La Presse Anarchiste

L’exploitation non capitaliste

Nous ne ces­sons de répéter que l’exploitation cap­i­tal­iste, que nous dénonçons et com­bat­tons et avons tou­jours dénon­cé et com­bat­tue — cela remonte à Proud­hon — n’est pas la seule forme de spo­li­a­tion des peu­ples, et qu’il en est encore de pires. Ces faits sont ou mécon­nus de la plu­part des hommes, ou oubliés parce que le présent absorbe trop uni­latérale­ment les intelligences.

Il est bon, à ce sujet, de rap­pel­er l’exemple du régime implan­té par les Incas du Pérou. Dans son livre La civil­i­sa­tion de l’Empire inca, R. Karsten, pro­fesseur à l’université de Hels­ing­fors, écrit, con­fir­mant en cela d’autres his­to­riens et d’autres témoignages :

« Lorsqu’ils effec­tu­aient la con­quête d’un ter­ri­toire pos­sédé, par un vil­lage ou un groupe de vil­lages, ils (les Incas) en fai­saient trois parts : l’une était réservée au dieu-soleil, c’est-à-dire à un usage religieux, et le revenu, ou à plus exacte­ment par­ler, les pro­duits naturels, étaient affec­tés à l’entretien des tem­ples et des prêtres. L’une des deux autres deve­nait pro­priété royale, et la troisième était répar­tie entre les familles d’après des principes déter­minés, c’est-à-dire d’après l’importance de ces familles dans la col­lec­tiv­ité trib­ale, ou aylu. »

Ajou­tons que l’Inca, homme-dieu, con­sti­tu­ait, avec son per­son­nel adéquat, l’appareil religieux, si bien que, pra­tique­ment, les deux-tiers du revenu et de la pro­priété allaient à l’État. Et le sort du peu­ple était épouvantable.

Il n’y avait pas de pro­priété privée alors au Pérou, mais cap­i­tal­isme d’État, et exploita­tion des mass­es d’une genre dif­férent que celle que nous con­nais­sons actuelle­ment. Sous des formes var­iées, cette pos­si­bil­ité s’est repro­duite ailleurs. Elle peut se repro­duire, et se repro­duit aus­si dans les pays dits com­mu­nistes. Marx ne l’avait pas enseigné ; cela n’empêche pas les faits d’être ce qu’ils sont.


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