{"id":2521,"date":"2010-07-16T16:02:56","date_gmt":"2010-07-16T16:02:56","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2010\/07\/16\/hermonies-et-illusion\/"},"modified":"2010-07-16T16:02:56","modified_gmt":"2010-07-16T16:02:56","slug":"hermonies-et-illusion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2010\/07\/16\/hermonies-et-illusion\/","title":{"rendered":"Hermonies et illusion"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2521?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2521?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>\tLe calme de cet apr\u00e8s-midi d\u2019oc\u00adtobre \u00e9tait emprunt de toute une m\u00e9lan\u00adco\u00adlie et, au milieu de l\u2019as\u00adsou\u00adpis\u00adse\u00adment embru\u00adm\u00e9 de la Nature, il allait, ber\u00adc\u00e9 par le&nbsp;r\u00eave\u2026<\/p>\n<p>\tUne dou\u00adceur alan\u00adguie et cares\u00adsante s\u2019\u00e9\u00adpan\u00addait dans son \u00eatre, sem\u00adblant se d\u00e9ga\u00adger des ver\u00addures jau\u00adnis\u00adsantes, de la fadeur humide de l\u2019hu\u00admus des feuilles mortes et entas\u00ads\u00e9es, du silence trou\u00adbl\u00e9 seule\u00adment par le souffle mono\u00adtone du vent dans les feuillages clairsem\u00e9s.<\/p>\n<p>\tQue de joies il avait go\u00fb\u00adt\u00e9es, par\u00admi ces sen\u00adtiers si sou\u00advent par\u00adcou\u00adrus et o\u00f9 il \u00e9prou\u00advait des impres\u00adsions tou\u00adjours aus\u00adsi vives&nbsp;! En toute sai\u00adson, une har\u00admo\u00adnie se r\u00e9a\u00adli\u00adsait entre son \u00e9tat d\u2019\u00e2me et l\u2019\u00e9\u00adma\u00adna\u00adtion de la nature sous les aspects dif\u00adf\u00e9\u00adrents de la cam\u00adpagne et tou\u00adjours il vibrait \u00e0 son unis\u00adson, par\u00adta\u00adgeant ses d\u00e9si\u00adrs, sa pl\u00e9\u00adni\u00adtude, ses apaisements.<\/p>\n<p>\tAu prin\u00adtemps, les forces puis\u00adsantes du renou\u00adveau dans leur per\u00adp\u00e9\u00adtuel labeur de recom\u00admen\u00adce\u00adment lan\u00ad\u00e7aient sous le clair soleil leur hymne de vie ardente. Une acti\u00advi\u00adt\u00e9 bour\u00addon\u00adnante emplis\u00adsait l\u2019air, m\u00eal\u00e9e \u00e0 un concert inin\u00adter\u00adrom\u00adpu d\u2019oi\u00adseaux en liesse et les s\u00e8ves imp\u00e9\u00adtueuses, jaillis\u00adsant du sol, s\u2019\u00e9\u00adpa\u00adnouis\u00adsaient en de vertes fron\u00addai\u00adsons o\u00f9 sem\u00adblait pas\u00adser un fris\u00adson d\u2019obs\u00adcures jouissances.<\/p>\n<p>\tPar\u00admi cette rumeur confuse d\u2019in\u00adsectes, ces bruits d\u2019ailes, l\u2019\u00e9\u00adclat de ces fleurs exha\u00adlant de p\u00e9n\u00e9\u00adtrantes odeurs ou de suaves par\u00adfums, se d\u00e9cou\u00advraient les atti\u00adrances et les rap\u00adpro\u00adche\u00adments d\u2019in\u00adnom\u00adbrables sexes impa\u00adtients de se rejoindre dans cette f\u00eate de la lumi\u00e8re. Et c\u2019\u00e9\u00adtait la m\u00eame force imp\u00e9\u00adra\u00adtive qui ani\u00admait tout un monde dis\u00adpa\u00adrate, un rut enflam\u00adm\u00e9 qui s\u2019a\u00adche\u00admi\u00adnait vers la f\u00e9con\u00adda\u00adtion finale, gen\u00e8se des pro\u00adchaines renais\u00adsances et sublime moment du cycle \u00e9ter\u00adnel de la&nbsp;vie&nbsp;!<\/p>\n<p>\tComme pour ob\u00e9ir \u00e0 l\u2019u\u00adni\u00adver\u00adselle impul\u00adsion, de son \u00e2me et de sa chair mon\u00adtait un flot d\u2019a\u00admour et de d\u00e9si\u00adrs qu\u2019il e\u00fbt vou\u00adlu r\u00e9a\u00adli\u00adser, en proie \u00e0 une inex\u00adtin\u00adguible passion&nbsp;!<\/p>\n<p>[|<b>\u2013 O \u2013<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>\tPen\u00addant les pesantes jour\u00adn\u00e9es d\u2019\u00e9\u00adt\u00e9, acca\u00adbl\u00e9e par la cha\u00adleur lourde qui, sous l\u2019\u00e9\u00adblouis\u00adsante clar\u00adt\u00e9, tom\u00adbait du ciel, la Nature som\u00adno\u00adlait dans sa verte luxu\u00adriance et sa pleine et superbe matu\u00adri\u00adt\u00e9. Apr\u00e8s les fou\u00adgueux \u00e9lan\u00adce\u00adments prin\u00adta\u00adniers, un apai\u00adse\u00adment s\u2019\u00e9\u00adtait fait, ses aveugles et puis\u00adsants ins\u00adtincts enfin satis\u00adfaits.  Main\u00adte\u00adnant, gor\u00adg\u00e9e et aveu\u00adlie, elle s\u2019a\u00adn\u00e9an\u00adtis\u00adsait au milieu de son in\u00e9pui\u00adsable f\u00e9con\u00addi\u00adt\u00e9 et, dans l\u2019air immo\u00adbile, aucun appel, aucun d\u00e9sir ne flot\u00adtait&nbsp;plus\u2026<\/p>\n<p>\tQuand, \u00e0 l\u2019heure enflam\u00adm\u00e9e de midi, il com\u00admu\u00adniait \u00e0 nou\u00adveau avec elle, un sang lourd char\u00adriait dans ses veines une tor\u00adpeur phy\u00adsique et c\u00e9r\u00e9\u00adbrale, son \u00e2me \u00e9tait grise et nul souffle de d\u00e9sir ne venait plus agi\u00adter ses sens. Alors, gagn\u00e9 par cette ambiance morne et insi\u00adpide dont l\u2019ap\u00adpe\u00adsan\u00adtis\u00adse\u00adment se refl\u00e9\u00adtait dans son \u00eatre, bri\u00ads\u00e9 de tout \u00e9lan, d\u00e9sa\u00adbu\u00ads\u00e9 de toute jouis\u00adsance sans en avoir vid\u00e9 la coupe, cou\u00adlait en lui ne vie neutre et v\u00e9g\u00e9tative.<\/p>\n<p>[|<b>\u2013 O \u2013<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>\tCepen\u00addant, il conser\u00advait pour l\u2019hi\u00adver ses plus pro\u00adfondes, mais dou\u00adlou\u00adreuses impres\u00adsions. Au milieu du som\u00admeil gla\u00adc\u00e9 des champs nei\u00adgeux et des buis\u00adsons vides, enve\u00adlop\u00adp\u00e9 de la plainte lugubre du vent dans les bran\u00adchages d\u00e9nu\u00add\u00e9s, une tris\u00adtesse indi\u00adcible l\u2019emplissait tout entier. Que sub\u00adsis\u00adtait-il de ses esp\u00e9\u00adrances et de ses r\u00eaves&nbsp;? La bise de la R\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9, \u00e2pre et mor\u00addante, avait, elle aus\u00adsi, souf\u00adfl\u00e9 sur son \u00eatre et, image de ces arbres sque\u00adlet\u00adtiques, des pro\u00admesses enchan\u00adt\u00e9es il ne res\u00adtait plus que lai\u00addeur et fausset\u00e9&nbsp;!<\/p>\n<p>\tMais, de m\u00eame que le Renou\u00adveau, impa\u00adtient de s\u2019\u00e9\u00adlan\u00adcer, cou\u00advait sous cette nature morte et froide, une ind\u00e9\u00adfi\u00adnis\u00adsable et secr\u00e8te intui\u00adtion, source d\u2019un \u00e9ter\u00adnel espoir, ger\u00admait bien\u00adt\u00f4t au fond de son c\u0153ur inapai\u00ads\u00e9 comme un vague pr\u00e9\u00adlude de joies nou\u00advelles et revivifiantes&nbsp;!<\/p>\n<p>[|<b>\u2013 O \u2013<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>\tPar cette jour\u00adn\u00e9e d\u2019au\u00adtomne, dans la paix enva\u00adhis\u00adsante du soir, ain\u00adsi qu\u2019une longue m\u00e9lo\u00adp\u00e9e, il sem\u00adbla, dans sa r\u00eave\u00adrie, s\u2019\u00e9\u00adle\u00adver en lui une plainte sourde, celle de sa rai\u00adson exha\u00adlant le d\u00e9sen\u00adchan\u00adte\u00adment qui l\u2019ob\u00ads\u00e9\u00addait par\u00adfois aux heures sombres des recueillements.<br>\n\tLa Chi\u00adm\u00e8re et la Fic\u00adtion se par\u00adta\u00adgeaient le monde, foyer dis\u00adpen\u00adsa\u00adteurs de bon\u00adheur humain, qui n\u2019\u00e9\u00adtait que le fruit de l\u2019Im\u00adpal\u00adpable, l\u2019\u00e9\u00adph\u00e9\u00adm\u00e8re pro\u00adduit de la f\u00e9conde et folle imagination&nbsp;!<\/p>\n<p>\tGui\u00add\u00e9 par d\u2019ins\u00adtinc\u00adtifs et imp\u00e9\u00adrieux besoins, l\u2019\u00eatre som\u00adbrait aux pieds du Fac\u00adtice, de l\u2019I\u00adr\u00e9\u00e9el et du Men\u00adsonge, ma\u00eetres ado\u00adr\u00e9s pour les\u00adquels il sacri\u00adfiait sa qui\u00e9\u00adtude et sou\u00advent sa vie, dans d\u2019en\u00adthou\u00adsiastes pous\u00ads\u00e9es d\u2019a\u00admour ou de foi. Sur sa faible rai\u00adson l\u2019I\u00adgno\u00adrance et le Pr\u00e9\u00adju\u00adg\u00e9 r\u00e9gnaient, gen\u00e8se d\u2019i\u00add\u00e9aux et de mys\u00adti\u00adcismes dor\u00e9s qui rem\u00adplis\u00adsaient et deve\u00adnaient le but de son exis\u00adtence. O\u00f9 \u00e9tait-elle donc la vraie et noble Id\u00e9e, digne flamme des grands \u00e9lans de lutte et d\u2019a\u00admour, per\u00addue dans cette confu\u00adsion bru\u00admeuse de doute han\u00adt\u00e9 d\u2019illusoire&nbsp;?<\/p>\n<p>[|<b>\u2013 O \u2013<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p> \tIl mar\u00adchait, les sens endor\u00admis, res\u00adsen\u00adtant encore comme une sorte de r\u00e9flexe, l\u2019am\u00adbiance pai\u00adsible et douce de la cam\u00adpagne qui l\u2019entourait.<\/p>\n<p>\tBrus\u00adque\u00adment, \u00e0 un d\u00e9tour du che\u00admin, une ren\u00adcontre impr\u00e9\u00advue lui fit lever les yeux. La forme gra\u00adcieuse d\u2019une jeune fille, pen\u00adchant sa fine t\u00eate sur un livre tenu \u00e0 la main, lui appa\u00adrut dans l\u2019en\u00adca\u00addre\u00adment des ver\u00addures ocr\u00e9es.<\/p>\n<p>\tCes che\u00adveux d\u2019or \u00e9taient coquet\u00adte\u00adment rele\u00adv\u00e9s par un ruban aux reflets bleu\u00adt\u00e9s et cha\u00adtoyants qui en ravi\u00advaient encore l\u2019\u00e9\u00adclat et fai\u00adsaient res\u00adsor\u00adtir la fra\u00ee\u00adcheur de son teint et le pur car\u00admin de l\u00e8vres \u00e0 l\u2019har\u00admo\u00adnieux des\u00adsin. Un l\u00e9ger cor\u00adsage au flou azu\u00adr\u00e9 et un court tablier de soie, amin\u00adcis\u00adsant sa taille souple, la fai\u00adsaient gra\u00adcile et immat\u00e9rielle.<\/p>\n<p>\tL\u2019in\u00adfi\u00adni de ses yeux, pr\u00e9\u00adcieuses per\u00advenches \u00e0 la bistre corolle, l\u2019a\u00advait dis\u00adtrai\u00adte\u00adment effleu\u00adr\u00e9 au pas\u00adsage, dans la gr\u00e2ce d\u2019un mou\u00adve\u00adment de t\u00eate et un ravis\u00adse\u00adment le p\u00e9n\u00e9\u00adtrait, enva\u00adhis\u00adsant son incons\u00adcient \u00e0 l\u2019im\u00adpul\u00adsive jeu\u00adnesse. L\u2019a\u00admour que lui fai\u00adsait per\u00adce\u00advoir inten\u00ads\u00e9\u00adment l\u2019a\u00adta\u00advisme de ses sens affi\u00adn\u00e9s l\u2019en\u00adve\u00adlop\u00adpa de son souffle enchanteur\u2026<\/p>\n<p>\tMais, l\u2019en\u00adle\u00advant dou\u00adce\u00adment \u00e0 cette douce sen\u00adsa\u00adtion, une rai\u00adson impla\u00adcable, fruit amer d\u2019une ardente ana\u00adlyse, l\u2019en\u00adser\u00adra tra\u00ee\u00adtreu\u00adse\u00adment, sem\u00adblant deve\u00adnir ma\u00ee\u00adtresse toute-puis\u00adsante de ses sentiments&nbsp;!<\/p>\n<p>\tN\u2019\u00e9\u00adtait-ce pas l\u00e0 l\u2019Illu\u00adsion qui passait&nbsp;?<\/p>\n<p>\tCette gra\u00adcieuse sil\u00adhouette qui dis\u00adpa\u00adrais\u00adsait main\u00adte\u00adnant dans le sen\u00adtier sinueux, noy\u00e9e sous l\u2019\u00e9\u00adcran des feuillages bru\u00adnis, ne cachait-elle point une lai\u00addeur ou une bana\u00adli\u00adt\u00e9 sous cette appa\u00adrente et super\u00adfi\u00adcielle beaut\u00e9&nbsp;?<\/p>\n<p>\tIl se vit sou\u00addain d\u00e9mas\u00adquant le fard et l\u2019ar\u00adti\u00adfice qui avaient cr\u00e9\u00e9 de toutes pi\u00e8ces ce charme trou\u00adblant&nbsp;: quelle am\u00e8re d\u00e9s\u00adillu\u00adsion vien\u00addrait encore l\u2019as\u00adsom\u00adbrir, que de d\u00e9si\u00adrs \u00e0 nou\u00adveau lan\u00adci\u00adnants l\u2019as\u00adsailli\u00adraient encore&nbsp;!<\/p>\n<p>\tO laids visages accou\u00adpl\u00e9s \u00e0 la fine plas\u00adtique d\u2019un corps, regards \u00e0 la divine caresse voi\u00adsi\u00adnant avec la dif\u00adfor\u00admi\u00adt\u00e9 des traits, forme impec\u00adcable \u00e0 la dis\u00adgra\u00adcieuse car\u00adna\u00adtion, affreuse h\u00e9r\u00e9\u00adsie sur\u00adtout d\u2019un ensemble phy\u00adsique par\u00adfait abri\u00adtant un esprit lourd et grossier&nbsp;!<\/p>\n<p>\tLa moindre dif\u00adfor\u00admi\u00adt\u00e9, l\u2019in\u00adfime d\u00e9har\u00admo\u00adnie m\u00eame, n\u2019\u00e9\u00adtaient-elles point sem\u00adblables \u00e0 cette paille, cette fis\u00adsure \u00e0 peine visible qui com\u00adpro\u00admettent cepen\u00addant la valeur ou la soli\u00addi\u00adt\u00e9 d\u2019une \u0153uvre magni\u00adfique ou gigantesque&nbsp;?<\/p>\n<p>\tMais lui, d\u00e9cou\u00advri\u00adrait-il jamais cette amante id\u00e9ale, r\u00eave d\u2019un po\u00e8te, perle de l\u2019ar\u00adtiste, h\u00e9ro\u00efne du roman\u00adcier, per\u00addue dans cette foule maquill\u00e9e aux lai\u00addeurs insoup\u00ad\u00e7on\u00adn\u00e9es sous de s\u00e9dui\u00adsantes enve\u00adloppes&nbsp;? Et com\u00adment, dans ce men\u00adsonge uni\u00adver\u00adsel, dis\u00adtin\u00adguer le faux du vrai, le super\u00adfi\u00adciel du foncier&nbsp;?<\/p>\n<p>[|<b>\u2013 O \u2013<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>\tUn \u00e9clair s\u2019al\u00adlu\u00adma dans son esprit sou\u00adcieux de r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9. Il entre\u00advit la d\u00e9for\u00adma\u00adtion lente du sens cri\u00adtique de toute une huma\u00adni\u00adt\u00e9 qui, pous\u00ads\u00e9e par un constant besoin d\u2019ai\u00admer et de jouir, modi\u00adfiait le vrai au gr\u00e9 de ses aspi\u00adra\u00adtions morales et sen\u00adsuelles pour se cr\u00e9er tou\u00adjours du bonheur&nbsp;!<\/p>\n<p>\tCha\u00adcun por\u00adtait aus\u00adsi en soi le lourd h\u00e9ri\u00adtage de l\u2019an\u00adc\u00eatre devant lequel la rai\u00adson sub\u00admer\u00adg\u00e9e demeure impuis\u00adsante et passive.&nbsp;<\/p>\n<p>\tLes sens ain\u00adsi obs\u00adcur\u00adcis par de telles forces occultes et ins\u00adtinc\u00adtives \u00e9taient-ils vrai\u00adment capables de dis\u00adcer\u00adner le&nbsp;Beau&nbsp;?<\/p>\n<p>\tLa Nature, avec son \u00e9ter\u00adnelle har\u00admo\u00adnie de formes et de cou\u00adleurs, lui parut le supr\u00eame refuge \u00e0 son d\u00e9sen\u00adchan\u00adte\u00adment. N\u2019\u00e9\u00adtait-elle point la source ori\u00adgi\u00adnelle, le mod\u00e8le par\u00adfait dont l\u2019homme s\u2019ins\u00adpi\u00adra dans ses s\u00e9cu\u00adlaires contem\u00adpla\u00adtions&nbsp;? Elle seule sau\u00adrait tou\u00adjours satis\u00adfaire ses sens \u00e9pris de&nbsp;vrai.<\/p>\n<p>\tEt, dans l\u2019ordre spi\u00adri\u00adtuel, pour cal\u00admer d\u2019in\u00adtui\u00adtifs et imp\u00e9\u00adrieux besoins affec\u00adtifs, n\u2019y avait-il pas l\u2019im\u00admor\u00adtelle Ten\u00addresse, l\u2019in\u00add\u00e9\u00adfec\u00adtible Ami\u00adti\u00e9 et aus\u00adsi la lutte \u00e9mou\u00advante pour ten\u00adter de sup\u00adpri\u00admer une par\u00adcelle de l\u2019u\u00adni\u00adver\u00adselle douleur&nbsp;?<\/p>\n<p>\tCette lumi\u00adneuse ascen\u00adsion vers l\u2019im\u00adp\u00e9\u00adris\u00adsable beau\u00adt\u00e9 morale \u00e9tait la vraie dis\u00adpen\u00adsa\u00adtrice de joies sereines et sans m\u00e9lange pro\u00admises \u00e0 un c\u0153ur ardent&nbsp;!<\/p>\n<p>[|<b>\u2015 O \u2015<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>\tMais d\u2019o\u00f9 \u00e9ma\u00adnait donc cette voix \u00e2pre et railleuse qui, du silence de la nuit tom\u00adbante, sem\u00adblait main\u00adte\u00adnant s\u2019\u00e9\u00adle\u00adver, enve\u00adlop\u00adpante, pour domi\u00adner peu \u00e0 peu le chaos de ses impressions&nbsp;:<\/p>\n<p>\t\u00ab&nbsp;La vie n\u2019ap\u00adpa\u00adra\u00ee\u00adtrait-elle point comme un d\u00e9sert mono\u00adtone et gla\u00adc\u00e9 sans les mythes, les fic\u00adtions et les aveugles ins\u00adtincts humains&nbsp;? Vau\u00addrait-elle seule\u00adment la peine d\u2019\u00eatre v\u00e9cue, d\u00e9pouill\u00e9e de tous ses uto\u00adpiques attraits par la froide et impla\u00adcable raison&nbsp;?<\/p>\n<p>\t\u00ab&nbsp;Et d\u2019ailleurs \u00e0 quoi bon cette phi\u00adlo\u00adso\u00adphie d\u00e9ce\u00advante et cruelle, \u00e9ter\u00adnelle vain\u00adcue des sen\u00adti\u00adments et de la&nbsp;chair&nbsp;?<\/p>\n<p>\t\u00ab&nbsp;L\u2019illu\u00adsion ber\u00adceuse, le R\u00eave enchan\u00adteur, supr\u00eames res\u00adsorts du monde dou\u00adlou\u00adreux, n\u2019ap\u00adpor\u00adtaient-ils pas la m\u00eame somme de bon\u00adheur que la fuyante et insai\u00adsis\u00adsable R\u00e9alit\u00e9&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Adrien Petit<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le calme de cet apr\u00e8s-midi d\u2019oc\u00adtobre \u00e9tait emprunt de toute une m\u00e9lan\u00adco\u00adlie et, au milieu de l\u2019as\u00adsou\u00adpis\u00adse\u00adment embru\u00adm\u00e9 de la Nature, il allait, ber\u00adc\u00e9 par le&nbsp;r\u00eave\u2026 Une dou\u00adceur alan\u00adguie et cares\u00adsante s\u2019\u00e9\u00adpan\u00addait dans son \u00eatre, sem\u00adblant se d\u00e9ga\u00adger des ver\u00addures jau\u00adnis\u00adsantes, de la fadeur humide de l\u2019hu\u00admus des feuilles mortes et entas\u00ads\u00e9es, du silence troubl\u00e9&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[111],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-2521","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lunique-na14-octobre-1946"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2521","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2521"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2521\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2521"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2521"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2521"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=2521"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}