{"id":1821,"date":"1987-09-01T00:12:13","date_gmt":"1987-09-01T00:12:13","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2008\/11\/24\/une-journee-de-la-vie-dun-militant-sincere-et-integre-dune-republique-democratique-et-populaire\/"},"modified":"2024-05-15T19:26:31","modified_gmt":"2024-05-15T19:26:31","slug":"une-journee-de-la-vie-dun-militant-sincere-et-integre-dune-republique-democratique-et-populaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/1987\/09\/01\/une-journee-de-la-vie-dun-militant-sincere-et-integre-dune-republique-democratique-et-populaire\/","title":{"rendered":"Une journ\u00e9e de la vie d\u2019un militant sinc\u00e8re et int\u00e8gre d\u2019une r\u00e9publique d\u00e9mocratique et populaire"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1821?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1821?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><blockquote>\n<div style=\"padding-left: 40px;\" align=\"justify\">Nos lec\u00adteurs connaissent Moha\u00admed Kaci\u00admi El Has\u00adsa\u00adni \u00e0 tra\u00advers ses apho\u00adrismes <a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/1986\/03\/01\/algerie-incidences-extraits\/\">publi\u00e9s dans Iztok n\u00b012<\/a>. Voi\u00adci un extrait de son livre <i>Le Mou\u00adchoir<\/i> qui para\u00eet chez L\u2019Har\u00admat\u00adtan dans la col\u00adlec\u00adtion \u00c9cri\u00adtures arabes. Une jour\u00adn\u00e9e par\u00admi d\u2019autres, le mar\u00addi, d\u2019 une semaine isla\u00admo-socia\u00adliste riche en rebondissement\u2026<\/div>\n<\/blockquote>\n<div align=\"justify\">\n<p>Belle jour\u00adn\u00e9e en pers\u00adpec\u00adtive&nbsp;! La m\u00e9t\u00e9o a annon\u00adc\u00e9 une chute des tem\u00adp\u00e9\u00adra\u00adtures et des averses sur la r\u00e9gion. Sti\u00admu\u00adl\u00e9 par le cong\u00e9 du soleil, mon absence d\u2019hier apr\u00e8s-midi et un retard cons\u00e9\u00adquent, je repris le tra\u00advail. Le mar\u00addi est consa\u00adcr\u00e9 essen\u00adtiel\u00adle\u00adment au d\u00e9pouille\u00adment du cour\u00adrier de la base. Le com\u00admis\u00adsaire, \u00e9tant occu\u00adp\u00e9, me confie tout ce qu\u2019il re\u00e7oit. Les quatre adjoints \u00e9ga\u00adle\u00adment. Ceux-ci n\u2019ont pu fr\u00e9\u00adquen\u00adter l\u2019\u00e9\u00adcole. La r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion comp\u00adtait sur&nbsp;eux.<\/p>\n<p>Mais, avant de ramas\u00adser les lettres dont Abdou avait jon\u00adch\u00e9 le cou\u00adloir pour mieux mar\u00adquer mon absence, je vou\u00adlus m\u2019as\u00adsu\u00adrer de l\u2019\u00e9\u00adtat des toi\u00adlettes. Quel\u00adqu\u2019un s\u2019y \u00e9ter\u00adni\u00adsait. Ne vou\u00adlant l\u00e2cher prise, je m\u2019ap\u00adpr\u00ea\u00adtais \u00e0 attendre le temps n\u00e9ces\u00adsaire \u00e0 l\u2019i\u00adden\u00adti\u00adfi\u00adca\u00adtion de l\u2019oc\u00adcu\u00adpant, quand j\u2019en\u00adten\u00addis, lan\u00adc\u00e9e d\u2019un bureau voi\u00adsin, une voix maquill\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;Alors&nbsp;! On change de bureau&nbsp;?&nbsp;\u00bb Je me ren\u00addis compte que cette fr\u00e9\u00adquen\u00adta\u00adtion inha\u00adbi\u00adtuelle com\u00admen\u00ad\u00e7ait \u00e0 intri\u00adguer les employ\u00e9s. Pour ne point \u00e9veiller davan\u00adtage leurs soup\u00ad\u00e7ons si faciles, \u00e0 contre\u00adc\u0153ur, j\u2019a\u00adban\u00addon\u00adnai mon&nbsp;guet.<\/p>\n<p>Mais, dans mon bureau, j\u2019al\u00adlais per\u00adcer des mys\u00adt\u00e8res qui me feraient oublier cette d\u00e9con\u00adve\u00adnue&nbsp;: une fois le cour\u00adrier clas\u00ads\u00e9 par genre, lettres, t\u00e9lex, t\u00e9l\u00e9\u00adgrammes, il me faut sou\u00adti\u00adrer \u00e0 ces \u00e9cri\u00adtures mal\u00adadroites et par\u00adfois illi\u00adsibles leur signi\u00adfi\u00adca\u00adtion r\u00e9elle, sans rien omettre ni n\u00e9gli\u00adger. Der\u00adri\u00e8re chaque mot se dis\u00adsi\u00admule pro\u00adba\u00adble\u00adment une infor\u00adma\u00adtion sus\u00adcep\u00adtible de chan\u00adger le cours de notre vie. \u00c0 mes d\u00e9buts, j\u2019en\u00adta\u00admais de v\u00e9ri\u00adtables fouilles arch\u00e9o\u00adlo\u00adgiques avant d\u2019at\u00adteindre leur sens. Mais aujourd\u2019\u00adhui, \u00e0 force d\u2019ha\u00adbi\u00adtude et d\u2019exer\u00adcice, l\u2019in\u00adfor\u00adma\u00adtion se livre \u00e0 mon pre\u00admier coup d\u2019\u0153il. Plus que le flair ou le pres\u00adsen\u00adti\u00adment, c\u2019est une vis\u00e9e qui ne souffre d\u2019au\u00adcune d\u00e9faillance de tra\u00adjec\u00adtoire. La cible est atteinte quel que soit l\u2019angle de tir. Une affaire de balis\u00adtique en&nbsp;somme&nbsp;!<\/p>\n<p>Ce doig\u00adt\u00e9, peu fr\u00e9\u00adquent chez les autres, me per\u00admet de d\u00e9ce\u00adler \u00e0 par\u00adtir d\u2019une seule syl\u00adlabe, le symp\u00adt\u00f4me d\u2019une gr\u00e8ve ou d\u2019une mani\u00adfes\u00adta\u00adtion incon\u00adtr\u00f4\u00adl\u00e9e, de faire la dif\u00adf\u00e9\u00adrence entre d\u00e9la\u00adtion et devoir, dif\u00adfa\u00adma\u00adtion et d\u00e9non\u00adcia\u00adtion. Un par\u00adti qui a si bien r\u00e9us\u00adsi en temps de guerre ne peut se trom\u00adper en temps d\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du d\u00e9pouille\u00adment, mon bureau cesse d\u2019\u00eatre une simple sur\u00adface plane et se trans\u00adforme en vaste chambre d\u2019\u00e9\u00adcho o\u00f9 reten\u00adtissent les rumeurs et les craintes de la ville. Ins\u00adtants o\u00f9 je la sens \u00e9ta\u00adl\u00e9e sous mes yeux, nue et enti\u00e8re, ache\u00admi\u00adn\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 ces mil\u00adliers de racines qui la sup\u00adportent et lui donnent \u00e2me&nbsp;: nos mili\u00adtants. Car nos mili\u00adtants nous disent tout. Tout ce qu\u2019ils voient et entendent, ce qu\u2019ils sentent et pres\u00adsentent, par\u00adtout o\u00f9 ils sont, dans les caf\u00e9s, les bus, les usines, les \u00e9coles et la rue. Atten\u00adtifs au moindre mot, ils le happent au vol pour le trans\u00admettre au Par\u00adti, cette oreille sou\u00adve\u00adraine qui leur pr\u00eate la plus atten\u00adtive des \u00e9coutes. Ain\u00adsi leurs lettres sont-elles pleines de la sub\u00adstance m\u00eame du quo\u00adti\u00addien&nbsp;! Lucides et vigi\u00adlants, ils y mettent ce que les autres veulent taire&nbsp;: cri\u00adtiques injus\u00adti\u00adfi\u00e9es du sys\u00adt\u00e8me, pro\u00adpos mal\u00adveillants sur les res\u00adpon\u00adsables, inten\u00adtion de gr\u00e8ve, d\u00e9sir de mani\u00adfes\u00adta\u00adtion, rela\u00adtions anor\u00admales, adul\u00adt\u00e8re ou p\u00e9d\u00e9\u00adras\u00adtie&nbsp;; sans jamais que cela ne soit gra\u00adtuit. Chaque rap\u00adport donne l\u2019i\u00adden\u00adti\u00adt\u00e9 exacte du cou\u00adpable et la date et le lieu pr\u00e9\u00adcis de son d\u00e9lit. Et c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ces scribes de cel\u00adlules qui nous m\u00e8nent chaque jour dans les entrailles du monde que ma vision des choses a acquis sa justesse.<\/p>\n<p>Avant que je ne sois ins\u00adtal\u00adl\u00e9 der\u00adri\u00e8re ce bureau, quand j\u2019\u00e9\u00adtais coin\u00adc\u00e9 entre un tableau noir et des \u00e9l\u00e8ves exci\u00adt\u00e9s, ter\u00adras\u00ads\u00e9 en fin de mois par d\u2019in\u00adgrates fiches de paye, ache\u00adv\u00e9 en fin d\u2019an\u00adn\u00e9e par de cri\u00admi\u00adnels rap\u00adports d\u2019ins\u00adpec\u00adtion, tout autre \u00e9tait pour moi le visage de la ville. D\u2019elle je ne connais\u00adsais que cer\u00adtains noms de familles riches et influentes, quelques caf\u00e9s o\u00f9 j\u2019al\u00adlais tuer le temps et nouer de pr\u00e9\u00adcaires rela\u00adtions. Je me r\u00e9veillais \u00e0 six heures du matin, afin d\u2019a\u00advoir les dix baguettes de rigueur. Je m\u2019at\u00adtar\u00addais des heures enti\u00e8res face au gui\u00adchet de la mai\u00adrie avant d\u2019a\u00advoir un simple extrait de nais\u00adsance. \u00c0 l\u2019h\u00f4\u00adpi\u00adtal, je ne voyais les m\u00e9de\u00adcins que sur ren\u00addez-vous pris huit mois \u00e0 l\u2019a\u00advance. \u00c0 la coop\u00e9\u00adra\u00adtive des ensei\u00adgnants, mon nom pour\u00adtant pri\u00advi\u00adl\u00e9\u00adgi\u00e9 par l\u2019ordre alpha\u00adb\u00e9\u00adtique, \u00e9tait tou\u00adjours der\u00adnier sur la liste d\u2019at\u00adtri\u00adbu\u00adtion des articles \u00e9lec\u00adtro\u00adm\u00e9\u00adna\u00adgers. L\u2019un de mes fr\u00e8res fut m\u00eame obli\u00adg\u00e9 de repas\u00adser son exa\u00admen d\u2019en\u00adtr\u00e9e en sixi\u00e8me.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9\u00adtais une ombre se cher\u00adchant un corps et la vie me sem\u00adblait \u00e9vo\u00adluer \u00e0 des hau\u00adteurs inac\u00adces\u00adsibles. Je n\u2019a\u00advais pas l\u2019am\u00adbi\u00adtion de les atteindre, seule\u00adment l\u2019es\u00adpoir de me sen\u00adtir moins exclu. Je r\u00eavais de res\u00adter sur le m\u00eame trot\u00adtoir en voyant un poli\u00adcier arri\u00adver, de ne plus rou\u00adgir en deman\u00addant un caf\u00e9, de ne plus bal\u00adbu\u00adtier devant n\u2019im\u00adporte quel fonctionnaire.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9\u00adtat, qui par\u00adlait avec beau\u00adcoup d\u2019at\u00adten\u00adtion des d\u00e9mu\u00adnis et de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion agraire, arra\u00adcha \u00e0 notre voi\u00adsin cinq hec\u00adtares de sa pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9 et en fit don \u00e0 mon p\u00e8re. Celui-ci ne sut quoi en faire au d\u00e9but. Les accep\u00adter, cela aurait \u00e9t\u00e9 s\u2019a\u00advouer mis\u00e9\u00adrable et s\u2019at\u00adti\u00adrer du coup les raille\u00adries du vil\u00adlage, puis la vieille finit par le convaincre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Prends-les, disait-elle, tout ce qui vient d\u2019en haut est un don du&nbsp;ciel.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion agraire sus\u00adci\u00adta alors mon grand enthou\u00adsiasme. Peu sou\u00adcieux de poli\u00adtique, je vou\u00adlais qu\u2019a\u00advec son appli\u00adca\u00adtion les autres soient d\u00e9pour\u00advus le plus t\u00f4t pos\u00adsible et viennent me rejoindre. M\u00fb par le d\u00e9sir d\u2019ac\u00adc\u00e9\u00adl\u00e9\u00adrer cette ren\u00adcontre, j\u2019ai adh\u00e9\u00adr\u00e9 aux jeu\u00adnesses du Par\u00adti. N\u2019ayant rien \u00e0 y appor\u00adter, je me conten\u00adtais de prendre. Enga\u00adg\u00e9 corps et \u00e2me, je me fis rare \u00e0 l\u2019\u00e9\u00adcole et omni\u00adpr\u00e9\u00adsent aux mani\u00adfes\u00adta\u00adtions. Je ne ratais ni s\u00e9ances de cin\u00e9\u00adma, ni mee\u00adtings, ni c\u00e9r\u00e9\u00admo\u00adnies d\u2019inauguration.<\/p>\n<p>Pen\u00addant les r\u00e9unions, je trans\u00adcri\u00advais m\u00e9ti\u00adcu\u00adleu\u00adse\u00adment les inter\u00adven\u00adtions des res\u00adpon\u00adsables que je m\u00e9di\u00adtais chaque soir, aux d\u00e9pens de mes pr\u00e9\u00adpa\u00adra\u00adtions de cours. Le volon\u00adta\u00adriat \u00e9tait pour moi l\u2019ac\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 de loin la meilleure. On y c\u00f4toyait des filles et je pou\u00advais \u00e0 chaque sor\u00adtie \u00e0 la cam\u00adpagne rire de la mal\u00adadresse des cita\u00addins et leur mon\u00adtrer mon savoir-faire quand il s\u2019a\u00adgis\u00adsait de plan\u00adter un arbre ou de ramas\u00adser du foin. \u00c0 maintes reprises, nous e\u00fbmes l\u2019hon\u00adneur d\u2019\u00eatre fil\u00adm\u00e9s alors que nous res\u00adti\u00adtuions \u00e0 la terre ses racines. L\u2019i\u00admage de la vieille pleu\u00adrant de joie en voyant son fils appa\u00adra\u00eetre sur l\u2019\u00e9\u00adcran de la t\u00e9l\u00e9\u00advi\u00adsion, emprun\u00adt\u00e9e pour la cir\u00adcons\u00adtance, n\u2019est pas pr\u00eate \u00e0 d\u00e9ser\u00adter mon esprit. Le len\u00adde\u00admain, elle offrit une robe \u00e0 la voyante qui m\u2019a\u00advait pr\u00e9\u00addit, des l\u2019\u00e2ge de un an, un brillant avenir.<\/p>\n<p>Len\u00adte\u00adment, sans que je sache com\u00adment s\u2019ef\u00adfec\u00adtua cette m\u00e9ta\u00admor\u00adphose, ma soli\u00adtude se fit moins lourde et ma langue sor\u00adtit du d\u00e9gel. Les autres, en d\u00e9pit de la v\u00e9h\u00e9\u00admence des dis\u00adcours, ne sem\u00adblaient gu\u00e8re dis\u00adpo\u00ads\u00e9s \u00e0 des\u00adcendre, aus\u00adsi je me mis \u00e0 gra\u00advir les \u00e9che\u00adlons. Je pris d\u2019a\u00adbord la parole dans les r\u00e9unions puis pen\u00addant les mee\u00adtings. Les citoyens m\u2019ap\u00adplau\u00addis\u00adsaient. Leur adh\u00e9\u00adsion totale \u00e0 mes mots et \u00e0 mes for\u00admules me convain\u00adquirent de la rec\u00adti\u00adtude de ma cause. C\u2019est ain\u00adsi que j\u2019en\u00adtrais en oppo\u00adsi\u00adtion avec qui\u00adconque osait cri\u00adti\u00adquer, en ma pr\u00e9\u00adsence, l\u2019\u00c9\u00adtat. Cepen\u00addant, avec le recul, j\u2019a\u00advoue qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, conscient de ma vul\u00adn\u00e9\u00adra\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 et ne me sen\u00adtant nul\u00adle\u00adment en mesure de prendre la d\u00e9fense d\u2019un sys\u00adt\u00e8me, je m\u2019ef\u00adfor\u00ad\u00e7ais sur\u00adtout de pr\u00e9\u00adser\u00adver du doute une convic\u00adtion si dif\u00adfi\u00adci\u00adle\u00adment acquise.<\/p>\n<p>Vint le congr\u00e8s, et ce fut le cou\u00adron\u00adne\u00adment de mes efforts. La base me d\u00e9si\u00adgna pour la repr\u00e9\u00adsen\u00adter. C\u2019\u00e9\u00adtait la pre\u00admi\u00e8re fois que je visi\u00adtais la capi\u00adtale. Ce ne furent ni ses immeubles ni ses grands bou\u00adle\u00advards qui me bou\u00adle\u00adver\u00ads\u00e8rent, mais l\u2019in\u00adcroyable nombre de res\u00adpon\u00adsables r\u00e9unis dans le m\u00eame lieu. Sous la vo\u00fbte de la grande salle des congr\u00e8s, j\u2019ai vu fonc\u00adtion\u00adner le cer\u00adveau de notre pays, j\u2019ai m\u00eame pu appro\u00adcher de pr\u00e8s les ministres et me rendre compte \u00e0 quel point ils nous res\u00adsem\u00adblaient. Au moment o\u00f9 le pr\u00e9\u00adsident de la R\u00e9pu\u00adblique acc\u00e9\u00adda \u00e0 la tri\u00adbune pour pro\u00adnon\u00adcer le dis\u00adcours de cl\u00f4\u00adture, je fis le compte des ran\u00adg\u00e9es de si\u00e8ges qui nous s\u00e9pa\u00adraient. Il y en avait exac\u00adte\u00adment vingt-sept. \u00c0 mon retour, j\u2019of\u00adfris \u00e0 la voyante une robe, plus belle encore.<\/p>\n<p>Ce congr\u00e8s mar\u00adqua un tour\u00adnant d\u00e9ci\u00adsif dans ma vie. Le direc\u00adteur chan\u00adgea d\u2019at\u00adti\u00adtude \u00e0 mon \u00e9gard, il ne r\u00e9cla\u00admait plus de cer\u00adti\u00adfi\u00adcats m\u00e9di\u00adcaux pour admettre mes absences, et les pr\u00e9\u00adl\u00e8\u00adve\u00adments sur mon salaire ces\u00ads\u00e8rent comme par enchan\u00adte\u00adment. Ma voie \u00e9tait tra\u00adc\u00e9e pour de bon. Ma voca\u00adtion \u00e9tait claire. Le des\u00adtin se char\u00adgea du reste&nbsp;: il ren\u00addit vacant le poste d\u2019ad\u00adjoint char\u00adg\u00e9 de l\u2019in\u00adfor\u00adma\u00adtion, et, un beau jour du mois de mars, il vint me sou\u00adti\u00adrer \u00e0 mon estrade pour me d\u00e9po\u00adser der\u00adri\u00e8re ce bureau.<\/p>\n<p>Depuis, la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion a p\u00e9n\u00e9\u00adtr\u00e9 chaque \u00e9l\u00e9\u00adment de mon uni\u00advers. Je me sens autre. \u00c0 mes yeux la ville n\u2019est plus la m\u00eame&nbsp;: les familles y ont c\u00e9d\u00e9 place aux grou\u00adpus\u00adcules, les stades aux mani\u00adfes\u00adta\u00adtions, les caf\u00e9s aux cel\u00adlules d\u2019op\u00adpo\u00adsi\u00adtion, et les amis aux fr\u00e8res. Je n\u2019at\u00adtends plus, je fais patien\u00adter. Je ne b\u00e9gaie plus, j\u2019in\u00adti\u00admide. Mon par\u00adti a don\u00adn\u00e9 des cou\u00adleurs \u00e0 ma&nbsp;ville.<\/p>\n<p>Quand je pris mes fonc\u00adtions, ces acti\u00advi\u00adt\u00e9s poli\u00adtiques dont je ne soup\u00ad\u00e7on\u00adnais gu\u00e8re l\u2019exis\u00adtence, me d\u00e9rou\u00adt\u00e8rent au point que je fus obli\u00adg\u00e9 d\u2019ac\u00adqu\u00e9\u00adrir un dic\u00adtion\u00adnaire poli\u00adtique. Il est des moments de forte recru\u00addes\u00adcence, d\u2019a\u00adgi\u00adta\u00adtion et de pro\u00adpa\u00adgande sub\u00adver\u00adsives o\u00f9 je me retrouve confron\u00adt\u00e9 aux appel\u00adla\u00adtions les plus bizarres&nbsp;: mar\u00adxiste-l\u00e9ni\u00adniste de gauche, mao\u00efste r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire, trots\u00adkyste, posa\u00addiste, VI<sup>e<\/sup> inter\u00adna\u00adtio\u00adnale\u2026 Com\u00adment est\u200a\u2013\u200ail pos\u00adsible qu\u2019un r\u00e9gime socia\u00adliste ait une oppo\u00adsi\u00adtion de gauche&nbsp;? S\u00fbre\u00adment l\u2019in\u00adgra\u00adti\u00adtude des hommes&nbsp;! L\u2019\u00c9\u00adtat se charge de leur san\u00adt\u00e9, de leur tra\u00advail, de leur d\u00e9fense, de leur retraite&nbsp;; une fois d\u00e9bar\u00adras\u00ads\u00e9s de ces lourds far\u00addeaux, ils ont l\u2019ou\u00adtre\u00adcui\u00addance de lui dis\u00adpu\u00adter le domaine des id\u00e9es, comme s\u2019il pou\u00advait s\u2019y faire un b\u00e9n\u00e9\u00adfice quelconque.<\/p>\n<p>R\u00e9frac\u00adtaire aux pr\u00e9\u00advi\u00adsions de la m\u00e9t\u00e9o, exci\u00adt\u00e9 par les obs\u00adtacles dres\u00ads\u00e9s sur sa route, le soleil se mit \u00e0 asse\u00adner de vio\u00adlentes ruades \u00e0 l\u2019air qui, \u00e9tour\u00addi, retom\u00adba de tout son poids sur mon corps. Les mouches livraient au cli\u00adma\u00adti\u00adseur un duel de vrom\u00adbis\u00adse\u00adment. L\u2019in\u00adsec\u00adti\u00adcide ne fit que redou\u00adbler leur ardeur, trem\u00adp\u00e9es, elles s\u2019\u00e9\u00adbrou\u00e8rent sur mes papiers avant de reprendre leur cor\u00adri\u00adda. La colle, retrou\u00advant son \u00e9tat ori\u00adgi\u00adnel, lais\u00adsa choir mes gra\u00advures et mes cir\u00adcu\u00adlaires. Pous\u00ads\u00e9 \u00e0 bout, le cli\u00adma\u00adti\u00adseur tous\u00adso\u00adta un moment, puis tom\u00adba dans un sinistre bruit, ter\u00adras\u00ads\u00e9 par une baisse de tension.<\/p>\n<p>Tra\u00adhi par la tech\u00adno\u00adlo\u00adgie, le bureau se trans\u00adfor\u00adma en une seconde en ham\u00admam du bon vieux temps. \u00c0 pleines dents, la cha\u00adleur mor\u00addait ma peau. Insou\u00adcieux, mon cer\u00adveau n\u2019en\u00adre\u00adgis\u00adtra aucune dou\u00adleur, tel\u00adle\u00adment il \u00e9tait acca\u00adpa\u00adr\u00e9 par le sort des mou\u00adchoirs. Un degr\u00e9 de trop et adieu les preuves&nbsp;! Aucune enve\u00adloppe n\u2019a\u00advait \u00e9t\u00e9 ouverte, mais l\u2019ins\u00adtant \u00e9tait grave, je devais d\u2019a\u00adbord sau\u00adve\u00adgar\u00adder le conte\u00adnu des mou\u00adchoirs, celui des lettres ne craint pas le soleil. Je cou\u00adrus au caf\u00e9 cher\u00adcher une demi-bou\u00adteille d\u2019eau. Leur humi\u00addi\u00adfi\u00adca\u00adtion \u00e9tait vitale. Au retour, je fis une tr\u00e8s br\u00e8ve halte devant les toi\u00adlettes. La porte n\u2019\u00e9\u00adtait pas encore ouverte. Il faut dire qu\u2019\u00e0 l\u2019ins\u00adtant o\u00f9 j\u2019en effleu\u00adrais la poi\u00adgn\u00e9e la trace du crime me pr\u00e9\u00adoc\u00adcu\u00adpait plus que le cri\u00admi\u00adnel. Durant mon absence, le cli\u00adma\u00adti\u00adseur s\u2019\u00e9\u00adtait remis en marche. Sou\u00adla\u00adg\u00e9, je pus enfin me consa\u00adcrer \u00e0 mon travail.<\/p>\n<p>Depuis un mois, la ville ne semble pas com\u00admettre beau\u00adcoup de fautes. Aus\u00adsi, en ouvrant ces enve\u00adloppes d\u2019o\u00f9 jaillissent de nau\u00ads\u00e9a\u00adbonds effluves avant toute chose, car les mili\u00adtants suent en abon\u00addance quand ils trans\u00adcrivent la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, je ne m\u2019at\u00adten\u00addais pas \u00e0 tom\u00adber sur un \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adment qui puisse concur\u00adren\u00adcer en gra\u00advi\u00adt\u00e9 celui que j\u2019a\u00advais d\u00e9couvert.<\/p>\n<p>Une heure plus tard, mon bureau, mon agra\u00adfeuse et mes che\u00admises ne se voyaient plus sous les flots mul\u00adti\u00adco\u00adlores de la pape\u00adrasse, mul\u00adti\u00adtude de mots, rare\u00adt\u00e9 des inci\u00addents, gr\u00e2ce de cette magni\u00adfique terre dont le soleil dis\u00adsuade plus que tous les couvre-feux. Nulle gr\u00e8ve en vue, nulle mani\u00adfes\u00adta\u00adtion \u00e0 craindre. Tran\u00adquille, je pou\u00advais clas\u00adser ces rap\u00adports, apr\u00e8s avoir mis de c\u00f4t\u00e9 ceux que je jugeais les plus impor\u00adtants. Les&nbsp;voici&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2014 Cel\u00adlule du quar\u00adtier&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cher fr\u00e8re, nous tenons \u00e0 vous infor\u00admer que dans la nuit du 6 du mois cou\u00adrant, un coop\u00e9\u00adrant a gar\u00e9 sa voi\u00adture face au cercle mili\u00adtaire. Veuillez trou\u00adver ci-joint la fiche signa\u00adl\u00e9\u00adtique de l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu ain\u00adsi que le matri\u00adcule du v\u00e9hi\u00adcule.&nbsp;\u00bb Ma d\u00e9marche est simple dans ce genre de cas&nbsp;: je demande son dos\u00adsier \u00e0 la wilaya, et si d\u2019autres faits lui sont repro\u00adch\u00e9s nous exi\u00adgeons la r\u00e9si\u00adlia\u00adtion de son contrat.<\/p>\n<p>\u2014 Cel\u00adlule du lyc\u00e9e Ibn Badis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cher fr\u00e8re, nous tenons \u00e0 vous infor\u00admer que le pro\u00adfes\u00adseur N. S. a appris \u00e0 sa classe, lors de la s\u00e9ance du mar\u00addi, que le p\u00e8re d\u2019Ibn Badis \u00e9tait un notable de l\u2019ad\u00admi\u00adnis\u00adtra\u00adtion colo\u00adniale. Ci-joint les signa\u00adtures des cin\u00adquante-trois \u00e9l\u00e8ves pr\u00e9\u00adsents au&nbsp;cours.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u2014 Cel\u00adlule du quar\u00adtier Ibn Badis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cher fr\u00e8re&nbsp;: nous avons l\u2019hon\u00adneur de vous apprendre que dans la nuit du 3 du mois cou\u00adrant, nous avons sur\u00adpris sur les murs de notre local cette cri\u00admi\u00adnelle ins\u00adcrip\u00adtion&nbsp;: \u201cLe Par\u00adti, c\u2019est comme les fan\u00adt\u00f4mes, \u00e7a fait peur mais \u00e7a n\u2019existe pas.\u201d Heu\u00adreu\u00adse\u00adment, nous l\u2019a\u00advons effa\u00adc\u00e9 avant que le peuple ne la voie. Veuillez trou\u00adver ci-joint une pho\u00adto du graf\u00adfi\u00adti ain\u00adsi que la fac\u00adture du pot de pein\u00adture dont nous l\u2019a\u00advons badigeonn\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u2014 Le secr\u00e9\u00adtaire de l\u2019U\u00adnion ter\u00adri\u00adto\u00adriale des tra\u00advailleurs&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cher fr\u00e8re, je prends ma plume pour vous dire que, lors de notre der\u00adni\u00e8re assem\u00adbl\u00e9e g\u00e9n\u00e9\u00adrale, plu\u00adsieurs ouvriers, dont les noms suivent, ont r\u00e9cla\u00adm\u00e9 la cr\u00e9a\u00adtion d\u2019un syn\u00addi\u00adcat libre. Par cons\u00e9\u00adquent, je tiens \u00e0 vous pro\u00adpo\u00adser d\u2019in\u00adter\u00adve\u00adnir aupr\u00e8s de la t\u00e9l\u00e9\u00advi\u00adsion afin qu\u2019elle ne fasse plus \u00e9tat des \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments qui se d\u00e9roulent en Pologne et que l\u2019on puisse ain\u00adsi mettre de bons ouvriers musul\u00admans \u00e0 l\u2019a\u00adbri du n\u00e9faste exemple de ces infi\u00add\u00e8les.&nbsp;\u00bb Je mis de c\u00f4t\u00e9 ce rap\u00adport, il fal\u00adlait le trans\u00admettre au commissaire.<\/p>\n<p>Le reste du cour\u00adrier conte\u00adnait des infor\u00adma\u00adtions r\u00e9gu\u00adli\u00e8res, qui se devinent selon l\u2019ex\u00adp\u00e9\u00addi\u00adteur, la liste des nou\u00adveaux abon\u00adn\u00e9s \u00e0 <i>L\u2019hu\u00adma\u00adni\u00adt\u00e9<\/i>, celle des audi\u00adteurs de la radio kabyle, et l\u2019i\u00adden\u00adti\u00adt\u00e9 des par\u00adti\u00adci\u00adpants aux pri\u00e8res du ven\u00addre\u00addi. Si la pi\u00e9\u00adt\u00e9 comble Dieu, elle d\u00e9range l\u2019\u00c9\u00adtat. Au-del\u00e0 des cinq pri\u00e8res obli\u00adga\u00adtoires, on se demande sur quel temps rognent cer\u00adtains citoyens et com\u00adment ils peuvent assu\u00adrer leur d\u00e9s\u00adin\u00adt\u00e9\u00adres\u00adse\u00adment par rap\u00adport aux choses de la vie. \u00c0 ce stade, ils deviennent sus\u00adpects, leur dis\u00adpo\u00adni\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 ne peut s\u2019ex\u00adpli\u00adquer que par une aide d\u2019une puis\u00adsance \u00e9tran\u00adg\u00e8re. Apr\u00e8s lec\u00adture, chaque rap\u00adport re\u00e7oit une note de un \u00e0 cinq. Au-del\u00e0 de la note quatre, l\u2019af\u00adfaire signa\u00adl\u00e9e rel\u00e8ve direc\u00adte\u00adment du commissaire.<\/p>\n<p>Ce tra\u00advail accom\u00adpli, il ne me reste plus qu\u2019\u00e0 des\u00adcendre au sous-sol, clas\u00adser les dos\u00adsiers dans la salle des archives. \u00c0 part moi, per\u00adsonne ne peut y acc\u00e9\u00adder sans auto\u00adri\u00adsa\u00adtion sp\u00e9\u00adciale du com\u00admis\u00adsaire. Cette obs\u00adcure salle est \u00e0 la fois mon lieu de recueille\u00adment et ma boule de cris\u00adtal. Dedans, sur des rayons m\u00e9tal\u00adliques allant du sol jus\u00adqu\u2019au pla\u00adfond, s\u2019a\u00adlignent dans de gros car\u00adtons, les prin\u00adci\u00adpaux sujets de nos pr\u00e9\u00adoc\u00adcu\u00adpa\u00adtions&nbsp;: gr\u00e8ves, syn\u00addi\u00adcats, com\u00admu\u00adnisme, fr\u00e8res musul\u00admans. Quant aux dis\u00adsi\u00addents notoires, ils dis\u00adposent de dos\u00adsiers per\u00adson\u00adnels qu\u2019on gave \u00e0 coups de d\u00e9lits et de com\u00adplots, jus\u00adqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils prennent l\u2019embonpoint qui rend n\u00e9ces\u00adsaire l\u2019ar\u00adr\u00eat du r\u00e9gime. Coin\u00adc\u00e9s entre deux pans de che\u00admise, dis\u00ads\u00e9\u00adqu\u00e9s au plus pro\u00adfond d\u2019eux\u200a\u2013\u200am\u00eames, je peux fouiller leur vie, p\u00e9n\u00e9\u00adtrer leur inti\u00admi\u00adt\u00e9 et m\u00eame pr\u00e9\u00addire leur avenir.<\/p>\n<p>Quand il m\u2019ar\u00adrive de croi\u00adser en ville l\u2019un de ces cou\u00adpables, je ne le regarde que par trans\u00adpa\u00adrence. Pour moi, il n\u2019est plus un indi\u00advi\u00addu, mais une longue liste chro\u00adno\u00adlo\u00adgique d\u2019actes r\u00e9pr\u00e9\u00adhen\u00adsibles. De lui, je ne sai\u00adsis que ce qui d\u00e9faille, et me sens alors dans la peau de ce m\u00e9de\u00adcin que j\u2019au\u00adrais tant vou\u00adlu \u00eatre si les cir\u00adcons\u00adtances ne m\u2019a\u00advaient pas tra\u00adhi. Telle est la com\u00adpen\u00adsa\u00adtion de cette ambi\u00adtion contra\u00adri\u00e9e, de cet \u00e9lan bri\u00ads\u00e9. Feuille\u00adtant leur dos\u00adsier, je suis le chi\u00adrur\u00adgien qui sou\u00admet \u00e0 son infaillible scal\u00adpel l\u2019es\u00adprit des hommes.<\/p>\n<p>Le Par\u00adti n\u2019est-il pas en fait ce st\u00e9\u00adtho\u00adscope dis\u00adcret qui trans\u00adgresse les murailles de la clan\u00addes\u00adti\u00adni\u00adt\u00e9 et du camou\u00adflage, pour sai\u00adsir les plus imper\u00adcep\u00adtibles bat\u00adte\u00adments et pul\u00adsa\u00adtions du corps qu\u2019il domine&nbsp;? Nous ne pr\u00e9\u00adve\u00adnons point les d\u00e9faillances de l\u2019or\u00adga\u00adnisme, ce serait trop simple, mais celles de la pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Le Ren\u00adsei\u00adgne\u00adment est la plus effi\u00adcace des th\u00e9\u00adra\u00adpies. Meilleure que la psy\u00adcha\u00adna\u00adlyse, il ne d\u00e9voile pas l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu \u00e0 lui-m\u00eame, mais \u00e0 l\u2019ins\u00adti\u00adtu\u00adtion qui est plus res\u00adpon\u00adsable que lui&nbsp;: l\u2019\u00c9tat&nbsp;!<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Moha\u00admed Kaci\u00admi El Hassani<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nos lec\u00adteurs connaissent Moha\u00admed Kaci\u00admi El Has\u00adsa\u00adni \u00e0 tra\u00advers ses apho\u00adrismes publi\u00e9s dans Iztok n\u00b012. Voi\u00adci un extrait de son livre Le Mou\u00adchoir qui para\u00eet chez L\u2019Har\u00admat\u00adtan dans la col\u00adlec\u00adtion \u00c9cri\u00adtures arabes. Une jour\u00adn\u00e9e par\u00admi d\u2019autres, le mar\u00addi, d\u2019 une semaine isla\u00ad\u00admo-socia\u00ad\u00adliste riche en rebon\u00addis\u00adse\u00adment\u2026 Belle jour\u00adn\u00e9e en pers\u00adpec\u00adtive&nbsp;! La m\u00e9t\u00e9o a annon\u00adc\u00e9 une&nbsp;chute&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":249,"featured_media":5945,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"wp-custom-template-page-d-article","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[210],"tags":[1012],"ppma_author":[1017],"class_list":["post-1821","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-iztok-na14-septembre-1987","tag-algerie"],"authors":[{"term_id":1017,"user_id":249,"is_guest":0,"slug":"mohamed-kacimi-el-hassani","display_name":"Mohamed Kacimi El Hassani","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c268ad65f02e245c1edfe43fd2a06e602e66002b5e37bc643f9384455061e667?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"","last_name":"Kacimi El Hassani","first_name":"Mohamed","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1821","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/249"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1821"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1821\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7863,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1821\/revisions\/7863"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5945"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1821"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1821"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1821"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=1821"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}