La Presse Anarchiste

Un cas de regroupement anarchiste : le groupe libertaire d’Orléans

Une con­stata­tion s’im­pose à nous : les trois quarts (au moins) des anar­chistes n’ap­par­ti­en­nent à aucune organ­i­sa­tion anar­chiste. En France comme ailleurs, cet état de fait ne peut être mis qu’au compte de la mul­ti­plic­ité de ces organ­i­sa­tions, de leurs rival­ités, et, par con­séquent, de la dis­per­sion (et de l’in­ef­fi­cac­ité) de leurs efforts.

Par­al­lèle­ment, tous les anar­chistes sont con­scients de la néces­sité d’une organ­i­sa­tion fédéral­iste lib­er­taire, et innom­brables sont les indi­vidus ou groupes d’in­di­vidus qui, cha­cun de leur côté, entre­pren­nent, avec les faibles moyens dont ils dis­posent, les actions les plus diverses.

Par­tant de là, que sig­ni­fie pour nous les regroupe­ments des anar­chistes ? Com­ment l’avons-nous mis en pratique ?

Le Groupe Lib­er­taire d’Or­léans est un groupe autonome qui rassem­ble des indi­vidus de divers­es ten­dances anar­chistes, ou le plus sou­vent sans ten­dance, ayant con­staté qu’ils pou­vaient très bien s’en­ten­dre entre eux.

Pour nous, le regroupe­ment, c’est d’abord cela.

Notre autonomie sig­ni­fie un refus de la dis­per­sion actuelle du mou­ve­ment anar­chiste français, et non pas un refus d’ad­hér­er à une organisation.

Ce que nous souhaitons, c’est qu’il s’en con­stitue une qui regroupe tous les anar­chistes, et cela en par­tant du regroupe­ment local, région­al, puis national.

Entre autres, une organ­i­sa­tion unique entraîn­erait un jour­nal unique, ayant plus d’in­térêt et d’u­til­ité que les divers canards actuels. Ce qui n’empêcherait pas les bul­letins locaux, bul­letins de liai­son ou revues.

La ten­ta­tive de con­fédéra­tion anar­chiste effec­tuée par l’U­nion Fédérale Anar­chiste ayant échoué devant le refus des états-majors, étant don­né qu’il ne pou­vait guère en être autrement, nous appelons tous les anar­chistes à se regrouper locale­ment par-dessus les divers­es chapelles. Par la suite, ces groupes devront, afin d’a­gir ensem­ble, se fédér­er à l’éch­e­lon région­al, puis nation­al, et créer une fédéra­tion unique capa­ble de coor­don­ner des cam­pagnes impor­tantes et effi­caces, ain­si que de pren­dre sa place dans une organ­i­sa­tion mondiale.

[/Groupe Lib­er­taire d’Orléans./]

P.-S. – Depuis la rédac­tion de ce texte, plusieurs pris­es de posi­tion ou appels iden­tiques nous sont par­venus de Château­roux, Mar­seille, Toulouse et Brest. Loin d’être isolés, ils témoignent d’une volon­té crois­sante de coor­di­na­tion au sein du mou­ve­ment anar­chiste. Aus­si adres­sons-nous notre appel à tous les groupes et indi­vidus anar­chistes afin d’am­pli­fi­er ce mou­ve­ment. (gr. Lib­er­taire d’Orléans)