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La Revue Anarchiste n°1 (décembre 1929)
Évocations futures
Article mis en ligne le 29 octobre 2007

par Banville d’Hostel
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L’âge
expérimental était passé ; le règne
du savoir avait fait ses preuves, la science seule dominait le monde.

Ainsi,
après des siècles de conquête méthodique,
l’homme, devenu son propre Dieu, gouvernait la terre comme une
esclave et dirigeait les éléments du ciel eux-mêmes,
au gré de son caprice. Certes, il avait fallu beaucoup lutter,
la nature s’était rebellée bien souvent ; et des
fléaux imprévus avaient menacé lespèce ;
mais ceux qui gouvernaient le monde du fond des laboratoires avaient
tout surmonté.

Après
avoir fait des machines à l’image de ses organes, l’homme
avait réglé ses organes comme ses machines. Avec un
soin magnifique il avait corrigé la nature fantasque puis y
avait suppléé. Sa propre existence semblait un
chef-d’œuvre dhorlogerie où tout est étudié,
ordonné, prévu.

En
ce temps-là, il ny avait plus de patries, plus de
partis, plus de croyances ; rien que des faits. Point de ville :
les continents étaient dimmenses jardins classés
par latitude et appropriés au climat et à la chimie du
sol. Les individus qui les peuplaient étaient judicieusement
répartis et les aptitudes de chacun canalisées aux
seules fins dun usage utilitaire. Les plantes et les
animaux qui avaient survécu demeuraient le jouet d’un
dilettantisme savant qui en faisait à son gré des
phénomènes monstrueux. L’on pouvait définir la
vie : un déplacement d’azote et de phosphate !

Ne
pouvant atteindre à lextase des paradis mystiques,
l’homme avait tiré de son cerveau assez de vouloir, de
méthode, de rationalisme pour établir ce régime
dautomatique ordonnance et dintégral
servilisme qui était sa création et son orgueil.

Que
demander davantage, les nerfs calmes, les chairs pleines, sans
désirs, sans effort et sans souffrance, chacun n’avait quà
se laisser conduire tout le long du voyage ; cétait
dun abandon inconnu autrefois.

Et
cependant, en ce temps-là, quelquun pleurait sur
la vie… L’humanité était sans joie… le monde avait perdu son âme !

Banville
d’Hostel


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