{"id":2385,"date":"2010-06-08T15:56:25","date_gmt":"2010-06-08T15:56:25","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2010\/06\/08\/quand-lindividu-sevadera\/"},"modified":"2010-06-08T15:56:25","modified_gmt":"2010-06-08T15:56:25","slug":"quand-lindividu-sevadera","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2010\/06\/08\/quand-lindividu-sevadera\/","title":{"rendered":"Quand l\u2019individu s\u2019\u00e9vadera"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2385?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2385?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>[[Voir les num\u00e9\u00adros <a href=\"751\">1<\/a> et <a href=\"2572\">2<\/a> de la <i>Revue Anar\u00adchiste<\/i>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le XXe si\u00e8cle contre l\u2019In\u00addi\u00advi\u00addu&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;L\u2019a\u00admour et l\u2019es\u00adp\u00e8ce contre l\u2019individu&nbsp;\u00bb.]]<\/p>\n<p>[(\t\u00ab&nbsp;Il n\u2019est rien si beau, et si l\u00e9gi\u00adtime que de faire bien l\u2019homme, et dument, ni science si ardue que de bien et natu\u00adrel\u00adle\u00adment savoir-vivre cette vie. La gen\u00adtille ins\u00adcrip\u00adtion, de quoi les Ath\u00e9\u00adniens hono\u00adr\u00e8rent la venue de Pom\u00adpeius en leur ville se conforme \u00e0 mon sens&nbsp;:\n\t<poesie>D\u2019au\u00adtant es-tu dieu,&nbsp;comme<br>\n\tTu te recon\u00adnais&nbsp;homme.&nbsp;\u00bb<\/poesie>\n<\/p><p>Mon\u00adtaigne.)]<\/p>\n<p>\tDe com\u00adpa\u00adgnie, libre\u00adment, en met\u00adtant nos pr\u00e9\u00adju\u00adg\u00e9s \u00e0 vif, nus et pal\u00adpi\u00adtants comme des vis\u00adc\u00e8res sur une table d\u2019am\u00adphi\u00adth\u00e9\u00e2tre, nous avons recher\u00adch\u00e9\u200a\u2014\u200aen dehors des conven\u00adtions bour\u00adgeoises comme des conven\u00adtions r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires\u200a\u2014\u200a\u00e0 ana\u00adly\u00adser les com\u00adpo\u00adsants, la r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 de l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019Homme en ins\u00adtance de formation.&nbsp;<\/p>\n<p>\tNous avons vu com\u00adbien les doubles et inexo\u00adrables filets qui enserrent nos indi\u00advi\u00addua\u00adli\u00adt\u00e9s (rets des sens et du carac\u00adt\u00e8re affec\u00adtif qui sont comme une peau invi\u00adsible et tenace super\u00adpo\u00ads\u00e9e \u00e0 notre peau cor\u00adpo\u00adrelle, rets des condi\u00adtions men\u00adtales et sociales de l\u2019exis\u00adtence humaine) nous avons vu, de com\u00adpa\u00adgnie, en <i>cher\u00adcheurs libres<\/i>, com\u00adbien l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu sem\u00adblait condi\u00adtion\u00adn\u00e9 et limi\u00adt\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on d\u00e9sesp\u00e9rante.<\/p>\n<p>\tNous n\u2019a\u00advons pas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>\tIl serait peu sage, \u00e0 mon avis, de se pr\u00e9\u00adtendre r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire, liber\u00adtaire, anar\u00adchiste et de pous\u00adser des cris d\u2019en\u00adfant chaque fois que l\u2019on nous arrache les plumes de nos illu\u00adsions. Sommes-nous bien d\u2019accord&nbsp;?<\/p>\n<p>\tIl serait indigne, enfin, d\u2019un homme libre (ou qui s\u2019ef\u00adforce de le deve\u00adnir) de ne pas essayer la gym\u00adnas\u00adtique de \u00ab&nbsp;se sur\u00admon\u00adter soi-m\u00eame&nbsp;\u00bb, comme disait Nietzsche, de ne pas voir que le plus grand adver\u00adsaire de l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu en marche vers son affran\u00adchis\u00adse\u00adment, c\u2019est l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu lui-m\u00eame, tant qu\u2019il n\u2019a pas op\u00e9\u00adr\u00e9 cette sorte de purge men\u00adtale, p\u00e9nible, mais salubre, dont je vous ai esquis\u00ads\u00e9 la m\u00e9thode.<\/p>\n<p>\tIl serait utile, au demeu\u00adrant, de com\u00adpl\u00e9\u00adter notre recherche, notre fouille dans ces pro\u00adfon\u00addeurs de l\u2019\u00eatre, par une \u00e9tude sur les condi\u00adtions dans les\u00adquelles la dou\u00adleur et la lai\u00addeur entravent et dimi\u00adnuent nos pos\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9s d\u2019affranchissement.<\/p>\n<p>\tC\u2019est un tra\u00advail auquel je me suis livr\u00e9, pour mon compte, et dont je vous ferai sans doute part quelque jour.<\/p>\n<p>\tMais dans ces notes, dans ces paroles d\u2019homme \u00e0 homme, de conscience \u00e0 conscience, j\u2019ai moins pr\u00e9\u00adten\u00addu r\u00e9di\u00adger un trai\u00adt\u00e9 dog\u00adma\u00adtique com\u00adplet que fouiller ta volon\u00adt\u00e9 et ta rai\u00adson promptes \u00e0 se conten\u00adter de peu. \u00d4 mon cama\u00adrade inconnu.<\/p>\n<p>\tSi j\u2019ai \u00e9tu\u00addi\u00e9 et r\u00e9uni d\u2019a\u00adbord les v\u00e9ri\u00adt\u00e9s capables de d\u00e9cou\u00adra\u00adger et d\u2019a\u00adbattre une per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 d\u00e9bile, je crois que les v\u00e9ri\u00adt\u00e9s que je t\u2019ai aid\u00e9 \u00e0 retrou\u00adver en toi sont bonnes et que les forts en sen\u00adti\u00adront le&nbsp;prix.<\/p>\n<p>[|<b>\u00a7 \u00a7 \u00a7<\/b>|]<\/p>\n<p>\tMon tra\u00advail est fini. Fr\u00e8re l\u2019Homme, le tien commence.<\/p>\n<p>\tCes \u00e9tudes dont je n\u2019ai jamais, certes, pr\u00e9\u00adten\u00addu faire un manuel Roret de l\u2019In\u00addi\u00advi\u00addu, mais un rapide et pres\u00adsant cri d\u2019ap\u00adpel, tu peux d\u00e9sor\u00admais les lais\u00adser dor\u00admir. Peu importe que tu m\u2019ou\u00adblies, si tu ne t\u2019ou\u00adblies plus toi-m\u00eame. Ma main t\u2019a secou\u00e9 dans le som\u00admeil de ta des\u00adti\u00adn\u00e9e, avec une tendre et ferme insistance.<\/p>\n<p>\tTu es r\u00e9veill\u00e9. Tu es \u00e9veill\u00e9.<\/p>\n<p>\tEn&nbsp;route&nbsp;!<\/p>\n<p>\tTu com\u00adprends \u00e0 cette heure comme c\u2019est beau <i>d\u2019\u00eatre un homme<\/i> et que cette r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 n\u2019a point de rap\u00adport avec la situa\u00adtion mis\u00e9\u00adrable ou contrainte que tu peux occu\u00adper dans la mosa\u00efque sociale.<\/p>\n<p>\tEpic\u00adt\u00e8te \u00e9tait esclave. Spi\u00adno\u00adza ouvrier en chambre. Cepen\u00addant, ils tenaient le monde entier dans leur pen\u00ads\u00e9e comme un roi du jeu de cartes tient un globe d\u2019or dans sa main, alors que des myriades d\u2019in\u00addi\u00advi\u00addus, somp\u00adtueu\u00adse\u00adment v\u00eatus d\u2019ha\u00adbits noirs ou pourpres, selon les lati\u00adtudes, ne sont que des appa\u00adrences d\u2019hommes, des ani\u00admaux b\u00e2tis \u00e0 l\u2019i\u00admage de l\u2019homme, mais qui n\u2019ont pas su trou\u00adver et suivre la <i>loi de l\u2019homme<\/i>.<\/p>\n<p>\tLa loi de l\u2019homme, le propre de l\u2019homme, c\u2019est de s\u00e9cr\u00e9\u00adter de la beau\u00adt\u00e9, de la paix, de la joie, si modestes que soient cette joie, cette beau\u00adt\u00e9, cette paix. La loi de l\u2019homme, c\u2019est-\u00e0-dire le secret de la vie int\u00e9\u00adrieure, c\u2019est savoir aimer.<\/p>\n<p>\tAimer, c\u2019est avoir pour corps et pour coeur, non plus seule\u00adment notre c\u0153ur, nos tripes, nos bras, nos jambes, mais toute la r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 que nous pou\u00advons sen\u00adtir et pres\u00adsen\u00adtir. <i>Aimer, c\u2019est vivre<\/i>.<\/p>\n<p>[|<b>.\u2026 .\u2026 \u2026<\/b>|]<\/p>\n<p>\tIl \u00e9tait une fois, racontent les Orien\u00adtaux, un roi tr\u00e8s puis\u00adsant et tr\u00e8s sage qui s\u2019\u00e9\u00adtait mis en t\u00eate de conna\u00eetre l\u2019his\u00adtoire de l\u2019homme. Il fit venir tous les savants de son royaume et leur&nbsp;dit&nbsp;:<\/p>\n<p>\u200a\u2014\u200aVoi\u00adci les clefs de mes tr\u00e9\u00adsors. Puisez\u2011y l\u2019or qu\u2019il vous fau\u00addra. Deman\u00addez-moi du temps, des palais, des esclaves, des scribes. Mais retra\u00adcez-moi, de la cr\u00e9a\u00adtion du monde \u00e0 nos jours, d\u2019un bout du monde \u00e0 ses anti\u00adpodes, l\u2019his\u00adtoire uni\u00adver\u00adselle des hommes, \u00e0 tra\u00advers les si\u00e8cles des si\u00e8cles.<\/p>\n<p>\tLe roi \u00e9tait jeune, lib\u00e9\u00adral, g\u00e9n\u00e9\u00adreux. Les plus illustres savants vou\u00adlurent concou\u00adrir \u00e0 l\u2019\u00e9\u00addi\u00adfi\u00adca\u00adtion de cette his\u00adtoire. D\u2019im\u00admenses salles furent b\u00e2ties o\u00f9 s\u2019en\u00adtas\u00adsaient leurs archives. Des cara\u00advanes de voya\u00adgeurs et de capi\u00adtaines sillon\u00adnaient les terres et les mers, \u00e0 leur ser\u00advice. Nuit et jour des mil\u00adliers de scribes \u00e9cri\u00advaient et clas\u00adsaient sous leur dic\u00adt\u00e9e les innom\u00adbrables cha\u00adpitres de l\u2019his\u00adtoire humaine.<\/p>\n<p>\tTous les ans le roi allait voir s\u2019a\u00admon\u00adce\u00adler les manus\u00adcrits. Mais les savants se pros\u00adter\u00adnaient et disaient&nbsp;:<\/p>\n<p>\u200a\u2014\u200aPatiente, \u00f4 grand roi. Mal\u00adgr\u00e9 notre dili\u00adgence nous avons \u00e0 peine effleu\u00adr\u00e9 encore le for\u00admi\u00addable secret des&nbsp;\u00e2ges.<\/p>\n<p>\tUn jour le roi obser\u00adva&nbsp;:\u200a\u2014\u200aJe deviens vieux. Votre labeur serait-il ache\u00adv\u00e9 que je ne pour\u00adrais me le faire lire tout entier. R\u00e9su\u00admez-moi en dix livres toute l\u2019his\u00adtoire humaine.<\/p>\n<p>\tDix ans apr\u00e8s, les savants revinrent avec leurs livres aupr\u00e8s du roi vieux et pensif.<\/p>\n<p>\u2014 Je n\u2019au\u00adrais plus, fit-il, le temps de lire vos dix livres. R\u00e9su\u00admez-moi en un seul toute l\u2019his\u00adtoire humaine, que j\u2019en emporte avec moi l\u2019es\u00adsence avant de quit\u00adter les royaumes de la&nbsp;vie.<\/p>\n<p>\tQuand le der\u00adnier des savants se tra\u00ee\u00adna jus\u00adqu\u2019au palais, un petit livre dans sa main trem\u00adblante, l\u2019i\u00admage de la mort veillait au pied de la couche royale et le mou\u00adrant put seule\u00adment balbutier&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2014 Ne pour\u00adrais-tu, d\u2019une phrase, me r\u00e9su\u00admer l\u2019his\u00adtoire humaine?\u2026<\/p>\n<p>\tEt les princes, les capi\u00adtaines, les grands de la terre qui entou\u00adraient le lit fun\u00e8bre s\u2019in\u00adcli\u00adn\u00e8rent et d\u2019un souffle le savant dit&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2014 Sire, ils ont v\u00e9cu, ils ont aim\u00e9, ils sont&nbsp;morts.<\/p>\n<p>[|<b>.\u2026 .\u2026 \u2026<\/b>|]<\/p>\n<p>\tAin\u00adsi l\u2019es\u00adprit, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu qui se pense, apr\u00e8s avoir recen\u00ads\u00e9 les tr\u00e9\u00adsors qu\u2019il porte ou fabrique, est rame\u00adn\u00e9 \u00e0 la loi d\u2019u\u00adni\u00adt\u00e9 har\u00admo\u00adnieuse \u00e0 laquelle il devait aboutir&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n<p>\tLe vrai, c\u2019est l\u2019u\u00adni\u00adt\u00e9 et l\u2019har\u00admo\u00adnie du monde ren\u00addues <i>intel\u00adli\u00adgibles<\/i>. <\/p>\n<p>\tLe beau, c\u2019est l\u2019u\u00adni\u00adt\u00e9 et l\u2019har\u00admo\u00adnie du monde, ren\u00addues <i>sen\u00adsibles<\/i>, vivantes, humaines.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLe bien, c\u2019est l\u2019u\u00adni\u00adt\u00e9 et l\u2019har\u00admo\u00adnie du monde, trans\u00adpo\u00ads\u00e9es et r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e9es en acte. Et le bien a deux noms&nbsp;: bon\u00adheur s\u2019il s\u2019ap\u00adplique \u00e0 l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu, jus\u00adtice s\u2019il s\u2019ap\u00adplique aux foules sociales.&nbsp;<\/p>\n<p>\tEt main\u00adte\u00adnant, qu\u2019est-ce que&nbsp;vivre&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n<p>\tEst-ce pen\u00adser?\u2026 C\u2019est plus et autre&nbsp;chose.&nbsp;<\/p>\n<p>\tSen\u00adtir?\u2026 Plus et mieux encore.&nbsp;<\/p>\n<p>\tAgir?\u2026 Encore autre&nbsp;chose\u2026&nbsp;<\/p>\n<p>\tC\u2019est suivre la loi de l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu, qui est \u00e9ter\u00adnelle \u00e0 tra\u00advers ses reflets \u00e9ph\u00e9\u00adm\u00e8res, c\u2019est-\u00e0-dire cro\u00eetre, don\u00adner sa fleur et retour\u00adner se confondre dans le tor\u00adrent radieux des forces. Vivre, c\u2019\u00e9\u00adtait bien peu de choses, l\u2019autre soir, quand tu musais devant la bou\u00adtique du libraire\u2026 Et main\u00adte\u00adnant, c\u2019est une r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 si com\u00admune et si rare, si humble et si magni\u00adfique \u00e0 la fois que les mots humains h\u00e9sitent et bal\u00adbu\u00adtient quand ils veulent en expri\u00admer toute la splen\u00addeur, for\u00admu\u00adler les com\u00adman\u00adde\u00adments de la <i>divi\u00adni\u00adt\u00e9 humaine<\/i>. Comme ils sont tous au fond de toi, qu\u2019ils sont p\u00e9tris dans la p\u00e2te m\u00eame de ta vie, que la rai\u00adson les for\u00admule, que l\u2019a\u00admour les \u00e9claire, tu peux d\u00e9sor\u00admais te faire tout seul un pauvre Para\u00addis ter\u00adrestre dont nulle \u00e9p\u00e9e flam\u00adboyante ne vien\u00addra te chasser.<\/p>\n<p>\tAdieu. Embrasse-moi, fr\u00e8re l\u2019Homme. Je te sou\u00adhaite, en te quit\u00adtant, cette ga\u00ee\u00adt\u00e9 d\u2019es\u00adprit que les anciens appe\u00adlaient sagesse, que les chr\u00e9\u00adtiens appe\u00adlaient gr\u00e2ce, et qui n\u2019est que la conscience prise, par l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu, de sa r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9. Je sup\u00adpose qu\u2019\u00e0 cette heure la mai\u00adson dort autour de toi et qu\u2019au-dehors la grand\u2019\u00adville noire dort et r\u00eave\u2026 Tu as refer\u00adm\u00e9 ces pages. Le lit, acompte pai\u00adsible de la mort, reprend ton corps las en atten\u00addant qu\u2019une autre jour\u00adn\u00e9e recom\u00admence pour ton tra\u00advail et ta pens\u00e9e.<\/p>\n<p>\tTu vas dor\u00admir et tu n\u2019exis\u00adte\u00adras plus que d\u2019une fa\u00e7on informe et confuse, comme un grain de bl\u00e9 qui attend de ger\u00admer sous la terre obs\u00adcure. Mais tu sais, en t\u2019en\u00addor\u00admant que demain, dans ton lit, tu retrou\u00adve\u00adras un <i>homme<\/i>.<\/p>\n<p>\tAin\u00adsi, jus\u00adqu\u2019\u00e0 ce jour tu dor\u00admais, et tu ne savais peut-\u00eatre pas que, dans le som\u00admeil de ta vie, tu pou\u00advais te r\u00e9veiller <i>homme<\/i>.<\/p>\n<p>\tDors, mon fr\u00e8re bien-aim\u00e9, demain il fera jour et tu dois com\u00admen\u00adcer une nou\u00advelle vie comme on com\u00admence un voyage, par un matin alerte et clair, sur des routes inconnues\u2026<\/p>\n<p>Ganz-Allein.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[[Voir les num\u00e9\u00adros 1 et 2 de la Revue Anar\u00adchiste&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le XXe si\u00e8cle contre l\u2019In\u00addi\u00advi\u00addu&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;L\u2019a\u00admour et l\u2019es\u00adp\u00e8ce contre l\u2019individu&nbsp;\u00bb.]] [( \u00ab&nbsp;Il n\u2019est rien si beau, et si l\u00e9gi\u00adtime que de faire bien l\u2019homme, et dument, ni science si ardue que de bien et natu\u00adrel\u00adle\u00adment savoir-vivre cette vie. La gen\u00adtille ins\u00adcrip\u00adtion, de quoi les Ath\u00e9niens&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[302],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-2385","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-revue-anarchiste-n3-fevrier-1930"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2385","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2385"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2385\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2385"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2385"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2385"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=2385"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}