La Presse Anarchiste

Anarcho-syndicalisme

Si l’anarcho-syndicalisme pou­vait se résumer en une phrase, on dirait que c’est : « Tout le pou­voir aux tra­vailleurs dans leurs seules organ­i­sa­tions de classe ». 

Dans cette petite phrase, se trou­vent résumées toutes les car­ac­téris­tiques pro­pres à l’anarcho-syndicalisme, et aus­si tout ce qui le dif­féren­cie des autres courants socialistes. 

Mais pour être autre chose qu’une phrase ron­flante, le terme « organ­i­sa­tion de classe » doit être défi­ni et expliqué. 

Une classe sociale se définit, avant tout, en fonc­tion du rôle qu’elle joue dans les rap­ports de pro­duc­tion. Proud­hon, un des pre­miers, a mon­tré que les class­es sociales se con­fondent avec leur sit­u­a­tion dans les con­tra­dic­tions économiques et que si la bour­geoisie, se définit par la pos­ses­sion des moyens de pro­duc­tion, le pro­lé­tari­at se définit par son exclu­sion et sa con­di­tion salariée. 

«…La dis­tinc­tion des class­es don­née, leur antag­o­nisme s’ensuit…»

Dans cette lutte, chaque classe tend naturelle­ment à s’organiser pour défendre ses intérêts spé­ci­fiques. La bour­geoisie, dom­i­nante, cherche à main­tenir sa posi­tion et à con­solid­er ses avan­tages ; le pro­lé­tari­at cherche à amélior­er son niveau de vie, ses con­di­tions de tra­vail et à arracher des avan­tages par­tiels ou défini­tifs à la bourgeoisie.

La lutte des class­es con­duit donc néces­saire­ment à l’existence de deux organ­i­sa­tions antag­o­niques dont la fonc­tion est de défendre les intérêts spé­ci­fiques de cha­cune des class­es qu’elle regroupe. 

Ces organ­i­sa­tions ont des car­ac­tères com­muns qu’il s’agit de définir, afin d’en mieux com­pren­dre ensuite les différences. 

Une organ­i­sa­tion de classe est une organ­i­sa­tion qui, à une époque définie, regroupe tout ou par­tie d’une classe sociale, sur la base du rôle que chaque indi­vidu de cette classe joue dans les rap­ports soci­aux de production. 

Qu’est-ce que cela veut dire ?

a) Tout d’abord qu’elle ne regroupe pas néces­saire­ment une classe dans sa total­ité : quan­tité d’éléments peu­vent expli­quer cela, par­mi lesquels des raisons idéologiques. Un indi­vidu peut se tromper quant à ses intérêts réels sous l’influence de la reli­gion, de l’éducation, etc., ou, tout sim­ple­ment, ne pas avoir du tout con­science de ses intérêts réels. L’organisation de classe se définit avant tout par le fait que l’adhésion n’est pas oblig­a­toire et que la recon­nais­sance de son exis­tence en tant qu’organisation de classe est consciente. 

b) Ensuite cela sig­ni­fie que l’individu y adhère ou la sou­tient, non en tant qu’individu abstrait, mais en tant que bour­geois s’il est bour­geois, en tant que pro­lé­taire s’il est pro­lé­taire. Une organ­i­sa­tion de classe ne peut pas regrouper de mem­bres de la classe opposée, à moins que ceux-ci ne renon­cent à leurs intérêts comme mem­bres de cette classe.

Un bour­geois et un pro­lé­taire peu­vent, théorique­ment, adhér­er ensem­ble à un club de foot­ball parce que taper dans un bal­lon ne remet en cause ni les intérêts de classe du bour­geois, ni ceux du pro­lé­taire. Mais l’un ne peut pas être mem­bre, soutenir ou par­ticiper à l’organisation de classe de l’autre sans renon­cer à ses pro­pres intérêts de classe. 

C’est pourquoi on peut dire : 

[*Dans toute société où existe la lutte des class­es, exis­tent glob­ale­ment deux formes d’organisation de classe antag­o­niques, fondées sur des bases dif­férentes parce que cor­re­spon­dant à des intérêts de classe dif­férents et des rôles dif­férents dans les rap­ports de pro­duc­tion. Entre ces organ­i­sa­tions, il ne peut y avoir de ter­rain d’entente, et à plus forte rai­son de fusion, sans impli­quer l’adoption, par la classe dom­inée, des intérêts de la classe dom­i­nante et donc la néga­tion de ses pro­pres intérêts de classe.*]

Là encore, qu’est-ce que cela signifie ?

[*Le bour­geois se car­ac­térise par ceci : il pos­sède, à titre indi­vidu­el ou col­lec­tif, les moyens de pro­duc­tion. Ces moyens de pro­duc­tion, grâce à la force de tra­vail des salariés qu’il emploie, lui pro­curent des prof­its dont il réin­vestit une part, pour en tir­er des prof­its accrus, etc. De cette sit­u­a­tion, il résulte un cer­tain nom­bre de conséquences:*] 

- La classe bour­geoise a, col­lec­tive­ment, des intérêts com­muns du fait qu’elle détient, en tant que classe, l’ensemble des moyens de production ;
— Mais comme, le but pour­suivi est le prof­it et que cela entraîne la con­cur­rence entre les cap­i­tal­istes indi­vidu­els ou entre les groupes de cap­i­tal­istes, au plan nation­al et inter­na­tion­al, chaque bour­geois ou groupe de bour­geois tend à s’opposer non seule­ment au pro­lé­tari­at qu’il exploite, mais aus­si aux autres bour­geois ou groupes de bour­geois concurrents.
— Ceci est d’autant plus accen­tué que la ten­dance générale de la société cap­i­tal­iste est vers la con­cen­tra­tion du cap­i­tal, sous l’effet de la con­cur­rence nationale et inter­na­tionale, entre un nom­bre de plus en plus réduit de mains. 

Cette con­tra­dic­tion entre les intérêts généraux de la bour­geoisie et ses intérêts par­ti­c­uliers va déter­min­er en grande par­tie les formes de son organ­i­sa­tion de classe. En effet, trop occupée à tir­er le max­i­mum de prof­its de l’exploitation du pro­lé­tari­at d’une part, et trop tirail­lée entre ses intérêts généraux et ses intérêts par­ti­c­uliers de l’autre, la bour­geoisie est inca­pable de résoudre directe­ment, sans inter­mé­di­aire, les con­tra­dic­tions générales du régime. 

Elle a donc recours à une organ­i­sa­tion spé­cial­isée pour cette tâche. C’est l’État. L’État, c’est l’organisation de classe spé­ci­fique de la bour­geoisie, qui per­met à celle-ci d’exploiter le pro­lé­tari­at pen­dant qu’il main­tient, par la force ou la dis­sua­sion, la cohé­sion du système. 

C’est un organe spé­cial­isé de répres­sion poli­tique et de régu­la­tion économique qui fonc­tionne par sub­sti­tu­tion de pou­voir, c’est-à-dire que la bour­geoisie se décharge sur lui de tout ce qui con­cerne la pro­tec­tion et la préser­va­tion de ses intérêts généraux. 

Mais com­ment la bour­geoisie peut-elle con­trôler l’État ? Par divers moyens, directs et indi­rects. Tout d’abord, par le sim­ple fait qu’elle détient les moyens de pro­duc­tion, pos­ses­sion qui est la source même de tout pou­voir. Ensuite, par des moyens de con­trôle politiques. 

Le cap­i­tal­isme n’est pas un phénomène figé. Il est en évo­lu­tion con­stante et son développe­ment n’a pas atteint le même niveau ou pris les mêmes formes dans tous les pays. L’histoire de sa con­sti­tu­tion, le degré de con­cen­tra­tion du cap­i­tal ne sont pas les mêmes partout 

Aus­si, les régimes poli­tiques de la bour­geoisie – c’est-à-dire ses modes de con­trôle sur l’État – varient-ils. 

- Au cap­i­tal­isme libéral de la France, de l’Angleterre de la fin du XIXe siè­cle cor­re­spond le sys­tème par­lemen­taire avec plu­ral­ité des par­tis. Les dif­férentes frac­tions de la bour­geoisie s’équilibraient plus ou moins, elles éli­saient des représen­tants qui s’affrontaient au Par­lement (pou­voir lég­is­latif) pour la direc­tion de celui-ci et donc pour le con­trôle de l’État. Les par­tis poli­tiques, qui sont des organ­i­sa­tions regroupant des citoyens sans tenir compte de leur appar­te­nance de classe – des organ­i­sa­tions inter-class­es – sont un élé­ment inté­grant des struc­tures de classe de la bourgeoisie. 

La lutte entre la ten­dance marx­iste et la ten­dance bak­ounini­enne dans l’Association inter­na­tionale des tra­vailleurs avait pour fonde­ment prin­ci­pal des diver­gences sur ce point. Fal­lait-il organ­is­er le pro­lé­tari­at dans des struc­tures imitées de celles de la bour­geoisie – les par­tis – et l’amener à par­ticiper au, jeu des insti­tu­tions bour­geois­es : par­lement, État ; ou fal­lait-il l’organiser dans des struc­tures de classe pro­pres au pro­lé­tari­at et adopter une stratégie rad­i­cale­ment différente ? 

- Au cap­i­tal­isme monop­o­liste ou transna­tion­al d’aujourd’hui (essen­tielle­ment les États-Unis) cor­re­spond un régime « prési­den­tiel-démoc­ra­tique » où l’essentiel du pou­voir poli­tique est con­cen­tré entre les mains de l’exécutif, et où l’alternance du pou­voir est assurée par la dual­ité des par­tis. L’Angleterre et la France gaulliste ont des ten­dances vers ce système. 

- Au cap­i­tal­isme d’État cor­re­spond un régime de par­ti unique dom­iné par un appareil d’État con­trôlant toute la pro­duc­tion, dom­i­nant toute la vie poli­tique et économique. C’est le cas de l’URSS d’aujourd’hui. La pro­priété des moyens de pro­duc­tion n’est pas indi­vidu­elle, elle est entre les mains de l’État qui déter­mine cen­trale­ment et sans con­trôle aucun l’affectation des revenus, des investisse­ments, la répar­ti­tion du sur­pro­duit social. C’est un régime dom­iné par une classe bureau­cra­tique d’État. Cette classe est com­posée à l’origine de l’ancien per­son­nel d’État tsariste dont une par­tie impor­tante s’est inté­grée à l’État « social­iste », et de l’intelligentsia rad­i­cal­isée et des petits-bour­geois qui con­sti­tu­aient les cadres du par­ti bolchevik. 

Ces trois exem­ples représen­tent des régimes à dif­férentes phas­es de la con­cen­tra­tion du cap­i­tal. Dans le pre­mier cas le cap­i­tal est dis­per­sé, l’État n’a pra­tique­ment pas de rôle économique et les mul­ti­ples frac­tions de la bour­geoisie s’affrontent pour la direc­tion de l’État.

Dans le deux­ième cas, le cap­i­tal est plus con­cen­tré, les frac­tions les plus faibles de la bour­geoisie ont été élim­inées ou se sont alliées au grand cap­i­tal monop­o­liste. L’État joue un rôle impor­tant dans l’économie : com­man­des d’armements, tar­ifs préféren­tiels, sub­ven­tions, fis­cal­ité, etc. Pou­voir économique et pou­voir poli­tique restent différenciés. 

Dans le cas du cap­i­tal­isme d’État, la total­ité du pou­voir poli­tique et économique est con­cen­trée entre les mains de l’État. C’est la phase ultime de con­cen­tra­tion du cap­i­tal, c’est l’État par­fait, dont l’appareil, détenant tous les pou­voirs, est en même temps classe dominante. 

Ain­si, l’État n’est pas un organe réac­tion­naire parce que c’est la bour­geoisie qui le dirige, il l’est par sa con­sti­tu­tion même, parce que c’est un organe de la bour­geoisie. Con­stituer un État pro­lé­tarien, c’est con­stituer un appareil con­cen­trant tous les pou­voirs, sur lequel le pro­lé­tari­at ne peut avoir en fait aucun con­trôle. La seule solu­tion pour le pro­lé­tari­at est la destruc­tion de l’État et son rem­place­ment par sa pro­pre organ­i­sa­tion de classe. 

Prolétariat et organisation

Esclavagistes, féo­daux, cap­i­tal­istes, toutes les class­es d’exploiteurs de l’histoire se sont organ­isées pour rem­plac­er un mode d’exploitation par un autre. Le pro­lé­tari­at, classe des pro­duc­teurs par excel­lence, parce qu’il n’a per­son­ne à exploiter, s’organise pour ren­vers­er toute forme d’exploitation.

Alors que la bour­geoisie, classe dom­inée sous l’Ancien Régime, a com­mencé à dévelop­per les racines économiques du cap­i­tal­isme dès l’époque féo­dale parce que c’était elle qui déte­nait les moyens de pro­duc­tion, le pro­lé­tari­at, sous le régime cap­i­tal­iste, ne peut dévelop­per aucune racine économique du social­isme, Les seuls atouts du pro­lé­tari­at en régime cap­i­tal­iste, c’est son organ­i­sa­tion, la con­science de ses intérêts de classe et sa combativité, 

Les tra­vailleurs auront à établir en même temps – et en évi­tant au max­i­mum les bavures et les impro­vi­sa­tions – l’organisation économique et poli­tique de la société, à par­tir de rien, si ce n’est leur volon­té con­sciente de trans­for­ma­tion et leur capac­ité d’organisation.

Aux orig­ines de l’organisation du pro­lé­tari­at en classe se trou­ve la con­cur­rence que les tra­vailleurs se fai­saient entre eux, face à l’emploi. La fix­a­tion des salaires étant « libre », le tra­vailleur était « libre » d’accepter le prix du patron ou de mourir de faim : tra­vail­laient donc ceux qui accep­taient les plus bas salaires. 

Pour atténuer les effets de cette con­cur­rence, les ouvri­ers se sont unis dans les pre­miers syn­di­cats. Ce furent les pre­mières organ­i­sa­tions de classe du pro­lé­tari­at car l’adhésion se fai­sait sur des critères d’intérêt objec­tif et en fonc­tion de la place tenue dans le proces­sus de pro­duc­tion : le bour­geois en est automa­tique­ment élim­iné. Cette organ­i­sa­tion unit les tra­vailleurs d’abord sur le lieu de tra­vail, là où se subit avant tout l’exploitation, puis dans la branche d’industrie, au plan local, région­al, nation­al etc., ensuite au plan inter­pro­fes­sion­nel de la local­ité jusqu’au pays entier… 

Une telle struc­ture est le fonde­ment même de l’organisation du pro­lé­tari­at en classe, car elle unit les indi­vidus en tant que tra­vailleurs et exploités, exclu­ant par déf­i­ni­tion toute représen­ta­tion de la bourgeoisie. 

Cette organ­i­sa­tion repose sur des bases entière­ment dif­férentes de l’organisation de classe de la bour­geoisie. Instru­ment de défense des intérêts matériels des tra­vailleurs, elle con­stitue, par sa struc­ture hor­i­zon­tale implan­tée géo­graphique­ment, et ver­ti­cale implan­tée par branch­es indus­trielles, le mod­èle de l’organisation appelée là se sub­stituer à l’État.

[*Ain­si, peut-on ter­min­er la déf­i­ni­tion de l’organisation de classe : 

Comme telle, l’organisation de classe per­met à la classe qu’elle uni­fie de défendre ses intérêts immé­di­ats con­tre les empiéte­ments de la classe antag­o­nique. Elle, con­stitue, lorsque la classe qu’elle regroupe est dom­i­nante, le mod­èle de l’organisation poli­tique de la société. Lorsque la classe qu’elle regroupe est dom­inée, elle pré­fig­ure les formes de l’organisation de la société que cette classe porte en elle.*] 

Cette organ­i­sa­tion existe aujourd’hui, formelle­ment ou à l’état embryonnaire :
— Formelle­ment, ce sont les syn­di­cats, qui regroupent effec­tive­ment les tra­vailleurs sur des bases de classe, mais qui appliquent une stratégie et défend­ent une poli­tique en oppo­si­tion avec les intérêts réels du pro­lé­tari­at et avec les pos­si­bil­ités que ces struc­tures permettent ;
— À l’état embry­on­naire, ce sont les dif­férents comités qui sur­gis­sent spon­tané­ment et pro­vi­soire­ment à l’occasion des luttes reven­dica­tives : comités de sou­tien, de grève, de lutte…, ou lors des luttes insur­rec­tion­nelles : sovi­ets, comités d’usine. Ces organes appa­rais­sent tou­jours lorsque les struc­tures per­ma­nentes des tra­vailleurs ne jouent pas leur rôle, et lorsque ceux-ci enten­dent décider seuls de leurs prob­lèmes ; à l’exclusion des direc­tions de rechange petites-bourgeoises. 

Les échecs du pro­lé­tari­at en 1918–1919 en Russie, en 1919 en Alle­magne et en France, en 1920–1922 en Ital­ie, en 1936–1938 en Espagne ont con­duit au ren­force­ment des courants social-démoc­rate réformiste et stal­in­ien sur le mou­ve­ment ouvri­er. Ces deux courants ont en com­mun la divi­sion du mou­ve­ment ouvri­er dans deux organ­i­sa­tions, de lutte poli­tique (par­ti) et de lutte économique (syn­di­cat), divi­sion qui con­duit néces­saire­ment à la soumis­sion de l’organisation économique à l’organisation poli­tique, c’est-à-dire en fait à la soumis­sion des tra­vailleurs organ­isés à des mots d’ordre et à des intérêts extérieurs au prolétariat. 

Aujourd’hui, les mil­i­tants ouvri­ers révo­lu­tion­naires se trou­vent devant la con­tra­dic­tion suiv­ante : il existe des organ­i­sa­tions de classe quant à la forme : les syn­di­cats, mais qui n’ont pas de stratégie et de per­spec­tives révo­lu­tion­naires, et des organ­i­sa­tions qui ont – ou pré­ten­dent avoir – un pro­gramme révo­lu­tion­naire mais qui n’ont pas de struc­ture de classe : les partis. 

La tâche du mou­ve­ment anar­cho-syn­di­cal­iste est de con­tribuer à résoudre cette con­tra­dic­tion en pro­posant aux tra­vailleurs de pren­dre entre leurs mains, dans leurs organ­i­sa­tions de classe, tous les prob­lèmes de la lutte poli­tique et économique con­tre la bour­geoisie et de la con­struc­tion du socialisme. 

En effet, aujourd’hui, la dis­tinc­tion entre organ­i­sa­tion de lutte économique et organ­i­sa­tion de lutte poli­tique n’a plus aucun sens dans les pays indus­triels dévelop­pés où la con­cen­tra­tion du cap­i­tal et l’extension du rôle économique de l’État débouchent immé­di­ate­ment sur la politique. 

L’anarcho-syndicalisme, en ce sens, est bien la seule théorie de classe du pro­lé­tari­at des pays indus­triels développés.