La Presse Anarchiste
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Le libertaire n°4 (25 février — 10 mars 1892)
Les victimes du capital
Article mis en ligne le 16 juin 2007
dernière modification le 30 mai 2007
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La presse est unanime à blâmer la cruauté avec laquelle les bourreaux d’Espagne ont étranglé les 4 anarchistes de Xérès.

Comme aux époques d’inquisition torturés.

Enfermés dans une chapelle où pendant 24 heures des moines en cagoules leur ont récité les
prières des morts. Ils ont assisté vivants à leur enterrement ; puis en place publique devant la
foule défiée, pendant que les cagoules chantaient le de profondis les 4 bourreaux, avec un
ensemble terrible, les ont étranglés d’un coup de levier.

Le quadruple assassinat de ces cœurs généreux est épouvantable mais ils emportent au moins la
satisfaction d’être morts en travaillant à l’avènement d’une société meilleure, tandis que les
milliers de malheureux dont les journaux nous apprennent les fins obscures en des faits divers de 8
à 10 lignes, qui n’ont rien dans le cerveau et qui à chaque instant se suicident croyant être en
trop dur terre, sont bien plus à plaindre.

Entre tant d’autre rappelons un fait récent :

Le 12 février dernier, un ouvrier boulanger demeurant rue de Lyon à Mustapha, âgé de 25 ans,
s’est coupé le cou avec un rasoir.

Il laisse une veuve et cinq enfants.

Les causes qui ont poussé ce malheureux à prendre une telle détermination sont dues à la
misère dans laquelle l’avait plongé le manque de travail dont il était privé depuis deux mois…

N’aurait-il pas mieux fait, ce prolétaire, au lieu de se suicider bêtement, au lieu de se
sauver lâchement de cette vie dans laquelle il était malheureux, d’entrer en révolte contre cette
société mal faite qui était cause de son malheur, de grossir l’armée des révoltés et comme ceux de
Xérès se faire au moins tuer pour quelque chose ?

Oui

Il aurait, peut-être, en se révoltant conservé un père à ses enfants car tous les révoltés ne
périssent pas.

— O —

Pendant que ces drames de la misère passent presque inaperçu, le merdassier Constans, pour se
distraire, fait des voyages en Italie (où il achète une propriété de 1700000 fr., un million sept
cent mille francs) et en Suisse, où il va probablement se concerter avec messieurs de la
Confédération sur les mesures à prendre contre les anarchistes.

On fait des manifestations patriotiques, fêtées par les ventrus et applaudies par les
crèves-de-faim, et Messieurs les bourgeois s’étalent dans les fauteuils d’orchestre de leurs
théâtres.

Aussi que tous ceux qui ont encore quelque chose à la place du cœur songent aux victimes du
capital, aux martyrs de cette classe odieuse, de cette puante bourgeoisie et au lieu de défendre cet
édifice mystique, cette baraque qui à pour devise Liberté, Égalité Fraternité, cette salope de
société qui réduit au suicide ceux qui n’ont pas de pain et qui tue ceux qui en demandent.

Que ceux qui crèvent de faim comprenant que tout être humain à droit à l’existence, cessent de
geindre et se révoltent enfin contre cette mauvaise organisation sociale cause de tant de crimes et
de toutes les misères.

Et alors, dressés à la révolte le jour viendra vite où nous ferons payer cher aux ventrus
leurs victoires de 1789 — 93 de 1848 et 1871 de la Ricamarie et Chicago, de Fourmies et de Xérès.

— O —

Et sur les ruines fumantes du vieux monde nous créerons une société meilleure ayant pour base
l’égalité et la justice, fraternité et liberté


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