{"id":2399,"date":"2010-06-22T23:13:05","date_gmt":"2010-06-22T23:13:05","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2010\/06\/22\/lart-evasion-de-lindividu\/"},"modified":"2010-06-22T23:13:05","modified_gmt":"2010-06-22T23:13:05","slug":"lart-evasion-de-lindividu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2010\/06\/22\/lart-evasion-de-lindividu\/","title":{"rendered":"L\u2019art, \u00e9vasion de l\u2019individu"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2399?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2399?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>[[Voir les nos 1, 2 et 3 de la <i>Revue Anar\u00adchiste<\/i>.]]<\/p>\n<p><\/p>\n<p>\tDans notre recherche, pour notre recherche de <i>l\u2019homme<\/i>, de l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu en marche vers son affran\u00adchis\u00adse\u00adment, je vous avais pro\u00admis un exemple.<\/p>\n<p>\tVous juge\u00adrez si la vie de Mau\u00adrice Lou\u00adtreuil n\u2019a pas cette \u00e9lo\u00adquence didac\u00adtique et poi\u00adgnante qui convient \u00e0 l\u2019en\u00adsei\u00adgne\u00adment que nous ten\u00adtons de nous donner.<\/p>\n<p>\tLou\u00adtreuil est mort, \u00e0 trente-huit ans, en 1925. Il nous reste de lui, avec ses toiles, sa cor\u00adres\u00adpon\u00addance, qu\u2019une cama\u00adrade de ses der\u00adniers jours, Cham\u00adpi\u00adgny, vient de publier chez Firmin-Didot.<\/p>\n<p>\tC\u2019est, mal\u00adheu\u00adreu\u00adse\u00adment, un gros et beau livre de luxe, dif\u00adfi\u00adcile \u00e0 acqu\u00e9\u00adrir. Je sou\u00adhaite qu\u2019il en soit fait un jour une \u00e9di\u00adtion popu\u00adlaire, pour que la pen\u00ads\u00e9e et la parole de Lou\u00adtreuil se r\u00e9pandent dans les consciences sus\u00adcep\u00adtibles de l\u2019assimiler.<\/p>\n<p>\tJe retrouve, dans mes fiches, ce qu\u2019un de mes bons amis \u00e9cri\u00advit \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 Lou\u00adtreuil, \u00e9cra\u00ads\u00e9 par la vie, suc\u00adcom\u00adbait \u00e0 l\u2019h\u00f4\u00adpi\u00adtal Broussais\u2026<\/p>\n<p><quote>\tLou\u00adtreuil\u2026 Visage tour\u00admen\u00adt\u00e9, mas\u00adsif, tout en volumes sillon\u00adn\u00e9s de gros muscles anxieux&nbsp;; une peau de blond, mais curieu\u00adse\u00adment h\u00e2l\u00e9e, moins\u200a\u2014\u200apeut-\u00eatre\u200a\u2014\u200apar le grand vent des aven\u00adtures que par ce feu br\u00fb\u00adlant en son \u00e2me&nbsp;; des yeux atten\u00adtifs, tr\u00e8s doux, comme enfan\u00adtins, et si trans\u00adpa\u00adrents qu\u2019on voyait, au tra\u00advers, le vrai Lou\u00adtreuil, timide, d\u00e9li\u00adcieux. Secret\u2026<\/quote><\/p>\n<p>\tIl habi\u00adtait \u00e0 la lisi\u00e8re du Pr\u00e9-Saint-Ger\u00advais, dans un ter\u00adrain r\u00e2p\u00e9, sinistre, h\u00e9ris\u00ads\u00e9 d\u2019arbres morts, autour duquel quelques mai\u00adsons, cari\u00e9es et vertes, ache\u00advaient de s\u2019ef\u00adfon\u00addrer. Il y avait b\u00e2ti, lui-m\u00eame, un \u00e9trange ate\u00adlier de bois, de toile et de verre, qui \u00e9vo\u00adquait la coque d\u2019une vieille barque ren\u00adver\u00ads\u00e9e\u2026 Dedans, un po\u00eale, la planche de trap\u00adpiste sur laquelle il dor\u00admait, des livres et des fleurs\u2026<\/p>\n<p>\tC\u2019est l\u00e0 qu\u2019il pei\u00adgnait ces toiles rapides, hagardes, pro\u00adfondes, o\u00f9 Lou\u00adtreuil semble avoir vou\u00adlu fixer, sans retour, dans la minute m\u00eame o\u00f9 elles frap\u00adpaient sa r\u00e9tine et son cer\u00adveau, les impres\u00adsions, les construc\u00adtions colo\u00adr\u00e9es et fugi\u00adtives des choses. Il pei\u00adgnait une, deux, cinq heures, tant que duraient la joie, l\u2019\u00e9\u00admo\u00adtion. Il ne reve\u00adnait pour ain\u00adsi dire jamais sur une toile. Et c\u2019est pour\u00adquoi, dans sa fougue, dans sa h\u00e2te, avec des mor\u00adceaux si soli\u00adde\u00adment et cruel\u00adle\u00adment \u00ab&nbsp;peints&nbsp;\u00bb, l\u2019\u0153uvre de Lou\u00adtreuil conserve ce je ne sais quoi d\u2019hal\u00adlu\u00adci\u00adnant, de vivant, de \u00ab&nbsp;direct&nbsp;\u00bb, qui fait s\u2019ar\u00adr\u00ea\u00adter, devant ses tableaux, avec \u00e9mo\u00adtion et res\u00adpect, les vrais peintres. D\u2019autre part, ses grands car\u00adnets d\u2019a\u00adqua\u00adrelles (sc\u00e8nes de caf\u00e9s et d\u2019a\u00adca\u00add\u00e9\u00admies en Mont\u00adpar\u00adnasse) si fines, si fra\u00eeches, si pures, r\u00e9v\u00e8lent \u00e0 ses intimes le Lou\u00adtreuil amou\u00adreux d\u2019\u00e9\u00adl\u00e9\u00adgantes d\u00e9li\u00adca\u00adtesses, et qui cachait ce go\u00fbt comme une infirmit\u00e9\u2026&nbsp;<\/p>\n<p>\tArt tout de pro\u00adbi\u00adt\u00e9. de sin\u00adc\u00e9\u00adri\u00adt\u00e9 et d\u2019in\u00adqui\u00e9\u00adtude. Vie toute d\u2019i\u00add\u00e9a\u00adlisme et de tra\u00advail. Ceux qui ont connu l\u2019homme vous diront qu\u2019il sur\u00adpas\u00adsait peut-\u00eatre l\u2019ar\u00adtiste en gran\u00addeur et en digni\u00adt\u00e9&nbsp;: l\u2019ar\u00adtiste se cher\u00adchait encore&nbsp;; l\u2019homme s\u2019\u00e9\u00adtait trouv\u00e9.<\/p>\n<p>\tLou\u00adtreuil naquit \u00e0 Che\u00adran\u00adc\u00e9, dans la Sarthe, d\u2019une famille bour\u00adgeoise qui le des\u00adti\u00adnait au nota\u00adriat. Apr\u00e8s de solides \u00e9tudes clas\u00adsiques, il passe ses exa\u00admens de droit. Il \u00e9tait sur le point d\u2019a\u00adche\u00adter une \u00e9tude de notaire quand, au der\u00adnier moment, il d\u00e9faille devant cette pers\u00adpec\u00adtive d\u2019une vie cap\u00adtive entre des car\u00adtons verts et des devoirs arides. Il fuit vers Paris, vers la pein\u00adture, vers la&nbsp;vie.<\/p>\n<p>\tIl gagne son pain p\u00e9ni\u00adble\u00adment avec des des\u00adsins dans les jour\u00adnaux (notam\u00adment au <i>Radi\u00adcal<\/i>, o\u00f9 je le connus, vers 1913). Puis, d\u00e9j\u00e0 tour\u00admen\u00adt\u00e9 de cette \u00ab&nbsp;humeur inqui\u00e8te&nbsp;\u00bb qui devait l\u2019hal\u00adlu\u00adci\u00adner toute sa vie, il part pour la Sar\u00addaigne, fait de la pein\u00adture en Ita\u00adlie. La guerre \u00e9clate. Il oublie de dire qu\u2019il \u00e9tait exemp\u00adt\u00e9, passe en conseil de guerre \u00e0 Mar\u00adseille, est r\u00e9for\u00adm\u00e9 pour \u00ab&nbsp;d\u00e9mence sociale&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;\u00f4 coeur br\u00fb\u00adlant d\u2019a\u00admour et cour\u00adrou\u00adc\u00e9 des injus\u00adtices mortelles&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<br>\n<\/p>\n<p>\tC\u2019\u00e9\u00adtait bien, l\u00e0, l\u2019homme qui \u00e9cri\u00advit, d\u00e8s&nbsp;1913&nbsp;:<\/p>\n<blockquote><p>\t\u00ab&nbsp;J\u2019\u00e9\u00adprouve le besoin de m\u2019en aller, car je ne peux pas sup\u00adpor\u00adter la vie hypo\u00adcrite de la bour\u00adgeoi\u00adsie, ni la vie d\u00e9r\u00e9\u00adgl\u00e9e de la plu\u00adpart de mes camarades\u2026\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>\t\u00c0 la guerre, il gagnait l\u2019I\u00adta\u00adlie et, de l\u00e0, \u00e9cri\u00advait la lettre que&nbsp;voici&nbsp;:<\/p>\n<p><quote>Cabras, le 18 d\u00e9cembre<\/quote><\/p>\n<p>\u00c0 Mon\u00adsieur le Com\u00adman\u00addant du Bureau de Recru\u00adte\u00adment du&nbsp;Mans.<\/p>\n<p>Mon\u00adsieur le Commandant,<\/p>\n<p>\tJ\u2019ai connais\u00adsance qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 fait des enqu\u00eates dans ma famille \u00e0 mon sujet&nbsp;; je d\u00e9sire les pr\u00e9\u00adci\u00adser moi-m\u00eame afin qu\u2019il n\u2019y ait aucune confu\u00adsion possible.<\/p>\n<p>\tDepuis 1900, \u00e9poque \u00e0 laquelle j\u2019ai quit\u00adt\u00e9 Le Mans o\u00f9 j\u2019\u00e9\u00adtais clerc de notaire, pour aller faire des \u00e9tudes de peintre \u00e0 Paris, je n\u2019ai ces\u00ads\u00e9 de me rap\u00adpro\u00adcher d\u2019une plus grande liber\u00adt\u00e9 de pen\u00ads\u00e9e, en m\u00eame temps que je cher\u00adchais \u00e0 y confor\u00admer ma vie qui est toute d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9\u00adtude de la peinture.<\/p>\n<p>\tOr. je consi\u00add\u00e8re qu\u2019il n\u2019y a rien au monde qui doive m\u2019en dis\u00adtraire&nbsp;; je r\u00e9prouve l\u2019u\u00adsage des armes et je veux le mani\u00adfes\u00adter clairement.<\/p>\n<p>\tJe d\u00e9sire vivre comme je pense, dans l\u2019\u00e9\u00adtude, et c\u2019est&nbsp;assez.<\/p>\n<p>\tIl y a besoin d\u2019hommes pour pra\u00adti\u00adquer les v\u00e9ri\u00adt\u00e9s acquises et acqu\u00e9\u00adrir celles qui ne le sont pas encore&nbsp;; je ne connais pas d\u2019autre devoir.<\/p>\n<p>\tJe regrette tout ce qui ten\u00addrait \u00e0 me limi\u00adter, \u00e0 m\u2019entraver.<\/p>\n<p>\tJe n\u2019ai rien \u00e0 ajouter.<\/p>\n<p>\tCroyez, Mon\u00adsieur le Com\u00adman\u00addant, \u00e0 mes bons sentiments<\/p>\n<p>LOUTREUIL.<\/p>\n<p>\tLe 26 mars 1916, les gen\u00addarmes ita\u00adliens le livraient aux gen\u00addarmes fran\u00ad\u00e7ais, qui l\u2019en\u00adcha\u00ee\u00adn\u00e8rent et le condui\u00adsirent \u00e0 Mar\u00adseille, au fort Saint-Nicolas.<\/p>\n<p>\tLe 12 d\u00e9cembre 1916, il est d\u00e9cla\u00adr\u00e9 fou, par un non-lieu dont il semble curieux et ins\u00adtruc\u00adtif de publier le&nbsp;texte&nbsp;:<\/p>\n<p><quote>[|R\u00c9PUBLIQUE FRAN\u00c7AISE.<br>\n\u2015<br>\n15<sup>e<\/sup> R\u00c9GION DE CORPS D\u2019ARM\u00c9E<br>\n\u2015<br>\nArticle 108<br>\ndu Code de Jus\u00adtice Militaire<br>\n\u2015<br>\nOrdon\u00adnance de non-lieu<br>\nN\u00b0&nbsp;616<br>\n\tLe G\u00e9n\u00e9\u00adral com\u00adman\u00addant la 15<sup>e<\/sup> r\u00e9gion de Corps d\u2019Arm\u00e9e,<\/quote><\/p>\n<p>\tVu la pro\u00adc\u00e9\u00addure ins\u00adtruite contre le nom\u00adm\u00e9 Lou\u00adtreuil (Mau\u00adrice-Albert), r\u00e9ser\u00adviste de la classe 1905, du Bureau de recru\u00adte\u00adment du Mans, incul\u00adp\u00e9 d\u2019in\u00adsou\u00admis\u00adsion \u00e0 la loi sur le recru\u00adte\u00adment de l\u2019ar\u00adm\u00e9e eu temps de guerre&nbsp;;<\/p>\n<p>\tVu le rap\u00adport et l\u2019a\u00advis de M.&nbsp;le Rap\u00adpor\u00adteur et les conclu\u00adsions de M.&nbsp;le Com\u00admis\u00adsaire du Gou\u00adver\u00adne\u00adment pr\u00e8s le Conseil de guerre, ten\u00addant \u00e0 ce que le sus\u00adnom\u00adm\u00e9 soit ren\u00advoy\u00e9 des fins de la plainte&nbsp;;<\/p>\n<p>\tAtten\u00addu qu\u2019il r\u00e9sulte du rap\u00adport de M.&nbsp;le M\u00e9de\u00adcin aide-major de 2<sup>e<\/sup> classe Blan\u00adchard, com\u00admis par l\u2019of\u00adfi\u00adcier ins\u00adtruc\u00adteur, \u00e0 l\u2019ef\u00adfet d\u2019exa\u00admi\u00adner l\u2019in\u00adcul\u00adp\u00e9 au point de vue men\u00adtal, que ce der\u00adnier \u00e9tait, au moment du d\u00e9lit qui lui est repro\u00adch\u00e9, en \u00e9tat de d\u00e9mence dans le sens de l\u2019ar\u00adticle 64 du Code p\u00e9nal, et qu\u2019il ne doit pas \u00eatre consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9 comme responsable&nbsp;;<\/p>\n<p>\tVu l\u2019ar\u00adticle 108 du Code de jus\u00adtice militaire&nbsp;;<\/p>\n<p>\tD\u00e9clare qu\u2019en l\u2019\u00e9\u00adtat il n\u2019y a pas lieu de pro\u00adnon\u00adcer la mise en juge\u00adment et ordonne que ledit Lou\u00adtreuil (Mau\u00adrice-Albert) sera sur-le-champ mis en liber\u00adt\u00e9, s\u2019il n\u2019est d\u00e9te\u00adnu pour autre&nbsp;cause.<\/p>\n<p>\tFait au quar\u00adtier g\u00e9n\u00e9\u00adral, \u00e0 Marseille.<\/p>\n<p>\tLe 12 d\u00e9cembre 1916.<\/p>\n<p>Sign\u00e9&nbsp;: COQUET.<\/p>\n<p>\tLibre, Lou\u00adtreuil part pour l\u2019A\u00adfrique du Nord et les Bal\u00e9ares, revient en France avec une riche pro\u00advi\u00adsion d\u2019i\u00add\u00e9es et d\u2019\u00e9\u00adtudes, expose au groupe coop\u00e9\u00adra\u00adtif de <i>L\u2019En\u00adcrier<\/i>, rue du Bac, aux Ind\u00e9\u00adpen\u00addants, au Salon d\u2019Au\u00adtomne, ach\u00e8te un bout de ter\u00adrain au Pr\u00e9-Saint-Ger\u00advais, sur lequel il construit son ate\u00adlier et son logis d\u2019as\u00adc\u00e8te, part pour le S\u00e9n\u00e9\u00adgal et le Sou\u00addan en 1923, revient, com\u00admence \u00e0 vendre ses toiles, et meurt, dans d\u2019a\u00adtroces souf\u00adfrances, plein de cette s\u00e9r\u00e9\u00adni\u00adt\u00e9 am\u00e8re et pas\u00adsion\u00adn\u00e9e qui \u00e9tait toute sa sagesse.<\/p>\n<blockquote><p>\tQuant \u00e0 la vie, \u00e9cri\u00advait-il, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adle\u00adment cru\u00adci\u00adfi\u00e9 par elle&nbsp;; il me reste, de toutes les souf\u00adfrances et d\u00e9cep\u00adtions subies, une amer\u00adtume, une tris\u00adtesse insou\u00adte\u00adnable&nbsp;; j\u2019ai sai\u00adgn\u00e9 \u00e0 toutes les mis\u00e8res du c\u0153ur\u200a\u2014\u200ales beaux jours se sont \u00e9cou\u00adl\u00e9s, sont par\u00adtis sans moi&nbsp;; tout est per\u00addu main\u00adte\u00adnant, sans m\u00eame avoir vu le jour&nbsp;; je n\u2019ai pas de sou\u00adve\u00adnir pour me conso\u00adler. Je dis cela \u00e0 haute voix, parce que je vou\u00addrais que cela n\u2019ar\u00adrive pas \u00e0 d\u2019autres.<\/p><\/blockquote>\n<p>\tVoi\u00adl\u00e0 quel fut l\u2019homme. J\u2019au\u00adrai \u00e0 reve\u00adnir sur sa vie et son ensei\u00adgne\u00adment. Pour cette fois, le plus sage et le plus simple \u00e9tait, dans la plus grande mesure pos\u00adsible, de lui lais\u00adser la parole. Car, nous autres, au fond, ne sommes le plus sou\u00advent que des bavards timo\u00adr\u00e9s. Et il est bon que de tels hommes, par leur exemple, leur vie, leur sacri\u00adfice, viennent nous rap\u00adpe\u00adler que la vie est \u00ab&nbsp;quelque chose qui a besoin d\u2019\u00eatre surmont\u00e9\u00bb\u2026<\/p>\n<p>Ganz-Allein<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[[Voir les nos 1, 2 et 3 de la Revue Anar\u00adchiste.]] Dans notre recherche, pour notre recherche de l\u2019homme, de l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu en marche vers son affran\u00adchis\u00adse\u00adment, je vous avais pro\u00admis un exemple. Vous juge\u00adrez si la vie de Mau\u00adrice Lou\u00adtreuil n\u2019a pas cette \u00e9lo\u00adquence didac\u00adtique et poi\u00adgnante qui convient \u00e0 l\u2019en\u00adsei\u00adgne\u00adment que nous ten\u00adtons&nbsp;de&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[303],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-2399","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-revue-anarchiste-na4-mars-1930"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2399","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2399"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2399\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2399"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2399"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2399"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=2399"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}