{"id":1589,"date":"2008-07-16T11:35:00","date_gmt":"2008-07-16T11:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2008\/07\/16\/romain-rolland\/"},"modified":"2008-07-16T11:35:00","modified_gmt":"2008-07-16T11:35:00","slug":"romain-rolland","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2008\/07\/16\/romain-rolland\/","title":{"rendered":"Romain Rolland"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1589?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1589?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<div align=\"right\"><i>\u00c0 Pierre Monatte et Alfred Ros\u00admer, leur com\u00adpa\u00adgnon de lutte et leur&nbsp;ami.<\/i>\n<p>Mar\u00adcel Martinet.<\/p><\/div>\n<p><dic align=\"center\"><b>Aver\u00adtis\u00adse\u00adment<\/b><\/dic><\/p><\/div>\n<p>[(La Pen\u00ads\u00e9e qui a ins\u00adpi\u00adr\u00e9 les articles d\u2019<i>Au-Des\u00adsus de la M\u00eal\u00e9e<\/i> parait \u00eatre d\u00e9pas\u00ads\u00e9e aujourd\u2019\u00adhui&nbsp;; Romain Rol\u00adland lui-m\u00eame ne s\u2019y est pas tenu. D\u2019autre part cet ouvrage a sans doute atteint main\u00adte\u00adnant la plu\u00adpart des lec\u00adteurs qu\u2019il \u00e9tait sus\u00adcep\u00adtible de tou\u00adcher durant la guerre, et son action imm\u00e9\u00addiate sur l\u2019es\u00adprit public peut sem\u00adbler accomplie.<\/p>\n<p>Si cepen\u00addant nous revoyons d\u2019en\u00adsemble l\u2019\u00e9\u00adtat de l\u2019o\u00adpi\u00adnion depuis juillet 1914 et que nous nous repor\u00adtions \u00e0 l\u2019\u00e9\u00adpoque o\u00f9 furent publi\u00e9s ces articles, notam\u00adment celui qui a don\u00adn\u00e9 son titre au recueil, nous consta\u00adtons com\u00adbien cette action a \u00e9t\u00e9 puis\u00adsante et pro\u00adfonde. Au-des\u00adsus de la m\u00eal\u00e9e, c\u2019est notre pre\u00admi\u00e8re lumi\u00e8re avant Zim\u00admer\u00adwald&nbsp;; ce sont ces deux-l\u00e0, dans la nuit du monde, qui nous ont sau\u00adv\u00e9s du d\u00e9ses\u00adpoir. Les foyers dont elles ont jailli, puis\u00adqu\u2019a\u00adlors ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 sub\u00admer\u00adg\u00e9s, ne sont pas pr\u00e8s de s\u2019\u00e9\u00adteindre&nbsp;; la grande flamme russe, de la Rus\u00adsie de Gor\u00adki et de Trots\u00adky, est n\u00e9e d\u2019eux&nbsp;; et d\u2019autres na\u00eetront.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9\u00adsent essai a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en juillet 1916. Il ne convient pas d\u2019en\u00adfer\u00admer Romain Rol\u00adland dans aucune ten\u00addance et ceci n\u2019est pas une ten\u00adta\u00adtive d\u2019an\u00adnexion. Rol\u00adland est un grand esprit de liber\u00adt\u00e9, c\u2019est la liber\u00adt\u00e9 qui l\u2019a fait notre ami, nous n\u2019a\u00advons pas \u00e0 le tirer vers nous. Mais dans la guerre qui a \u00e9ga\u00adle\u00adment pi\u00e9\u00adti\u00adner les deux forces de civi\u00adli\u00adsa\u00adtion que sont l\u2019in\u00adtel\u00adli\u00adgence et la jus\u00adtice, il s\u2019est dres\u00ads\u00e9 pour d\u00e9fendre la liber\u00adt\u00e9 de l\u2019in\u00adtel\u00adli\u00adgence, et il a \u00e9t\u00e9 aus\u00adsi, en France, le pre\u00admier pro\u00adtes\u00adta\u00adtaire qui se soit lev\u00e9 pour la jus\u00adtice.  Pour ceux qui t\u00e2chent de mener le m\u00eame com\u00adbat, il pour\u00adrait \u00eatre utile de pr\u00e9\u00adci\u00adser ce que furent, dans ce pro\u00adc\u00e8s contre la rai\u00adson d\u2019\u00c9\u00adtat et la bar\u00adba\u00adrie moderne, la place et l\u2019ac\u00adtion propre de notre grand cama\u00adrade. C\u2019est ce que j\u2019a\u00advais essay\u00e9 de faire. Deux ans presque ont pas\u00ads\u00e9, mais les \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments qui les ont rem\u00adplis n\u2019ont fait que mon\u00adtrer, dans une clar\u00adt\u00e9 plus ter\u00adrible, le fond m\u00eame de la&nbsp;cause.<\/p>\n<p>M.&nbsp;M.&nbsp;18 mars&nbsp;1918.)]<\/p>\n<h2>\u2015 O \u2015<\/h2>\n<p>[(Ni des mil\u00adliards de roubles, ni des mil\u00adlions de sol\u00addats, ni des ins\u00adti\u00adtu\u00adtions, ni des guerres, ni des r\u00e9vo\u00adlu\u00adtions ne peuvent faire ce que peut la simple parole d\u2019un homme libre disant ce qu\u2019il trouve bien ou mal. Quand un homme libre \u00e9nonce fran\u00adche\u00adment ce qu\u2019il pense ou res\u00adsent, au milieu de mil\u00adliers d\u2019hommes qui d\u00e9fendent par la parole et par leurs actes jus\u00adte\u00adment le contraire de ce qu\u2019il dit, on pour\u00adrait croire qu\u2019il res\u00adte\u00adra iso\u00adl\u00e9 avec son opi\u00adnion. Mais g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adle\u00adment ce n\u2019est pas ain\u00adsi que les choses se passent&nbsp;: tous ou presque tous ont depuis long\u00adtemps pen\u00ads\u00e9 et sen\u00adtit comme lui, mais sans le dire, et alors ce qui aujourd\u2019\u00adhui encore a \u00e9t\u00e9 la concep\u00adtion nou\u00advelle d\u2019un seul homme, sera demain peut-\u00eatre l\u2019o\u00adpi\u00adnion com\u00admune de la majorit\u00e9.<\/p>\n<p>Tol\u00adsto\u00ef.)]<\/p>\n<p>C\u2019est en octobre 1915 qu\u2019a paru en France <i>Au-Des\u00adsus de la M\u00eal\u00e9e<\/i>, le recueil des articles que Romain Rol\u00adland avait publi\u00e9s, en Suisse, depuis le d\u00e9but de la guerre. Aujourd\u2019\u00adhui, moins de dix mois apr\u00e8s, le livre est \u00e0 sa soixante-troi\u00adsi\u00e8me \u00e9dition.<\/p>\n<p>Le niveau de vente d\u2019un livre est rare\u00adment un bon t\u00e9moi\u00adgnage de sa dif\u00adfu\u00adsion r\u00e9elle et de sa por\u00adt\u00e9e. Mais quand il s\u2019a\u00adgit d\u2019une \u0153uvre qui avant sa publi\u00adca\u00adtion est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9non\u00adc\u00e9e comme cri\u00admi\u00adnelle, et que les manieurs de porte-plume, dociles aux sug\u00adges\u00adtions gou\u00adver\u00adne\u00admen\u00adtales, ont \u00e0 peu pr\u00e8s una\u00adni\u00adme\u00adment ten\u00adt\u00e9 d\u2019\u00e9\u00adtouf\u00adfer par le silence ou d\u2019\u00e9\u00adcra\u00adser sous les injures, le suc\u00adc\u00e8s prend un sens&nbsp;; le nom de l\u2019au\u00adteur et l\u2019at\u00adta\u00adche\u00adment de son public ne suf\u00adfisent pas \u00e0 rendre compte d\u2019une vente aus\u00adsi rapide, non plus que la curio\u00adsi\u00adt\u00e9 des ama\u00adteurs d\u2019h\u00e9\u00adr\u00e9\u00adsies&nbsp;; les h\u00e9r\u00e9\u00adtiques ont peu d\u2019a\u00adma\u00adteurs, depuis deux&nbsp;ans.<\/p>\n<p>Il y a autre chose, une expli\u00adca\u00adtion qui est aus\u00adsi un ensei\u00adgne\u00adment et un r\u00e9con\u00adfort. Depuis Zim\u00admer\u00adwald nous savons que sous la cendre le feu est vivant, nous le savons avec cer\u00adti\u00adtude, et c\u2019est l\u2019ac\u00adtion comme tou\u00adjours qui a res\u00adsus\u00adci\u00adt\u00e9 la vie. Un feu trop maigre encore, une vie bien fr\u00eale. Mais le temps n\u2019est pas si loin o\u00f9 cer\u00adtains de nous pou\u00advait se croire seuls&nbsp;; l\u2019o\u00adpi\u00adnion publique, toute l\u2019o\u00adpi\u00adnion vrai\u00adment publique, celle des conver\u00adsa\u00adtions, celle des jour\u00adnaux, n\u2019a\u00advaient qu\u2019une voix. Cepen\u00addant d\u00e8s que s\u2019\u00e9\u00adl\u00e8ve la voix contra\u00addic\u00adtoire de Rol\u00adland seul alors contre tous, elle est \u00e9cou\u00adt\u00e9e&nbsp;; c\u2019est que si per\u00adsua\u00adsive qu\u2019elle f\u00fbt par elle-m\u00eame, elle avait un \u00e9cho pr\u00e9\u00adpa\u00adr\u00e9 dans des c\u0153urs qui l\u2019attendaient.<\/p>\n<p>Sous l\u2019o\u00adpi\u00adnion super\u00adfi\u00adcielle, seule appa\u00adrente, ne cesse jamais de secr\u00e8\u00adte\u00adment per\u00adsis\u00adter, comme une nappe sou\u00adter\u00adraine, la v\u00e9ri\u00adtable opi\u00adnion popu\u00adlaire, aus\u00adsi r\u00e9elle que l\u2019autre, et seule fon\u00adci\u00e8re&nbsp;; et cela non chez quelques-uns, mais en chaque homme. Trouble, long\u00adtemps endor\u00admi et peu\u00adreuse, for\u00adm\u00e9e de cou\u00adrants bien divers&nbsp;; il faut qu\u2019en\u00adfin elle vienne au jour. C\u2019est cette secr\u00e8te opi\u00adnion publique, igno\u00adrante d\u2019elle-m\u00eame, qu\u2019en beau\u00adcoup de ses lec\u00adteurs Rol\u00adland a fait sourdre et qui s\u2019est recon\u00adnue en&nbsp;lui.<\/p>\n<p>En tous pays l\u2019homme qui peine pour le pain quo\u00adti\u00addien, esp\u00e8re, veut la paix&nbsp;; en tous pays, obs\u00adcu\u00adr\u00e9\u00adment et puis\u00adsam\u00adment, il sent sa fra\u00adter\u00adni\u00adt\u00e9 avec tous les hommes qui comme lui vivent en tra\u00advaillant&nbsp;; par\u00adtout et tou\u00adjours il garde sa m\u00e9fiance des com\u00adbi\u00adnai\u00adsons mys\u00adt\u00e9\u00adrieuses des gou\u00adver\u00adnants et de leurs paroles dor\u00e9es, com\u00adbi\u00adnai\u00adsons et paroles dont il sait qu\u2019il fera les frais. Ce sont des hommes comme les autres, cette pauvre phrase qui contiens la plus haute comme la plus humaine sagesse de ce temps et de tous les temps, elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9\u00adt\u00e9e, \u00e0 l\u2019a\u00addresse des \u00ab&nbsp;enne\u00admis&nbsp;\u00bb, par des hommes et des femmes de toutes les nations, de toutes les opi\u00adnions, et m\u00eame quand une tyran\u00adnie, peut-\u00eatre inou\u00efe dans l\u2019his\u00adtoire moderne, de l\u2019o\u00adpi\u00adnion d\u2019\u00c9\u00adtat parut avoir para\u00adly\u00ads\u00e9 les pen\u00ads\u00e9es et les consciences dans toutes les patries, m\u00eame quand la folie elle aus\u00adsi pro\u00addi\u00adgieuse de cette guerre e\u00fbt entra\u00ee\u00adn\u00e9 la moi\u00adti\u00e9 du monde dans une sur\u00aden\u00adch\u00e8re d\u2019a\u00adtro\u00adci\u00adt\u00e9s et d\u00e9cha\u00ee\u00adn\u00e9 toutes les haines, l\u2019ins\u00adtinct d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9\u00adchap\u00adpait cette phrase banale, cet ins\u00adtinct r\u00e9signe et r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire vivait tou\u00adjours, aus\u00adsi fort, dans tous les&nbsp;c\u0153urs.<\/p>\n<p>Cette \u00e2me pro\u00adfonde, l\u2019\u00e2me \u00e9ter\u00adnelle de l\u2019hu\u00adma\u00adni\u00adt\u00e9, c\u2019est elle qu\u2019aux temps d\u2019\u00e9\u00adpreuves quelques hommes ont l\u2019hon\u00adneur de red\u00e9\u00adcou\u00advrir, sous l\u2019\u00e9\u00adpaisse et lourde couche des sot\u00adtises et des men\u00adsonges amon\u00adce\u00adl\u00e9s par les hommes d\u2019\u00c9\u00adtat int\u00e9\u00adres\u00ads\u00e9s, et des abs\u00adtrac\u00adtions et des sophismes de leurs id\u00e9o\u00adlogues. Une cro\u00fbte ter\u00adri\u00adble\u00adment dure et enva\u00adhis\u00adsante\u200a\u2014\u200amais il n\u2019est pas vrai que, des\u00adsous, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 et la liber\u00adt\u00e9 soient taries.\u200a\u2014\u200aqu\u2019une parole har\u00addi\u00adment lucide et fid\u00e8le p\u00e9n\u00e8tre jus\u00adqu\u2019\u00e0 elles, elles jailliront.<\/p>\n<p><i>Au-des\u00adsus de la M\u00eal\u00e9e<\/i> a r\u00e9veill\u00e9 bien des hommes. Nous qui croyons qu\u2019il faut, non diri\u00adger, com\u00adman\u00adder, gou\u00adver\u00adner les hommes mais tenir clai\u00adre\u00adment \u00e9veill\u00e9s en eux ces grands et simples ins\u00adtincts engour\u00addis et voi\u00adl\u00e9s par toutes les forces de la contrainte sociale, \u00e9cou\u00adtons Rol\u00adland&nbsp;: nous avons \u00e0 apprendre aupr\u00e8s de&nbsp;lui.<\/p>\n<h2>\u2014 O \u2014<\/h2>\n<p>Mais nous ne pou\u00advons pen\u00adser \u00e0 lui froi\u00adde\u00adment. Nous sommes quelques-uns qui n\u2019ou\u00adblie\u00adrons pas quelle joie, quelle d\u00e9li\u00advrance nous lui avons dues, le pre\u00admier souffle d\u2019air pur apr\u00e8s deux mois de d\u00e9ses\u00adpoir fi\u00e9\u00advreux et de d\u00e9go\u00fbt, nous aus\u00adsi nous avons eu par lui notre renaissance.<\/p>\n<p>C\u2019est en fin sep\u00adtembre 1914, nous \u00e9tions, ces quelques-uns qui ne pou\u00advions par\u00adler, \u00e9cra\u00ads\u00e9s, devant la d\u00e9route lamen\u00adtable de tout ce que nous avions aim\u00e9, et sans m\u00eame avoir pu com\u00adbattre. Com\u00adbien&nbsp;? Plus sans doute que nous le croyions, mais cha\u00adcun presque fou de soli\u00adtude devait por\u00adter seul l\u2019im\u00admense deuil de la conscience ouvri\u00e8re sac\u00adca\u00adg\u00e9e, de l\u2019In\u00adter\u00adna\u00adtio\u00adnale morte tout \u00e9tait fini en m\u00eame temps, comme les autres mais sans pou\u00advoir comme eux nous sou\u00adte\u00adnir et nous conso\u00adler avec l\u2019i\u00advresse patrio\u00adtique, nous por\u00adtions aus\u00adsi nos dou\u00adleurs et nos angoisses pri\u00adv\u00e9es, tous les n\u00f4tres \u00e9taient l\u00e0-bas. Et nous gar\u00addions notre foi, plus forte que jamais, mais c\u2019\u00e9\u00adtait le pis&nbsp;; cette guerre nous l\u2019a\u00advions pr\u00e9\u00advue, elle confir\u00admait toutes nos craintes, toutes nos luttes&nbsp;; et il fal\u00adlait nous taire&nbsp;! Une presse alors enti\u00e8\u00adre\u00adment asser\u00advie et triom\u00adphant de l\u2019\u00eatre&nbsp;; aucune pos\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 de se faire entendre en dehors d\u2019elle. Comme nous l\u2019at\u00adten\u00addions, la voix libre qui s\u2019\u00e9l\u00e8verait&nbsp;!<\/p>\n<p>Et rien ne venait. Tous ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 nos com\u00adpa\u00adgnons, et les \u00e9cri\u00advains, et les savants, quand l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre ils rom\u00adpaient le silence, c\u2019\u00e9\u00adtait peur se renier. Les plus proches de nous, les plus chers, son\u00adgeant seule\u00adment sans doute qu\u2019ils \u00e9taient les plus com\u00adpro\u00admis, c\u2019\u00e9\u00adtaient eux qui se reniaient avec le plus d\u2019\u00e9clat.<\/p>\n<p>Rol\u00adland parle alors, parle&nbsp;seul.<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque on n\u2019a\u00advait pas encore pris l\u2019ha\u00adbi\u00adtude, autant qu\u2019au\u00adjourd\u2019\u00adhui, de cher\u00adcher dans la presse suisse un peu de cette v\u00e9ri\u00adt\u00e9 que nos jour\u00adnaux n\u2019ont ni la per\u00admis\u00adsion ni le d\u00e9sir de faire conna\u00eetre, et la sur\u00adprise, l\u2019\u00e9\u00admo\u00adtion de retrou\u00adver chez les \u00e9cri\u00advains, chez tant de pan\u00adtins et de l\u00e2ches roquets, un homme, ce n\u2019est pas dans le Jour\u00adnal de Gen\u00e8ve que nous les avons ren\u00adcon\u00adtr\u00e9es, c\u2019est au <i>Matin<\/i>&nbsp;! Au <i>Matin<\/i> o\u00f9 l\u2019his\u00adto\u00adrien Aulard, tra\u00addui\u00adsant devant une opi\u00adnion affo\u00adl\u00e9e par ses sem\u00adblables son ancien col\u00adl\u00e8gue Romain Rol\u00adland, venait de d\u00e9po\u00adser un r\u00e9qui\u00adsi\u00adtoire digne du <i>Matin<\/i>. Quelques lam\u00adbeaux de la pen\u00ads\u00e9e de Rol\u00adland, accro\u00adch\u00e9s aux invec\u00adtives d\u00e9ma\u00adgo\u00adgiques dudit his\u00adto\u00adrien, ce fut notre pre\u00admi\u00e8re clart\u00e9.<\/p>\n<p>Mar\u00adcel Mar\u00adti\u00adnet (\u00e0 suivre)&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Pierre Monatte et Alfred Ros\u00admer, leur com\u00adpa\u00adgnon de lutte et leur&nbsp;ami. Mar\u00adcel Mar\u00adti\u00adnet. Aver\u00adtis\u00adse\u00adment [(La Pen\u00ads\u00e9e qui a ins\u00adpi\u00adr\u00e9 les articles d\u2019Au-Des\u00adsus de la M\u00eal\u00e9e parait \u00eatre d\u00e9pas\u00ads\u00e9e aujourd\u2019\u00adhui&nbsp;; Romain Rol\u00adland lui-m\u00eame ne s\u2019y est pas tenu. D\u2019autre part cet ouvrage a sans doute atteint main\u00adte\u00adnant la plu\u00adpart des lec\u00adteurs qu\u2019il \u00e9tait sus\u00adcep\u00adtible&nbsp;de&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[180],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-1589","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-plebe-la-n1-13-avril-1918"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1589","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1589"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1589\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1589"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1589"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1589"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=1589"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}