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Le libertaire n°1 (27 janvier 1892)
Causeries
Article mis en ligne le 27 mai 2007
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La société, pas plus que la civilisation, pas plus que la flanelle de santé, le phonographe, les conserves Liebig ou les machines à coudre, n’est de création naturelle, c’est une institution humaine, due au développement graduel de l’intelligence.

Il faut donc faire cette société, ou plutôt la refaire, parce qu’elle est mal faite.

Il faut corriger les fatalités naturelles, en atténuer, et même si faire se peut, en supprimer les conséquences désastreuses.

Entre autres procédés pour améliorer leur situation et pour lutter efficacement contre les innombrables dangers qui les assaillissent de toutes parts, les hommes ont imaginé de se prêter un appui réciproque.

Ayant appris combien l’isolement et l’insolidarité sont funestes, ils se sont réunis par groupes, ils ont mis en commun leurs ressources et leurs efforts ; ils se sont engagés à quelques-uns à se soutenir mutuellement.

— O —

Mais ces groupements, ces associations remplissent-ils le but cherché ? Certes non. Ils sont faits tout entiers pour les forts les riches, tandis qu’au contraire, ils devraient être institués au profit des petits et des faibles.

Les forts n’ont pas à redouter les fatalités naturelles tandis que les faibles en pâtissent au point d’en mourir. Il existe donc une minorité de privilégiés et une masse complètement à la merci des élus, des iniquités et des anomalies dont fourmille la société actuelle.

Le droit de tout homme à l’ensemble des biens de l’humanité est indéniable.

Aujourd’hui il suffit à l’enfant de naître fils de millionnaire pour posséder en propre une grande partie de ce sol sur lequel nous sommes tous nés, et qui devrait en bonne justice, être le patrimoine commun à tous, il ne pense pas encore et déjà il doit avoir rang, richesse, places ; il doit dominer ses concitoyens. Tel autre né nu et pauvre : il n’a pas une pierre où reposer sa tête. Il asservit ses forces corporelles et intellectuelles, dont l’a doué la nature, à autrui. Il est condamné à être la bête de somme, et à crever de faim au milieu de la richesse publique. Privé des choses les plus nécessaires à la vie, il périt rapidement ou lentement, tandis que, tout près de lui la portion la mieux favorisée de la société regorge de superflu et de bien. Être auprès du séjour de la richesse et du bonheur, se cachent les repaires du vice et de la misère ; près des tables surchargées et des estomacs saoulés la faim à l’œil cave subit sa silencieuse torture ; à côté de tous les genres de luxe et d’arrogance, se blottit sans espérance l’horrible dénuement.

Et cependant, que de faim intellectuelle et physique serait sans peine assouvie par une équitable distribution de la propriété et de l’éducation. Comme tous pourraient manger et apprendre à leur appétit, si l’activité était pour tous un dernier devoir, et si tant d’hommes ne travaillaient pas pour un seul ou pour quelques-uns.

(à suivre)

Notes :

[1Cet article est noté comme la suite d’un autre. C’est soit une erreur, soit l’indication d’une publication antérieure, inconnue jusqu’à présent. La seule publication anarchiste publiée à Alger, avant Le Libertaire semble avoir été Le Tocsin, édité en 1890 (d’après la thèse de René Bianco sur la presse anarchiste).


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