L’enseignement libertaire des révolutions hongroises

, par  Rolland (Paul) , popularité : 5%
Il a été suffisamment parlé des évènements de Hongrie de ces derniers mois ― si nous les reprenons ici, c’est pare que dans l’histoire révolutionnaire hongroise, il y a des faits assez mal connus qui peuvent nous aider à mieux comprendre les derniers évènements. D’autre part, la radio de Budapest a, à plusieurs reprises, condamné certains aspects anarchistes de la révolution, relevés également par la presse, qui mentionne aussi la présence du drapeau noir sur les chars des insurgés à côté du drapeau national.

Chaque révolution apporte une leçon, marque une étape dans l’évolution de l’humanité. Nous essaierons ici de dégager celle que nous donnent les insurgés de Hongrie, sans bien sûr participer à cette écœurante exploitation des martyrs dont nous sommes témoins.

La violence de la répression est un fait qui n’est pas pour nous surprendre. Nous n’avons pas attendu 1956 pour savoir ce qu’est une répression moderne, ce que sont l’Armée, l’État, le totalitarisme et l’impérialisme en général, et en particulier bolcheviste. Le langage et l’attitude des Khrouchtchev, Serov, Kadar, Fajon, etc. ne voyant dans tous ceux qui se dressent contre eux et leur système que fascistes, espions américains, officiers horthystes c’est celui de Lénine ne voyant parmi les ouvriers et marins de Kronstadt que gardes blancs, espions français et officiers tsaristes. C’est celui de Trotsky aux prolétaires de Kronstadt : « Je vous abattrai comme des perdrix » ou aux partisans de Makhno « les ratisser avec un balai de fer ». Et c’est à juste titre que l’Humanité du 7 novembre ressortait un texte de Lénine avec les plus plats des mensonges sur Kronstadt. La Pravda du 18 décembre reprend contre Kardelj les thèmes de 1921, dans lesquels la gestion des usines par les ouvriers était traitée de déviation anarchiste syndicaliste. C’est toujours l’emploi sur une échelle d’État des moyens de Marx employés dans la 1re Internationale contre Bakounine : duplicité et calomnies. D’autres en font les frais aujourd’hui :

… « Le mensonge et la calomnie ont été à travers toute l’histoire de l’humanité, les instruments d’une politique injuste, d’une politique dont le but est toujours l’assujettissement et l’exploitation des autres peuples, l’établissement sur eux d’une domination. »


(Djilas : « Lénine et les rapports entre états socialistes » p.15)

Nous savons bien que tous ces intellectuels à qui il faut du « sang à la Une » pour réagir à l’oppression qui frappe les autres rentreront dans l’euphorie des fronts populaires et oublierons ces massacres dès que l’encre et le sang auront séché.

Un prolétariat expérimenté ?

Tant de commentateurs marxistes ont essayé de représenter la Hongrie comme un pays sous-développé avec un prolétariat qui en est encore à ses premiers vagissements désordonnés. La Hongrie comptait en 1956, 1 600 000 ouvriers syndiqués (dont 300 000 ouvriers agricoles) ce qui est quand même beaucoup, surtout pour un pays de 9 millions d’habitants. Et en 1919 déjà 1 421 000 travailleurs se trouvaient dans les syndicats. Avant même la révolution, en 1918, leur nombre était de 721 000.

Et non seulement le prolétariat hongrois n’est pas un phénomène nouveau en 1956, mais ce prolétariat est celui qui immédiatement après le prolétariat russe a vécu le plus intensément l’expérience de la révolution sociale. Car en 1919 quand les vieux prolétariats « expérimentés » ne bougeaient pas (Angleterre) ou peu (France) c’est lui qui montrait la voie aux classes ouvrières allemandes et italiennes pour s’emparer des usines et prendre en main toute l’organisation économique et sociale.

Ce n’est pas la faute de cette classe ouvrière hongroise prétendue arriérée si la révolution de 1919 ne fut pas européenne. Il est un autre prolétariat qui fut à l’avant-garde du combat contre le capitalisme, c’est celui d’Espagne. Or, pour faire passer ces deux pays pour arriérés, il faut d’une part méconnaître l’importante industrie hongroise ou catalane, et d’autre part ne rien comprendre à la révolution paysanne.

Bien sûr, aux statisticiens qui ne font que le décompte des hauts fourneaux, la Hongrie ou l’Espagne peuvent paraître sans importance industrielle. Or le développement de ces deux pays ne date pas plus de Staline que de Franco. Dès le début de ce siècle, les usines textiles, métallurgiques, alimentaires, ferroviaires étaient dispersées dans de nombreuses régions de Hongrie par exemple et Budapest était déjà une métropole comme Barcelone de plus de 1 million d’habitants. L’industrie hongroie a subi des transformations qualitatives depuis 1945, mais quantitativement la classe ouvrière n’a pas été créée, ni même augmentée, dans des proportions radicales. Il n’y a pas eu en 7 ou 8 ans transplantation soudaine de paysans vers un foisonnement de villes. La Hongrie n’était pas le laboratoire sibérien.

Paysans attardés ?

C’est un traditionnel schéma marxiste que d’opposer aux vieux prolétariats industriels éduqués par l’Histoire, les masses fraîchement débarquées de campagnards sans maturité ni esprit combatif. Schéma que démontent foncièrement les plus grandes révolutions de ce siècle : Mexique, Ukraine, Espagne (pour ne pas parler de la Chine) où les masses paysannes fournirent presque toujours plus qu’une avant-garde, la substance même de la lutte. Ce n’est pas parce que ces révolutions ont politiquement échoué comme ont échoué d’ailleurs toutes les révolutions urbaines que le paysan doit être considéré comme incapable de mener une révolution. Encore moins les ouvriers d’origine paysanne doivent-ils être considérés comme un poids mort par rapport aux ouvriers citadins de vieille souche. L’étaient-ils dans les soviets de Russie de 1905 et 1917 ? Cette méfiance pour les travailleurs de la terre peut sans doute s’expliquer, pour le marxisme, phénomène urbain lié à la naissance d’une bureaucratie industrielle et qui ensuite essaye « d’encadrer » les campagnes, de les militariser (Trotsky), de les transformer en usines (Krouchtchev). Mais elle n’a rien à voir avec l’anarchisme qui tient son origine autant des champs que des usines : en Andalousie comme en Aragon, en Ukraine comme en Bulgarie et comme en Hongrie, le mouvement anarchiste est lié à l’émancipation paysanne. Et souvent les paysans déracinés apportèrent dans les faubourgs de Barcelone et de Budapest non un alourdissement mais un ferment nouveau, plus radical, de notre combat en ville.

L’intelligentsia

Dans le schéma marxiste, une autre couche de la population est oubliée et a un rôle subordonné et secondaire, ce sont les intellectuels, les écrivains, les étudiants. Ils sont considérés comme des employés et des fidèles exécuteurs des plans et des directives du parti, mais nullement comme de vrais créateurs. Cette opinion n’est pas abstraite : on voit ce qu’elle donne dans les États Soviétiques ― « des âmes mortes », d’après la confession même de Chobkhov ― des carriéristes, des pantins qui sont capables de changer mille fois de raisonnement et d’avoir toujours raison…

Malgré l’interprétation marxiste de l’histoire, on ne peut pas nier le rôle important joué en Russie. tsariste par l’« intelligentsia », les écrivains, les poètes, les critiques.

On ne peut pas nier non plus le rôle joué par les écrivains hongrois dans la préparation de l’esprit de révolte. Nous n’avons pas ici la prétention d’expliquer ce phénomène, mais c’est un fait que les écrivains, non seulement comme individus, mais aussi dans l’Union des Écrivains ont acquis une juste réputation de combattants.

… « Certes, on nous avait trompés, mais cela ne diminue pas le poids de notre responsabilité personnelle… C’est de cette crise-là qu’est née l’unité morale des écrivains sur la base d’un engagement solennel de ne jamais plus mentir, de ne jamais servir l’inhumain. De dire la vérité… Brusquement nous avons pris conscience d’avoir servi des conceptions politiques criminelles, d’avoir été les instruments de la calomnie et du mensonge »…

(Otto Major, dans Irodalmi Ujsàg, 29 septembre 1956)

… « Oui, nous exigeons la liberté totale de la littérature, la liberté la plus complète, la plus illimitée qui puisse se concevoir entre hommes vivant en société civilisée… L’écrivain doit être libre (tout comme chaque citoyen d’ailleurs) de dire la vérité sans restrictions aucunes. »

(Idem, 8. IX. 1956).

… « Nous- croyions édifier le socialisme, alors qu’on nous enfermait derrière des murs de prison imprégnés de sang et de mensonge.
… La révolution a vaincu mais si nous ne lui laissons pas le temps de reprendre des forces, elle peut encore être terrassée. Certains, dont c’est l’intérêt, peuvent aussi chercher à l’escamoter »…


(Idem, le 2 novembre, juste avant la 2e intervention soviétique, par Tibor Déry).

Et voilà l’opinion de F. Fejtö : « La plupart d’entre eux avaient une formation marxiste imprégnée de culture occidentale ; si leur carte de parti et leurs convictions étaient communistes, leur tempérament artistique était personnaliste, anarchisant, leur mentalité analytique et critique ». (La Tragédie hongroise, p. 230)

La lutte millénaire en Hongrie contre l’État et son Église

Dès l’an 1000 l’État hongrois était en même temps que le protecteur de la propriété des féodaux et du clergé, le plus gros propriétaire, par lui-même, le principal adversaire des travailleurs. Tout au long de l’histoire les soulèvements se multiplièrent opposant les paysans (1041,1437…), les mineurs (1525), les gens des villes (1222) à l’État et à ses deux serviteurs : l’Église catholique et la noblesse militaire, qui d’ailleurs étaient en grande partie importé d’Allemagne. Le peuple se révolta contre l’entreprise étatiste ecclésiastique des croisades (1514). Ces soulèvements contre l’ordre catholique s’appuyèrent sur une opposition latente s’exprimant par des mouvements réformateurs anticléricaux d’inspiration païenne (XIe s.), Bogoumiles (XIIe), Hussit (XVe), anti trinitaire et achriste (XVIe) et Nazaréenne jusqu’au XXe. Toujours la puissance politique et sociale reçut sa justification de l’Épiscopat et du clergé. Cet État hongrois nécessairement impérialiste comme tout État s’opposa non seulement au peuple magyar, mais aux peuples voisins slovaques, croates, serbes, roumains, ukrainiens (et la dernière poussée impérialiste n’a reculé qu’en 1945). Et pourtant chaque fois qu’il fut menacé par un impérialisme plus puissant la seule ressource fut de faire appel aux paysans et de leur promettre la terre et la liberté : contre les Turcs au XVe comme contre les Autrichiens et la Contre Réforme Catholique au XVII et XVIIIe. Sous tous les régimes, celui révolutionnaire et libéral de 1848, celui du compromis de 1867 avec l’Autriche, comme celui de Horthy de 1919 à 1945, l’État Hongrois se défendit avec acharnement contre le partage des terres et essaya de détourner l’attention de l’Église et de la Noblesse en excitant un nationalisme magyar contre les peuples opprimés slaves et roumains. Et toujours les Évêques et les Magnats conservaient leurs propriétés gigantesques et leur toute-puissance. C’est avec les défaites consécutives aux 2 guerres mondiales que l’État hongrois dû, céder. Deux fois répétant et amplifiant l’expérience de 1848, les paysans d’eux-mêmes s’emparèrent des terres qu’ils cultivaient pour les autres. La république des Conseils prit la tête du mouvement. La restauration horthyste à la différence de 1848 ne put reprendre tout et les lois de 1920-24 laissèrent aux paysans 570.000 ha pris. Et en 1945-49 d’autres lois abandonnèrent le reste : 1857900 ha. Pour les mêmes raisons (parce que les paysans s’en emparaient) et dans le même but (dévier le mouvement en créant une classe de petits propriétaires à courte vue, tributaires de l’État, incapables de moderniser l’agriculture et divisant le paysannat).

L’anarchisme en Hongrie et la tradition des conseils

Le mouvement agraire hongrois fut grandement marqué par les idées libertaires. L’anarchisme trouva un terrain favorable parmi cette masse paysanne aux prises depuis des temps immémoriaux avec les grands seigneurs épiscopaux et laïcs (comme en Espagne) et surtout parmi les adversaires les plus déclarés de l’oppression : les paysans égalitaires et communautaires de ces sectes antiétatistes et anticléricales survivant à travers des siècles de persécutions. C’étaient en Hongrie les Nazaréens, héritiers de la tradition libertaire bogomile et parents des Doukhobores orientaux comme de certains anabaptistes occidentaux. Un souffle nouveau à la fin du XIXe siècle leur fut insufflé par l’anarchisme de Tolstoï. Nazaréens et tolstoïens se retrouvèrent à toutes les étapes de l’organisation paysanne : syndicats paysans et grèves de moissonneurs, en 1897 comme en 1905. En 1918-19 ils furent les plus décidés propagateurs de la révolution dans les campagnes. Les courants occidentaux de l’anarchisme-communisme (Csizmadia), l’influence de Kropotkine (E. Batthyani), le syndicalisme libertaire (Ervin Szabo) gagnèrent à leur tour la Hongrie. Les organisations de masse d’inspiration libertaire et la presse anarchiste se manifestèrent dans la lutte de classe avec tant de vigueur et d’efficacité que l’État hongrois dût voter lui aussi ses « lois scélérates » en 1898. (contre l’Alliance Paysanne de E. Varkonyi organisateur des grèves de 1897 avec le tolstoïen Schmidt). En 1907, l’anarchiste Csizmadia, auteur de cette Marseillaise des travailleurs, chant des révolutions de 1918-19 et de 1956, se trouvait à la tête de syndicats groupant 75.000 salariés agricoles (300.000 dans les syndicats officiels de 1955). Depuis 1900 les cercles gnostiques organisés par E. Schmidt s’étaient multipliés parmi les Nazaréens et développaient une implacable hostilité à l’Église et au régime social qu’elle incarne. Et après la défaite de 1919 c’est dans ces cercles que se regroupèrent illégalement les libertaires.

L’action anarchiste agraire s’accompagna d’une action ouvrière ; les deux se prolongeant par la lutte antimilitariste dans l’armée, la marine et les arsenaux. Cette dernière action culmina avec les mutineries des marins dalmates et des ouvriers des bares de Pula et de Koror, en 1918, contre lesquelles Horthy gagna ses plus hauts grades en février mais qui furent finalement victorieuses en octobre et où s’étaient signalés les anarchistes hongrois (Orvin, Cserny, etc.).

Les anarchistes hongrois avaient fondé, sur les conclusions du Congrès anarchiste international d’Amsterdam, 1907, cette même année, l’union des socialistes révolutionnaires.

Leur influence fut décisive dans le cercle Galilée (auquel F. Fejto, dans la Tragédie hongroise, ne fait qu’une allusion ambiguë, p. 227) groupant comme le cercle Petöfi en 1956 les intellectuels et universitaires d’avant-garde. C’est parmi les « Galiléens » que se forma le premier embryon du Parti Communiste hongrois, composé à l’origine d’anarchistes plus que de marxistes. L’influence anarchiste sur le communisme hongrois donna à celui-ci en 1919 un aspect doctrinal fort différent du bolchevisme russe. Opposés à l’Étatisation, les anarchistes firent prévaloir dans la doctrine et dans les faits une forme de socialisation des moyens de production plus libertaire : la communalisation et une forme de démocratie ouvrière plus profonde et plus constructive ; celle des Conseils (Soviets) et non celle du Parti.

Le non-conformisme à l’égard du léninisme du communisme hongrois marqua, pour longtemps les futurs communistes qu’allaient être une anarchiste comme l’esthète Lukacs et un marxiste comme l’économiste Varga par exemple. Le caractère anti-autoritaire du mouvement ouvrier et paysan ne fut pas défiguré aussi rapidement et résolument qu’en Russie et les travailleurs purent prouver au moins à deux reprises en 1919 comme en 1956 que des formes d’auto-organisation fondées sur les Conseils étaient non seulement vivaces mais infiniment plus socialistes que n’importe quel État.

L’offensive contre le régime capitaliste hongrois commençait dès 1918 sur l’instigation des anarchistes par la grève des loyers et à la campagne par la destruction des actes notariés. Les sociaux-démocrates se firent les avocats des propriétaires sauf les néo-communistes qui joints aux anars formèrent le PC. Cette grève ouvrait la voie à l’expropriation et à la communalisation des habitations qui accompagna la grève révolutionnaire où les ouvriers s’emparèrent des usines et les paysans des terres. Communalisation des habitations, des magasins, des usines, des terres, gérées par des conseils (soviets) d’exploitation tel est le fondement de cette révolution qui de mars à août 1919 reste un exemple pour le monde.

Les conseils et communes révolutionnaires s’étaient reliés les uns aux autres et par des Conseils locaux et régionaux ayant abouti à constituer un organe central (le Congrès National des Conseils et le Conseil Central exécutif, les commissariats, etc.) se pesa pour les anarchistes la question de la participation au nouveau pouvoir. Comme au cours de la révolution espagnole la scission s’ensuivit entre participationnistes et non-participationnistes. Ces derniers quittèrent le PC et fondèrent l’Union Anarchiste qui resta la seule organisation politique autonome face au PC (devenu Parti Socialiste Unifié par l’adjonction des Socialistes de gauche puis Union des Communistes par adhésion à l’idéologie des Conseils). Parmi les participationnistes, l’anarchiste Szamuelly secondé par l’anarchiste Corvin, se vit placé à la tête de la répression des menées contre-révolutionnaires et devint le Djerdjinsky hongrois, l’anarchiste et Galiléen Lukacs resta à l’instruction publique et le tolstoïen Haubrich commandant des troupes de Budapest ; seul l’anarchiste Csizmadia finit par quitter le poste de commissaire à l’agriculture après toutefois avoir fait adopter le point de vue libertaire en ce qui concerne l’organisation agraire.

Contrairement au léninisme instigateur du partage des terres et de toute propriété et de l’autorisation du louer la main d’œuvre qui crée une moyenne propriété (koulaks) accompagnée d’une prolétarisation des paysans pauvres, le communisme hongrois fit prévaloir une exploitation collective dans le cadre communal géré par les conseils syndicaux paysans. Aussi éloignée de la propriété privée que de l’étatisation, cette solution entraîna les paysans sur une voie qui ne menait à la création ni d’une bourgeoisie foncière ni d’une bureaucratie d’état, mais à une auto organisation du paysannat capable de le mettre sur un pied d’entraide et de rapports égalitaires avec le prolétariat urbain lui-même organise en corps.

Par contre sur le plan industriel le marxiste Varga cru devoir déclarer les ouvriers non encore mûrs pour « le véritable communisme fraternel et libertaire » et se fit l’artisan d’un communisme autoritaire fondé sur le travail aux pièces, les méthodes coercitives, et des commissaires nommés.

La lutte au sein de la Commune des Conseils Hongrois entre les deux conceptions collectivistes, l’une libertaire, anarcho-syndicaliste, coopérative, tolstoïenne, etc., l’autre autoritaire étatiste, marxiste, annonçait entièrement les débats de la révolution espagnole. Et comme elle, la révolution hongroise fut écrasée par le capitalisme international (en l’espèce l’armée française de Franchet d’Esperey) aidé par les sanglantes pitreries diplomatiques et militaires des chefs « révolutionnaires » (Bela Kun, Böhm…) et l’inaction du prolétariat européen.

Sur les ruines de la révolution s’installa ainsi le règne de l’Église, des militaires, des gros propriétaires et des industriels jusqu’à la même royauté sans roi mais avec un sabre. Plus solide cependant que le régime franquiste celui de Horthy put pendant 25 ans se payer le luxe d’un système parlementaire avec plusieurs partis, crises ministérielles et chefs de gouvernement dont beaucoup n’étaient guère plus autoritaires qu’un quelconque Mollet. Ce n’est qu’en 1944, les troupes hitlériennes ayant occupé le pays, que s’installe le fascisme des croix fléchées.

La lutte des classes en régime marxiste

1945 : un impérialisme chassa l’autre, les Russes remplacent les Allemands, ils amenèrent leurs propres quislings. La contre-révolution stalinienne a pour premier but d’annihiler tout mouvement du prolétariat. Le collectivisme agraire reste proscrit, les industriels sont réintégrés dans leurs bureaux, les partis bourgeois installés au pouvoir.

La lutte principale se livre entre l’Église qui depuis 1000 ans opprime le pays et la nouvelle Église, le PC importé de Russie. Bien qu’infiniment plus faible en nombre, celui-ci déloge sa rivale de tous les postes d’État. C’est le type même de ces révolutions par en haut. Bientôt l’État chrétien fondé sur l’Église, l’Armée, la Police, le Capital privé, la grande propriété improductive, le salariat industriel et agricole, la petite propriété improductive, le capital international, la faim et la peur ont fait place à un État marxiste fondé sur le Parti, l’Armée, la Police, le Capital d’État, les fermes d’État, le salariat industriel et agricole, la petite propriété improductive, le Communisme international, la faim et la peur. Pour consolider la communauté de grands procès d’exorcisme bien dans la tradition, frappent les hérétiques. Le monde s’avance d’un même pas vers le Paradis.

Le personnel de l’État s’est légèrement renouvelé, épuré, les membres de la petite caste dirigeante ont changé mais la caste est toujours là à la même place, comme toute la hiérarchie dans la même discipline militaire de dévoueront à l’État. Les « éléments fascistes » sont dans l’appareil nourris d’obéissance, de commandement, d’ambition, de domination, d’autorité, d’orgueil, de patriotisme, d’intérêts supérieurs, de raison d’État, de secret d’État, d’ignorance d’État.

Leur faiblesse est qu’ils sont trop peu à manger le fromage d’État, qu’ils doivent en laisser le meilleur à la puissance tutélaire russe et que ça se voit. Malgré l’essor de la production le gaspillage dû à l’inertie bureaucratique arrive à dépasser celui qui était dû à la concurrence capitaliste. Le gâchis est encore plus criant, car il n’y a pas corps, ces classes, ces forces intermédiaires entre le pouvoir et le peuple que la bourgeoisie a mis tant de temps à créer comme autant de coussins, d’amortisseurs. Le régime est faible car il n’a pas laissé place à la critique et que sa savante hiérarchie sociale ne cause pas une division grandissante entre les « dirigeants » (Krouchtchev a toujours ce mot à la bouche), cette classe qui se fond à l’État, et le peuple, le paysannat, la classe ouvrière et l’intelligentsia.

La force révolutionnaire en 1956 a montré comment les travailleurs pouvaient recourir contre l’État à des formes de lutte totalement a-étatiques renouvelées de 1919 et que face à la grève générale insurrectionnelle le Pouvoir est vidé de toute substance et ne résiste pas à l’attaque. Avec la destruction du Pouvoir d’État, les travailleurs ont immédiatement prouvé leur conscience sociale et leur compétence économique en prenant en main la production. L’inanité technique, la nocivité en fait d’organisation des partis politiques est une fois de plus démontrée. Le régime des Conseils remplace l’État alors que tout parti politique vise nécessairement à défendre ou à restaurer l’État.

Le parti est créé en fonction du pouvoir et tend naturellement à se l’approprier, à le monopoliser, à le développer : après 1917 en Russie le parti s’est progressivement approprié l’État et a dépossédé les Soviets de toute action. En Espagne à partir de 1937, le même processus recommence, État et Soviet sont incompatibles et s’excluent. Aujourd’hui heureusement aucun parti n’était du côté de la révolution. L’État hongrois disparut, mais l’État russe était là. Cet État suzerain et surtout l’Armée qui y joue un rôle politique de tout premier plan ne pouvait tolérer une brèche dans le dispositif stratégique défensif et offensif du glacis. Mais les impératifs de l’impérialisme russe ne sont pas seulement militaires mais aussi économiques.

Le colonialisme économique et les rapports entre les « États socialistes »

On a parlé de tout, aussi bien dans la presse bourgeoise que « communiste », sauf du côté économique de l’« affaire hongroise » (certaine presse « anar » n’a pas fait mieux, le mot économie étant comme tout le monde… libertaire le sait, fort suspect de déviations contre « la liberté »). Pourtant, les rapports économiques entre les démocraties populaires et l’URSS obéissent aux conditions tout à fait identiques à celles du marché capitaliste mondial. Les conséquences de ces rapports sont donc les mêmes qu’entre pays capitalistes. Dans l’établissement du taux de profit mondial moyen, la loi de la valeur conduit à l’exploitation des états sous-développés par les états plus puissants et plus évolués. Ce n’est pas seulement le travail qui est exploité par le capital mais également certaines branches arriérées de la production sont exploitées par certaines branches plus évoluées. De même dans l’économie mondiale qui est capitaliste les États, exploiteurs en soi, sont divisés quand même en deux groupes d’États, ceux qui se placent au dessus de la moyenne grâce à leur développement économique et technologique, et ceux qui, plus arriérés, sont exploités et maintenu fermement dans cette situation inférieure.

La Hongrie, comme les autres « démocraties populaires » est regardée avant tout par l’URSS comme un pays fournisseur de matières premières. À l’intérieur du prétendu bloc socialiste il y a donc un pays plus développé et plus puissant que les autres qui laisse à ceux-ci le rôle que la France, les USA ou l’Angleterre laissent aux autres pays de leurs propres zones franc, dollar ou sterling, dans leurs Empires fondés sur le vieux pacte colonial. C’est, pour ces derniers, une situation identique à celle qu’occupe à l’égard de ses concurrents un industriel ne disposant que des moyens de production limités ou arriérés.

« Le pays favorisé reçoit plus de travail, en échange de moins de travail » (Marx, le Capital)

La Hongrie exporte principalement des produits agricoles et semi-fabriqués élaborés au stade inférieur et importe des produits d’un stade supérieur de fabrication.

En effet, on s’aperçoit que, comme le PC yougoslave s’en aperçut avec Djilas, « Lénine n’a pas pu prévoir jusque dans les petits détails toutes les formes concrètes que prendraient les rapports entre états socialistes. » Et le même Djilas notait qu’« il tombe sous le sens que lorsque les communistes sont au pouvoir dans divers pays, il est risible de prétendre que les États qu’ils dirigent sont égaux en droits si les partis (ouvriers) gouvernants ne sont pas eux-mêmes égaux en droits. L’Égalité de droit des États et des peuples dans le socialisme se traduit précisément et peut se traduire uniquement par le fait que les partis au pouvoir sont égaux d’un État à l’autre, que, par exemple, le parti gouvernant d’un État ― sur la base des intérêts du mouvement dans son ensemble ― décide librement et indépendamment, comme dit Lénine, sa position quant aux rapports de son pays avec les autres pays » (Lénine et les rapports entre États socialistes, p.60).

Le mythe de cette égalité est suffisamment démenti aujourd’hui, entre Partis et États hongrois et russe. Il serait fallacieux de croire que l’Armée dite rouge soit moins apte qu’une autre à effectuer la répression comme toute armée elle est faite pour cela : tirer sur le peuple, que ce peuple soit étranger est une raison de plus. Les désertions massives (surtout parmi les divisions ukrainiennes issues d’une région limitrophe de la Hongrie et ayant l’expérience de la résistance à l’oppression russe) ne différencient nullement l’Armée interventionniste de celle de Franchet d’Esperey quand les désertions de français, sénégalais, roumains se multipliaient ainsi que les mutineries des Yougoslaves. Attribuer à l’Armée russe une vertu révolutionnaire originale, c’est méconnaître le phénomène général de l’Armée ― corps répressif par destination, rempart de l’État et préfiguration universelle du totalitarisme ― c’est tomber dans le fétichisme de vieux symboles démonétisés depuis plus d’un quart de siècle. L’Armée russe en 1956, comme l’Armée française en 1919, est une machine à tuer et à déporter les Hongrois. C’est toujours la Sainte-Alliance des États contre les peuples. En 1956 au nom d’une clause secrète du Pacte de Varsovie entre l’État hongrois et l’État russe, en 1919 au nom de l’Entente, en 1848 au nom des accords de Varsovie entre l’État des Habsbourgs et l’État russe. Les trois révolutions hongroises ont été étouffées dans leurs limites nationales. Le 10 décembre 1956 une radio des travailleurs insurgés appelait à la grève générale de solidarité les travailleurs du monde. Cet appel ne semble à notre connaissance avoir été entendu (outre les démagogues des syndicats dits libres) que par les ouvriers polonais et en particulier ceux des anciennes usines Staline foyer de l’insurrection de Poznan en juin 1956 à qui le gouvernement Gomulka dépêcha des émissaires spéciaux pour les raisonner et les faire renoncer à leur menace de grève.

« Le prolétariat français et le prolétariat anglais ne feront rien en faveur du prolétariat espagnol. Il est inutile de nous faire des illusions. Il serait malhonnête de nous en faire. », écrivait Berneri dans Guerre de Classes (p.23) avec raison ― malheureusement. L’échec de la révolution sociale n’est pas dans la limite des capacités créatrices du prolétariat mais dans celle de sa solidarité effective ― paralysée par les structures étatiques. Sur la force de l’armée russe, ce ne sont pas seulement Khrouchtchev et Tito qui ont intronisé Kadar comme ils avaient intronisé Gerö mais bien tous les gouvernements de l’ONU qui préfèrent un gouvernement fantoche que d’avoir en face d’eux « personne ». « Par qui pourrait-on remplacer les envoyés de M. Kadar ? » demandait l’éditorialiste du Monde (7 décembre). Évidemment, on voit mal des envoyés des États de l’ONU adresser la parole aux conseils ouvriers.

Où est l’Internationale ?

L’échec de la troisième révolution hongroise est celui de toute révolution isolée par son cadre national. L’Europe est partagée entre deux Sainte-Alliance des États, deux impérialismes ayant leurs « chasses gardées » définies par l’OTAN et le Pacte de Varsovie où dans les deux cas les « classes secrètes » antirévolutionnaires et anti-ouvrières sont les classes principales. Cette organisation préventive et répressive rend automatiquement caduc tout essai de révolution dans un seul pays et pose la nécessité d’une révolution internationale. Car, jusqu’ici, seule la répression est internationale et immédiate en face du manque total de coordination des mouvements ouvriers. Les ouvriers hongrois font aujourd’hui les frais de cette désunion comme ils l’avaient déjà fait en 1920 avec l’échec du boycott international du régime Horthy par les syndicats des autres pays.

Et pourtant dès qui des craquements ont paru ébranler les États ― capitalistes comme staliniens ― les frontières n’ont pu empêcher tout à fait la solidarité des peuples. Rappelons-nous 1848, 1918 et 1945. Mais rappelons-nous aussi :

  • 1953 : mort de Staline. Période de Beria. Insurrection du 17 juin à Berlin-Est gagnant toute l’Allemagne orientale puis la Tchécoslovaquie (Plsen, Brno… ) et au-delà. Coup de force de l’armée contre la police : Beria arrêté ― révolte des travailleurs du Grand-Nord (Vokhouia, Igarka…) Premier gouvernement Nagy.
  • 1956 : Rapport Khrouchtchev. Déstalinisation. Insurrection de Poznan. Échecs des coups de force staliniens de Rakosi au début juillet en Hongrie et du groupe de Natolin en octobre en Pologne― gouvernement Gomulka ― révolution hongroise.

Chaque fois que les circonstances les favorisent les peuples manifestent leur opposition au même système oppressif du capitalisme d’État.

Chaque fois les travailleurs se lèvent contre la classe bureaucratique et tentent de s’organiser pour venir à bout du nouveau système planifié d’exploitation.

La planification base du socialisme

La méthode centrale de lutte est la lutte contre le capitalisme d’État et le capitalisme privé c’est celle des conseils des soviets de travailleurs prenant en main la défense armée comme la production et la distribution. Le système des conseils se fédérant est celui que décrivent les théoriciens anarchistes et que naturellement utilisent les travailleurs à maintes reprises : citons à nouveau la riche expérience d’Espagne où le prolétariat des usines et des champs a poussé le plus avant l’expérience déjà entreprise par les travailleurs russes en 1905 et après 1917I et 1918 et vers laquelle les travailleurs hongrois se sont d’eux-mêmes dirigés à nouveau en 1956, comme y tendent également les travailleurs polonais.

Les bases du socialisme ne sont pas plus dans une structure économique marxiste que bourgeoise, mais dans les classes ouvrières et paysannes elles même. Le capitalisme d’État est-il plus proche du socialisme que le capitalisme privé ? pas nécessairement, et en tout cas, le totalitarisme ne rapproche pas du communisme véritable. Dans les États du type marxiste, le grand capital privé est détruit, ce n’est qu’une condition négative du socialisme. La condition positive essentielle est que les travailleurs gèrent la production et procèdent à une distribution égalitaire. Cette condition les travailleurs d’eux-mêmes chaque fois l’établissent et chaque fois l’État les chasse de la gestion pour s’approprier la plus-value, le profit, les bénéfices d’une répartition et d’une orientation des dépenses à son avantage. Il est bien entendu que tout régime socialiste suppose l’abolition de l’économie concurrentielle privée et son remplacement par un système de prévision de la consommation, de coordination de la répartition et de planification de la production des biens. Ce qui ne veut pas dire que tout système de planification soit un pas vers le socialisme. Ce qui est important ce n’est pas l’existence d’organismes planificateurs, c’est de savoir pour qui ils travaillent. Or, spontanément les travailleurs insurgés en régime capitaliste comme en régime stalinien organisent une production planifiée selon les besoins : voici la base du socialisme. Alors qu’un appareil planificateur peut être aussi bien mis aussi bien au service d’une bureaucratie que d’une bourgeoisie traditionnelle, par exemple en cas de grande crise, de guerre, on passe de l’économie dirigée à une économie planifiée de fait ou fasciste, et que de toute façon il tend toujours à renforcer les privilèges et à accroître la part de la classe dirigeante par l’entremise de l’État, ce qui est le contraire du socialisme.

Évolution vers les Conseils ou vers l’État ?

La réalité est que toutes les réformes entreprises tant en Russie depuis le XXe congrès qu’en Yougoslavie titiste depuis des années et qu’en Pologne gomulkiste mènent à un effacement progressif et à la dissolution du parti dans l’État. Et le boukhannien Nagy ne pouvait souhaiter autre chose.

Rappelons-nous que les ouvriers hongrois de 1919 avaient pris le chemin inverse celui de fondre le PC devenu Union des Ouvriers Communistes dans l’ensemble de leur classe organisée en conseils. Ce qui est exactement le contraire que de créer un corps social séparé du peuple et assimilé à l’État.

En Yougoslavie titiste un chemin parallèle fut pris mais en apparence seulement pour mieux dissimuler la réalité étatiste : La Ligue des Communistes (ancien PC) a été enveloppée dans l’Association Socialiste du Peuple (ancien Front Populaire). Les conseils producteurs ont été restaurés d’ans tous les établissements (sauf les « 3 domaines réservés » : Affaires étrangères, armée, police) mais l’État reste tout puissant.
Quant à l’évolution annoncée vers les conseils en Pologne, il est à craindre qu’elle ne soit progressivement freinée comme en Russie du temps de Lénine, comme dans toute l’Europe occupée depuis 1945 par les Américains ou les Russes.

Les conseils ouvriers ne peuvent croître qu’aux dépens de l’État., leur triomphe signifie révolution, régime a-étatique. Tout parti politique au contraire vise à agir au dessus des conseils, à se passer d’eux, à constituer l’État. Or la révolution suppose la libre expression des opinions des travailleurs, le pluralisme de leurs tendances, donc la rivalité de leurs partis.

L’organisation anarchiste

Quelle peut être la fonction de l’organisation anarchiste spécifique en ces circonstances ?

Elle ne peut tendre, comme les partis, à l’exercice du pouvoir et au monopole politique.

Elle peut préparer la phase d’assaut révolutionnaire seule ou avec d’autres mouvements d’avant-garde.

Elle doit participer en même temps qu’à la destruction de l’ordre ancien à l’édification d’un régime libertaire et fédéraliste fondé sur les conseils, les communes et les syndicats révolutionnaires. Mais sa mission originale reste de toujours mettre en garde les travailleurs contre toute renaissance d’une classe dirigeante, et surtout elle-même de ne pas se détacher du prolétariat pour diriger l’économie ou la défense ni permettre qu’aucune autre tendance ne le fasse.

Or il ne faut pas se cacher qu’au cours de la révolution hongroise de 1919 comme au cours de la révolution espagnole les anarchistes en fait se divisèrent à mesure qu’apparut sur le prolétariat un embryon d’État, l’amorce d’une classe dirigeante. Une partie des anarchistes avancèrent à côté des marxistes (en Hongrie au sein du PC devenu Union des Ouvriers Communistes) tandis qu’une autre s’en séparait (en Hongrie, l’Union Anarchiste) et dénonçaient la création d’un nouveau pouvoir politique, d’une nouvelle armée, d’une nouvelle armée, d’une terreur pesant sur les travailleurs.

Et pourtant l’avons-nous répété que : participation ou non-participation au pouvoir est une question oiseuse pour les anarchistes même en période révolutionnaire ! Le vrai dilemme est celui de la possibilité ou non d’une société sans État, sans classe dirigeante avec tous les problèmes d’organisation économique et technique et de maturité psychologique.
Il s’agit non d’un vœu, d’une espérance, d’une croyance mais d’une disposition humaine ou non, et de circonstances à saisir permettant sa réalisation.

Paul Rolland

Bibliographie

  • A. Dauphin-Meunier : La Commune hongroise et les anarchistes, Paris 1926.
  • M. Djilas : Lénine et les rapports entre États socialistes, Paris, 1949.
  • F. Fejto : Les démocrates populaires, Paris, 1952. ; La tragédie hongroise, Paris, 1956.
  • Tersen : Histoire de la Hongrie, Paris, 1955.
  • Socialisme ou Barbarie Nº 20, France-Observateur jusqu’au Nº 347, etc.