Ce qu’on dit, ce qu’on fait

, par  L’Homme qui lit , popularité : 3%
Romain Rolland


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Dans L’Œuvre, M. Laurent-Tailhade faisant la critique d’Au-dessus de la Mêlée, laisse glisser sous sa plume des vérités majeures.

Les prêtres des diverses orthodoxies chrétiennes se montrent unanimes sur ce point. Popes, clergyman, vicaires, laissant pour devenir soldats les rites des confessions qu’ils desservent, abandonnent aussi les œuvres de paix. Leur dieu, c’est, à présent, Sabahoth, le parent asiatique de Moloch, celui qui brise les rois au jour de sa colère. Il n’enjoint aucunement à ses fidèles de s’aimer les uns les autres. Mais le clergé des armées en présence l’implorent chacun de son côté, le suppliant d’écraser l’ennemi, de le réduire en poussière, de le fouler aux pieds. Or, c’est l’évidence même, la logique irrésistible des choses qui leur communique cette ardeur homicide. La force est une vertu cardinale, soit ! Mais, pour quelque temps du moins, ils oublient que la Justice en est une aussi.

Et plus loin :

Le christianisme intégral créé une erreur non moins intégrale qui fausse tous les postulats de M. Rolland. Car son illusion majeure est d’oublier que la guerre obéit, avant toute chose à des lois économiques. Depuis l’homme des cavernes jusqu’aux pillards de l’armée allemande, on ne l’a jamais faite que pour le butin, pour dévaster le territoire de l’ennemi, pour dépouiller l’adversaire de tous les biens qu’il possède, femmes et bétail chez les primitifs, argent liquide, territoire, avantages douaniers et commerciaux chez les civilisés. Voltaire pensait de même. « La guerre, disait-il, n’eut en aucun temps d’autre but que le pillage. »

Le sauveur


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M. Miguel Almereyda reproduit dans le Bonnet Rouge la confession qu’il a faite en correctionnelle lors du procès en diffamation à lui intenté par L’Action française. Nous en extrayons ce passage dont nos lecteurs apprécieront toute la saveur. C’était le lendemain de la déclaration de guerre, Almereyda craignit que les provocations à l’insurrection, et au sabotage de la mobilisation dont il saturait naguère, avec son complice Hervé, les milieux anarchistes, ne produisissent leurs effets :

– Alors, dit-il, je fais une chose audacieuse. Je vais trouver M. Malvy et je lui dis : « Qu’allez-vous faire pour le Carnet B ? » et M. Malvy me dit : « Je suis très content que vous me parliez de cela. Mais je suis obligé… » Il y eut là une scène d’un dramatisme et d’une grandeur que je me décris pas pour ne pas être accusé d’employer des moyens théâtraux… Je dis à M. Malvy : « N’arrêtez personne… » « Pourtant, dit M. Malvy, s’il reste quelque part un fou, si des éléments qui échappent à votre influence se soulèvent, quelle responsabilité aurai-je ? » « Et si vous coupez la nation en deux, ripostai-je, si vous créez de l’agitation, des divisions, quelle responsabilité n’aurez-vous pas ? N’arrêtez personne, criez hautement que vous faites confiance, que la République fait confiance à tous ses enfants, et vous verrez le vieux sang des patriotes de 92 se réveiller, même chez les pires blasphémateurs d’antan… » M. Malvy me dit : « Il faut voir le directeur de la Sûreté générale… »

C’est peut-être pour cela qu’on dit que je suis de la police ; si c’est ainsi, je considère que ce jour-là j’ai été un policier qui a rendu à son pays un service dont il peut être fier. Nous ne parlons avec le chef de la Sûreté qui, homme intelligent et de décision dit : « – Oui, M. Almereyda a raison ; mais il y a un milieu qui risque d’échapper à son influence, c’est le milieu des anarchistes individualistes. » C’étaient précisément ceux qui ameutaient la classe ouvrière contre nous à cause de notre retour au sentiment national.

Je dis à M. Malvy : « laissez-moi quarante-huit heures ; si dans quarante-huit heures, après avoir travaillé ces gens-là, je viens vous dire qu’il n’y a pas de péril, vous n’arrêterez personne, vous ferez confiance. »

Dans les quarante-huit heures qui ont suivi, j’ai fait cette besogne que je considère comme mon honneur de voir tous les gens en qui pouvaient traîner la fumée des mauvais alcools d’autrefois.

Je connais un peu les milieux anarchistes, même individualistes, je n’y ai pas vu M. Miguel Almereyda en ces heures redoutables, mais puisqu’il le dit, il faut le croire. La guerre finie je proposerai aux amis d’aller poser sur la tête de ce sauveur, le laurier de la gloire. Sans lui nous pourririons tous dans quelque cul de basse-fosse. Mais M. Miguel Almereyda n’a pas seulement sauvé les anarchistes en les arrachant à l’ivresse qu’ils avaient puisés dans la défunte Guerre Sociale, il a aussi sauvé la France par la même occasion, il ne s’en cache pas et avec la modestie qui le caractérise, il se décerne à lui-même des compliments mérités :

Et j’ai le sentiment, lorsque la guerre finie mes poilus reviendront, de pouvoir les regarder en face en leur disant : « La besogne que vous avez faite là-bas était plus périlleuse, mais celle que j’ai faite ici était aussi utile ! »

La littérature et la guerre


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Dans le Journal du Peuple, A. Desbois a eu l’excellente idée de rechercher dans les classiques, quelques vérités sur la guerre et l’idée de patrie.

Le pyromane Renan, qui eut sur notre époque la plus forte influence, a discuté l’idée de patrie, notamment dans Caliban :

Ercole – La maison, de quelque manière que vous la conceviez, ne répondra jamais qu’aux intérêts d’un petit nombre. Le grand nombre sera sacrifié. Comment décider les gens à se faire tuer pour un état de chose qui ne profite qu’à un petit nombre de privilégiés ?

Simplicon – il faut les éclairer, les instruire.

Orlando – Que dites-vous ? Se faire tuer est une grande naïveté ; car rien ne vaut la vie pour l’individu. N’être plus est la pire chose qu’il y ait. La victoire n’est pas une récompense pour le mort ; celui qui est tué est le vrai vaincu ; l’essentiel dans une bataille est donc de ne pas être tué. Voilà le raisonnement de la conscience claire, réfléchie, égoïste. Il faut conserver un vaste territoire d’ignorance et de sottise, une masse de gens assez simples, pour qu’on puisse leur faire croire que s’ils sont tués, ils iront au ciel, ou que leur sort est digne d’envie.

On fait un troupeau avec des bêtes, on n’en fait pas avec des gens d’esprit. Si tous les gens avaient de l’esprit, personne ne se sacrifierait, car chacun dirait : « Ma vie vaut celle d’un autre. » On n’est héroïque que par le fait de ne pas réfléchir. Il faut donc entretenir une masse de sots. Si les bêtes s’entendaient, les hommes seraient perdus. L’homme règne en employant une moitié des animaux à mater les autres. De même, l’art politique consiste à couper le peuple en deux, et à dompter une des moitiés avec l’autre. Pour cela, il faut abrutir une des moitiés, la bien séquestrer et séparer du reste ; car, si le peuple armé et le peuple non armé s’entendaient, la situation serait perdue.

Orlando – Chose étrange qu’on ait pu amener des millions d’hommes à se faire tuer pour des êtres collectifs qui ne sont personne de déterminé ! [1]

Et cet autre extrait, qui gagne en saveur, après le dernier avatar de P. Adam :

L’idée de patrie semble une marotte périmée, et les causes de haine ne sont plus nationales. Armé, je tuerais avec tristesse le plus prussien des Allemands, mais j’avoue que je tirerais avec moins de remords contre le fauteur de la société des métaux, l’homme qui envoya périr à Panama tant de pauvres gens voués à la fièvre jaune, ou encore ce général qui commanda durant la semaine sanglante de mai 1871. Le mieux serait de ne pas tuer, parce que le meurtre répugne. On pourrait y venir après la guerre prochaine. Si le résultat n’est pas de suite la victoire définitive pour un parti, les belligérants, aussi bien munis les uns que les autres, s’abîmeront beaucoup sans parvenir à se vaincre totalement. Après quelques centaines d’hécatombes, on s’arrêtera par lassitude ; on se trouvera ruiné ; on conclura une paix nouvelle ; et il apparaîtra, en pleine évidence que les batailles n’auront servit à rien changer. [2]

Un homme


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La Gazette de Francfort reproduit le discours du député socialiste Haase, à la séance du Reichstag.

Ces paroles ne relèveront pas le prestige de l’Internationale socialiste, accroupie devant la bourgeoisie, mais elles montreront qu’il y a encore dans le monde, des hommes de courage et de pensée.

Haase proteste en disant que le gouvernement ne tolère pas la liberté de parole ; il déclare que, malgré les promesses du gouvernement, toute tentative pour rendre la censure moins sévère et abolir l’état de siège ont échoué : le gouvernement n’a pas tenu sa promesse d’entreprendre la révision de la loi sur les syndicats.

« Pourtant, dit-il, on aurait pu espérer que tous les citoyens, maintenant qu’ils combattent tous pour le même but, pourraient obtenir les mêmes droits.

« Où nous conduit la politique étrangère du gouvernement ? Dans tous les pays le prolétariat a fait connaître son désir de paix, les représentants du peuple doivent pouvoir le faire connaître aussi en Allemagne. »

L’orateur ajoute :

« Le rempart formé par nos armées ne peut pas être rompu : nos ennemis l’ont reconnu, mais après l’expérience de cette guerre, tout démontre que notre armée ne battra pas nos ennemis à tel point de pouvoir les faire mettre à genoux. De trop puissants adversaires nous sont opposés. À la fin, il n’y aura probablement ni vainqueur, ni vaincu. »

Ces dernières paroles soulèvent un tumulte de plusieurs minutes ; on entend des interruptions : « Inouï ! Scandaleux ! »

Le président exhorte l’orateur à ne pas continuer sur ce ton.

Haase continue :

« Vous devez pourtant reconnaître que ce que j’avance est justifié, que quelle que soit la fin, l’Europe court vers sa ruine. » (vive protestations, même chez les socialistes.)

« Il pourra arriver que nous devrons travailler six mois par an pour donner à l’État de l’argent pour le paiement de l’intérêt des emprunts de guerre et les sommes nécessaires à l’entretien des invalides et des orphelins de la guerre. Comment pourrait-on nier qu’aussi, après la guerre, des millions d’êtres souffriront cruellement dans tous les pays ? Quel sens a la continuation de la guerre…

« Nous qui abhorrons la guerre… »

L’orateur est interrompu de toutes parts.

Haase continue :

« Vous savez de quoi il s’agit pour certains milieux dans cette guerre. (Long tumulte, vives interruptions.)

Haase reprend :

« Comme on ne me permet pas de discuter, même brièvement, la question qui émotionne actuellement le peuple, j’y reviendrai plus tard, pour que l’assemblée puisse juger de la situation. Il serait très important de démontrer les agissements de la Wilhemstrasse. Le régime capitaliste est jugé, parce qu’il n’a pas su empêcher que le fléau de la guerre éclatât par ses œuvres. »

Voilà ce qu’on a pu dire dans l’Allemagne impérialiste.

Est-il permis d’espérer que la France républicaine sera aussi libérale.

Les anarchistes et l’Internationale


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Plus heureux qu’en France, les journaux anarchistes continuent à paraître en Italie.

Dans l’Avenire Anarchico, de Pise, le camarade Souvarine, après avoir commenté le congrès de Zimmerwald, et avoir déploré que les organisateurs aient fait appel à des interventionnistes avérés, comme Renaudel qui, d’ailleurs, refusèrent, et que le Congrès soit resté dans des formes légalitaires et politiques, demandent que les anarchistes rentrent dans la nouvelle Internationale qui doit se former sur les ruines de l’ancienne.

L’exclusion de tous les groupes et associations internationales qui se tiennent sur le terrain révolutionnaire signifie la volonté ferme de continuer avec les vieux et déplorables systèmes légalitaires, et dans les mêmes voies de l’équivoque de la trahison et du fratricide.

Représentant de l’Internationalisme négateur de toute idéologie nationale, nous demandons que les portes de l’Internationale soient ouvertes à tous pour le bien du mouvement social.

La foi que nous avons su garder à nos principes internationalistes et les événements qui consacrent notre doctrine et nos méthodes nous en donnent le droit.

Nous le demandons publiquement et sincèrement en ces sombres heures d’égarement, conscient d’être plus dignes d’y entrer que les différents partis socialistes qui se solidarisent avec leurs oppresseurs.

Après avoir demandé aux socialistes sincères de mieux apprécier les anarchistes, et s’être félicité que son idée ait trouvé des approbations dans les deux clans, Souvarine conclut :

Il faut rouvrir, discuter et résoudre de façon internationale (internazionalisticamente) la question de l’Internationale. Il faut que cesse l’énorme injustice qui fait que les vrais internationalistes et révolutionnaires sont dehors et que l’Internationale est constituée de politiciens patriotes, monopolisant le mouvement social pour leurs fins électorales.

La censure sous la terreur


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Le Rappelévoque une motion de Robespierre, ainsi conçue :

L’Assemblée nationale déclare :

  1. Que tout homme a le droit de publier ses pensées par quelques moyens que ce soit ; et que la liberté de la presse ne peut être gênée ni limitée en aucune manière ;
  2. Que quiconque portera atteinte à ce droit, doit être regardé comme ennemi de la liberté, et puni par la plus grande des peines qui seront établies par l’Assemblée nationale ;
  3. Pourront néanmoins, les particuliers qui auront été calomniés, se pourvoir pour obtenir la réparation du dommage que la calomnie leur aura causé, par les moyens que l’Assemblée nationale indiquera.

En ces temps-là, régnait la Terreur conventionnelle.

Contrastes


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du journal Estudios, de Rosario, nous extrayons le récit suivant de notre ami Enrique Nido, au sujet de l’héroïne à la mode, Miss Cawell :

Par les plus grandes artères de la grande métropole londonienne, la multitude courait frénétique et précipitée, dans la direction d’une des places les plus spacieuses et les plus fréquentées.

Le soleil hivernal d’un de ces matins du mois de décembre, parvenait à peine à percer le dense brouillard qui plane éternellement sur l’immense cité du Nord. Un air froid fouettait les passants, en ce jour destiné à perpétuer la mémoire d’une héroïne, grande entre les plus grandes, de la race saxonne.

En l’honneur de Miss Cawell, le peuple intelligent, honnête et laborieux, de Londres, s’assemblait en masse pour offrir le plus populaire des hommages à l’Anglaise sublime qui, simplement, sut mourir face à l’ennemi.

M. Thouplex, un Irlandais qui, par hasard se trouvait à Londres, surpris par ce défilé interminable d’hommes et de femmes de tous les âges, militaires des trois armes et gardes de l’ordre public, avec leur musique respective, qui lançait dans les airs les notes de l’hymne patriotique, s’achemina, lui aussi, vers le point de réunion, curieux de s’enquérir de l’origine et du pourquoi de cette grandiose manifestation.

Au moment où Thouplex arrivait à la place choisie pour l’accomplissent d’un des actes les plus solennels du peuple anglais, les forces de la garnison, alignées militairement, présentaient les armes devant une tribune officielle, enguirlandée avec les insignes des couleurs anglaises, d’où un ministre du Royaume-Unis exprimait l’adhésion du souverain et du gouvernement au grand hommage à Miss Cawell.

Thouplex, anxieux de connaître les mobiles de cette fête demanda à un de ses compatriotes, un Anglais au cou de girafe :

—  Dites, monsieur, qu’arrive-t-il de si extraordinaire à Londres pour que le peuple civil et militaire se trouve ainsi réunis ?

—  Comment ! Vous ne savez pas ? dit l’interpellé, Miss Cawell !

Et comme Thouplex ne paraissait pas avoir compris, celui-ci ajouta :

—  Notre Miss Cawell L’héroïne de Belgique, laquelle, en outre de sa délicate et humaine profession d’infirmière, donnait la liberté aux prisonniers.

—  Ah ! Je comprends dit Thouplex. Ils vont maintenant, sans doute la fusiller, n’est-ce pas ?

Une impression de stupeur se dessina sur le visage des personnes qui avaient entendu ces quelques mots échangés ? L’un d’eux s’écria :

—  Vous ignorez, sans doute, Monsieur, la cause et la grandeur de cet acte. Miss Cawell, est une de nos compatriotes qui remplissait les fonctions d’infirmières en Belgique et qui, pour avoir libéré des Belges et des Anglais prisonniers, fut fusillée par les barbares, soldats teutons. La manifestation de ce jour a pour objet de glorifier et d’honorer sa mémoire. Comprenez-vous à présent ?

—  À présent, je comprends moins – répondit Thouplex. Et comme la surprise augmentait autour de lui, il ajouta :

—  Il y a peu de temps, dans le Sud de Gales, lors d’une grève minière, plusieurs de mes camarades furent emprisonnés.

Leurs femmes et leurs enfants abandonnés, mourraient de faim et de misère, pendant toute la durée du procès interminable. Un jour les épouses victimes se réunirent et résolurent d’entreprendre la libération de leurs maris et, secondés par les femmes des environs, elles envahirent la prison et donnèrent la liberté aux détenus.

Jusqu’aujourd’hui, je ne sache que quelqu’un les ait glorifiés. Très au contraire. Arrêtées plus tard, un grand nombre d’entre elles furent condamnées à plusieurs années de réclusion parmi lesquelles les épouses de mes amis Lynder, Danvy et Frenvid.

Les assistants fixèrent tous Thouplex avec des yeux stupéfaits. Un Écossais dit à mi-voix :

—  C’est un espion…

L’homme au cou de girafe ajouta :

—  Un kaiseriste…

Et une suffragette, haute et maigre, s’écria furieuse :

—  Un ennemi des droits de la femme.

Le jour suivant, Thouplex lut, dans les grands quotidiens, l’importance et les proportions que les Londoniens donnèrent à cette immortelle glorification.

Les littérateurs, poètes et homme de science entonnaient, en un même accord, leurs chants de louange et d’admiration à Miss Cawell. Même jusque dans les journaux avancés, M. Thouplex lut, surpris, la phrase flatteuse et les termes louangeux, en l’honneur de l’Anglaise sublime, sans un souvenir ni une parole à la mémoire des libératrices de Gales. Confondu et réfléchissant aux contrastes de ce monde, Thouplex déambula tous les jours, par les rues innombrables de la capitale anglaise, murmurant parfois une phrase, une seule phrase :

Je ne comprends pas… Je ne comprends pas…

L’Homme qui lit

[1Ernest Renan, Caliban, acte ii ; scène 1.

[2Paul Adam, Critique de mœurs.