{"id":234,"date":"2007-03-11T10:56:40","date_gmt":"2007-03-11T10:56:40","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/03\/11\/italie-histoire-dun-type-de-salerne\/"},"modified":"2007-03-11T10:56:40","modified_gmt":"2007-03-11T10:56:40","slug":"italie-histoire-dun-type-de-salerne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2007\/03\/11\/italie-histoire-dun-type-de-salerne\/","title":{"rendered":"Italie&nbsp;: Histoire d\u2019un type de Salerne"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/234?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/234?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n\tIl y avait eu l\u2019Af\u00adfaire Pinel\u00adli (un che\u00admi\u00adnot anar que la police de Milan avait <em>inter\u00adro\u00adg\u00e9<\/em> un peu trop fort, et qu\u2019elle avait <em>sui\u00adci\u00add\u00e9<\/em> ensuite).&nbsp;\n<p>\tIl y avait eu, et il y a encore l\u2019Af\u00adfaire Val\u00adpre\u00adda (mas\u00adsacre \u00e0 la bombe \u00e0 Milan)&nbsp;: aujourd\u2019\u00adhui on conna\u00eet par\u00adfai\u00adte\u00adment les vrais cou\u00adpables, qui sont des mani\u00adtous fas\u00adcistes&nbsp;; ils sont en fuite, mais une ins\u00adtruc\u00adtion est conclue, leur pro\u00adc\u00e8s devrait s\u2019ou\u00advrir\u2026 bient\u00f4t.&nbsp;<\/p>\n<p>\tMais les juges vou\u00addraient juger les deux pro\u00adc\u00e8s ensemble&nbsp;: Val\u00adpre\u00adda et les fas\u00adcistes dans le m\u00eame sac, l\u2019in\u00adno\u00adcent et les cou\u00adpables, c\u2019est pas&nbsp;b\u00eate.&nbsp;<\/p>\n<p>\tMais Val\u00adpre\u00adda se d\u00e9fend, et m\u00eame il attaque&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cela fait quatre ans que j\u2019at\u00adtends mon pro\u00adc\u00e8s, j\u2019en ai pas\u00ads\u00e9 trois en pri\u00adson, dont deux mois au cachot. Enfin, nous (avec ses co-incul\u00adp\u00e9s) pou\u00advons par\u00adler dans un d\u00e9bat public. Apr\u00e8s \u00e7a, le juge lui a cou\u00adp\u00e9 la parole, mais comme le dit un quo\u00adti\u00addien ita\u00adlien, <em>le pr\u00e9\u00adsident Zeu\u00adli<\/em> (le juge) <em>a d\u00fb endu\u00adrer plus d\u2019une inso\u00adlence<\/em> (fin mars&nbsp;74).<\/p>\n<p>\tEt puis, alors qu\u2019ils avaient d\u00e9j\u00e0 Val\u00adpre\u00adda et ses copains sur les bras, voi\u00adl\u00e0 <em>l\u2019af\u00adfaire Mari\u00adni<\/em>.<\/p>\n<p>\tSalerne, c\u2019est un port dans le midi de l\u2019I\u00adta\u00adlie, un peu au sud de Naples. Depuis quelques ann\u00e9es, les fas\u00adcistes ita\u00adliens, par\u00addon, les n\u00e9o-fas\u00adcistes, ont d\u00e9ci\u00add\u00e9, avec la b\u00e9n\u00e9\u00addic\u00adtion d\u2019une par\u00adtie du patro\u00adnat ita\u00adlien, de la Police, des Maf\u00adfia et autre Camo\u00adra, que le sud de l\u2019I\u00adta\u00adlie, \u00e7a allait \u00eatre \u00e0 eux. Les muni\u00adci\u00adpa\u00adli\u00adt\u00e9s y sont plus ouver\u00adte\u00adment pour\u00adries et inca\u00adpables qu\u2019ailleurs, les fas\u00adcistes s\u2019ins\u00adtallent l\u00e0-dedans comme chez eux, et t\u00e2chent de se pr\u00e9\u00adsen\u00adter comme les porte-parole des exploi\u00adt\u00e9s. On a vu \u00e7a lors des \u00e9meutes de Reg\u00adgio de Calabre.<\/p>\n<p>\tMais pour que \u00e7a marche, il faut \u00e9li\u00admi\u00adner les emp\u00ea\u00adcheurs d\u2019in\u00adtoxi\u00adquer en rond, ceux qui montrent que patrons-fas\u00adcistes\u200a\u2014\u200am\u00eame combat.<\/p>\n<p>\tPour \u00e7a, les fas\u00adcistes ita\u00adliens ont une bonne vieille m\u00e9thode, la m\u00eame qu\u2019ailleurs, mais exp\u00e9\u00adri\u00admen\u00adt\u00e9e depuis 1920 en Ita\u00adlie. Ils appellent \u00e7a le <em>squa\u00addris\u00admo<\/em>, quelque chose comme la <em>tac\u00adtique de l\u2019es\u00adcouade<\/em>. On forme des escouades de gros-bras, des ner\u00advis, comme on dit \u00e0 Mar\u00adseille, on leur file des che\u00admises plus ou moins mili\u00adtaires, un arme\u00adment, un contact avec un fonc\u00adtion\u00adnaire de la police pour \u00eatre cou\u00advert, et ont les ins\u00adtalle dans un quar\u00adtier popu\u00adlaire. Leur bou\u00adlot&nbsp;: conna\u00eetre tout le monde, flan\u00adquer la trouille \u00e0 ceux qui peuvent l\u2019a\u00advoir, recru\u00adter quelques aco\u00adlytes, et se d\u00e9bar\u00adras\u00ads\u00e9 des irr\u00e9\u00adduc\u00adtibles. Ils ont le fric, ils ont le temps, les moyens, les flics avec eux. Alors c\u2019est tout simple, ils s\u2019a\u00admusent entre copains, \u00e0 faire une grosse t\u00eate aux rouges.\u200a\u2014\u200a<em>Si t\u2019es pas content, tu n\u2019as qu\u2019\u00e0 aller te plaindre au com\u00admis\u00adsa\u00adriat<\/em>, et de rire. C\u2019est comme \u00e7a que le 7 juillet 1972, un squa\u00addro fas\u00adciste de Salerne, en che\u00admise noire et en cas\u00adquette, est tom\u00adb\u00e9 \u00e0 bras rac\u00adcour\u00adcis et m\u00eame \u00e0 matraque rac\u00adcour\u00adcie, sur trois types qui col\u00adlaient des affiches&nbsp;; l\u2019un des trois est tom\u00adb\u00e9 \u00e0 terre assez vite, tou\u00adch\u00e9 \u00e0 la t\u00eate&nbsp;; les deux autres ont sor\u00adti leurs cou\u00adteaux, les fas\u00adcistes ont tir\u00e9 les leurs. Mais cette fois-ci, c\u2019est eux qui ont pay\u00e9 les pots cas\u00ads\u00e9s le chef du com\u00adman\u00addo, Fal\u00advel\u00adla, est res\u00adt\u00e9 sur le car\u00adreau. Trans\u00adpor\u00adt\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4\u00adpi\u00adtal, il y mour\u00adra peu apr\u00e8s (il semble qu\u2019il n\u2019y avait per\u00adsonne pour l\u2019o\u00adp\u00e9\u00adrer quand il est arriv\u00e9).&nbsp;<\/p>\n<p>\tDes deux types qui ont r\u00e9sis\u00adt\u00e9 aux fas\u00adcistes, l\u2019un a dis\u00adpa\u00adru&nbsp;: l\u2019autre, c\u2019est Gio\u00advan\u00adni Mari\u00adni, n\u00e9 \u00e0 Salerne, dans une famille de sept enfants, p\u00e8re \u2013 ouvrier du b\u00e2ti\u00adment, m\u00e8re \u2013 <em>sans pro\u00adfes\u00adsion<\/em>, comme on dit. Mari\u00adni, la police l\u2019a\u00advait d\u00e9j\u00e0 rep\u00e9\u00adr\u00e9&nbsp;; il \u00e9tait un peu trop popu\u00adlaire dans les quar\u00adtiers du m\u00eame nom. Alors la police a d\u00e9ci\u00add\u00e9 de prendre la rel\u00e8ve de ses petits copains en che\u00admise noire. Dans ces cas-l\u00e0, les flics, on peut comp\u00adt\u00e9 sur eux Donc, vite fait, bien fait, ils mettent la main sur Mari\u00adni, et ils l\u2019en\u00advoient en t\u00f4le. Tout \u00e7a, tr\u00e8s r\u00e9gu\u00adlier, service-s\u00e9vice.<\/p>\n<p>\tAu d\u00e9but, on trim\u00adbale Mari\u00adni de pri\u00adson en pri\u00adson quinze en un an, qui dit mieux (N.B.&nbsp;: le truc a \u00e9t\u00e9 uti\u00adli\u00ads\u00e9 r\u00e9cem\u00adment aus\u00adsi en Alle\u00admagne de l\u2019ouest, pour emp\u00ea\u00adch\u00e9 les d\u00e9te\u00adnus d\u2019\u00eatre secou\u00adrus par une orga\u00adni\u00adsa\u00adtion de d\u00e9fense&nbsp;: <em>Secours Rouge<\/em>). Un beau jour, on le d\u00e9barque \u00e0 la pri\u00adson de Cal\u00adta\u00adnis\u00adset\u00adta. C\u2019est joli, Cal\u00adta\u00adnis\u00adset\u00adta, et puis c\u2019est en Sicile, exac\u00adte\u00adment en plein milieu de la Sicile. C\u2019\u00e9\u00adtait en ao\u00fbt. Pour aller le voir, la m\u00e8re de Mari\u00adni part de Salerne&nbsp;: Salerne-Naples, 54 km&nbsp;; ensuite le bateau jus\u00adqu\u2019\u00e0 Catane, un peu plus de 600 km&nbsp;; ensuite le car jus\u00adqu\u2019\u00e0 Cal\u00adta\u00adnis\u00adset\u00adta, par des routes de mon\u00adtagne, 150 km. Un gen\u00adtil voyage. Remar\u00adquez, elle avait d\u00e9j\u00e0 pris l\u2019ha\u00adbi\u00adtude de voya\u00adger, pour le voir, son fis\u00adton&nbsp;; apr\u00e8s les pri\u00adsons de Salerne et de Naples, elle avait d\u00e9j\u00e0 visi\u00adt\u00e9 le par\u00adloir de la pri\u00adson de Fog\u00adgia (145 km de Salerne), de Poten\u00adza (122 km de Salerne, une plai\u00adsan\u00adte\u00adrie), de Mat\u00e9a (250 km de Sal\u00e9ne), de Rome (300 km de Salerne), de Brin\u00addi\u00adsi (380 km de Salerne), etc. J\u2019ar\u00adr\u00eate, on va croire que c\u2019est pour une agence de tourisme.&nbsp;<\/p>\n<p>\tBref, la dame arrive \u00e0 Cal\u00adta\u00adnis\u00adset\u00adta. Mari\u00adni vient de faire une gr\u00e8ve de la faim, en soli\u00adda\u00adri\u00adt\u00e9 avec les d\u00e9te\u00adnus de Rome. Les flics et le matons ras\u00adsurent Madame Mari\u00adni&nbsp;: <em>Je me rap\u00adpelle que le gar\u00addien-chef m\u2019a dit de ne pas m\u2019en faire, que Gio\u00advan\u00adni \u00e9tait bien, et n\u2019a\u00advait pas d\u2019en\u00adnuis. Cette fois-l\u00e0, je suis repar\u00adtie de Cal\u00adta\u00adnis\u00adset\u00adta assez tran\u00adquille<\/em>.<\/p>\n<p>\tSeule\u00adment apr\u00e8s, les d\u00e9fen\u00adseurs de la Loi et de l\u2019Ordre se sont mis au tra\u00advail. Il s\u2019a\u00adgis\u00adsait de trans\u00adfor\u00adm\u00e9 Mari\u00adni pour en faire un accu\u00ads\u00e9 <em>pr\u00e9\u00adsen\u00adtable<\/em>, <em>assa\u00adgi<\/em>&nbsp;; un peu comme dans les cor\u00adri\u00addas, on tra\u00advaille le tau\u00adreau avant de le lais\u00ads\u00e9 entrer dans l\u2019a\u00adr\u00e8ne, his\u00adtoire de faci\u00adli\u00adter le tra\u00advail du Maes\u00adtro. Mais lais\u00adsons la parole \u00e0 sa&nbsp;m\u00e8re&nbsp;:<\/p>\n<p>\t<em>Quelques semaines apr\u00e8s mon retour, un avo\u00adcat, un ami de la famille, vint le voir pour lui par\u00adler, mais ils ne le per\u00admirent pas. Ils disaient que les per\u00admis (de visite) n\u2019\u00e9\u00adtaient pas en r\u00e8gle. Per\u00adsonne n\u2019i\u00adma\u00adgi\u00adnait, per\u00adsonne ne pou\u00advait ima\u00adgi\u00adner que mon fils \u00e9tait dans une cel\u00adlule sou\u00adter\u00adraine, ligo\u00adt\u00e9 \u00e0 une ban\u00adquette, entre la vie et la mort. Comme cela fai\u00adsait long\u00adtemps qu\u2019il n\u2019\u00e9\u00adcri\u00advait pas, je revins le voir. \u00c0 peine arri\u00adv\u00e9e \u00e0 Cal\u00adta\u00adnis\u00adset\u00adta, ils ne vou\u00adlaient pas me per\u00admettre de le voir. Le gar\u00addien-chef \u00e9tait tr\u00e8s agi\u00adt\u00e9, et cela m\u2019a inqui\u00e9\u00adt\u00e9e. Apr\u00e8s des heures d\u2019in\u00adsis\u00adtance, enfin ils me l\u2019ont por\u00adt\u00e9. Mon pauvre fils, il ne disait rien&nbsp;; je ne le recon\u00adnais\u00adsais presque pas&nbsp;; les yeux rouges de sang, le visage, les mains livides&nbsp;; les larmes lui sor\u00adtaient en abon\u00addance, il ne disait rien. Je fais sem\u00adblant, avec peine, de ne pas \u00eatre \u00e9mue. J\u2019a\u00advais com\u00adpris, je m\u2019en allai. Cette sale\u00adt\u00e9 de gar\u00addien-chef me regar\u00addait avec atten\u00adtion&nbsp;; j\u2019ai trou\u00adv\u00e9 la force de lui sou\u00adrire, \u00e7a m\u2019\u00e9\u00adtonne encore.<\/em><\/p>\n<p>\tDepuis, on a su ce qui avait mis Mari\u00adni, qui n\u2019\u00e9\u00adtait pas pr\u00e9\u00adci\u00ads\u00e9\u00adment impres\u00adsion\u00adnable dans cet \u00e9tat&nbsp;: le <em>let\u00adto di conten\u00adzione<\/em>&nbsp;; on vous colle en cel\u00adlule, on vous attache sur une esp\u00e8ce de bas-flanc, et on vous laisse l\u00e0&nbsp;; on vous nour\u00adrit quand on a le temps, pour vos besoin vous vous d\u00e9brouillez. Le temps passe, si vous avez de la chance, pour vous dis\u00adtraire, les gar\u00addiens viennent vous flan\u00adquer une danse, mais c\u2019est ill\u00e9\u00adgal. Et puis on vous rat\u00adtache les deux pieds et les deux mains \u00e0 votre <em>lit<\/em>. Au bout de quelques semaines, vous voyez le travail.<\/p>\n<p>\t<em>Je suis all\u00e9e tout de suite \u00e0 Rome, chez Man\u00adca (chef de l\u2019ad\u00admi\u00adnis\u00adtra\u00adtion p\u00e9ni\u00adten\u00adtiaire), dans sa vil\u00adla, hors de la ville. Il m\u2019a re\u00e7ue tr\u00e8s mal. Il criait tout agi\u00adt\u00e9 et en sueur. Il disait que mon fils \u00e9tait tout juste bon pour la Sar\u00addaigne. Et il n\u2019ar\u00adr\u00ea\u00adtait pas de dire que la vil\u00adla n\u2019\u00e9\u00adtait pas \u00e0 lui. Mais qu\u2019est-ce que j\u2019a\u00advais \u00e0 faire de sa vil\u00adla&nbsp;? Je pen\u00adsais \u00e0 mon fils, dans quel \u00e9tat, frap\u00adp\u00e9 dans le noir par de l\u00e2ches poli\u00adciers. Et puis Spaz\u00adza\u00adli (avo\u00adcat, d\u00e9fen\u00adseur de Mari\u00adni) a fait la conf\u00e9\u00adrence de presse, et les jour\u00adnaux en ont&nbsp;parl\u00e9.<\/em><\/p>\n<p>\tM.&nbsp;Man\u00adca et son gar\u00addien-chef de la pri\u00adson de Cal\u00adta\u00adnis\u00adset\u00adta s\u2019\u00e9\u00adtaient dit qu\u2019a\u00adpr\u00e8s tout, le sep\u00adti\u00e8me enfant d\u2019un ouvrier de Salerne, un anar, \u00e7a ne ferait pas beau\u00adcoup de bruit. Pas de chance, \u00e7a en a fait. Alors M.&nbsp;Man\u00adca s\u2019af\u00adfole un peu. Ques\u00adtion&nbsp;: com\u00adbien de jours, M.&nbsp;Man\u00adca et ses amis poli\u00adtiques auraient-ils tenu sur le <em>let\u00adto di conten\u00adzione<\/em>&nbsp;?<\/p>\n<p>\tBref, le 28 f\u00e9vrier 1974, on s\u2019est d\u00e9ci\u00add\u00e9, apr\u00e8s un an et huit mois, \u00e0 faire pas\u00ads\u00e9 Mari\u00adni devant un tri\u00adbu\u00adnal. Il a fal\u00adlu des mois de manifs, de prises de parole dans toute l\u2019I\u00adta\u00adlie pour en arri\u00adver l\u00e0. Les n\u00e9o-fas\u00adcistes du M.S.I., de leur c\u00f4t\u00e9, essaient de pr\u00e9\u00adpa\u00adr\u00e9 le ter\u00adrain \u00e0 Salerne, cou\u00advrant les murs de la ville de menaces aux rouges, font venir des gros-bras de toute l\u2019I\u00adta\u00adlie pour qua\u00addriller la ville (ils ont le temps, eux, ils sont pay\u00e9s pour \u00e7a). Fina\u00adle\u00adment ils ont d\u00e9ci\u00add\u00e9 une marche sur Salerne. Pas de chance non plus. Le jour de l\u2019ou\u00adver\u00adture, la place \u00e9tait pleine de cen\u00adtaines d\u2019a\u00adnar\u00adchistes et de gau\u00adchistes. Alors, le pro\u00adc\u00e8s s\u2019est ouvert&nbsp;; le pr\u00e9\u00adsident (lunettes, l\u2019air s\u00e9rieux du juriste objec\u00adtif) pro\u00adpose \u00e0 Mari\u00adni de lui faire enle\u00adv\u00e9 les menottes. Mari\u00adni r\u00e9pond&nbsp;:<\/p>\n<p>\t<em>Votre hypo\u00adcri\u00adsie ne m\u2019in\u00adt\u00e9\u00adresse pas. D\u2019a\u00adbord vous me tenez li\u00e9 sur le lit de force, et puis, en public, vous vou\u00adlez avoir l\u2019air vrai\u00adment indulgent&nbsp;!<\/em><\/p>\n<p>\tL\u2019a\u00advo\u00adcat de la par\u00adtie civile (pour le fas\u00adciste Fal\u00advel\u00adla) est Ma\u00eetre de Mar\u00adsi\u00adco, tr\u00e8s connu des ita\u00adliens durant les ann\u00e9es trente, Mari\u00adni met aus\u00adsi les choses au&nbsp;point&nbsp;:<\/p>\n<p>\t<em>Vous avez \u00e9t\u00e9 ministre de la jus\u00adtice de Mus\u00adso\u00adli\u00adni, vous avez \u00e9t\u00e9 un des auteur du Code Roc\u00adco<\/em> (s\u00e9rie de lois inter\u00addi\u00adsant la gr\u00e8ve et don\u00adnant le mono\u00adpole aux syn\u00addi\u00adcats fas\u00adcistes ver\u00adti\u00adcaux, 1926, 1934), <em>vous \u00eates un fas\u00adciste, et puis c\u2019est marre<\/em>.<\/p>\n<p>\tEt puis Mari\u00adni pro\u00adfite de l\u2019au\u00addience pour d\u00e9non\u00adc\u00e9 les condi\u00adtions d\u2019in\u00adter\u00adne\u00adment en Ita\u00adlie, la mort r\u00e9cente d\u2019un d\u00e9te\u00adnu \u00e0 Salerne\u200a\u2014\u200aquand on sait ce qui s\u2019est pas\u00ads\u00e9 depuis, (mai 1974) \u00e0 Ales\u00adsan\u00addria, on voit que la sur\u00advie dans les pri\u00adsons n\u2019\u00e9\u00adtait pas seule\u00adment \u00e0 l\u2019ordre du jour \u00e0 Salerne (et ici aus\u00adsi, \u00e0 Saint-Paul\u2026).<\/p>\n<p>\tIl d\u00e9crit ce qu\u2019est le fas\u00adcisme dans le sud, il fait le pro\u00adc\u00e8s des sys\u00adt\u00e8mes auto\u00adri\u00adtaires. Dans la fou\u00adl\u00e9e, on en apprend de belles sur l\u2019ins\u00adtruc\u00adtion&nbsp;: pi\u00e8ces \u00e0 convic\u00adtion dis\u00adpa\u00adrues, t\u00e9moi\u00adgnages <em>char\u00adg\u00e9s<\/em>, inter\u00adro\u00adga\u00adtoires sans avocat.<\/p>\n<p>\tDe Mar\u00adsi\u00adco est un vieux mon\u00adsieur bedon\u00adnant, \u00e0 l\u2019\u0153il lourd et un peu \u00e9teint, quelques che\u00adveux blancs sur son cr\u00e2ne chauve, bien propre&nbsp;; \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui, deux autres avo\u00adcats, grosses lunettes, les l\u00e8vres minces, la bouche am\u00e8re. Ils font la gueule, \u00e7a ne marche pas comme \u00e7a devrait. \u00c0 l\u2019au\u00addience du 13 mars, la <em>force publique<\/em>, d\u00e9si\u00adreuse de cal\u00admer l\u2019en\u00adthou\u00adsiasme du public, fait irrup\u00adtion dans la salle et com\u00admence \u00e0 matra\u00adqu\u00e9 \u00e0 tout va. Ripostes. Le pr\u00e9\u00adsident Fien\u00adga (un juriste <em>objec\u00adtif<\/em>), fait \u00e9va\u00adcuer la salle et sus\u00adpend le pro\u00adc\u00e8s. Il faut quatre flics pour tra\u00ee\u00adn\u00e9 Mari\u00adni hors de la salle. Mari\u00adni retourne en t\u00f4le, \u00e0 Poten\u00adza&nbsp;; c\u2019est sa dix-hui\u00adti\u00e8me pri\u00adson. Il r\u00e9us\u00adsit \u00e0 mon\u00adter sur le toit. Cette fois-ci, les matons n\u2019osent plus trop lui cas\u00adser la figure. Son pro\u00adc\u00e8s repren\u00addra en juin. Enfin, peut-\u00eatre, on peut rien pro\u00admettre, rien ne presse. \u00c7a fera d\u00e9j\u00e0 deux ans de t\u00f4le <em>pr\u00e9\u00adven\u00adtive<\/em>.<\/p>\n<p>\tLes magis\u00adtrats veulent rou\u00advrir une cour d\u2019as\u00adsises, fer\u00adm\u00e9e depuis huit ans, \u00e0 Valle del\u00adla Luca\u00adnia, \u00e0 l\u2019in\u00adt\u00e9\u00adrieur des terres. Valle del\u00adla Luca\u00adnia est contr\u00f4\u00adl\u00e9e presque \u00e0 100&nbsp;% par la Camo\u00adra (la maf\u00adfia \u00e0 Naples). Une jus\u00adtice sereine, quoi.<\/p>\n<p>\tPen\u00addant ce temps-l\u00e0 \u00e0 Salerne, l\u2019ex\u00adploi\u00adta\u00adtion et la pau\u00advre\u00adt\u00e9, les clien\u00adt\u00e8les \u00e9lec\u00adto\u00adrales, une sorte de grande rage popu\u00adlaire latente&nbsp;; les com\u00adman\u00addos du M.S.I. conti\u00adnuent leur tac\u00adtique d\u2019ag\u00adgres\u00adsion dans les quar\u00adtiers pauvres.<\/p>\n<p>\tQuelques t\u00e9moignages&nbsp;:<\/p>\n<p>\u200a\u2014\u200a<em>Ici, il y a beau\u00adcoup de ch\u00f4\u00admage. Les patrons sont tous fas\u00adcistes, et si on veut tra\u00advailler, il faut prendre la carte du M.S.I. Les cama\u00adrades, for\u00adc\u00e9s par la faim, doivent prendre la carte s\u2019ils veulent tra\u00advailler. Moi aus\u00adsi, je l\u2019ai prise, et puis je l\u2019ai d\u00e9chi\u00adr\u00e9e. Je connais\u00adsais Mari\u00adni. C\u2019\u00e9\u00adtait un vrai cama\u00adrade, c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019ils l\u2019ont atta\u00adqu\u00e9. Ils vou\u00adlaient le des\u00adcendre parce qu\u2019il savait des choses sur les fas\u00adcistes. C\u2019est pour \u00e7a que m\u00eame en pri\u00adson, ils ont vou\u00adlu le des\u00adcendre. Dites aux cama\u00adrades qu\u2019ils se r\u00e9veillent avant qu\u2019ils le tuent. (Les choses que savait Mari\u00adni sur les fas\u00adcistes\u2026 Mari\u00adni avait ima\u00adgi\u00adn\u00e9 de s\u2019in\u00adt\u00e9\u00adres\u00adser \u00e0 la d\u00e9lin\u00adquance du coin, et \u00e0 accu\u00admu\u00adler pas mal de petits faits sur les liens entre le patro\u00adnat, la police et les com\u00adman\u00addos en che\u00admise noire. Ah&nbsp;! diable&nbsp;!).<\/em><\/p>\n<p>\u200a\u2014\u200a<em>Mari\u00adni, c\u2019\u00e9\u00adtait un bon c\u0153ur. Je le connais\u00adsais d\u2019a\u00advant, quand il venait dans mon quar\u00adtier&nbsp;; je n\u2019a\u00advais pas de tra\u00advail, et je fai\u00adsais la contre\u00adbande des ciga\u00adrettes. Apr\u00e8s on s\u2019est revu en pri\u00adson. C\u2019\u00e9\u00adtait lui le plus mal\u00adtrai\u00adt\u00e9 par les gar\u00addiens, mais il ne se pliait pas, nous au contraire, on fayo\u00adtait avec les gar\u00addiens. Tout le monde a fait ami\u00adti\u00e9 avec lui, mal\u00adgr\u00e9 que les gar\u00addiens nous avaient dit de nous tenir au large. Mari\u00adni, pour nous, c\u2019\u00e9\u00adtait un ami, pas un poli\u00adtique&nbsp;; les poli\u00adtiques, ils s\u2019es\u00adquivent&nbsp;; lui par\u00adlait d\u2019homme \u00e0 homme, il mon\u00adtait pas sur une estrade. Il par\u00adta\u00adgeait m\u00eame sa der\u00adni\u00e8re ciga\u00adrette. \u00c0 moi, il m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 \u00e9crire aux miens&nbsp;; moi je ne sais pas \u00e9crire. Les miens ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s contents. Les fas\u00adcistes venaient tous les jours l\u2019in\u00adsul\u00adter et le mena\u00adcer sous la fen\u00eatre de sa cel\u00adlule. Apr\u00e8s, il est venu tout un tas de gar\u00addiens arm\u00e9s&nbsp;: on n\u2019a\u00advait jamais vu \u00e7a. Ils l\u2019ont trans\u00adf\u00e9\u00adr\u00e9. Nous, on a fait une esp\u00e8ce d\u2019\u00e9\u00admeute pour le saluer. Y en a qui pleu\u00adraient. Il a re\u00e7u en cadeau avant de par\u00adtir, quelque chose comme 200 ou 300 paquets de ciga\u00adrettes. Lui disait de res\u00adter tran\u00adquille, pas don\u00adner un pr\u00e9\u00adtexte \u00e0 la pro\u00advo\u00adca\u00adtion<\/em> (un ex co-d\u00e9te\u00adnu de Mari\u00adni au d\u00e9but de son incar\u00adc\u00e9\u00adra\u00adtion \u00e0 Salerne).<\/p>\n<p>\u200a\u2014\u200a<em>Je vivais dans une cave humide, \u00e7a sen\u00adtait mau\u00advais. Mes enfants en sont encore malades. J\u2019ai \u00e9crit \u00e0 tout le monde, m\u00eame au Pr\u00e9\u00adsident de la R\u00e9pu\u00adblique, mais per\u00adsonne n\u2019a r\u00e9pon\u00addu. Alors on a pris la mai\u00adson. La police est venue, et on les a chas\u00ads\u00e9s&nbsp;; les fas\u00adcistes sont venus, on leur a don\u00adn\u00e9 leur compte. Les cama\u00adrades nous ont aid\u00e9. Mari\u00adni est un cama\u00adrade, et il a bien fait de don\u00adner son compte au fas\u00adciste. Nous irons au pro\u00adc\u00e8s, il faut y aller<\/em> (une femme qui a occu\u00adp\u00e9, avec 50 autre familles, un immeuble muni\u00adci\u00adpal, vide depuis deux ans. Les d\u00e9mo\u00adcrates-chr\u00e9\u00adtiens et les autres par\u00adtis poli\u00adtiques se servent de ces loge\u00adments pour main\u00adte\u00adnir leur clien\u00adt\u00e8le \u00e9lectorale).<\/p>\n<p>\u200a\u2014\u200a<em>J\u2019ai tra\u00advaill\u00e9 quinze ans sur les chan\u00adtiers, en France. J\u2019ai construit pas mal d\u2019im\u00admeubles, et j\u2019en suis deve\u00adnu malade. Je suis retour\u00adn\u00e9 \u00e0 Salerne, et l\u00e0 ils m\u2019ont refu\u00ads\u00e9 un loge\u00adment pour moi et ma famille. Mari\u00adni a bien fait de se d\u00e9fendre contre les fas\u00adcistes. Je les ai vus, moi, les fas\u00adcistes, en 43, quand ils pen\u00addaient des gar\u00ad\u00e7ons de 20 ans, cou\u00adpables de vou\u00adloir la liber\u00adt\u00e9 du peuple Main\u00adte\u00adnant les fas\u00adcistes veulent encore encha\u00ee\u00adner le peuple&nbsp;: nous devons les arr\u00ea\u00adter, Mari\u00adni doit \u00eatre lib\u00e9r\u00e9.<\/em><\/p>\n<h2>\u2013 O \u2013<\/h2>\n<p>\tVoi\u00adl\u00e0, c\u2019est le midi, son soleil, ses quar\u00adtiers popu\u00adlaires, avec le linge aux fen\u00eatres, o\u00f9 passent (rapi\u00adde\u00adment) les tou\u00adristes. Pour les gens qui y vivent, <em>peaux-rouges bou\u00adgnoules du midi<\/em>, c\u2019est le ch\u00f4\u00admage, la petite d\u00e9lin\u00adquance, les caves. Si tu veux du tra\u00advail, un loge\u00adment, \u00e7a peut s\u2019ar\u00adran\u00adger, prends la carte du M.S.I. (ailleurs, ou en France, ce sera une autre carte, un autre Par\u00adti). Si tu fais ta mau\u00advaise t\u00eate, m\u00e9fie-toi, tu vas avoir des ennuis. Pen\u00addant ce temps, de vieux types minables, per\u00adsua\u00add\u00e9s d\u2019\u00eatre des <em>t\u00eates poli\u00adtiques<\/em>, dis\u00adcourent \u00e0 la chambre ou dans les mee\u00adtings sur la volon\u00adt\u00e9 du monde poli\u00adtique d\u2019ar\u00adri\u00adver \u00e0 <em>r\u00e9soudre la ques\u00adtion m\u00e9ri\u00addio\u00adnale<\/em>. Et le par\u00adti com\u00admu\u00adniste ita\u00adlien, ici, ne vaut gu\u00e8re mieux&nbsp;: sa pre\u00admi\u00e8re r\u00e9ac\u00adtion, au d\u00e9but de l\u2019af\u00adfaire, a \u00e9t\u00e9 d\u2019ex\u00adpri\u00admer offi\u00adciel\u00adle\u00adment <em>ses pro\u00adfondes condo\u00adl\u00e9ances pour cette jeune vie tran\u00adch\u00e9e<\/em>, celle du fas\u00adciste Fal\u00advel\u00adla. Faire des dis\u00adcours \u00e0 la tri\u00adbune contre le <em>F\u00e2chisme<\/em>. \u00c7a va bien, mais quand on le ren\u00adcontre tous les jours dans son quar\u00adtier, dans la peur des autres, dans les petites his\u00adtoires minables, ou bien un soir, au coin d\u2019une rue sombre, qu\u2019est-ce qu\u2019on fait&nbsp;? Pen\u00addant que les <em>cr\u00e9\u00adtins par\u00adle\u00admen\u00adtaires<\/em> addi\u00adtionnent des votes, dans les quar\u00adtiers popu\u00adlaires de Salerne et de pas mal d\u2019autres villes ita\u00adliennes, se livrent de vraies luttes, sour\u00adnoises, et jour\u00adna\u00adli\u00e8res, contre la peur et la sou\u00admis\u00adsion. Ces luttes, des gens comme Mari\u00adni peuvent les mener, ils sont chez eux, ils connaissent le ter\u00adrain, c\u2019est les leurs qu\u2019ils d\u00e9fendent. Les mee\u00adtings anti-fas\u00adcistes ne sont peut-\u00eatre pas inutiles. Ils sont dix fois moins dan\u00adge\u00adreux pour le patro\u00adnat et les fas\u00adcistes qu\u2019un seul Mari\u00adni. Ce sont des gens comme Mari\u00adni que les fas\u00adcistes essaient d\u2019a\u00advoir, lors\u00adqu\u2019ils veulent s\u2019im\u00adplan\u00adter, comme ils disent, et contr\u00f4\u00adler plus \u00e9troi\u00adte\u00adment les quar\u00adtiers de cer\u00adtaines villes. Et der\u00adri\u00e8re les fas\u00adcistes, on trouve vite l\u2019\u00c9\u00adtat, ses flics et ses poli\u00adti\u00adciens, les pro\u00admo\u00adteurs, les <em>urba\u00adnistes<\/em>, les ven\u00addeurs de drogue.<\/p>\n<p>\tLe com\u00admis\u00adsaire Moli\u00adno, chef de la bri\u00adgade poli\u00adtique de Padoue, pro\u00adt\u00e9\u00adgeait les poseurs de bombes fas\u00adcistes&nbsp;; on vient seule\u00adment en haut lieu de s\u2019en aper\u00adce\u00advoir. Le com\u00admis\u00adsaire Cala\u00adbre\u00adsi, son col\u00adl\u00e8gue de Milan, a \u00e9t\u00e9 sup\u00adpri\u00adm\u00e9 par les fas\u00adcistes, parce qu\u2019il deve\u00adnait trop com\u00adpro\u00admet\u00adtant. Mais des fois, ces gens-l\u00e0 tombent sur un os. Mari\u00adni, c\u2019\u00e9\u00adtait un os, ils sont en train de s\u2019en aper\u00adce\u00advoir&nbsp;; il les emmerde autant en pri\u00adson que dehors.<\/p>\n<p>\t(Les inter\u00adview sont extraits de Par\u00adlan\u00addo di Gio\u00advan\u00adni Mari\u00adni, dans Rivis\u00adta A., nov.-d\u00e9c. 1973. Le comi\u00adt\u00e9 de d\u00e9fense G. Mari\u00adni de Flo\u00adrence, a \u00e9di\u00adt\u00e9 un dos\u00adsier int\u00e9\u00adres\u00adsant. Se scam\u00adpi ai fas\u00adcis\u00adti ci pen\u00adsa lo sta\u00adto \u2013 Dal\u00adla lot\u00adta al fas\u00adcis\u00admo nel saler\u00adni\u00adta\u00adno alle lotte nelle pri\u00adgio\u00adni del\u00adlo Sta\u00adto, l\u2019es\u00adpe\u00adrien\u00adza di un pro\u00adle\u00adta\u00adrio, Flo\u00adrence, 1974. Sur la \u00ab&nbsp;stra\u00adt\u00e9\u00adgie de la ten\u00adsion&nbsp;\u00bb des fas\u00adcistes en Ita\u00adlie, il y a pas mal de bou\u00adquins, j\u2019ai lu seule\u00adment L\u2019\u00c9\u00adtat mas\u00adsacre, Edi\u00adtions Champ Libre, Paris, 1971).<\/p>\n<p>Tir\u00e9 de \u00ab&nbsp;Infor\u00adma\u00adtions ras\u00adsem\u00adbl\u00e9es \u00e0 Lyon&nbsp;\u00bb. N\u00b0&nbsp;3)&nbsp;<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y avait eu l\u2019Af\u00adfaire Pinel\u00adli (un che\u00admi\u00adnot anar que la police de Milan avait inter\u00adro\u00adg\u00e9 un peu trop fort, et qu\u2019elle avait sui\u00adci\u00add\u00e9 ensuite).&nbsp; Il y avait eu, et il y a encore l\u2019Af\u00adfaire Val\u00adpre\u00adda (mas\u00adsacre \u00e0 la bombe \u00e0 Milan)&nbsp;: aujourd\u2019\u00adhui on conna\u00eet par\u00adfai\u00adte\u00adment les vrais cou\u00adpables, qui sont des mani\u00adtous fas\u00adcistes&nbsp;;&nbsp;ils&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[35],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-234","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-lanterne-noire-n1-juillet-aout-1974"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/234","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=234"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/234\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=234"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=234"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=234"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=234"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}