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Iztok n°2 (septembre 1980)
Éditorial
Article mis en ligne le 26 septembre 2007
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Depuis quelques
années le mythe du « socialisme réel »
a subi de rudes épreuves. Soljenitsine a enfin réussi à
faire admettre la réalité du Goulag, cette « descente
aux enfers » pour presque 10 % de la population de l’URSS
(d’après Boukovski, il n’y a actuellement que 5 % de citoyens
dits soviétiques qui subissent ce sort sur 200
millions). Zinoviev a décrit l’enfer quotidien du reste de la
population, les degrés de purgatoire, d’hypocrisies,
de brimades que chaque citoyen est obligé de subir pour
pouvoir s’adapter et vivre
dans cette société.

Mais cela ne suffit
pas !

Car les maîtres
du Kremlin ont d’autres possibilités pour masquer la réalité
et conserver leurs privilèges dans l’Empire. D’abord le
pouvoir d’oubli. Ils
savent bien que l’opinion publique n’arrive
pas à avoir
une attention soutenue, surtout à
l’époque où même les « vedettes »
doivent changer périodiquement. L’exemple de la Hongrie en
1956 et de la Tchécoslovaquie en 1968 est démonstratif :
après la flambée d’indignation générale,
une infime minorité continue seule à s’intéresser
au sort de ces peuples « normalisés ».

Le Kremlin possède
aussi son énorme appareil de «  désinformation »,
c’est à dire son appareil d’agit-prop (agitation et
propagande) qui à travers le monde essaie
de
sauver le mythe du paradis terrestre et de la société
sans classe.

Mais il y a quelque
chose d’encore plus grave. J’ai eu l’occasion de discuter récemment
avec un citoyen moyen des Pays de l’Est. Voilà son argument :
leur propagande officielle ne dit jamais la vérité
(cela il l’admet), mais la propagande d’en face ne dit pas non plus
la vérité, car la vérité n’existe pas,
les résistants afghans n’existent pas, tout est mensonge.

Non seulement les
peuples de l’Est sont privés de la première des
libertés, celle de la parole, de l’expression, mais ils
finissent par perdre l’usage de la parole elle-même, avec
la faculté de penser, de chercher la vérité, de
critiquer. Que peut on faire devant cet état de chose ?
Pratiquement rien mais il faut le faire. Il faut continuer de
témoigner, d’informer, de parler à la place de ceux qui
sont réduits. au silence. Ici, dans IZTOK, nous sommes
très peu nombreux, notre auditoire est très limité,
mais nous devons participer à cette tâche. Quelques
autres publications ou mouvements le font aussi. Nous pouvons citer :

- L’ALTERNATIVE, 1
place Paul Painlevé, 75005 Paris

- LIBRE, ed. Payot,
106 bd St Germain, 75006 Paris

- LES CAHIERS DU SAMIZDAT, 48 rue du
lac, 1050 Bruxelles

- AMNESTY INTERNATIONAL, 18 rue de Varenne, 75007
Paris

En quoi consiste
l’originalité de notre revue ? D’abord à partir de
nos propres expériences, notre « vécu »
dans les Pays de l’Est, nos possibilités linguistiques, il
nous semble que nous pouvons servir d’intermédiaires entre
ceux de l’Est et ceux de l’Ouest. Nous paraissons trop rarement pour
être efficaces dans l’information directe. Mais par contre nous
pouvons aborder des études plus détaillées, plus
politiques. Nous avons notre optique libertaire mais nous refusons
d’imposer un « mythe libertaire » pour
remplacer les autres mythes. Nous tâcherons de donner la parole
chaque fois que nous le pourrons à l’expérience vécue.
Dans ce numéro, par exemple, plusieurs textes concernent la
Yougoslavie sont rédigés par des Yougoslaves à
partir de leur propre expérience. Même s’il existe des
contradictions, nous préférons le débat à
des affirmations unilatérales.


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