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L’Unique n°4 (octobre 1945)
Le bouddhisme (2)
Comme voie de prefectionnement individuel
Article mis en ligne le 25 janvier 2007

par Nexpos
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4. L’éthique du Bouddha


 Le Bouddha a dit « Soyez à vous-mêmes votre propre lumière, votre propre refuge, ne cherchez pas d’autre refuge. » Pour s’assurer un progrès véritable, notre effort doit être basé sur la connaissance, et une intention droite. La confiance dans la valeur morale des croyances et des rites est un gros handicap et celui qui chercherait un refuge dans de telles conceptions serait fort éloigné du droit chemin, car nos progrès ne sont que la conséquence de notre travail intérieur. La croyance dans le culte et les rites conduit à l’irritabilité, l’intolérance, le fanatisme, la cruauté et la guerre. ― Ce ne sont pas les besoins du corps qui rendent impurs, mais ce sont l’alcoolisme, la cruauté, l’hypocrisie, le mensonge, la jalousie, l’orgueil, le mépris, l’arrogance et les pensées futiles. Par cela un homme est impur.

 Le Bouddha a dit aussi : « Ne pas s’adonner à une vie déréglée, vulgaire, inutile, et non plus ne pas s’adonner aux austérités qui sont inutiles et inefficaces. Il faut rejeter ces deux extrêmes et prendre la voie du milieu qui seule est juste »

 Ces quelques phrases de l’enseignement original du Bouddha montrent bien l’esprit de tolérance de sa doctrine et le travail strictement individuel qu’elle impose. Elle est basée sur la raison et non sur la foi.

 D’autre part, la doctrine de l’impermanence de l’ego conscient, n’est pas seulement la plus importante de la philosophie bouddhique ; c’est aussi, moralement, une des plus remarquables. La valeur éthique de cet enseignement n’a peut-être jamais encore été estimée justement par aucun penseur occidental. Une grande partie du malheur des hommes a été causée directement et indirectement par des croyances opposées, par l’illusion de la stabilité, par l’illusion que les distinctions de caractères, de conditions de croyances sont fixées par une loi immuable — et par l’illusion d’une âme inchangeable, immortelle, sensible, qu’un caprice divin destina à des éternités de béatitude ou d’enfer.

 Tant que s’attarderont ces croyances, nul esprit de tolérance, nul sentiment de fraternité humaine ne sauront exister. Le Bouddhisme ne reconnaissant nulle permanence, nulle stabilité définie, nulle distinction absolue de caractère, de classe ni de race, sauf en tant que phénomène transitoire, est essentiellement une doctrine de tolérance.

 Tous les êtres sont soumis à une loi immuable ; celle par laquelle le plus bas doit s’élever jusqu’à la place du plus élevé — celle par laquelle le pis doit devenir le mieux et le plus vil devenir le Meilleur. Pareil système ne saurait contenir ni préjugé, ni haine. L’ignorance seule est la source du mal et de la douleur et toute ignorance doit finalement se dissiper par la décomposition du Moi.

5. Conclusion


 Une conclusion ne s’impose pas aux lignes trop brèves qui précèdent. Leur but ne saurait dépasser un éveil de curiosité chez le lecteur, pour cette doctrine orientale qui, s’il ne nous convient pas de l’adopter complètement, peut néanmoins nous aider grandement dans la recherche de « Nous-mêmes », recherche que nous savons si difficile par expérience.

 Qu’il me soit permis de signaler, pour terminer, d’autres points très intéressants du Bouddhisme, que je ne puis développer ici :

 Tout d’abord la redécouverte par la philosophie et la science moderne de principes clairement énoncés dans la doctrine du Bouddha. — Citons les noms de Von Hartmann, Schopenhauer, Ostwald, et plus près de nous : L. de Broglie avec sa « Mécanique ondulatoire » ; Heisenberg, avec ses « Relations d’incertitude » et Einstein, avec sa « Théorie de la Relativité », qui ne font rien moins qu’affirmer scientifiquement, mathématiquement et expérimentalement, l’impermanence du monde phénoménal.

 En psychologie, David Hume, John Stuart-Mill, Lichtenberg et nos modernes behaviourists nous enseignent la non-substantialité du « moi » et sa dépendance complète vis-à-vis du corps physique et des organes sensoriels.

 Je n’ai pu parler non plus de la « Méditation » qui constitue le travail de base individuel du bouddhiste ; ni des règles de vie dans les communautés bouddhistes ; sujets particulièrement intéressants pour des individualistes associationnistes ou non, mais, dont la vie, comme l’a si bien énoncé E. Armand, doit tendre à se réaliser telle une oeuvre d’art, épurée du vulgaire, du commun et constamment en marche vers une perfection dans tous les domaines.

Nexpos




 N.-B. Si quelques camarades désiraient se documenter plus avant sur le bouddhisme, je me tiens à leur disposition pour leur indiquer des livres intéressants et leur éviter la lecture de trop nombreux ouvrages traitant cette question d’une façon tout à fait erronée.


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