La Presse Anarchiste

D’en-haut et d’en-bas

 

Les
heures de travail

Un
pas­teur des États-Unis, M. Minot Sav­age, de New-York a affirmé
l’autre jour que dans une Société bien constituée,
per­son­ne n’au­rait besoin de tra­vailler plus de trois heures par jour.
Les 21 heures de sur­plus pou­vant être con­sacrées au
repos et à la recréa­tion physique, morale et mentale.

Le
bout de l’oreille

« Une
guerre avec l’Alle­magne, — dit le Gaulois, au sujet des
pré­ten­dus mémoires de Félix Fau­re que pub­lie le
Figaro, — au moment de l’af­faire Schnœ­belé, nous
aurait épargné et le drey­fu­sisme et le panamisme, et
comme nous avions le poing sur la hanche en face de notre agresseur,
nous ne nous seri­ons peut-être pas, comme Gri­bouille jetés
à l’eau pour éviter la pluie, nous auri­ons eu les
meilleures chances de nous en tir­er honorablement. »

Le
Nation­al­isme, c’est la guerre. Il y a longtemps que nous le savions,
mais voilà qu’ils l’avouent eux-mêmes. Pau­vre de toi,
France, si tu tombais en leurs mains.

Bra­vo !

La
Société coopéra­tive de con­som­ma­tion, « la
Bellevil­loise » a décidé dans sa dernière
assem­blée générale de sup­primer la vente de
l’absinthe

Rap­pelons
que cette mesure a déjà été prise par
« l’Égalitaire ».

Le
bon apôtre

Les
agences racon­tent qu’après l’opéra­tion faite, il y a
dix-huit mois, par le doc­teur Maz­zoni, le pape avait promis à
ses médecins de les inviter à déjeuner.

Depuis
qu’il est pape, c’est-à-dire depuis vingt-trois ans, c’est la
pre­mière fois qu’il invite quelqu’un à manger auprès
de lui. L’é­ti­quette défend absol­u­ment qu’un personnage,
quelle que soit sa posi­tion, mange à la même table que
le pape. Donc Léon XIII, tout en déje­u­nant avec ses
invités, en était séparé. La table était
dressée dans l’embrasure de la fenêtre de la tour de
Léon XIII et celle des invités l’é­tait au centre
de la salle ronde qui les précède.

L’am­phytri­on
et les con­vives étaient séparés par un rideau!!

Et
toi, ô Christ, tu mangeais et tu buvais avec les péagers
et les gens de mau­vaise vie. Comme tu dois souf­frir de voir de
pareils hyp­ocrites se réclamer de ton nom !

Une
noble idée

Une
femme de bien, Madame Mühlberg Suter­meis­ter d’Aa­rau en Suisse a
pris l’ini­tia­tive d’une péti­tion devant être adressée
en Suisse aux autorités fédérales, dans le but
d’obtenir pour les filles-mères le droit de porter le titre de
« Madame ». Cette démarche faite dans un but
human­i­taire et dans l’in­térêt des enfants illégitimes,
— vic­times inno­centes, — est digne d’at­ten­tion et de sympathie.
Il y a longtemps qu’elle aurait dû être proposée
par les dis­ci­ples de celui qui ren­voy­ai absoute la femme adultère.

La
syphilis

Dans
un remar­quable tra­vail pub­lié au Con­grès de Bruxelles,
le Dr Fournier a déclaré que cette ter­ri­ble mal­adie est
la cause la plus ordi­naire des affec­tions du sys­tème nerveux.

Sur
100 syphilis cérébrales, 27 guéris­sent, 19
aboutis­sent à la mort et 59 per­me­t­tent la survie, mais une
survie « à peu près équiv­a­lente. La mort
comme résultat ».

Une
des con­séquences les plus effrayantes, c’est la mortalité
infan­tile. L’en­fant du syphili­tique est tué soit dès
les pre­miers mois de la con­cep­tion (avorte­ment syphili­tique), soit
dans les derniers mois de la grossesse (accoucheraient prématuré),
soit à sa nais­sance, soit dans les pre­mières semaines.
(Assis­tance publique, 1880 à 1884, 458 morts sur 996
nais­sances) Enfin, la mort vien­dra plus tard par quelque lésion
de la syphilis hérédi­taire tardive.

L’hérédité
syphili­tique pater­nelle donne 68% de décès, la
mater­nelle, 60%, la mixte 68%. La malig­nité de l’influence
héré­do-syphili­tique est ter­ri­ble quand elle s’étend
dans les pre­miers temps de la mal­adie. Ain­si, sur 90 femmes
con­ju­gale­ment con­t­a­m­inées et enceintes, Fournier cite 50
avorte­ments ou mort-nés, 38 nais­sances et morts subséquentes
plus ou moins rapi­des et 2 survies. (Clien­tèle de ville,
bour­geoise ou aristocratique.)

Que
serait-ce à l’hôpi­tal ou dans les milieux pau­vres et
privés de soins faciles ?

Et
les dégénéres­cences, qui s’en suiv­ent dans la
postérité du syphili­tique, mal­for­ma­tions diverses,
mon­stru­osités, décrépi­tude, sénilité
infan­tile, enfance valé­tu­di­naire sous toutes ses formes,
éti­ole­ment, infan­til­isme (absence de crois­sance normale)
rachitisme, etc. Pinard déclare que dans toute sa carrière
il n’a vu qu’un seul cas de rachitisme, qui ne fut pas de
l’hérédité syphilitique.

Cette
influ­ence est même indis­cutable sur le fœtus. C’est
invari­able­ment la cause d’une dis­po­si­tion à l’a­vorte­ment ou à
la mort rapi­de (50% d’après Fournier).

Sur
81 grossess­es dans des ménages ou un des conjoints
avait une tare héré­do-syphili­tique, Fournier trou­ve 28
avorte­ments, 13 accouche­ments pré­maturés avec enfants
morts, 7 morts à bref délai et 33 survies. Pas besoin
de chercher ailleurs la cause de la dépopulation !

Un
errata

Je
m’aperçois que, dans le pre­mier numéro, s’est glissé
— exi­gence de mise en page — la sup­pres­sion d’une note concernant
l’A­vant-Garde et où la rédac­tion déclarait
que cette excel­lente revue se trou­ve à la brèche depuis
trois ans, défen­dant les idées qui trou­vent dans l’Ère
Nou­velle
une appli­ca­tion populaire.