La Presse Anarchiste

Statistiques

Voici quelques chiffres offi­ciels con­cer­nant la dif­fu­sion des auteurs de langue française dans l’U­nion Sovié­tique. Vic­tor Hugo se place en pre­mière ligne. Traduit en 41 langues, atteignant un tirage de 8.952.000 exem­plaires. Jules Verne vient en sec­ond arec 18 langues et 4.168.000 exem­plaires. Ensuite Mau­pas­sant (15 langues, 3.780.000 exem­pl.), Zola (12 langues, 2.498.000 exem­pl.), Bar­busse (20 langues, 2.061.000 exem­pl.), Romain Rol­land (13 langues, 2.057.000 exem­pl.), Paul Lafar­gue (11 langues, 2.034.000 exem­pl.) — Puis vien­nent Ana­tole France (9 langues, 1.846.000 exem­plaires), Balzac (10 langues, 1.812.000 exem­plaires), Per­rault (22 langues, 1.529.000 exem­plaires), Pros­per Mérimée (10 langues, 1.130.000 exem­pl.), Alphonse Daudet (12 langues, 1.113.000 exem­pl.), Molière (15 langues, 523.000 exem­pl.), Stend­hal (9 langues, 381.000 exem­pl.), Gus­tave Flaubert (7 langues, 381.000 exem­pl.), Jules Val­lès (2 langues, 212.000 exem­pl.) — Ver­haeren, écrivain belge de langue française, a atteint un tirage de 176.000 exempl.

En résumé, les écrivains de langue française avec 410 titres accusent un tirage de 46.396.000 exem­pl. con­tre 210 titres pour les États-Unis avec 36.912.000 exem­pl., 205 titres pour la Grande-Bre­tagne avec 26.407.000 exempt et 268 titres pour l’Alle­magne avec 24.260.000 exempl.

Il y aurait une étude à faire sur ces sta­tis­tiques, — en ten­ant compte de la pop­u­la­tion de l’URSS qui doit être de 190 mil­lions d’habi­tants, étant don­né que l’édi­tion est un mono­pole de l’É­tat — et sur les raisons de l’in­flu­ence des écrivains de langue française (en con­sid­érant les ten­dances lit­téraires des écrivains choi­sis et traduits).

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Autres sta­tis­tiques con­cer­nant les cas de mal­adies vénéri­ennes, traités dans divers étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers de Paris (1944)

DISPENSAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE : Pour les hommes con­t­a­m­inés 43 % l’avaient été par des femmes de ren­con­tre ; 23 % par leurs amies ; 17 % par des pros­ti­tuées de rues ; 6 % par des pros­ti­tuées de mai­son ; 4 % par des bonnes, ouvrières, filles de restau­rant ; 3 % par des hommes. — Pour les femmes : 40 % l’avaient, été par des hommes de ren­con­tre ; 40 % par leurs amis ; 12 % par leurs maris.

DISPENSAIRE LAILLER : Pour 371 cas. Hommes : 132 par des femmes de ren­con­tre, 54 par des amies régulières, 9 par leur épous­es , 7 par des femmes de mai­son, 2 par des hommes (1 cause incon­nue). Femmes : hommes de ren­con­tre 59, amis réguliers 75, maris 26, clients de maisons publiques 3, caus­es incon­nues 5.

HÔPITAL ST-LOUIS (Syphilis pri­mo-sec­ondaire) ; pour 341 cas. Hommes femmes de ren­con­tre 104, amies régulières 52, péri­patéti­ci­enne 9, épous­es 1, pros­ti­tuées de mai­son 1, homo­sex­uels 1. — Femmes : hommes de ren­con­tre 49, amis réguliers 98, maris 18, caus­es incon­nues 5.

Ceci sem­ble à pre­mière vue un plaidoy­er en faveur du main­tien de l’ex­is­tence des maisons de tolérance, mais quelle valeur réelle peut-on attribuer aux dires des patients, d’une part, et, de l’autre, quelles seraient ces sta­tis­tiques si elles com­pre­naient les malades soignés ailleurs que dans les hôpi­taux ? Dans tous les cas, elles mon­trent que « le mariage » n’of­fre pas une bar­rière infran­chiss­able aux affec­tions vénéri­ennes. Et c’est à retenir.