolutionnaire.

[4Malatesta E., L’Agitazione, Ancona, 1891.

[5Après avoir écrit que « la liberté d’autrui loin d’être une limite de la négation de ma liberté, en est au contraire la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens vraiment libre que par la liberté des autres… » Bakounine, dans Dieu et l’État, affirme que la liberté est un fait éminemment social et qu’on peut séparer trois moments de son développement : le premier, positif et social, c’est le développement, que fait la société, des possibilités humaines. Le deuxième est négatif, c’est la révolte contre l’autorité, contre l’État. Le troisième, c’est la révolte de l’individu contre l’influence « naturelle » de la société, contre les habitudes, contre les moeurs, en un mot, contre la société intériorisée. Et pour se révolter contre cette influence que la société exerce naturellement sur lui, l’homme doit se révolter, au moins en partie, contre lui-même. »

[6Rapport sur la nécessité d’établir une entente durable entre les groupes anarchistes et communistes révolutionnaires. Paris, 1900. Inst. Inter. de Sciences Sociales Amsterdam (BRO AN 220/55).

[7R. Michels. Les partis politiques. Flammarion. Paris, 1971, p. 297.

[8Ibid. p. 296.

[9Armand, Ernest, anarchiste individualiste (1872-1962) [NB E. Armand est un pseudonyme, le « E » ne peut donc être pris comme l’abréviation d’un prénom (d’autant plus que le vrai nom de E. Armand était Émile Juin) — note de l’administrateur du site].

[10Maitron, op. cit., T. II. p. 179.

[11Maitron, Ibid. p. 79.

[12Voir « L’irrationnel en politique ». I.C.O. Supplément à Informations, Correspondance Ouvrière n° 120.

[13En parlant du tyran La Boétie dit : « Que mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez receleur du larron qui vous pille, complice du meurtrier qui vous tue, et traître de vous-même ? ». Le discours de la servitude volontaire. Payot, Paris, 1976, p. 196.

« (L’influence de la société) entoure l’homme dès sa naissance, le dépasse, le pénètre, et forme la base même de son existence individuelle ; de sorte que chacun n’est en quelque sorte que le complice contre lui-même, plus ou moins, et très souvent, même sans s’en rendre compte. » M. Bakounine, Dieu et l’État.

[14« Nous sommes aussi les adversaires de l’autorité patriarcale et juridique des maris sur les femmes, des parents sur les enfants ; parce que l’histoire nous apprend que le despotisme dans la famille est le germe du despotisme politique dans l’État » (1871). M. Bakounine. Lettre aux rédacteurs du Proletario Italiano, Œuv. Compl. V. 2, p. 58.

[15Bakounine, lettre à Elisée Reclus, Lugano, 1875, dans A. Lehning : Michel Bakounine et les autres, 10/18, p. 342.


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