Poème de B. de Casseres
Article mis en ligne le 16 juillet 2020

par Casseres (Bio de)
Nous avons annoncé avoir reçu sous le titre finis les quelques essais constituant « le chant du cygne » de Benjamin De Casseres. Mme De Casse.res a fait précéder cette ultime production du poème suivant, que nous avons rendu aussi fidèlement qu’il nous était possible.
Le jour meurt,
La nuit qui, à regret, descend lentement,
Se tient encore effacée dans l’ombre.
Le ciel est bouleversé,
Toutes ses couleurs sont repliées dans des coffres argentés ;
 
Tous les nuages ont fui
Pour ombrer les sourcils de lointaines aurores.
 
Le rire des ruisseaux s’est tu ;
Le vent qui tourmentait tendrement les dernières rougeurs des champs
Tombe et expire dans les herbes.
La mer s’efforce de se maintenir silencieuse,
Et les collines, – ces catacombes de tous les jours disparus –
Se dressent mornes, sombres, glacées.
 
Les tiges des fleurs heureuses s’inclinent
Et certaines d’entre ces fleurs
Se sont refermées en leur douleur ;
Il n’est plus que de vagues traces
De tout ce qui remplissait l’air d’enseignements merveilleux ;
 
La rapide ellipse de la mouette,
Le parallélogramme de l’hirondelle,
La joyeuse spirale de l’alouette,
Tout cela s’est évanoui. De chaque arbre,
De chaque buisson, de chaque borne,
Des sentinelles épient cette heure sacrée.
Une longue et extatique flamme incendiant l’horizon
Un soupir exhalé par une harmonie de sons –
Le jour est mort,
Et l’herbe, et les arbres et les choses sensibles
Sont baignés de pleurs.
Bio de Casseres