{"id":2653,"date":"1922-02-01T00:33:55","date_gmt":"1922-02-01T00:33:55","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2010\/12\/04\/le-mangeur-de-reves\/"},"modified":"2024-05-21T11:38:52","modified_gmt":"2024-05-21T11:38:52","slug":"le-mangeur-de-reves","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/1922\/02\/01\/le-mangeur-de-reves\/","title":{"rendered":"Le mangeur de&nbsp;r\u00eaves"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2653?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2653?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><h5>\u00ab&nbsp;Le Mangeur de r\u00eaves&nbsp;\u00bb, pi\u00e8ce en neuf sc\u00e8nes et un prologue par H.-R. Lenormand<\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lec\u00adteurs de la <i>Revue Anar\u00adchiste<\/i> savent d\u00e9j\u00e0 la qua\u00adli\u00adt\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre de Lenor\u00admand. Ils connaissent et d\u00e9si\u00adrent conna\u00eetre plus pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment l\u2019\u0153uvre d\u2019un auteur qui se pla\u00eet \u00e0 faire jouer sur la sc\u00e8ne des per\u00adson\u00adnages, non seule\u00adment avec leurs sens et leur c\u0153ur, mais encore avec leur intel\u00adli\u00adgence. Cet art dra\u00adma\u00adtique ne n\u00e9glige pas les id\u00e9es et cepen\u00addant les pi\u00e8ces qui en r\u00e9sultent ne sont pas ce que l\u2019on a cou\u00adtume d\u2019appeler des pi\u00e8ces \u00e0 th\u00e8se. Elles ont l\u2019impr\u00e9vu, la pas\u00adsion et la fan\u00adtai\u00adsie d\u2019une action qui, pour \u00eatre conduite par un pen\u00adseur, n\u2019en est pas moins dra\u00adma\u00adtique. C\u2019est que Lenor\u00admand a le don de repr\u00e9\u00adsen\u00adter par des images \u00e9mou\u00advantes les pro\u00adbl\u00e8mes qui le sol\u00adli\u00adcitent. Il tra\u00adduit en visions sen\u00adsibles les inqui\u00e9\u00adtudes psy\u00adcho\u00adlo\u00adgiques, m\u00e9ta\u00adphy\u00adsiques et morales de son esprit. Voi\u00adl\u00e0 vrai\u00adment un <i>dra\u00adma\u00adturge<\/i>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez Lenor\u00admand, il n\u2019y a pas d\u2019\u0153uvres acci\u00adden\u00adtelles. La plu\u00adpart des auteurs \u00e0 suc\u00adc\u00e8s du bou\u00adle\u00advard traitent \u00e0 tort et \u00e0 tra\u00advers des sujets qui les sol\u00adli\u00adcitent pour des rai\u00adsons de mode ou d\u2019interpr\u00e9tation. On \u00e9crit \u00ab&nbsp;sur mesure&nbsp;\u00bb pour le public de tel th\u00e9\u00e2tre ou pour cette com\u00e9\u00addienne illustre qui exige un \u00ab&nbsp;r\u00f4le en or&nbsp;\u00bb ou pour ce \u00ab&nbsp;m\u2019as-tu-vu&nbsp;?&nbsp;\u00bb de marque dont il faut uti\u00adli\u00adser les pires d\u00e9fauts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les pi\u00e8ces de Lenor\u00admand forment une \u0153uvre. Cha\u00adcune d\u2019elles est indis\u00adpen\u00adsable pour la conti\u00adnui\u00adt\u00e9 et la vari\u00e9\u00adt\u00e9 d\u2019expression d\u2019une indi\u00advi\u00addua\u00adli\u00adt\u00e9 ori\u00adgi\u00adnale. \u00c0 chaque drame nou\u00adveau, l\u2019auteur nous d\u00e9couvre, en m\u00eame temps qu\u2019un aspect de sa per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9, une des infi\u00adni\u00adt\u00e9\u00adsi\u00admales faces de l\u2019inqui\u00e9tude humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le <i>Temps est un songe<\/i>, c\u2019\u00e9tait l\u2019angoisse d\u2019un homme pour tout ce qui d\u00e9passe notre connais\u00adsance rela\u00adtive, c\u2019\u00e9tait la folie de l\u2019au del\u00e0&nbsp;; dans les <i>Rat\u00e9s<\/i>, ce fut l\u2019inqui\u00e9tude du milieu social&nbsp;; dans le <i>Simoun<\/i>, l\u2019influence du climat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu\u2019est-ce que le <i>Man\u00adgeur de R\u00eaves<\/i>&nbsp;?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En voi\u00adci l\u2019argument&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Dans une pen\u00adsion, en Savoie, par un soir plu\u00advieux de la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9, l\u2019\u00e9crivain Luc de Bronte ren\u00adcontre une femme, Jean\u00adnine Flese, qui vit l\u00e0, soli\u00adtaire, crain\u00adtive, en proie \u00e0 l\u2019obsession du sui\u00adcide. Luc est une de ces \u00e2mes tour\u00admen\u00adt\u00e9es dont l\u2019inqui\u00e9tude ne s\u2019apaise que dans la connais\u00adsance ou l\u2019illusion de la connais\u00adsance. Psy\u00adcho\u00adlogue sans \u00eatre psy\u00adchiatre, dis\u00adciple pas\u00adsion\u00adn\u00e9 de l\u2019analyse freu\u00addienne, mais non pas m\u00e9de\u00adcin, il s\u2019approche avec curio\u00adsi\u00adt\u00e9 des \u00eatres qu\u2019il devine para\u00adly\u00ads\u00e9s par des \u00e9nigmes non r\u00e9so\u00adlues, par des secrets igno\u00adr\u00e9s d\u2019eux-m\u00eames. Il s\u2019imagine, en les confes\u00adsant, leur rendre l\u2019\u00e9quilibre et la joie de vivre. Il com\u00admence \u00e0 ques\u00adtion\u00adner Jean\u00adnine, qui se d\u00e9robe timidement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Il la retrouve \u00e0 Nice et l\u00e0, mise en confiance par la dou\u00adceur et l\u2019apparente saga\u00adci\u00adt\u00e9 de son nou\u00advel ami, elle se livre un peu plus. Elle lui raconte un drame qui, dit-elle, a pes\u00e9 sur toute sa jeu\u00adnesse et serait la cause des troubles men\u00adtaux dont elle souf\u00adfrait encore r\u00e9cem\u00adment. \u00c0 l\u2019\u00e2ge de six ans, elle a vu mou\u00adrir sa m\u00e8re, frap\u00adp\u00e9e d\u2019une balle au front, dans un guet-apens, pr\u00e8s de la fron\u00adti\u00e8re maro\u00adcaine. Des r\u00eaves affreux \u00e9vo\u00adquant la mort de sa m\u00e8re\u200a\u2014\u200amais non les cir\u00adcons\u00adtances du drame\u200a\u2014\u200ala pour\u00adsuivent jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Luc se fait fort de l\u2019en d\u00e9livrer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Il a retrou\u00adv\u00e9 \u00e0 Nice une ancienne ma\u00ee\u00adtresse, Fea\u00adron, une aven\u00adtu\u00adri\u00e8re anglaise qui vit d\u2019escroqueries, de cam\u00adbrio\u00adlages et d\u2019intrigues ill\u00e9\u00adgales. C\u2019\u00e9tait, quand il l\u2019a connue, une jeune fille comme les autres. C\u2019est lui qui, croyant d\u00e9cou\u00advrir en elle des ins\u00adtincts des\u00adtruc\u00adteurs, l\u2019a orien\u00adt\u00e9e vers cette exis\u00adtence hors la loi. Tout en lui racon\u00adtant ses der\u00adni\u00e8res prouesses, elle le plai\u00adsante sur sa fausse science, sa fausse bon\u00adt\u00e9, dans les\u00adquelles elle ne voit qu\u2019une esp\u00e8ce de don jua\u00adnisme intellectuel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Le d\u00e9sir com\u00admence \u00e0 alt\u00e9\u00adrer les rap\u00adports de Luc et de Jean\u00adnine. L\u2019\u00e9crivain explique \u00e0 la jeune femme cette dua\u00adli\u00adt\u00e9 qui le pousse \u00e0 recher\u00adcher dans l\u2019amour, outre la pos\u00adses\u00adsion des corps, celle des consciences et de leur secret le plus pro\u00adfond. Elle se cabre devant des demi-aveux et confie \u00e0 Luc qu\u2019elle se sait condam\u00adn\u00e9e \u00e0 vivre \u00e0 l\u2019\u00e9cart des pas\u00adsions&nbsp;: l\u2019amour, le plai\u00adsir lui sont inter\u00addits&nbsp;; pour s\u2019\u00eatre aban\u00addon\u00adn\u00e9e, l\u2019an der\u00adnier, \u00e0 un homme, elle a ten\u00adt\u00e9 de se tuer&nbsp;; elle s\u2019est jet\u00e9e \u00e0 l\u2019eau, comme pour se punir d\u2019un crime. Luc lui d\u00e9montre en sou\u00adriant qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une aber\u00adra\u00adtion mor\u00adbide. Il croit avoir devi\u00adn\u00e9 l\u2019\u00e9nigme de sa mala\u00addie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si l\u2019amour vous semble un crime, lui dit-il, c\u2019est que vous vous repro\u00adchez un autre crime, le crime ancien et ima\u00adgi\u00adnaire que tout enfant com\u00admet au ber\u00adceau envers ses parents.&nbsp;\u00bb Et il expose \u00e0 Jean\u00adnine la c\u00e9l\u00e8bre th\u00e9o\u00adrie, qu\u2019il a fait sienne, du \u00ab&nbsp;com\u00adplexe d\u2019\u0152dipe&nbsp;\u00bb&nbsp;: l\u2019influence, sur la des\u00adti\u00adn\u00e9e d\u2019un \u00eatre, de l\u2019inconscient d\u00e9sir sexuel qu\u2019il res\u00adsen\u00adtit, dans sa pre\u00admi\u00e8re enfance, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son p\u00e8re ou de sa m\u00e8re. Apr\u00e8s un mou\u00adve\u00adment de r\u00e9volte, Jean\u00adnine accepte son expli\u00adca\u00adtion&nbsp;: elle admet qu\u2019elle a pu dans sa petite enfance \u00e9prou\u00adver une atti\u00adrance pas\u00adsion\u00adnelle incons\u00adciente envers son p\u00e8re, et, par jalou\u00adsie, des sen\u00adti\u00adments hai\u00adneux, des d\u00e9si\u00adrs de mort \u00e0 l\u2019adresse de sa m\u00e8re. De l\u00e0 pro\u00adviennent sans doute les r\u00eaves o\u00f9 elle la voit morte&nbsp;; de l\u00e0 et non du drame r\u00e9el qu\u2019elle a tra\u00adver\u00ads\u00e9 jadis. Luc de Bronte, en lui d\u00e9voi\u00adlant le sens pro\u00adfond de sa n\u00e9vrose, est convain\u00adcu qu\u2019il la gu\u00e9\u00adrit. Il est, comme il le dit de lui-m\u00eame, \u00ab&nbsp;le bon man\u00adgeur de r\u00eaves, qui d\u00e9vore les mau\u00advais songes et en d\u00e9livre le dor\u00admeur&nbsp;\u00bb. Appa\u00adrem\u00adment r\u00e9ta\u00adblie, ayant repris go\u00fbt \u00e0 la vie et \u00e0 l\u2019amour, Jean\u00adnine se donne \u00e0 celui qu\u2019elle croit son sauveur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Les amants sont en Afrique. Une sin\u00adgu\u00adli\u00e8re atti\u00adrance a rame\u00adn\u00e9 Jean\u00adnine vers les lieux o\u00f9 s\u2019est \u00e9cou\u00adl\u00e9e son enfance. Et l\u00e0, dans ce vil\u00adlage de la Source Jaune, d\u2019o\u00f9 elle par\u00adtit jadis avec ses parents pour la tra\u00adgique exp\u00e9\u00addi\u00adtion, elle se sent de nou\u00adveau ter\u00adras\u00ads\u00e9e par son mal. L\u2019inqui\u00e9tude, les cau\u00adche\u00admars, les obses\u00adsions sont reve\u00adnus. Luc se bat vai\u00adne\u00adment avec les fan\u00adt\u00f4mes qui assi\u00e8gent la conscience de Jean\u00adnine. Elle raille sa science \u00ab&nbsp;qui ne peut faire dans les \u00eatres qu\u2019une demi-lumi\u00e8re&nbsp;\u00bb, sa dure curio\u00adsi\u00adt\u00e9, son amour per\u00adver\u00adti \u00ab&nbsp;qui n\u2019est qu\u2019un moyen de for\u00adcer les \u00e2mes&nbsp;\u00bb. Il se jus\u00adti\u00adfie au nom de son unique pas\u00adsion, qui est celle de la connais\u00adsance. Pour arra\u00adcher aux consciences leur secret, il a tout sacri\u00adfi\u00e9, tout risqu\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Fea\u00adron, qui se trouve dans la r\u00e9gion pour trai\u00adter avec des chefs indi\u00adg\u00e8nes enne\u00admis de la France une affaire de muni\u00adtions en vue d\u2019une r\u00e9volte pro\u00adchaine, ren\u00adcontre Luc et Jean\u00adnine au moment o\u00f9 ils se dirigent vers le Tom\u00adbeau de la Chr\u00e9\u00adtienne. C\u2019est l\u00e0 que, sui\u00advant Jean\u00adnine, sa m\u00e8re a trou\u00adv\u00e9 la mort, vingt ans aupa\u00adra\u00advant. Mais Luc, mis en d\u00e9fiance par ce sen\u00adti\u00adment de culpa\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 qui ne cesse de peser sur sa ma\u00ee\u00adtresse, charge Fea\u00adron de s\u2019enqu\u00e9rir, aupr\u00e8s de ses amis les pillards, des cir\u00adcons\u00adtances exactes de cette tra\u00adg\u00e9\u00addie d\u2019autrefois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Fea\u00adron qui, nous nous en aper\u00adce\u00advons tout de suite, n\u2019a pas ces\u00ads\u00e9 d\u2019aimer Luc et ex\u00e8cre en Jean\u00adnine une rivale, ques\u00adtionne Bel\u00adka\u00adcem, un ancien chef de d\u00e9trous\u00adseurs. Elle pro\u00adfite d\u2019une absence de Luc pour confron\u00adter Jean\u00adnine et le vieillard. Celui-ci, qui a par\u00adti\u00adci\u00adp\u00e9, jadis, \u00e0 l\u2019embuscade, en retrace les d\u00e9tails \u00e0 Jean\u00adnine \u00e9pou\u00advan\u00adt\u00e9e. Sa m\u00e8re n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e sur place, comme elle le croyait, mais c\u2019est elle-m\u00eame qui,\u200a\u2014\u200aob\u00e9is\u00adsant sans doute \u00e0 un pu\u00e9\u00adril mou\u00adve\u00adment de haine incons\u00adciente\u200a\u2014\u200al\u2019a livr\u00e9e aux pillards. Ce r\u00e9cit r\u00e9veille les sou\u00adve\u00adnirs de Jean\u00adnine. Elle sait main\u00adte\u00adnant que ce n\u2019est pas un crime ima\u00adgi\u00adnaire, comme Luc le pen\u00adsait, qui p\u00e8se sur sa conscience, mais un acte aux cons\u00e9\u00adquences ter\u00adribles. Elle ne peut sup\u00adpor\u00adter la res\u00adpon\u00adsa\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 de cet acte et, quand Fea\u00adron, triom\u00adphante, lui met un revol\u00adver entre les mains, elle le prend et se pr\u00e9\u00adci\u00adpite au dehors.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Luc revient et, presque aus\u00adsi\u00adt\u00f4t, un coup de feu reten\u00adtit. Fea\u00adron laisse \u00e9cla\u00adter sa joie&nbsp;; la voi\u00adci d\u00e9bar\u00adras\u00ads\u00e9e de sa rivale. \u00c0 Luc qui l\u2019accuse d\u2019avoir assas\u00adsi\u00adn\u00e9 Jean\u00adnine, elle d\u00e9montre sans peine qu\u2019il est aus\u00adsi res\u00adpon\u00adsable qu\u2019elle-m\u00eame de son sui\u00adcide. C\u2019est sa cruelle pas\u00adsion de savoir, son inces\u00adsante inqui\u00adsi\u00adtion, qui a per\u00admis au sou\u00adve\u00adnir meur\u00adtrier de repa\u00adra\u00eetre. Et comme il veut fuir, \u00e9cra\u00ads\u00e9 d\u2019horreur et de d\u00e9ses\u00adpoir, elle le retient et se l\u2019attache d\u2019un mot&nbsp;: \u00ab&nbsp;N\u2019oublie pas que nous sommes encha\u00ee\u00adn\u00e9s au m\u00eame cadavre. C\u2019est un far\u00addeau que tu ne peux pas tra\u00ee\u00adner sans&nbsp;moi.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Et, tan\u00addis que Luc, enve\u00adlop\u00adp\u00e9 des caresses triom\u00adphantes de Fea\u00adron, se laisse ber\u00adcer dans les bras de la meur\u00adtri\u00e8re, celle-ci conclut&nbsp;: \u00ab&nbsp;Et moi aus\u00adsi, je mange les&nbsp;r\u00eaves.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cer\u00adtains cri\u00adtiques ont vou\u00adlu voir dans cette pi\u00e8ce une r\u00e9fu\u00adta\u00adtion de la doc\u00adtrine de Freud sur la psy\u00adcha\u00adna\u00adlyse. Il n\u2019en est rien. Lenor\u00admand n\u2019a pr\u00e9\u00adten\u00addu ni d\u00e9mon\u00adtrer, ni r\u00e9fu\u00adter l\u2019exactitude des id\u00e9es freudiennes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">II a fait \u0153uvre d\u2019artiste. Cr\u00e9ant des per\u00adson\u00adnages humains dans des cir\u00adcons\u00adtances pas\u00adsion\u00adnelles, il a pro\u00advo\u00adqu\u00e9 en eux et entre eux cer\u00adtaines r\u00e9ac\u00adtions id\u00e9o\u00adlo\u00adgiques. L\u2019opinion de Lenor\u00admand sur la psy\u00adcha\u00adna\u00adlyse ne s\u2019exprime pas par l\u2019interm\u00e9diaire du h\u00e9ros du drame, mais ce sont ces h\u00e9ros qui, s\u2019assimilant une id\u00e9e, trouvent en eux, par la diver\u00adsi\u00adt\u00e9 de leurs tem\u00adp\u00e9\u00adra\u00adments phy\u00adsio\u00adlo\u00adgiques et de leurs ten\u00addances spi\u00adri\u00adtuelles, les r\u00e9per\u00adcus\u00adsions contra\u00addic\u00adtoires d\u2019un m\u00eame prin\u00adcipe. Lenor\u00admand fait jouer un r\u00f4le aux id\u00e9es dans son th\u00e9\u00e2tre, mais ce r\u00f4le qu\u2019il leur accorde n\u2019est ni plus ni moins impor\u00adtant que celui des sen\u00adsa\u00adtions et des ins\u00adtincts. La pen\u00ads\u00e9e sert le drame&nbsp;: elle ne l\u2019\u00e9crase pas, elle le conditionne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019inqui\u00e9tude de l\u2019inconscient int\u00e9\u00adrieur, la han\u00adtise de l\u2019\u00ab<i>&nbsp;au dedans<\/i>&nbsp;\u00bb, domine le <i>Man\u00adgeur de R\u00eaves<\/i>, comme l\u2019inqui\u00e9tude de l\u2019infini ext\u00e9\u00adrieur et la han\u00adtise de l\u2019\u00ab<i>&nbsp;au del\u00e0<\/i>&nbsp;\u00bb domi\u00adnaient le <i>Temps est un songe<\/i>&nbsp;; mais, tan\u00addis que Nico subis\u00adsait seul le poids de ses doutes m\u00e9ta\u00adphy\u00adsiques et res\u00adtait l\u2019unique vic\u00adtime de son angoisse, Luc, le fouilleur d\u2019\u00e2mes, l\u2019exp\u00e9rimentateur de psy\u00adcho\u00adlo\u00adgie, empoi\u00adsonne l\u2019existence de ceux qu\u2019il ren\u00adcontre, qu\u2019il recherche m\u00eame. Nico se sui\u00adcide. Luc voit se sui\u00adci\u00adder autour de lui Il incarne le d\u00e9mon de l\u2019analyse. Lenor\u00admand, en ren\u00addant si pitoyable sa douce vic\u00adtime, Jean\u00adnine, per\u00adson\u00adni\u00adfi\u00adca\u00adtion d\u2019une faible huma\u00adni\u00adt\u00e9 fuyant les secrets de sa mis\u00e8re et ne pou\u00advant r\u00e9sis\u00adter \u00e0 la r\u00e9v\u00e9\u00adla\u00adtion d\u2019une v\u00e9ri\u00adt\u00e9, montre l\u2019impuissance d\u2019une psy\u00adcho\u00adlo\u00adgie qui pr\u00e9\u00adtend appli\u00adquer les m\u00eames m\u00e9thodes d\u2019exp\u00e9rience sur la vie indi\u00advi\u00adduelle des \u00e2mes que sur la vie col\u00adlec\u00adtive des corps. Un phy\u00adsi\u00adcien ou un chi\u00admiste peut d\u00e9ter\u00admi\u00adner la r\u00e9ac\u00adtion constante d\u2019un corps sur un autre corps ou dans une com\u00adpo\u00adsi\u00adtion de corps, mais on ne peut fixer d\u2019avance les r\u00e9per\u00adcus\u00adsions d\u2019une id\u00e9e dans une conscience. Les psy\u00adcha\u00adna\u00adlystes, comme les mora\u00adlistes, comme les l\u00e9gis\u00adla\u00adteurs sociaux, comme les pr\u00eatres, sont des cri\u00admi\u00adnels en fouillant dans l\u2019intimit\u00e9 des tem\u00adp\u00e9\u00adra\u00adments, en vio\u00adlant les consciences. Il ne doit y avoir de direc\u00adteurs de conscience, ni de confes\u00adseurs, pas plus au nom d\u2019une science qu\u2019au nom d\u2019une reli\u00adgion. Seul, l\u2019individu est res\u00adpon\u00adsable de son des\u00adtin. Il ne faut pas vou\u00adloir for\u00adcer le secret de chaque \u00eatre. Car, dans ce cas, l\u2019exp\u00e9rimentateur lui-m\u00eame est sujet \u00e0 exp\u00e9\u00adrience. Il n\u2019y a pas de science des \u00e2mes\u200a\u2014\u200acar chaque \u00e2me a sa propre science.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab&nbsp;Et le man\u00adgeur de r\u00eaves, qui mange ses r\u00eaves \u00e0 lui&nbsp;?&nbsp;\u00bb deman\u00addait inno\u00adcem\u00adment la douce Jean\u00adnine \u00e0 Luc, qui lui expo\u00adsait son ambi\u00adtion de gu\u00e9\u00adrir les \u00eatres en leur r\u00e9v\u00e9\u00adlant les secrets de leur conscience\u2026 C\u2019est bien cela&nbsp;: Qui per\u00admet \u00e0 Luc de d\u00e9ter\u00admi\u00adner autrui, lui qui pos\u00ads\u00e8de, comme tout \u00eatre vivant, le sou\u00adci de sa propre des\u00adti\u00adn\u00e9e&nbsp;? Qui \u00ab&nbsp;man\u00adge\u00adra ses r\u00eaves&nbsp;\u00bb&nbsp;? Qui le conso\u00adle\u00adra en lui per\u00admet\u00adtant de vivre, mal\u00adgr\u00e9 son d\u00e9sespoir&nbsp;?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sera Fea\u00adron, l\u2019esprit de vie, de liber\u00adt\u00e9&nbsp;; Fea\u00adron, la des\u00adtruc\u00adtion joyeuse et pas\u00adsion\u00adn\u00e9e, la vie active se d\u00e9pen\u00adsant sans comp\u00adter. Fea\u00adron repr\u00e9\u00adsente la force indivi\u00adduelle, sans pr\u00e9\u00adju\u00adg\u00e9s et sans piti\u00e9&nbsp;; elle ne pense que pour ser\u00advir sa marche, et encore danse-t-elle plus qu\u2019elle ne marche. Fea\u00adron est une fille de Nietzsche. Elle vit inten\u00ads\u00e9\u00adment dans cette pi\u00e8ce. Elle tra\u00adverse en bon\u00addis\u00adsant tous ces d\u00e9cors de n\u00e9vrose et d\u2019analyse, bous\u00adcu\u00adlant ces cou\u00adpeurs de che\u00adveux en quatre que sont Luc et Jean\u00adnine, tuant la pitoyable fille et empor\u00adtant, d\u00e9vo\u00adrant, sau\u00advant celui qui se croyait un sau\u00adveur. Fea\u00adron est la triom\u00adpha\u00adtrice du drame. Elle est \u00ab&nbsp;la Man\u00adgeuse de&nbsp;R\u00eaves&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce beau drame a trou\u00adv\u00e9 les inter\u00adpr\u00e8tes qu\u2019il m\u00e9ri\u00adtait&nbsp;: des artistes intelligents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M<sup>me<\/sup>&nbsp;Loud\u00admil\u00adla Pito\u00ebff a ani\u00adm\u00e9 le per\u00adson\u00adnage de Fea\u00adron d\u2019une vie endia\u00adbl\u00e9e de fan\u00adtai\u00adsie iro\u00adnique, de force pas\u00adsion\u00adnelle et d\u2019ardeur au grand jeu de vivre&nbsp;; M<sup>me<\/sup>&nbsp;Marie Kalff fut inou\u00adbliable de m\u00e9lan\u00adco\u00adlique tour\u00adment et de ten\u00addresse sacri\u00adfi\u00e9e. Enfin, Pito\u00ebff mit dans le r\u00f4le de Luc une pr\u00e9\u00adci\u00adsion effa\u00adrante de psy\u00adcho\u00adlogue tourmenteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 la mise en sc\u00e8ne si curieuse de Pito\u00ebff, je ne sau\u00adrais mieux faire pour vous l\u2019expliquer que de vous four\u00adnir cet int\u00e9\u00adres\u00adsant com\u00admen\u00adtaire \u00e9crit \u00e0 son sujet par Lenor\u00admand lui-m\u00eame dans le der\u00adnier num\u00e9\u00adro de \u00ab&nbsp;Choses de Th\u00e9\u00e2tre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Pito\u00ebff semble en pleine \u00e9vo\u00adlu\u00adtion. Je l\u2019avais connu, il y a deux ans, aux prises avec les appa\u00adrentes n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9s des divi\u00adsions de l\u2019espace. Il avait conquis sa liber\u00adt\u00e9 en pla\u00ad\u00e7ant l\u2019acteur \u00e0 des niveaux dif\u00adf\u00e9\u00adrents, sur des plates-formes, des pra\u00adti\u00adcables, dans des cages qui, l\u2019arrachant au plan\u00adcher de la sc\u00e8ne, offraient \u00e0 l\u2019action des lieux conti\u00adnuel\u00adle\u00adment renou\u00adve\u00adl\u00e9s. Son \u00ab&nbsp;Mac\u00adbeth&nbsp;\u00bb est l\u2019aboutissement magni\u00adfique de cette recherche. Des des\u00adsous au cintre, un jeu d\u2019escaliers, de pas\u00adse\u00adrelles, d\u2019\u00e9chelles per\u00admet les d\u00e9pla\u00adce\u00adments les plus inat\u00adten\u00addus. Pito\u00ebff a, dans cette r\u00e9a\u00adli\u00adsa\u00adtion, triom\u00adph\u00e9 de la hau\u00adteur&nbsp;; les lignes id\u00e9ales que, des cieux de velours noirs aux pro\u00adfon\u00addeurs ent\u00e9\u00adn\u00e9\u00adbr\u00e9es des salles sou\u00adter\u00adraines, tracent les h\u00e9ros du drame, sont par\u00admi les plus belles et les plus audacieuses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">Depuis, une autre inqui\u00e9\u00adtude l\u2019a mor\u00addu. La repr\u00e9\u00adsen\u00adta\u00adtion figu\u00adra\u00adtive de l\u2019univers ne le satis\u00adfait plus. Ce qu\u2019il cherche dans un d\u00e9cor, ce n\u2019est plus l\u2019imitation plus ou moins sim\u00adpli\u00adfi\u00e9e des choses, mais leur expres\u00adsion id\u00e9o\u00adlo\u00adgique. Ses baguettes dis\u00adpo\u00ads\u00e9es devant un fond neutre et s\u2019accordant, dans leur cou\u00adleur et leur orien\u00adta\u00adtion, avec les sen\u00adti\u00adments du texte, conf\u00e8rent \u00e0 sa mise en sc\u00e8ne un sens sym\u00adbo\u00adlique. L\u2019expression directe rem\u00adpla\u00adc\u00e9e par le sym\u00adbo\u00adlisme&nbsp;: n\u2019est-ce pas l\u00e0 un mou\u00adve\u00adment l\u00e9gi\u00adtime de la pen\u00ads\u00e9e&nbsp;? La r\u00e9cente d\u00e9cou\u00adverte de l\u2019identit\u00e9 des sym\u00adboles dont use le r\u00eave humain, mal\u00adgr\u00e9 les dif\u00adf\u00e9\u00adrences des races et des langues, nous en apporte la preuve. Les dix tableaux du \u00ab&nbsp;Man\u00adgeur de R\u00eaves&nbsp;\u00bb, sabr\u00e9s de lignes vertes ou brunes, de tri\u00adangles jaunes ou rouges, consti\u00adtuent un curieux spec\u00adtacle dont la beau\u00adt\u00e9 g\u00e9o\u00adm\u00e9\u00adtrique est imm\u00e9\u00addia\u00adte\u00adment com\u00adprise du public.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pito\u00ebff va res\u00adter \u00e0 la Com\u00e9\u00addie des Champs-\u00c9ly\u00ads\u00e9es pen\u00addant deux mois encore. Actuel\u00adle\u00adment, il alterne la repr\u00e9\u00adsen\u00adta\u00adtion du <i>Man\u00adgeur de R\u00eaves<\/i> avec celle de la <i>Salo\u00adm\u00e9<\/i>, d\u2019Oscar Wilde. Puis, il joue\u00adra des drames d\u2019Andr\u00e9ieff, de Gor\u00adki, de Strind\u00adberg. Il inter\u00adpr\u00e9\u00adte\u00adra aus\u00adsi Shakespeare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lec\u00adteurs de la <i>Revue Anar\u00adchiste<\/i> seront tenus au cou\u00adrant de toutes ces manifes\u00adtations d\u2019un art th\u00e9\u00e2\u00adtral qu\u2019anime le seul sou\u00adci de faire mieux com\u00adprendre et mieux aimer par le public les \u0153uvres d\u2019intelligence et de beaut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Andr\u00e9 Colo\u00admer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Le Man\u00adgeur de r\u00eaves&nbsp;\u00bb, pi\u00e8ce en neuf sc\u00e8nes et un pro\u00adlogue par H.-R. Lenor\u00admand Les lec\u00adteurs de la Revue Anar\u00adchiste savent d\u00e9j\u00e0 la qua\u00adli\u00adt\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre de Lenor\u00admand. Ils connaissent et d\u00e9si\u00adrent conna\u00eetre plus pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment l\u2019\u0153uvre d\u2019un auteur qui se pla\u00eet \u00e0 faire jouer sur la sc\u00e8ne des per\u00adson\u00adnages, non seule\u00adment avec leurs sens&nbsp;et&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":308,"featured_media":8089,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"wp-custom-template-page-d-article","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[278],"tags":[639],"ppma_author":[1100],"class_list":["post-2653","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-la-revue-anarchiste-n2-fevrier-1922","tag-theatre"],"authors":[{"term_id":1100,"user_id":308,"is_guest":0,"slug":"andre-colomer","display_name":"Andr\u00e9 Colomer","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/3d0d3ef1f65599c25706aeac2a8b55c9163bdd911d4b2f4787c57d5f9f29d132?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"","last_name":"Colomer","first_name":"Andr\u00e9","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2653","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/308"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2653"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2653\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8361,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2653\/revisions\/8361"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8089"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2653"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2653"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2653"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=2653"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}