La Presse Anarchiste

Les luttes au Portugal

La sit­u­a­tion du Por­tu­gal mon­tre, depuis quelques mois, d’inces­sants rebondisse­ments ; tan­tôt, on croit y voir la reprise, le développe­ment et la rad­i­cal­i­sa­tion d’un mou­ve­ment social de portée révo­lu­tion­naire, dont l’élan ini­tial remonte à mai 1974 ; tan­tôt d’autres faits parais­sent témoign­er d’un proces­sus patient, con­tinu, organ­isé, de restruc­tura­tion et de restau­ra­tion d’un ordre social sec­oué mais vivace, l’or­dre du capital.

Fin sep­tem­bre, la vic­toire des social­istes por­tu­gais et de leurs défenseurs au sein du MFA (Melo Antunes), et la con­sti­tu­tion du 6e gou­verne­ment, autour d’un pro­jet explicite de remise en ordre défini­tive, ont paru sceller la défaite du mou­ve­ment révo­lu­tion­naire au Por­tu­gal. Quelque temps après, les mou­ve­ments de sol­dats de Por­to et de Lis­bonne, leur exten­sion, leur volon­té appar­entes, de liai­son avec les com­mis­sions de tra­vailleurs et de quartiers, se sont don­nées comme une réponse offen­sive aux forces de droite, comme l’ex­ten­sion de l’élan révo­lu­tion­naire à des caté­gories nou­velles du peu­ple (sol­dats, habi­tants) qui jusqu’alors ne s’é­taient pas exprimées ni organ­isées poli­tique­ment comme telles. De même, à l’oc­cu­pa­tion des radios et de la télévi­sion par l’ar­mée, puis par la police, sur ordre du gou­verne­ment, et à la mise sous scel­lés de Radio-Renais­sance, pro­priété de l’évêché prise en main par des tra­vailleurs et jour­nal­istes rad­i­caux (le 13 octo­bre). répondaient tan­tôt la frater­ni­sa­tion des sol­dats et des man­i­fes­tants autour des stu­dios repris en mains, tan­tôt la man­i­fes­ta­tion de mil­i­tants d’ex­trême-gauche, de tra­vailleurs et de sol­dats (de 30 à 50 000 per­son­nes) aboutis­sant à l’oc­cu­pa­tion et à la remise en marche de l’émet­teur de Radio-Renais­sance, soutenu par le « pou­voir pop­u­laire ». Jusqu’à ce qu’un com­man­do de para­chutistes sur ordre du Con­seil de la Révo­lu­tion dyna­mite l’émet­teur, le 7 novem­bre… Et ain­si de suite.

Néan­moins, c’est bien en des ter­mes tra­di­tion­nels que se trou­ve actuelle­ment posée la ques­tion du pou­voir : il s’ag­it de savoir qui exercera, et com­ment, le pou­voir sur les forces de pro­duc­tion et sur les tra­vailleurs : en les intim­i­dant, en les manip­u­lant, en les mobil­isant, en les démo­bil­isant, selon les cas.

Car d’un côté, il y a une sit­u­a­tion « anor­male » qui per­siste depuis plus d’un an, où le pou­voir est frag­men­té entre une mul­ti­tude de forces divers­es et con­traires, qui en out­re changent par­fois rapi­de­ment de façade : par­tis rivaux, engagés dans la même com­péti­tion, frac­tions insta­bles du MFA, détenant de la force mais ne par­venant pas à en faire un usage coor­don­né, même au ser­vice de la bour­geoisie, organ­i­sa­tions ouvrières et agri­coles diverse­ment reliées aux uns et aux autres ; cha­cun et cha­cune détient les par­celles d’un pou­voir de fait, mais limité.

Mais de l’autre côté, ou en face, on voit le recul pro­gres­sif, et à épisodes, du mou­ve­ment autonome des tra­vailleurs dans leurs pro­pres organ­ismes, à peu près depuis l’époque des élec­tions, en avril 75, recul qui a con­tribué à vider ces organ­ismes de leur valeur stim­u­la­trice, et les a offerts aux ten­ta­tives de manip­u­la­tion et de prise en main, de la part du PC et des divers groupes gauchistes, UDP, MRPP, LUAR, PRP, etc. De sorte qu’il est devenu dif­fi­cile, à moins d’être sur place, de savoir lequel de ces groupes s’ex­prime en fait à tra­vers telle ou telle « com­mis­sion de tra­vailleurs ». Les grèves qui sub­sis­tent. témoignent, par leur isole­ment, de ce recul glob­al (par ex. celle des cen­traux télé­phoniques de Lis­bonne, qui se ter­min­era en juil­let 75 par l’in­ter­ven­tion du COPCON, comme celle de la TAP en 1974 [[Cf. « Une lutte exem­plaire » ]]. Et les cli­vages poli­tiques qui ont pris la place du mou­ve­ment décli­nant se don­nent, faute de mieux, des formes et dénom­i­na­tions nou­velles, der­rière lesquelles les parte­naires poli­tiques habituels sont vite recon­nus : ain­si, les TUV (Tra­vailleurs Unis Vain­cront) con­sti­tués fin octo­bre à l’im­i­ta­tion des SUV, appelant à la liai­son des organ­ismes uni­taires de base, au con­trôle ouvri­er, au « pou­voir pop­u­laire », en liai­son avec les sol­dats, marins et officiers « pro­gres­sistes », les TUV sont aus­sitôt iden­ti­fiés comme une ten­ta­tive de même type et de même orig­ine — (savoir : le PRP) que celle des CRTSM, Con­seils révo­lu­tion­naires, qui sem­blaient s’être éva­porés depuis août 75 ; leur « représen­ta­tiv­ité » est bien sûr immé­di­ate­ment con­testée par le SPCTCIL (Secré­tari­at pro­vi­soire des com­mis­sions de tra­vailleurs de la Cein­ture indus­trielle de Lis­bonne), qui, lui, réu­nit en fait les com­mis­sions pro-PC et pro-Inter­syn­di­cale… (Expres­so, 3–11-75).

La décom­po­si­tion, con­séc­u­tive au 25 avril 74, d’une machine poli­tique — et économique – vétuste, et l’ab­sence, en 1975, d’un mou­ve­ment de luttes sociales organ­isé et général­isé, cela ne fait pas un « pou­voir pop­u­laire », ni, n’en déplaise aux nos­tal­giques de 1917, un « dou­ble pou­voir » ; cela ne fait pas non plus les con­di­tions de l’un ou de l’autre. Cela ouvre surtout le champ à la rival­ité des divers par­tis et groupes, civils et mil­i­taires, qui se por­tent can­di­dats à la remise en ordre et à la ges­tion entière ou partagée d’une société qui reste une société de classe. Même si on déclare que le but du social­isme est bien « la con­struc­tion d’une société sans classe », comme le fait… Pin­heiro de Azeve­do. chef de l’actuel gou­verne­ment (Libéra­tion, 6–11-75). Rival­ité qui s’ex­prime, entre autres, dans la con­fronta­tion des « pro­jets », tous plus démoc­ra­tiques et avancés les uns que les autres, bran­dis par les par­tis et leurs par­ti­sans dans l’ar­mée (cf. pour un rap­pel et une analyse de ces pro­jets, Front Lib­er­taire n° 44, Spé­cial Por­tu­gal, octo­bre 1975).

L’is­sue de cette con­fronta­tion, on l’a vue en sep­tem­bre, et plus net­te­ment encore aujour­d’hui : la réac­tion social­iste est par­v­enue à s’in­staller dans les deux instances du pou­voir d’É­tat (Gou­verne­ment et Con­seil de la révo­lu­tion) ; elle tente main­tenant d’ex­ercer, à ces deux niveaux, les fonc­tions qui lui ont valu le sou­tien des petits patrons regroupés dans le PPD, comme celui, plus direct, des cadres, employés, pro­fes­sions libérales enrôlés dans le PS : 1. faire revenir au Por­tu­gal, grâce à l’ap­pui des libéraux européens, les cap­i­taux méfi­ants (Melo Antunes obtient, début octo­bre, un prêt d’en­v­i­ron 800 mil­lions de francs, sous réserve du ren­force­ment d’un ordre poli­tique libéral et « plu­ral­iste »…) 2. restau­r­er à cette fin une pro­duc­tiv­ité et un taux d’ex­ploita­tion intéres­sants pour les investisse­ments étrangers, en met­tant fin aux désor­dres dans les entre­pris­es et aux reven­di­ca­tions « incon­sid­érées » (c’est dans ces ter­mes mêmes, ou pires, que le PC fustigeait les grèves, lorsqu’il était encore au min­istère du tra­vail… cf « L’autre Com­bat ») ; 3. recon­stituer par con­séquent l’in­stru­ment indis­pens­able à la mise en place d’un cap­i­tal­isme rénové et européen, une armée util­is­able par le gou­verne­ment, homogène, dis­ci­plinée, prête à tir­er sans dis­cus­sions pour défendre la pro­priété, le cap­i­tal et l’État.

Les politiciens à la curée

Com­ment les social­istes ont-ils pu l’emporter ? Ils n’ont pas seule­ment prof­ité de l’ex­is­tence des nos­tal­giques de Salazar, de Cae­tano et de Spin­o­la, qui leur per­me­t­taient de brandir l’épou­van­tail du con­tre-coup d’É­tat fas­ciste et de se présen­ter sous des ori­peaux de gauche. Ils ont égale­ment été servis par l’hos­til­ité et la haine que le PCP a su accu­muler con­tre lui, et pas seule­ment par­mi les class­es moyennes, les petits pro­prié­taires ou les tra­vailleurs émi­grés craig­nant pour leur pécule, mais aus­si par­mi les salariés de l’in­dus­trie ou de l’a­gri­cul­ture : ceux-ci ont vu les com­mu­nistes s’ef­forcer de s’emparer méthodique­ment, l’un après l’autre, de tous les lieux de pou­voir : l’ar­mée, bien enten­du, mais aus­si les admin­is­tra­tions, les mairies, les syn­di­cats et l’In­ter­syn­di­cale, les direc­tions de coopéra­tives, les com­mis­sions de tra­vailleurs, les organes de presse, etc. ; plaçant leurs par­ti­sans, élim­i­nant leurs adver­saires, avec toutes les con­séquences économiques éventuelles. Cette stratégie s’est finale­ment retournée con­tre les com­mu­nistes : témoin, out­re leurs résul­tats piteux aux élec­tions, l’échec de leur ten­ta­tive pour télé­com­man­der une grève à la TAP en mai 75, alors qu’ils avaient tout fait pour tor­piller le mou­ve­ment puis­sant et résolu de ces mêmes tra­vailleurs en août 74 (cf l’ar­ti­cle instruc­tif de Joelle Küntz dans Libéra­tion, 15 mai 75) ; ou encore, le ren­verse­ment des direc­tions com­mu­nistes dans des syn­di­cats impor­tants et de plus en plus nom­breux (ban­ques, bureaux, assur­ances) — au prof­it d’une coali­tion de social­istes et de maoïstes, soudés pour le moment dans la lutte con­tre l’en­ne­mi com­mun et « prin­ci­pal » : le « social-fas­cisme », les « cun­hal­istes » (comme dis­ent les maos, par déli­catesse de lan­gage, afin de préserv­er la pureté du terme « com­mu­niste »…) Face à de telles pra­tiques, bien des tra­vailleurs, même lorsqu’ils n’é­taient pas sous le coup de la tra­di­tion­nelle pro­pa­gande anti-rouge, ont été con­duits à révis­er leur adhé­sion aux com­mu­nistes, à rejeter le dis­posi­tif glob­al d’en­cadrement qu’ils s’ef­forçaient de met­tre en place sous Gonçalves.

Ain­si, ni le régime que les com­mu­nistes ont échoué à impos­er, ni celui que les social­istes sont en train d’in­staller avec davan­tage de suc­cès, sous cou­vert de « démoc­ra­tie plu­ral­iste », de tolérance, de respect des opin­ions et surtout de la pro­priété [[L’af­faire du jour­nal Repub­li­ca illus­tre à mer­veille à quel point les défenseurs mielleux de la démoc­ra­tie, du « plu­ral­isme », de la « lib­erté d’ex­pres­sion », ne sont en fait que les défenseurs de l’or­dre cap­i­tal­iste partout où il est men­acé, ordre dont ils vivent, car il ali­mente leurs priv­ilèges de démoc­rates dis­tin­gués. À cor et à cri, ils ont réclamé, peur la direc­tion et les action­naires social­istes de Repub­li­ca, entre­prise privée, le droit d’a­cheter la force de tra­vail des typographes et autres ouvri­ers du jour­nal, et de les faire tra­vailler comme bon leur sem­ble, en échange d’un salaire, sans que les salariés aient à inter­venir dans le pro­duit, dans le con­tenu du jour­nal : cela n’est rien d’autre que la divi­sion du tra­vail et le salari­at, c’est le droit cap­i­tal­iste, c’est l’ex­ploita­tion cap­i­tal­iste ; c’est cela que défend­ent et que veu­lent les Soares, les Mit­terand, et bien enten­du Séguy, com­mu­niste, con­damnant les coupures pra­tiquées par les ouvri­ers d’im­primerie dans le jour­nal Minute. Soares a récem­ment déclaré que Radio-Renais­sance « devrait être resti­tuée à ses pro­prié­taires ». Le récent con­flit au jour­nal O Secu­lo, symétrique de celui de Repub­li­ca, indique, der­rière l’af­fron­te­ment des deux par­tis, la même atti­tude fon­da­men­tale : celle des exploiteurs.]]ne peu­vent avoir pour fonde­ment et pour fonc­tion autre chose que la vio­lence et la répres­sion. Pour les social­istes, c’est main­tenant plus clair que jamais : après les mis­es à sac organ­isées des locaux du PC pen­dant l’été, la créa­tion de l’A­MI pour « assur­er l’au­torité du gou­verne­ment » (Charais), la reprise de con­trôle des divers­es radios et TV, les épu­ra­tions et sanc­tions dans l’ar­mée, les man­i­fes­ta­tions en com­mun avec le PPD, le CDS et le PPM, la démo­bil­i­sa­tion annon­cée de 30 000 sol­dats de l’ar­mée de terre, les inci­dents provo­qués par la nom­i­na­tion d’un gou­verneur social­iste dans l’Al­garve, ou bien. par celle d’un secré­taire d’É­tat au min­istère de l’in­for­ma­tion (le 5 novem­bre), le con­flit PS–PC au jour­nal O Secu­lo, le plas­ticage de Radio-Renais­sance : voilà ce qu’est la pra­tique du 6e gou­verne­ment, pen­dant que son chef évoque la société sans class­es, mais en annonçant « l’austérité pour tous les Portugais ».

Quant au pro­jet de « pou­voir pop­u­laire », dont les prémiss­es seraient représen­tées par les com­mis­sions de tra­vailleurs, com­mis­sions de moradores (d’habi­tants), coopéra­tives, comités de vig­i­lance, TUV, SUV, etc. on ne peut évidem­ment pas le juger sur une pra­tique du pou­voir à l’échelle de la société, pra­tique qui n’a pas encore eu la pos­si­bil­ité de se réalis­er. Mais on peut pour­tant, se faire une idée de ce qu’il sig­ni­fie en con­sid­érant d’abord la poli­tique fron­tiste et avant-gardiste des organ­i­sa­tions qui le met­tent en avant : FSP, MES, LUAR, LCI, regroupées dans le FUR, Front uni révo­lu­tion­naire, plus ou moins aco­quiné avec le PC au départ, ain­si qu’avec les soi-dis­ant officiers pro­gres­sistes du COPCON et d’ailleurs ; ou bien encore, en rel­e­vant cer­taines déc­la­ra­tions mar­quantes des « per­son­nal­ités » qui incar­nent ce pro­jet. Par exem­ple l’iné­narrable inter­view de O. de Car­val­ho au jour­nal Libéra­tion du 11 octo­bre 75 : Gonçalves « pour­rait aider à for­mer poli­tique­ment ces cadres mil­i­taires dont la révo­lu­tion a tant besoin.. Sans le PC on ne pour­ra pas con­stru­ire le social­isme au Por­tu­gal… M. Antunes a une par­faite con­science de la façon dont on peut, dans ce pays, con­stru­ire un social­isme de base… ». Les déc­la­ra­tions de « l’ami­ral » Rosa Coutin­ho devant une assem­blée des tra­vailleurs de la CUF, fin sep­tem­bre : « Il n’est pas ques­tion pour moi d’im­pos­er ordre et dis­ci­pline tant que la révo­lu­tion n’est pas faite » ! (quoi d’é­ton­nant, après cela, à ce que les tra­vailleurs tar­dent à la faire, cette révo­lu­tion de généraux et d’ami­raux !). Le com­mu­niqué de la com­mis­sion cen­trale du PRP, du 24 octo­bre, qui réaf­firme « la néces­sité impérieuse d’une direc­tion politi­co-mil­i­taire qui uni­fie l’a­vant-garde et qui coor­donne les dif­férents fronts et types de lutte au niveau nation­al et région­al ». Et dans le jour­nal Rev­oluçao, du même PRP, on peut lire, en mai 75, au moment où il était encore ques­tion des con­seils révo­lu­tion­naires de tra­vailleurs, sol­dats et marins (cf La Lanterne noire, n° 3) : « La bataille de la pro­duc­tion n’au­ra de valeur que dans la mesure où elle sera étroite­ment liée au prob­lème de la con­quête du pou­voir par le pro­lé­tari­at. Ceci étant, il faut admet­tre qu’un tel mot d’or­dre se jus­ti­fie avant même la prise du pou­voir par le pro­lé­tari­at. Néan­moins, il doit être lim­ité aux secteurs nation­al­isés où les tra­vailleurs, une fois qu’ils sont organ­isés en Con­seils Révo­lu­tion­naires, doivent met­tre en marche un proces­sus de con­créti­sa­tion de leur pou­voir. » (cité par J. Bernar­do, Um ano, um mês e um dia depois, Ed. Con­tra a cor­rente). Cette alliance dou­teuse entre « bataille de la pro­duc­tion », nation­al­i­sa­tion et Con­seils révo­lu­tion­naires [[Une nou­veauté : Le par­ti élu. Dans le Man­i­feste de Con­seils Révo­lu­tion­naires, avril 75, on lisait que « le par­ti révo­lu­tion­naire naî­tra inévitable­ment du développe­ment du proces­sus révo­lu­tion­naire, du développe­ment autonome de la classe, et sera com­posé par les mil­i­tants élus et recon­nus par la classe comme ses représen­tants légitimes. » Cf. Por­tu­gal, la ques­tion de l’or­gan­i­sa­tion révo­lu­tion­naire, juin 75, Escartin, BP 41, 92190 Meudon.]]relativise con­sid­érable­ment les dénon­ci­a­tions de ce même mot d’or­dre que l’on trou­ve au PRP, ain­si que la notion de « pou­voir pop­u­laire » dont se gar­garise l’ex­trême gauche, au Por­tu­gal et en France.

Donc, quel que soit le pro­jet retenu par­mi ceux qui s’of­frent si généreuse­ment aux tra­vailleurs por­tu­gais, on y trou­ve, comme l’en­vers et l’en­droit, pro­duc­tion et répres­sion. Serait-ce parce que les Por­tu­gais ne sont pas encore assez mûrs pour les sub­til­ités de la démoc­ra­tie occi­den­tale ? Ou bien parce que l’al­liance fatale des com­mu­nistes et des gauchistes aurait rejeté, bien mal­gré eux. les social­istes dans les bras de la droite, les « entraî­nant à jouer les Noske » (selon les savantes crétiner­ies qui se font pass­er pour des analy­ses, signées M. Duverg­er — Le Monde, 13–10-75) ?

Il y a bien d’autres raisons, et qui sub­sis­teront autant que le cap­i­tal­isme au Por­tu­gal et autour de lui. Et d’abord le fait que la crise économique y sévit plus sévère­ment qu’ailleurs : 25 % d’in­fla­tion de mai 74 à mai 75, 30 mil­liards d’es­cu­d­os de déficit de la bal­ance com­mer­ciale prévu pour 1975, chute des investisse­ments, boy­cott financier et com­mer­cial (vins et tomates) de la part de l’Eu­rope, 300 000 chômeurs (8 %) aux­quels vien­nent s’a­jouter une par­tie des 300 000 rap­a­triés d’An­go­la, pro­prié­taires ruraux ou employés du ter­ti­aire sans per­spec­tive de réem­ploi au Por­tu­gal (Le Monde, 7–11-75). Sit­u­a­tion économique cat­a­strophique [[Sig­nalons un arti­cle doc­u­men­té sur les prob­lèmes économiques dans le Por­tu­gal d’au­jour­d’hui, vus dans une per­spec­tive poli­tique : « Crise économique et tran­si­tion au social­isme », par Yves Baron, Le Monde Diplo­ma­tique, octo­bre 1975.]], que les social­istes et le gou­verne­ment rap­pelle avec com­plai­sance, pour en con­clure (P. de Azeve­do) à la néces­sité « de pro­duire et de ven­dre davan­tage, et de con­som­mer moins ». Com­mu­nistes ou social­istes, les buts sem­blent dif­férents, les moyens, eux, restent les mêmes ! Et le même recours à la manière forte. Car par ailleurs, les tra­vailleurs de ce pays ont su mon­tr­er depuis plus d’un an qu’ils pou­vaient et voulaient se bat­tre : exem­ple récent, les ouvri­ers d’une entre­prise sué­doise au Por­tu­gal ont retenu le directeur sué­dois et rossé l’am­bas­sadeur de Suède venu à son sec­oure… à l’Hô­tel Ritz de Lis­bonne (auto­géré, il est vrai !).

Une armée à reconquérir

Dans un tel con­texte, on com­prend que la tâche la plus urgente pour le pou­voir en voie de recon­sti­tu­tion soit d’en finir avec une armée où l’indis­ci­pline (qui remonte à mai 1974, on l’ig­nore trop sou­vent) et les luttes de frac­tions entra­vent son util­i­sa­tion dans un but répres­sif (entrave rel­a­tive, encore une fois, puisque le COPCON, tant prisé à l’ex­trême gauche, est inter­venu en juil­let dernier aux Télé­phones, en sep­tem­bre à Radio-Renais­sance…) Le mou­ve­ment des SUV (Sol­dats Unis Vain­cront) est présen­té partout comme une avancée du proces­sus révo­lu­tion­naire au Por­tu­gal ; après les autres mou­ve­ments de base (tra­vailleurs, quartiers, paysans en coopéra­tives), la base de l’ar­mée se met­trait à son tour en mou­ve­ment, mul­ti­pli­ant les liaisons avec les précé­dents, pour con­stituer « le bras armé du pou­voir des tra­vailleurs, l’ar­mée pop­u­laire révo­lu­tion­naire » (Appel des SUV). Et cer­taines man­i­fes­ta­tions (celle du 23–9‑75 à Tra­faria, imposant la libéra­tion de deux sous-officiers des SUV, le sou­tien aux sol­dats de la caserne du RASP, à Por­to, début octo­bre, le cortège de 40 000 per­son­nes aboutis­sant à la remise en marche de Radio-Renais­sance le 22 octo­bre) sem­blent bien indi­quer une con­jonc­tion réelle entre les actions et réac­tions des mil­i­tants de gauche, dans l’ar­mée, et dans les groupe­ments poli­tiques, et les préoc­cu­pa­tions ou les ten­ta­tives des tra­vailleurs les plus act­ifs, les moins résignés. Il existe incon­testable­ment une ten­dance endémique à l’ag­i­ta­tion, à la résis­tance (sinon, la restau­ra­tion de l’or­dre ne serait pas réclamée sur tous les tons du côté du pouvoir).

Mais quand elle n’est pas portée par un mou­ve­ment col­lec­tif réel, per­me­t­tant la reprise en masse d’ob­jec­tifs pro­pres, cette par­tic­i­pa­tion de la base dis­paraît aus­si facile­ment qu’elle a pu sur­gir. Et en ce qui con­cerne les luttes dans l’ar­mée, qui ont pris en octo­bre leur forme la plus aiguë, les compte-ren­dus les plus favor­ables (cf Libéra­tion du 7 et 17 octo­bre) expri­ment eux-mêmes les doutes les plus sérieux quant à leur car­ac­tère autonome et de base, rel­e­vant le rôle préémi­nent assumé dans les comités par les officiers et sous-officiers du con­tin­gent ; ils soulig­nent aus­si, sur l’ex­em­ple du CICAP à Por­to, à quel point le manque de sou­tien pop­u­laire, l’ab­sence de mobil­i­sa­tion dans les usines, situe ces luttes dans l’ar­mée dans une phase de recul glob­al du mou­ve­ment. Ce n’est que la dém­a­gogie jour­nal­is­tique qui a fait appel­er « vic­toire des mutins de Por­to » le com­pro­mis que les mil­i­taires isolés dans leur lutte ont dû. accepter sans ent­hou­si­asme (cf. Le Monde du 16 octo­bre), et qui leur assur­ait la réin­té­gra­tion des deux sous-officiers et des 5 sol­dats… sans aucune garantie, comme on l’a vu depuis [[Déci­sions remis­es en cause quelques jours plus tard, quand les sol­dats ont eu regag­né leurs caserne­ments. Et quelques jours après, le fas­ciste Jaime Neves, des com­man­dos d’A­mado­ra, dont on demandait la des­ti­tu­tion, déclarait qu’un « con­flit armé est devenu néces­saire » pour enray­er la dynamique d’ex­trême-gauche dans l’ar­mée (Le Monde, 22–10-75).]]. Et en quoi, de toutes façons, de tels objec­tifs seraient-ils sus­cep­ti­bles d’en­traîn­er le sou­tien et la mobil­i­sa­tion des tra­vailleurs ? Tant que l’ar­mée n’est pas engagée à leurs côtés dans des luttes con­crètes sur des objec­tifs qui leur soient réelle­ment com­muns, les reven­di­ca­tions des officiers, sous-officiers et même des sol­dats ne peu­vent vrai­ment touch­er per­son­ne, en dehors des casernes. Et de rap­pel­er que les sol­dats ne sont autre chose que « des tra­vailleurs en uni­forme », cela n’y change rien [[Il est donc juste, et néces­saire, de dénon­cer le statut de par­a­sites et les ambi­tions ges­tion­naires des officiers appren­tis tech­nocrates. Peut-on dire pour autant que la seule façon, pour un mil­i­taire, de rejoin­dre les tra­vailleurs en lutte, c’est de tomber l’u­ni­forme et de revêtir le bleu de tra­vail ? (cf. Por­tu­gal, la ques­tion de l’or­gan­i­sa­tion révo­lu­tion­naire). Même s’il emporte avec soi son fusil et quelques muni­tions, les tanks, les F.M., les voitures blind­ées, tout cela reste dans les casernes, à la dis­po­si­tion d’of­ficiers que leur recrute­ment social porte à rejoin­dre la droite ; quelques hommes suff­isent pour diriger ces armes con­tre des tra­vailleurs ; si tout pou­voir révo­lu­tion­naire doit, pour se con­stituer et s’établir, gag­n­er l’ar­mée à ses objec­tifs ou obtenir tout au moins sa neu­tral­ité, son refus d’in­ter­ven­tion, c’est parce que l’ar­mée, ce sont des armes. Les tra­vailleurs n’ont que faire d’une armée « à leur ser­vice », ils ont besoin des armes là où elles se trou­vent et à la rigueur de ceux qui, par­mi eux, savent s’en servir, peu­vent l’ap­pren­dre aux autres, et sont bien placés pour s’en empar­er : les sol­dats, les tech­ni­ciens des com­mu­ni­ca­tions, etc.]].

Or, pour les tra­vailleurs, les choses n’ont pas suff­isam­ment changé depuis le 25 avril de l’an­née dernière, pour qu’une iden­tité d’in­térêts leur appa­raisse con­crète­ment entre leurs pro­pres prob­lèmes et les affron­te­ments entre mil­i­taires de tous rangs et de toutes ten­dances, entre frac­tions du MFA, entre groupes et par­tis poli­tiques. Car plus d’un an après, il est clair que les « con­quêtes » de la pré­ten­due révo­lu­tion por­tu­gaise (nation­al­i­sa­tions, évic­tion de cer­tains politi­ciens et policiers fas­cistes, « lib­ertés » syn­di­cales et poli­tiques des régimes « démoc­ra­tiques ») n’ont rien changé d’essen­tiel aux con­di­tions de vie des tra­vailleurs : hausse des prix, blocage des salaires, fail­lites, licen­ciements, chô­mage, main­tien des iné­gal­ités, des priv­ilèges, des par­a­sites civils et mil­i­taires, voilà ce qu’ils trou­vent en face d’eux ; les ten­ta­tives d’au­to­ges­tion, le plus sou­vent con­traintes et for­cées, som­brent dans l’im­passe (comme à la Sogan­tal) ou dans un pro­duc­tivisme rap­pelant l’or­dre ancien (cf l’ar­ti­cle de Com­bate sur l’au­to­ges­tion [[Les tra­vailleurs des quelques 400 en­treprises occupées, qui se sont plus ou moins mis en auto­ges­tion, risquent de n’avoir bien­tôt plus a auto­gér­er que leur dénue­ment. Rien n’ayant fon­da­men­tale­ment changé dans le sys­tème économique rég­nant, ils ren­con­trent les lim­ites que leur impose le marché cap­i­tal­iste, nation­al et inter­na­tion­al. Ce n’est pas d’eux, mais des ban­ques et entre­pris­es por­tu­gais­es et surtout étrangères, que dépend leur appro­vi­sion­nement en crédits ou matières pre­mières, ain­si que l’é­coule­ment de leur pro­duc­tion. Et l’in­ter­ven­tion de l’É­tat por­tu­gais, de portée lim­itée, est tou­jours assor­tie de ten­ta­tives de con­trôle, soit par le biais des syn­di­cats, soit par celui de la Fédéra­tion des coopéra­tives, qui por­tent directe­ment atteinte au car­ac­tère autonome de l’ini­tia­tive des tra­vailleurs. Ain­si, la prise en main des entre­pris­es aban­don­nées ou en fail­lite n’est pas en soi un remède, et ne peut avoir de développe­ment que si elle con­duit à une remise en cause de la nature même de la pro­duc­tion dans son sens social, des liens avec le marché, de la struc­ture économique de la société tout entière. Faute de quoi, l’au­to­ges­tion ne peut être qu’un piège qui se refer­mera sur les tra­vailleurs. ]] ; les occu­pa­tions de terre, la col­lec­tivi­sa­tion des lat­i­fun­dia, encadrée par l’In­sti­tut de la réforme agraire mais surtout par le PCP, se heur­tent à l’ab­sence de crédits, aux dif­fi­cultés des cir­cuits de dis­tri­b­u­tion, et à la résis­tance crois­sante des petits et moyens agricul­teurs (cf P. Georges, Le Monde du 2–11-75) : dans cer­taines coopéra­tives instal­lées sur des domaines occupés, les « salariés » ne sont plus payés depuis plusieurs mois [[La sit­u­a­tion des paysans et des tra­vailleurs agri­coles est évidem­ment un élé­ment pri­mor­dial pour l’évo­lu­tion du proces­sus por­tu­gais. Tout con­firme que, depuis le 25 avril 1974, elle n’a fait que s’ag­graver, surtout pour les petits exploitants du cen­tre et du nord, vic­times de la hausse des prix ; c’est l’une des raisons du suc­cès de la réac­tion dans l’été 75. Par ailleurs, le mou­ve­ment d’oc­cu­pa­tion et d’ex­pro­pri­a­tion de terre, que le PC, puis­sant dans le sud, s’ef­forçait de lim­iter ou de con­trôler, s’est pour­tant pro­duit et éten­du de façon assez spon­tanée ; ce qui parait indi­quer, mal­gré les témoignages con­tra­dic­toires sur les con­di­tions de vie meilleures qu’ap­por­tent les occu­pa­tions ou les impass­es qu’elles ren­con­trent, que ce mou­ve­ment cor­re­spond, là où il a lieu, à une amélio­ra­tion immé­di­ate. Mais pour com­bi­en de temps ? Cf. sur ce prob­lème, quelques infor­ma­tions dans Claude Collin, « Révo­lu­tion et con­tre-révo­lu­tion dans les cam­pagnes por­tu­gais­es », Temps Mod­ernes, octo­bre 1975.]]

Solidarité internationale ?

Les tra­vailleurs ne peu­vent inter­venir dans les affron­te­ments poli­tiques ou mil­i­taires que s’ils ont eux-mêmes, sous les yeux, quelque chose à défendre ou à con­quérir. C’est la même rai­son qui explique leur indif­férence à cet égard, et le recours de plus en plus prob­a­ble à l’ar­mée con­tre eux : l’ag­gra­va­tion de leurs con­di­tions d’ex­is­tence, et la réduc­tion de leur marge de manœu­vre, face à un pou­voir qui se renforce.

On le sait depuis longtemps, et il faut néan­moins le répéter : ou bien le proces­sus révo­lu­tion­naire déclenché au Por­tu­gal s’in­ter­na­tion­alise, ou bien il s’ex­ténue, dépérit et dis­paraît, en douceur ou plus prob­a­ble­ment dans la vio­lence con­tre-révo­lu­tion­naire. Car la con­tre-révo­lu­tion, elle, s’est déjà inter­na­tion­al­isée : pres­sions économiques de l’Eu­rope, con­spir­a­tions armées de la CIA en Espagne, con­seils de « mod­éra­tion » de l’In­ter­na­tionale social­iste (on appelle « mod­érés ». en ter­mes jour­nal­is­tiques, ceux qui sont par­ti­sans d’un ren­force­ment de l’au­torité dans la vie poli­tique, de la dis­ci­pline dans les casernes, de l’ardeur au tra­vail dans les entreprises… !).

D’une façon ou d’une autre, l’in­ter­na­tion­al­i­sa­tion est inscrite dans les faits : à l’ap­pro­fondisse­ment de l’an­tag­o­nisme de classe au Por­tu­gal cor­re­spond le con­traste entre le Por­tu­gal et l’Es­pagne, entre ce pays qui a bougé et celui qui se raid­it, face aux tra­vailleurs espag­nols et basques, dans les struc­tures fas­cistes d’un régime inadapt­able et inac­cept­able. Cette jux­ta­po­si­tion dans la pénin­sule ibérique est explo­sive dès le départ. Ce qui s’est passé au Por­tu­gal a déjà rongé le régime fran­quiste, encour­agé la résis­tance intérieure. C’est, pour l’Es­pagne, une inci­ta­tion à l’émeute. Et à la sol­i­dar­ité : les intérêts révo­lu­tion­naires du Por­tu­gal et de l’Es­pagne sont étroite­ment liés, comme ils le sont aus­si à ceux des pays avoisinants.

Et de ce point de vue, les tra­vailleurs por­tu­gais, quand ils sont en lutte, ne voient guère d’ap­pui réel leur venir des autres pays. À leur isole­ment face à leur bour­geoisie et leurs class­es moyennes, s’a­joute l’isole­ment sur le plan inter­na­tion­al ; même les tra­vailleurs por­tu­gais émi­grés en France, coupés des luttes qui se déroulent chez eux et de l’ex­péri­ence qu’elles pro­curent, intox­iqués par les média, demeurent plus que méfi­ants face à une évo­lu­tion poli­tique réelle­ment ambiguë.

Toute ini­tia­tive sus­cep­ti­ble de bris­er ou d’af­faib­lir cet isole­ment est un acte de sol­i­dar­ité effec­tive avec les tra­vailleurs por­tu­gais. On a eu jusqu’à présent les meet­ings tra­di­tion­nels : du haut d’une tri­bune, des lead­ers français, des per­son­nal­ités du MFA, de la LUAR, du PRP, du MES, règ­lent leurs petits comptes, exhor­t­ent une assem­blée réduite au silence à une sol­i­dar­ité abstraite, dis­simu­lent les inten­tions politi­ci­ennes de leurs organ­i­sa­tions. Dans un tel con­texte, le mot d’or­dre de « sou­tien aux luttes du peu­ple por­tu­gais » est vide de sens et même nocif : il masque par des paroles l’isole­ment réel des Por­tu­gais, et il paral­yse, au nom de la sol­i­dar­ité, les capac­ités d’analyse à l’é­gard des ten­dances poli­tiques engagées dans la con­fronta­tion, il encour­age les vieilles atti­tudes fron­tistes dans l’il­lu­sion d’une aide imaginaire.

Là où nous sommes, le pre­mier aspect d’une sol­i­dar­ité réelle, c’est d’abord la volon­té de com­pren­dre ce qui se passe au Por­tu­gal, sans se laiss­er mys­ti­fi­er par les char­la­tans prêts à se servir du Por­tu­gal, comme de l’Es­pagne ou du reste, pour ali­menter leurs mécaniques de pou­voir ; de s’in­former en gar­dant la capac­ité de se pos­er des ques­tions, d’avoir des doutes, mêmes s’ils sont sac­rilèges ; de bris­er les mythes pop­ulistes, pro­gres­sistes, de la pseu­do-auto­ges­tion, de l’ar­mée au ser­vice du peu­ple, Povo-MFA, MFA-Povo, incan­ta­tion qui sonne de plus en plus creux ; de for­muler, enfin, ce qui s’énonce chaque jour au Por­tu­gal, et qui vaut partout : que toute lutte est promise à l’échec, même dans ses objec­tifs lim­ités, dès lors qu’elle n’es­saie pas de porter atteinte à la struc­ture de la société cap­i­tal­iste, aux lois du marché, de pren­dre le con­trôle de la pro­duc­tion et de ses buts, de la rela­tion ville-cam­pagne, des échanges entre lieux de pro­duc­tion, des liens avec les autres pays.

Claude.