{"id":1245,"date":"2008-02-26T15:16:10","date_gmt":"2008-02-26T15:16:10","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2008\/02\/26\/la-liberte-de-la-personnalite\/"},"modified":"2008-02-26T15:16:10","modified_gmt":"2008-02-26T15:16:10","slug":"la-liberte-de-la-personnalite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2008\/02\/26\/la-liberte-de-la-personnalite\/","title":{"rendered":"La libert\u00e9 de la personnalit\u00e9"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1245?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1245?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>[\/\u200b<em>Sur la porte de notre temps sont \u00e9crits ces&nbsp;mots&nbsp;:<br>\n<br>R\u00e9a\u00adlise ta per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9.<\/em> (Max Stirner)\/]<br>\n&nbsp;<\/p>\n<div align=\"justify\">\tLa liber\u00adt\u00e9 de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9, cette expres\u00adsion est deve\u00adnue presque un mot d\u2019ordre, bien que tr\u00e8s peu de gens en com\u00adprennent le sens. Com\u00adbien savent ce qu\u2019il faut d\u2019heures, de jours, d\u2019an\u00adn\u00e9es, pour en faire une r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 quand il s\u2019a\u00adgit de soi-m\u00eame&nbsp;? Com\u00adbien ont pas\u00ads\u00e9 leurs veilles \u00e0 m\u00e9di\u00adter sur ce qu\u2019est leur moi, leur propre moi, et sur la pos\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 de trou\u00adver leur expression&nbsp;?&nbsp;\n<p>\tLib\u00e9\u00adrer sa per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9, c\u2019est \u00e9cou\u00adter avec per\u00ads\u00e9\u00adv\u00e9\u00adrance les sons que rend son \u00e2me pour arri\u00adver \u00e0 dis\u00adtin\u00adguer la note prin\u00adci\u00adpale. C\u2019est quand on l\u2019a enten\u00addue, cher\u00adcher ce dont on a besoin et s\u2019en empa\u00adrer&nbsp;; se nour\u00adrir comme le r\u00e9clame notre culture, aller au devant de nos propres sur\u00advi\u00advances, for\u00admer nos propres habi\u00adtudes et for\u00adti\u00adfier par l\u00e0 notre per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9. C\u2019est aus\u00adsi repous\u00adser les sur\u00advi\u00advances, les \u00e9tudes et les habi\u00adtudes qui ne servent pas \u00e0 for\u00admer notre carac\u00adt\u00e8re propre. Le talent de l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adliste, c\u2019est, connue toute autre esp\u00e8ce de talent, le pou\u00advoir de le d\u00e9fendre contre ce qui le dimi\u00adnue. L\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adliste n\u00e9 a, d\u00e8s son enfance, choi\u00adsi ins\u00adtinc\u00adti\u00adve\u00adment ses jeux, ses livres, sa mani\u00e8re de tra\u00advailler, ses amis. De bonne heure, il a eu le cou\u00adrage de mani\u00adfes\u00adter sa propre peine et ses propres go\u00fbts, de com\u00admettre ses propres fautes. Il ne s\u2019est pas lais\u00ads\u00e9 apla\u00adtir, ni&nbsp;polir.&nbsp;<\/p>\n<p>\tDans les pre\u00admi\u00e8res ann\u00e9es de la jeu\u00adnesse, on a rare\u00adment l\u2019oc\u00adca\u00adsion de r\u00e9v\u00e9\u00adler sa per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 par des actes. Aus\u00adsi, l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adliste de nais\u00adsance se mani\u00adfeste-t-il sur\u00adtout par la r\u00e9sis\u00adtance et n\u2019est il g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adle\u00adment pas un aimable jeune homme ni une aimable jeune fille. Mais, \u00e0 l\u2019heure de l\u2019ac\u00adtion, il sait quand il faut s\u2019a\u00adven\u00adtu\u00adrer et quand il faut demeu\u00adrer, quand il faut d\u00e9fier et quand il faut s\u2019in\u00adcli\u00adner, quand il faut attendre et quand il faut prendre des r\u00e9so\u00adlu\u00adtions, quand il faut suivre les autres et quand il faut se l\u2019in\u00adter\u00addire, parce que ce serait une dimi\u00adnu\u00adtion de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9. Ce ne sont pour\u00adtant l\u00e0 que des exer\u00adcices pr\u00e9\u00adpa\u00adrant \u00e0 la grande bataille qui doit faire triom\u00adpher la liber\u00adt\u00e9 de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9. Le com\u00adbat a lieu dans notre monde int\u00e9\u00adrieur&nbsp;; l\u2019ob\u00adjet du d\u00e9bat est l\u2019hon\u00adn\u00ea\u00adte\u00adt\u00e9 vis-\u00e0-vis de nos pen\u00ads\u00e9es et de nos r\u00eaves, de nos doutes et de nos sen\u00adti\u00adments, de nos pres\u00adsen\u00adti\u00adments et de nos impul\u00adsions. Il faut alors une vue excel\u00adlente pour per\u00adce\u00advoir, dans le gouffre obs\u00adcur qu\u2019on appelle l\u2019\u00e2me, tout ce qui, au sens propre, est \u00e0 nous, une ou\u00efe tr\u00e8s fine pour entendre les accords dis\u00adper\u00ads\u00e9s qui d\u00e9c\u00e8lent ce qu\u2019il y a en nous de plus int\u00e9\u00adrieur, ce qui tant de fois est \u00e9touf\u00adf\u00e9 par les sen\u00adti\u00adments h\u00e9ri\u00adt\u00e9s, appris ou pas\u00adsa\u00adgers. Notre moi conscient domine si sou\u00advent notre moi impul\u00adsif et sup\u00e9\u00adrieur, nous confon\u00addons si sou\u00advent le cri de la pas\u00adsion avec le sou\u00adpir qui r\u00e9v\u00e8le nos aspi\u00adra\u00adtions \u00e0 l\u2019exis\u00adtence, nous pre\u00adnons si sou\u00advent les mou\u00adve\u00adments r\u00e9flexes de nos sen\u00adti\u00adments morts pour des signes de vie, nous men\u00adtons si sou\u00advent \u00e0 nous-m\u00eames et nous appe\u00adlons cela avoir des \u00e9gards pour telle ou telle chose, pour telle ou telle per\u00adsonne. Nous gar\u00addons en nous tant de pen\u00ads\u00e9es hors l\u2019u\u00adsage, et nous nous qua\u00adli\u00adfions pour cela de fid\u00e8les.&nbsp;<\/p>\n<p>\tEn v\u00e9ri\u00adt\u00e9, toutes les liber\u00adt\u00e9s du monde signi\u00adfient peu de chose en regard de l\u2019\u00e9\u00adman\u00adci\u00adpa\u00adtion de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9&nbsp;; toute l\u2019op\u00adpres\u00adsion du monde n\u2019est abso\u00adlu\u00adment rien au prix de cette cap\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9. Si l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adli\u00adt\u00e9, et le pas est d\u00e9ci\u00adsif, a la force de rompre ses cha\u00eenes, elle aura la force de domi\u00adner tous les autres obstacles.&nbsp;<\/p>\n<p>\tUn homme que rem\u00adplit la pas\u00adsion d\u2019\u00eatre tout entier soi-m\u00eame, de vivre toutes les pul\u00adsa\u00adtions de son coeur, de don\u00adner une expres\u00adsion com\u00adpl\u00e8te \u00e0 son moi int\u00e9\u00adrieur, n\u2019a pas une exis\u00adtence calme, mais une exis\u00adtence riche. Pour lui, la vie chante, car il la trans\u00adforme en un po\u00e8me, dans l\u2019ac\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 quo\u00adti\u00addienne et dans l\u2019i\u00advresse des grandes heures, dans les ann\u00e9es d\u2019af\u00adflic\u00adtion et dans les moments de joie. Il sait qu\u2019en fai\u00adsant ce qu\u2019il peut faire de plus \u00e9le\u00adv\u00e9 pour lui-m\u00eame, il donne aux hommes ce qu\u2019il peut leur don\u00adner de sup\u00e9\u00adrieur. Har\u00addi\u00adment, il rem\u00adplit l\u2019exis\u00adtence de pures et, s\u2019il est pos\u00adsible, de fortes et belles expres\u00adsions de sa per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9. Il d\u00e9couvre ain\u00adsi de nou\u00advelles valeurs de la vie. Il \u00e9lar\u00adgit, selon la mesure de ses forces, sa part d\u2019exis\u00adtence&nbsp;; il sur\u00admonte, \u00e0 sa mani\u00e8re, les obs\u00adtacles que le mou\u00adrant. oppose au vivant. Un \u00eatre qui a une pro\u00adfonde conscience de soi-m\u00eame ne demande aux autres que la liber\u00adt\u00e9 pour sa per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9. C\u2019est, pour\u00adquoi aucune haine, aucune moque\u00adrie, aucune m\u00e9con\u00adnais\u00adsance ne le d\u00e9tourne de sa voie, ni ne trouble son har\u00admo\u00adnie int\u00e9\u00adrieure, tant qu\u2019il se sent fid\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame. Cette fid\u00e9\u00adli\u00adt\u00e9 est toute sa reli\u00adgion et toute sa morale. Une pareille hon\u00adn\u00ea\u00adte\u00adt\u00e9 com\u00adporte entre autres le cou\u00adrage de regar\u00adder dans les pro\u00adfon\u00addeurs de son \u00eatre et de sup\u00adpor\u00adter les cons\u00e9\u00adquences des d\u00e9cou\u00advertes que l\u2019on y peut faire, m\u00eame si l\u2019on ne conquiert la conti\u00adnui\u00adt\u00e9 int\u00e9\u00adrieure de la vie qu\u2019en sacri\u00adfiant quel\u00adque\u00adfois celle des pen\u00ads\u00e9es et des actions. Une telle pro\u00adbi\u00adt\u00e9 donne aus\u00adsi le cou\u00adrage d\u2019\u00eatre indif\u00adf\u00e9\u00adrent \u00e0 ce que pensent les hommes. C\u2019est la seule condi\u00adtion pour conser\u00adver tou\u00adjours l\u2019es\u00adtime de soi-m\u00eame qu\u2019il faut sou\u00advent, sacri\u00adfier, si l\u2019on recherche celle du grand nombre. Une per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 est donc abso\u00adlu\u00adment invin\u00adcible quand elle ne craint pas de perdre d\u2019autre estime que la sienne.&nbsp;<\/p>\n<p>\tTr\u00e8s sou\u00advent, cette \u00e9ner\u00adgie triomphe de l\u2019o\u00adpi\u00adnion publique qui se laisse domp\u00adter, comme un ani\u00admal f\u00e9roce, par une atti\u00adtude cou\u00adra\u00adgeuse, et qui, si vous fuyez, vous met en morceaux.&nbsp;<\/p>\n<p>\tQuoi qu\u2019il en soit., l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adliste qui, soli\u00adtaire, suit sa voie, fait l\u2019oeuvre la plus excel\u00adlente, si ce n\u2019est pas pour les hommes du pr\u00e9\u00adsent, au moins pour ceux de l\u2019avenir.&nbsp;<\/p>\n<p>\tIl y a tant de gens qui ont si peu pen\u00ads\u00e9, et si mal pen\u00ads\u00e9, \u00e0 l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adlisme que ces mots de \u00ab&nbsp;liber\u00adt\u00e9 de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb font na\u00eetre dans leur ima\u00adgi\u00adna\u00adtion l\u2019i\u00add\u00e9e de quel\u00adqu\u2019un qui com\u00admen\u00adce\u00adrait sa jour\u00adn\u00e9e en posant les pieds sur la table du d\u00e9jeu\u00adner, la fini\u00adrait en s\u00e9dui\u00adsant la femme de son ami, et qui aurait rem\u00adpli l\u2019in\u00adter\u00advalle par un par\u00adjure, un faux et un assas\u00adsi\u00adnat. M\u00eame les per\u00adsonnes dont l\u2019i\u00adma\u00adgi\u00adna\u00adtion est moins prompte pensent que l\u2019\u00e9\u00adman\u00adci\u00adpa\u00adtion de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 signi\u00adfie la liber\u00adt\u00e9 de suivre toutes ses impul\u00adsions. tous ses d\u00e9si\u00adrs et d\u2019o\u00adb\u00e9ir \u00e0 toutes ses passions.&nbsp;<\/p>\n<p>\tCelui qui voit plus juste com\u00adprend que de tels pen\u00adchants ne sont pas INDIVIDUELS, mais qu\u2019ils sont com\u00admuns \u00e0 tous, et que, tant qu\u2019on ne les domine pas, on n\u2019est pas une per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9. L\u2019en\u00adfant, le sau\u00advage, l\u2019homme gros\u00adsier n\u2019offrent que des pos\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9s d\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adli\u00adt\u00e9. La per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 se montre d\u2019a\u00adbord dans la mani\u00e8re dont on sait trans\u00adfor\u00admer les incli\u00adna\u00adtions et les pas\u00adsions en valeurs de la vie. Comme les dis\u00adpo\u00adsi\u00adtions de cha\u00adcun de nous sont d\u00e9ter\u00admi\u00adn\u00e9es par l\u2019h\u00e9\u00adr\u00e9\u00addi\u00adt\u00e9, d\u2019au\u00adcuns sont plus que d\u2019autres des\u00adti\u00adn\u00e9s \u00e0 deve\u00adnir des indi\u00advi\u00addua\u00adli\u00adt\u00e9s. Mais quelles que soient ces dis\u00adpo\u00adsi\u00adtions, la joie et la dou\u00adleur, l\u2019\u00e9\u00addu\u00adca\u00adtion et la culture, les habi\u00adtudes et la vie enti\u00e8re les modi\u00adfient. Les incli\u00adna\u00adtions se trans\u00adforment en sen\u00adti\u00adments, les sen\u00adti\u00adments en pen\u00ads\u00e9es et en images. L\u2019homme de la nature, com\u00adpa\u00adra\u00adti\u00adve\u00adment inco\u00adh\u00e9\u00adrent, devient cons\u00e9\u00adquent, dif\u00adf\u00e9\u00adren\u00adci\u00e9, ce qui signi\u00adfie qu\u2019il est de plus en plus indi\u00advi\u00adduel, de moins en moins g\u00e9n\u00e9\u00adral, de moins en moins ins\u00adpi\u00adr\u00e9 par des incli\u00adna\u00adtions et des pas\u00adsions aveugles. Les incli\u00adna\u00adtions et les pas\u00adsions sont n\u00e9ces\u00adsaires. c\u2019est-\u00e0-dire jus\u00adti\u00adfi\u00e9es, comme tous les \u00e9l\u00e9\u00adments de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9&nbsp;; mais aucun de ces \u00e9l\u00e9\u00adments ne doit \u00eatre d\u00e9ve\u00adlop\u00adp\u00e9 de fa\u00e7on \u00e0 ce que les autres soient amoin\u00addris. La liber\u00adt\u00e9 et le bon\u00adheur de l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu en seraient d\u00e9truits. C\u2019est une vieille exp\u00e9\u00adrience, tra\u00adgi\u00adque\u00adment renou\u00adve\u00adl\u00e9e de notre temps, celle qui montre l\u2019homme pos\u00ads\u00e9\u00add\u00e9 de ses incli\u00adna\u00adtions perdre si bien tout carac\u00adt\u00e8re qu\u2019ar\u00adri\u00adv\u00e9 \u00e0 un cer\u00adtain degr\u00e9 de d\u00e9ch\u00e9ance phy\u00adsique et psy\u00adchique, n\u2019ayant plus aucun sen\u00adti\u00adment de son int\u00e9\u00adgri\u00adt\u00e9, de sa digni\u00adt\u00e9, de la conti\u00adnui\u00adt\u00e9 de sa vie, il se jette sans rete\u00adnue d\u2019ex\u00adc\u00e8s en exc\u00e8s, et s\u2019en\u00adgage dans des voies dont aucune n\u2019est la sienne.&nbsp;<\/p>\n<p>\tIl n\u2019y a de libre que l\u2019homme qui ne veut, ni quand il suit ses d\u00e9si\u00adrs, ni quand il se conforme \u00e0 ceux des autres, agir contre son carac\u00adt\u00e8re. Ses actions seules peuvent faire son bon\u00adheur. Car le bon\u00adheur est le sen\u00adti\u00adment de puis\u00adsance que pro\u00adduit le d\u00e9ve\u00adlop\u00adpe\u00adment de toutes les forces avec la plus grande liber\u00adt\u00e9 pos\u00adsible en vue d\u2019at\u00adteindre la plus haute per\u00adfec\u00adtion pos\u00adsible, la satis\u00adfac\u00adtion des d\u00e9si\u00adrs non per\u00adson\u00adnels peut don\u00adner des jouis\u00adsances ani\u00admales, mais rien qu\u2019on puisse appe\u00adler bon\u00adheur humain. Toute action imper\u00adson\u00adnelle et non libre que fait un \u00eatre dont l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adli\u00adt\u00e9 est d\u00e9ve\u00adlop\u00adp\u00e9e, le tor\u00adture comme un p\u00e9ch\u00e9 contre lui-m\u00eame, soit qu\u2019un attrait momen\u00adta\u00adn\u00e9, soit qu\u2019une habi\u00adtude l\u2019ait encha\u00ee\u00adn\u00e9. La per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 abso\u00adlu\u00adment \u00e9man\u00adci\u00adp\u00e9e ne com\u00admet ni ce p\u00e9ch\u00e9, ni aucun autre d\u2019ailleurs. Elle peut lais\u00adser \u00e0 ses forces une enti\u00e8re liber\u00adt\u00e9 de mou\u00adve\u00adment parce qu\u2019elle les tient en main et les gou\u00adverne d\u2019une pres\u00adsion l\u00e9g\u00e8re comme un habile cava\u00adlier dirige son che\u00adval. Elle a la supr\u00eame joie d\u2019al\u00adler aus\u00adsi loin que pos\u00adsible et pour\u00adtant de ne jamais se perdre, de lais\u00adser l\u2019in\u00adcons\u00adcient agir spon\u00adta\u00adn\u00e9\u00adment, avec la cer\u00adti\u00adtude que rien de bas ni de m\u00e9diocre, rien de gros\u00adsier ni de laid ne sur\u00adgi\u00adra. La terre n\u2019offre pas de plus noble ivresse que celle du bon\u00adheur qui rem\u00adplit la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 fi\u00e8re, rayon\u00adnante de force. On d\u00e9couvre rare\u00adment des fautes dans l\u2019homme qui la pos\u00ads\u00e8de, mais seule\u00adment des limites, ces limites dans les\u00adquelles la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9s s\u2019en\u00adno\u00adblit et se perfectionne.&nbsp;<\/p>\n<p>\tAu der\u00adnier stade du d\u00e9ve\u00adlop\u00adpe\u00adment, on ne peut com\u00admettre qu\u2019une seule faute, on peut seule\u00adment trans\u00adgres\u00adser les lois de sa propre nature. Dans le moi ache\u00adv\u00e9 et total les d\u00e9fauts sont adap\u00adt\u00e9s au carac\u00adt\u00e8re, comme l\u2019ombre \u00e0 la forme du corps. Il arrive \u00e0 un homme \u00e9ner\u00adgique de lais\u00adser sub\u00adsis\u00adter en lui un d\u00e9faut qui accom\u00adpagne une qua\u00adli\u00adt\u00e9, il n\u2019au\u00adra aucune bien\u00adveillance pour tout p\u00e9ch\u00e9 ou toute bonne action qui sera sans rap\u00adport avec lui. Il choi\u00adsit avec un infaillible ins\u00adtinct ce qui a la plus haute valeur pour son tem\u00adp\u00e9\u00adra\u00adment, que ce soit joie ou souf\u00adfrance, action ou r\u00eave, ver\u00adtu ou d\u00e9faut. Il est lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adle\u00adment impos\u00adsible pour un homme de ce genre, phy\u00adsi\u00adque\u00adment impos\u00adsible, de se rendre cou\u00adpable d\u2019un crime pour n\u2019a\u00advoir pas r\u00e9pri\u00adm\u00e9 une pas\u00adsion ou une incli\u00adna\u00adtion. Cette \u00e9du\u00adca\u00adtion de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 donne par sur\u00adcro\u00eet. un sen\u00adti\u00adment plus d\u00e9li\u00adcat de ses propres limites et de celles des autres. Celui qui se com\u00adprend, qui sait quels sont ses besoins, qui est cir\u00adcons\u00adpect et n\u2019est satis\u00adfait que s\u2019il reste dans son domaine, est atten\u00adtif \u00e0 res\u00adpec\u00adter ce qui appar\u00adtient \u00e0 autrui. Et s\u2019il lui arrive de ne pas res\u00adpec\u00adter la pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9 de son pro\u00adchain ou son droit, ou cer\u00adtaines lois sociales, c\u2019est parce que sa conscience ne peut recon\u00adna\u00eetre cette pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9, ce droit ou cette loi. S\u2019il a agi ain\u00adsi, ce n\u2019est pas parce qu\u2019il a subi des impul\u00adsions aux\u00adquelles il n\u2019a pas r\u00e9sis\u00adt\u00e9, c\u2019est r\u00e9so\u00adlu\u00adment et consciem\u00adment. Et quoi qu\u2019il ha\u00efsse, pour lui comme pour les autres, toute souf\u00adfrance inutile, il a culti\u00adv\u00e9 le cou\u00adrage n\u00e9ces\u00adsaire pour sup\u00adpor\u00adter une souf\u00adfrance utile, Mais il n\u2019a rien de cette dure\u00adt\u00e9 qui fait qu\u2019on ensan\u00adglante inuti\u00adle\u00adment ses mains en tor\u00addant le coeur d\u2019un autre. On peut avoir une vie plus pai\u00adsible que celle de l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adliste, si l\u2019on appar\u00adtient \u00e0 la majo\u00adri\u00adt\u00e9, \u00e0 la foule des pas\u00adsa\u00adgers qui, sous le pavillon de la morale sociale, tra\u00adverse avec s\u00e9cu\u00adri\u00adt\u00e9 la mer ora\u00adgeuse. Cha\u00adcun d\u2019eux n\u2019a besoin que de res\u00adter pas\u00adsif pour arri\u00adver au port. Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du grand paque\u00adbot, on aper\u00ad\u00e7oit <em>sur le vaste Oc\u00e9an un voi\u00adlier soli\u00adtaire qui s\u2019\u00e9\u00adlance<\/em>. Celui qu\u2019il porte court bien plus de dan\u00adgers, mais il d\u00e9ploie toute sa force&nbsp;; il conna\u00eet le sen\u00adti\u00adment de la domi\u00adna\u00adtion et go\u00fbte la pl\u00e9\u00adni\u00adtude de la&nbsp;vie.&nbsp;<\/p>\n<p>Elen Key (Tra\u00adduc\u00adtion Jacques de Coussange)<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[\/\u200b\u200bSur la porte de notre temps sont \u00e9crits ces&nbsp;mots&nbsp;: R\u00e9a\u00adlise ta per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9. (Max Stirner)\/] &nbsp; La liber\u00adt\u00e9 de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9, cette expres\u00adsion est deve\u00adnue presque un mot d\u2019ordre, bien que tr\u00e8s peu de gens en com\u00adprennent le sens. Com\u00adbien savent ce qu\u2019il faut d\u2019heures, de jours, d\u2019an\u00adn\u00e9es, pour en faire une r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 quand il s\u2019a\u00adgit [\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[106],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-1245","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lunique-na9-avril-1946"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1245","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1245"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1245\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1245"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1245"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1245"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=1245"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}