La Presse Anarchiste

Aux États-Unis, la prohibition ou qui tue

Par­men­tier, voulant faire con­naître la pomme de terre en France à son retour de cap­tiv­ité d’Allemagne, pour vain­cre les répug­nances à ceux qui con­sid­éraient ce tuber­cule bien­faisant, vénéneux, parce qu’il apparte­nait à une famille de plantes con­tenant un bon nom­bre de var­iétés vénéneuses, telle que la bel­ladone, dut recourir à un strat­a­gème. Il plan­ta un champ de pommes de terre, mit des pan­car­tes tout autour de son champ « Défense d’y touch­er, sous peine d’être punis sévère­ment », de solides clô­tures et des gardes bien armés pour faire peur aux maraudeurs.

Seule­ment les gardes avaient l’ordre secret de laiss­er faire quiconque venait pour vol­er. Qu’arriva-t-il ? Les paysans, sur­pris d’une telle vig­i­lance, se dirent que la pelure du Hanovre – comme on dis­ait alors – devait être une chose de grande valeur, puisque Par­men­tier pre­nait tant de pré­cau­tions pour éviter le larcin. Et ils esquiv­èrent le fusil des gardes, franchirent l’enclos et dépouil­lèrent ce pau­vre Par­men­tier qui ne demandait pas mieux.

L’année suiv­ante, tous les paysans du voisi­nage avaient leur petit coin de pommes de terre. C’est grâce à ce strat­a­gème que nous avons le bon­heur de voir la pomme de terre paraître sur notre table à tous les repas.

Cet offici­er du roi Louis xv était un fin psy­cho­logue, il savait qu’il suf­fit de défendre une chose à l’individu pour qu’aussitôt il la fasse

[/à suiv­re

A. Cham­pi­on/]