La Presse Anarchiste

Programme de la société Socialiste-révolutionnaire polonaise de Zurich

Un
groupe d’ou­vri­ers polon­ais, qui vient de se con­stituer à
Zurich en Sec­tion de l’In­ter­na­tionale, nous com­mu­nique le programme
de cette nou­velle sec­tion. Nous l’in­sérons avec plaisir, en
faisant remar­quer que les principes qui y sont énoncés
sont absol­u­ment iden­tiques à ceux que pro­fesse la Fédération
jurassienne.

Programme de la Société
Socialiste-Révolutionnaire polonaise de Zurich.
  1. L’é­tat actuel de la Pologne présente, même en dehors du joug étranger, le même despo­tisme poli­tique et économique d’une minorité priv­ilégiée exploitant la masse du peu­ple tra­vailleur, qu’on trou­ve partout.
  2. Nous appelons tyran­nie toute dom­i­na­tion d’hommes sur leurs sem­blables ; c’est pourquoi nous ne voulons ni domin­er nous-mêmes, ni recon­naître aucune autorité. Comme organ­i­sa­tion sociale du peu­ple, nous ne recon­nais­sons que l’u­nion libre des sociétés ouvrières et des com­munes libres. Nous savons que tout pou­voir poli­tique, fût-il décoré des formes les plus répub­li­caines et démoc­ra­tiques, est et restera tou­jours un droit exclusif de la minorité priv­ilégiée, un joug pour le peuple.
  3. Nous recon­nais­sons comme con­di­tion néces­saire de la con­quête de la vraie lib­erté pour le peu­ple polon­ais, la destruc­tion com­plète de l’or­dre social actuel au point de vue tant économique et poli­tique, que cléri­cal et juridique.
  4. Cette destruc­tion ne peut être effec­tuée que par un immense soulève­ment pop­u­laire, par la Révo­lu­tion sociale.
  5. La terre doit être la pro­priété indi­vise des com­munes agri­coles en tant que leurs mem­bres y appliquent directe­ment le tra­vail de leurs bras.
  6. De même les fab­riques, les machines, les bâti­ments indus­triels, les instru­ments de tra­vail, doivent appartenir aux asso­ci­a­tions ouvrières.
  7. Enne­mis de tout pou­voir de l’É­tat, nous ne recon­nais­sons aucun droit his­torique ou poli­tique. Pour nous la Pologne n’ex­iste que là où le peu­ple se sent et veut être polon­ais, et elle finit là, où il s’al­lie libre­ment à une union libre d’un autre peu­ple, ne voulant pas appartenir à l’u­nion polonaise.
  8. Nous ten­dons une main frater­nelle pour une alliance forte et active à ceux de nos frères de la grande race slave qui comme nous subis­sent le joug égale­ment haïss­able de l’é­tranger, moscovite, alle­mand ou turc, et comme nous ont droit à une exis­tence indépen­dante et à un développe­ment autonome.
  9. ous ten­dons égale­ment une main frater­nelle à tous les autres peu­ples qui veu­lent s’af­franchir et nous nous déclarons prêts à leur aider de tous nos moyens à attein­dre le but que nous pour­suiv­ons pour nous-mêmes.

Vive la République sociale !

Vive la Com­mune libre !

Vive la libre Pologne, sociale et démocratique !