La Presse Anarchiste

Nouvelles du front

Le groupe lib­er­taire Emanuel Gold­stein, dont nous vous avons déjà par­lé à plusieurs repris­es dans les précé­dents numéros d’Iz­tok, est tou­jours aus­si act­if dans la clan­des­tinité. Dans un mes­sage de fin d’an­née adressé aux lib­er­taires de l’Ouest (paru en français dans Le Monde Lib­er­taire n° 553 du 13/12/1984), ils adressent leurs meilleurs vœux pour 1985, que nous trans­met­tons à nos lecteurs. Ils en prof­i­tent surtout pour informer de leurs activ­ités pour 1984. Qua­tre édi­tions sont prévues niais n’ont pas encore pu paraître : « La polon­aise noire » de K. Wierznis­ki (poêmes anti­to­tal­i­taires polon­ais); « Moscou-Petouch­ki » de V. Yero­feev (his­toire satirique par un dis­si­dent sovié­tique); « Kro­n­stadt » d’I­da Mett et « Hom­mage à la Cat­a­logne » d’Or­well. La pub­li­ca­tion d’un jour­nal théorique est aban­don­née pour l’in­stant par manque de moyens.

Sur le plan des actions con­crètes, le groupe Gold­stein a appelé au boy­cott des élec­tions du print­emps dernier, et grâce au mag­a­zine dis­si­dent Sal­ad, il a pub­lié 16.000 tracts sur ce sujet. Une man­i­fes­ta­tion a été organ­isée peu avant les élec­tions, et à cette occa­sion des mem­bres du groupe ont uriné sur le mon­u­ment à Dzierzyńs­ki, polon­ais fon­da­teur de la Tche­ka, dev­enue depuis le KGB. Le groupe a par­ticipé égale­ment à la paru­tion de Robot­nik (Le Tra­vailleur), un heb­do­madaire de Sol­l­i­darność tiré à 6000–7000 exem­plaires. Une let­tre ouverte à Arthur Scargill (parue en anglais dans Strike ! n°34, sept. 1984), leader du syn­di­cat des mineurs anglais en grève depuis plusieurs mois, et signée con­join­te­ment par Robot­nik et le groupe E. Gold­stein, est parue dans cet heb­do­madaire. Cette let­tre sou­tient la grève, et con­damne l’ex­por­ta­tion de char­bon polon­ais vers l’An­gleterre. Elle demande aus­si à Scargill de révis­er sa posi­tion sur le mou­ve­ment polon­ais. En effet, en décem­bre 1981, il avait refusé de soutenir Sol­i­darność.

Le mes­sage aux lib­er­taires occi­den­taux se ter­mine par une brève analyse des posi­tions du groupe. Il s’in­scrit dans l’op­po­si­tion polon­aise actuelle, mal­gré de nom­breuses diver­gences, sur la base de l’u­nité dans la lutte con­tre l’en­ne­mi com­mun. Il est par­ti­san de la lutte des syn­di­cats indépen­dants polon­ais, mais aus­si de la Charte 77, des dis­si­dents litu­aniens et estoniens, du SMOT, du mou­ve­ment des Tatars. Il se recon­naît dans le Mes­sage aux tra­vailleurs de l’Eu­rope de L’Est du Ier con­grès de Sol­i­darność. Il renonce enfin à juger le mou­ve­ment paci­fiste occi­den­tal, tout en soulig­nant que les S.S. 20 sont aus­si dan­gereux que les Pershings.

Dans un mes­sage adressé aux par­tic­i­pants au col­loque inter­na­tion­al anar­chiste de Venise en sep­tem­bre dernier, le groupe pré­cise sa posi­tion sur la résis­tance afghane (disponible en anglais dans Strike ! n°35, dec. 1984). Il y a deux fronts con­tre le total­i­tarisme : l’un en Europe de l’Est, et l’autre, le plus impor­tant, en Afghanistan. Les Afghans ont une autre cul­ture et d’autres tra­di­tions, et pour cela ils sont par­fois dif­fi­ciles à com­pren­dre. Mais leur com­bat est impor­tant pour les luttes qui se déroulent en Europe de l’Est. Le groupe E. Gold­stein demande d’aider le mou­ve­ment de guéril­la anti-sovié­tique en Afghanistan pour les aider eux et le mou­ve­ment polonais.