{"id":2837,"date":"2011-06-08T23:32:41","date_gmt":"2011-06-08T23:32:41","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/06\/08\/un-apotre-de-lideal-communiste-libertaire-sebastien-faure-3\/"},"modified":"2011-06-08T23:32:41","modified_gmt":"2011-06-08T23:32:41","slug":"un-apotre-de-lideal-communiste-libertaire-sebastien-faure-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/06\/08\/un-apotre-de-lideal-communiste-libertaire-sebastien-faure-3\/","title":{"rendered":"Un ap\u00f4tre de l\u2019id\u00e9al communiste libertaire&nbsp;: S\u00e9bastien Faure"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2837?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2837?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>(Suite) [[&nbsp;<a href=\"2905\">Voir num\u00e9\u00adro pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addent<\/a>.]]<\/p>\n<h2>V. L\u2019\u0153uvre philosophique et sociologique<\/h2>\n<p>Jules Lema\u00eetre dont l\u2019esprit r\u00e9ac\u00adtion\u00adnaire et cl\u00e9\u00adri\u00adcal \u00e9ton\u00adna par\u00adfois jusqu\u2019au farouche ultra-mon\u00addain Bru\u00adne\u00adti\u00e8re, mais dont l\u2019\u0153uvre cri\u00adtique vue dans son ensemble n\u2019en t\u00e9moigne pas moins d\u2019une clair\u00advoyance et d\u2019une saga\u00adci\u00adt\u00e9 tr\u00e8s grandes, avait cou\u00adtume de dire que dans l\u2019\u0153uvre nom\u00adbreuse et en appa\u00adrence la plus diverse d\u2019un \u00e9cri\u00advain tr\u00e8s f\u00e9cond, il n\u2019\u00e9tait, en r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9, qu\u2019un livre, un seul, qui por\u00adt\u00e2t l\u2019empreinte v\u00e9ri\u00adtable de son ori\u00adgi\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 et de son talent, quand il en avait, et dans lequel il s\u2019\u00e9tait, en quelque sorte, vid\u00e9. Pour les autres ils n\u2019\u00e9taient que des variantes, voire m\u00eame des r\u00e9pliques plus ou moins dis\u00adsi\u00admu\u00adl\u00e9es de celui-l\u00e0.<\/p>\n<p>Il est vrai que J. Lema\u00eetre avait en vue les \u00e9cri\u00advains d\u2019imagination.<\/p>\n<p>Mal\u00adgr\u00e9 ce, je crois bien qu\u2019il exa\u00adg\u00e9\u00adrait un peu, et m\u00eame beau\u00adcoup. Car si Loti, par exemple, pour lequel il eut, cepen\u00addant, une ten\u00addresse pro\u00adfonde, a \u00e9crit une ving\u00adtaine de fois, et tou\u00adjours avec la ma\u00ee\u00adtrise de son art divin, le m\u00eame roman, on ne peut en dire autant de celui qui cr\u00e9a <i>Madame Bova\u00adry<\/i> et <i>Salamm\u00adb\u00f4<\/i>.<\/p>\n<p>Si je rap\u00adpelle ici la bou\u00adtade un peu para\u00addoxale du c\u00e9l\u00e8bre Cri\u00adtique bour\u00adgeois, c\u2019est qu\u2019en lisant d\u2019une seule traite l\u2019\u0153uvre com\u00adpl\u00e8te de S\u00e9bas\u00adtien Faure ain\u00adsi que je viens de le faire et qui mieux est en la m\u00e9di\u00adtant, il m\u2019a paru qu\u2019elle tenait presqu\u2019enti\u00e8re, en puis\u00adsance du moins, dans le beau livre, d\u00e9j\u00e0 ancien, qui a pour titre&nbsp;: <i>La dou\u00adleur uni\u00adver\u00adselle<\/i> et pour sous-titre&nbsp;: <i>Phi\u00adlo\u00adso\u00adphie liber\u00adtaire<\/i>.<\/p>\n<p>Oui, il m\u2019a paru que toutes les autres pro\u00adduc\u00adtions plus ou moins frag\u00admen\u00adtaires de son esprit, depuis les bro\u00adchures sur l\u2019\u00e9ducation pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addem\u00adment ana\u00adly\u00ads\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 celles dont l\u2019ensemble forme les <i>Pro\u00adpos sub\u00adver\u00adsifs<\/i>, n\u2019\u00e9taient que la petite mon\u00adnaie de ce lin\u00adgot mas\u00adsif et cepen\u00addant d\u2019une remar\u00adquable puret\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est pour\u00adquoi ayant \u00e0 \u00e9tu\u00addier ici son \u0153uvre enti\u00e8re, et d\u00e9si\u00adreux d\u2019inciter \u00e0 la lire ceux qui ne la connaissent pas encore, je crois indis\u00adpen\u00adsable de com\u00admen\u00adcer par ce livre magis\u00adtral, clef de vo\u00fbte de l\u2019\u00e9difice que S\u00e9bas\u00adtien Faure ten\u00adta d\u2019\u00e9lever \u00e0 l\u2019anarchie.<\/p>\n<h2>VI. La douleur universelle<\/h2>\n<p>Le titre est beau, pre\u00adnant, path\u00e9\u00adtique m\u00eame, et ce qui vaut mieux encore v\u00e9ri\u00adta\u00adble\u00adment syn\u00adth\u00e9\u00adtique\u2026 Non seule\u00adment il \u00e9cla\u00adbousse les yeux d\u2019une lumi\u00e8re rouge-sombre, mais il pro\u00adjette, en deux mots, le for\u00admi\u00addable pro\u00adbl\u00e8me que l\u2019Anarchie doit r\u00e9soudre.<\/p>\n<p>Cepen\u00addant, comme syn\u00adth\u00e8se rapide de ses id\u00e9es phi\u00adlo\u00adso\u00adphiques et socio\u00adlo\u00adgiques, S\u00e9bas\u00adtien Faure a trou\u00adv\u00e9 mieux encore que ce titre, dont e\u00fbt \u00e9t\u00e9 jaloux Scho\u00adpen\u00adhauer, ce grand \u00e9vo\u00adca\u00adteur des dou\u00adleurs humaines. Je veux par\u00adler du tableau all\u00e9\u00adgo\u00adrique encar\u00adt\u00e9 entre les pages 404 et 495, dans la der\u00adni\u00e8re \u00e9di\u00adtion de <i>La Dou\u00adleur uni\u00adver\u00adselle<\/i> que la librai\u00adrie Stock vient de don\u00adner et qui est, je crois la neuvi\u00e8me.<\/p>\n<p>Ce tableau all\u00e9\u00adgo\u00adrique n\u2019est autre chose qu\u2019un arbre au tronc robuste et tra\u00adpu, \u00e0 la fron\u00addai\u00adson touf\u00adfue, pareille \u00e0 l\u2019arbre g\u00e9n\u00e9a\u00adlo\u00adgique des Rou\u00adgon-Mac\u00adquart qui pr\u00e9\u00adc\u00e8de la grande \u0153uvre de Zola. Seule\u00adment l\u2019arbre de S\u00e9bas\u00adtien Faure c\u2019est l\u2019arbre g\u00e9n\u00e9a\u00adlo\u00adgique des ins\u00adti\u00adtu\u00adtions de notre r\u00e9gime social avec l\u2019innombrable fruc\u00adti\u00adfi\u00adca\u00adtion des mis\u00e8res humaines engen\u00addr\u00e9es par&nbsp;elles.<\/p>\n<p>Je le r\u00e9p\u00e8te&nbsp;: en dres\u00adsant cet arbre dont le tronc puis\u00adsant repr\u00e9\u00adsente l\u2019Autorit\u00e9, il a mieux fait que de syn\u00adth\u00e9\u00adti\u00adser les id\u00e9es, il a don\u00adn\u00e9 \u00e0 l\u2019Anarchie elle-m\u00eame son sym\u00adbo\u00adlisme le plus expressif.<\/p>\n<p>Pour savoir ce qu\u2019elle est, ce qu\u2019elle veut et com\u00adment elle entend r\u00e9a\u00adli\u00adser l\u2019id\u00e9al conte\u00adnu dans sa doc\u00adtrine, il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 suivre d\u2019un \u0153il atten\u00adtif l\u2019\u00e9panouissement de cet arbre depuis le tronc-auto\u00adri\u00adt\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ses fruits, dont la r\u00e9colte totale com\u00adpose la Dou\u00adleur universelle<\/p>\n<p>Est-ce volon\u00adtai\u00adre\u00adment, est-ce par oubli que S\u00e9bas\u00adtien Faure ne nous a point mon\u00adtr\u00e9, dans son tableau all\u00e9\u00adgo\u00adrique, les racines d\u2019o\u00f9 le tronc mons\u00adtrueux est sor\u00adti&nbsp;? Je ne sais, mais j\u2019imagine plu\u00adt\u00f4t qu\u2019ayant son\u00adg\u00e9 \u00e0 le faire et, au moment de les des\u00adsi\u00adner, il s\u2019aper\u00e7ut que la prin\u00adci\u00adpale, la plus puis\u00adsante de ces racines figu\u00adrait d\u00e9j\u00e0 par\u00admi les branches les plus vigou\u00adreuses de la fron\u00addai\u00adson. C\u2019est de la Reli\u00adgion qu\u2019il s\u2019agit. Racine et branche, m\u00e8re et fille de l\u2019Autorit\u00e9, la Reli\u00adgion est cela tout \u00e0 la fois. Je crois pu\u00e9\u00adril de dis\u00adcu\u00adter laquelle a vrai\u00adment pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00add\u00e9 l\u2019autre, dans l\u2019\u00e9volution de l\u2019Humanit\u00e9, encore que Dar\u00adwin nous montre l\u2019instinct de reli\u00adgio\u00adsi\u00adt\u00e9 en train d\u2019\u00e9clore chez l\u2019animal.<\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, c\u2019est donc du tronc Auto\u00adri\u00adt\u00e9 que vont na\u00eetre, comme les trois \u00e9normes tron\u00ad\u00e7ons du mons\u00adtrueux v\u00e9g\u00e9\u00adtal, les trois grandes ini\u00adqui\u00adt\u00e9s&nbsp;: \u00e9co\u00adno\u00admique, poli\u00adtique et sociale. Nous allons suivre cha\u00adcune du point o\u00f9 il se d\u00e9tache, et p\u00e9n\u00e9\u00adtrer, pour ain\u00adsi dire, avec la s\u00e8ve ascen\u00addante, \u00e0 tra\u00advers les branches jusqu\u2019aux fruits.<\/p>\n<p>Voi\u00adci d\u2019abord, s\u2019\u00e9lan\u00e7ant du milieu du tronc vers le ciel, le tron\u00ad\u00e7on qui repr\u00e9\u00adsente la grande ini\u00adqui\u00adt\u00e9 morale. Plus robuste, plus d\u00e9ve\u00adlop\u00adp\u00e9 que les deux tron\u00ad\u00e7ons lat\u00e9\u00adraux de l\u2019iniquit\u00e9 poli\u00adtique et de l\u2019iniquit\u00e9 \u00e9co\u00adno\u00admique, il semble conti\u00adnuer le tronc lui-m\u00eame. Et cela est bien ain\u00adsi, car des trois ini\u00adqui\u00adt\u00e9s qui sont \u00e0 la base de notre sys\u00adt\u00e8me social, c\u2019est assu\u00adr\u00e9\u00adment \u00e0 l\u2019iniquit\u00e9 morale que revient le r\u00f4le capi\u00adtal. C\u2019est d\u2019elle, en effet, que sort la branche puis\u00adsante de la reli\u00adgion avec ses trois rameaux&nbsp;: hypo\u00adcri\u00adsie, igno\u00adrance et super\u00adsti\u00adtion, dont les fruits empoi\u00adsonnent l\u2019humanit\u00e9 depuis des si\u00e8cles et dont l\u2019ombre la tient encore endor\u00admie dans un som\u00admeil plein de cau\u00adche\u00admars. L\u2019hypocrisie qui forme la trame solide et com\u00adplexe de nos m\u0153urs, et sans laquelle, ain\u00adsi qu\u2019apr\u00e8s beau\u00adcoup d\u2019autres, l\u2019ont d\u00e9mon\u00adtr\u00e9 Max Nor\u00addeau et Le Dan\u00adtec, nos rela\u00adtions sociales seraient impos\u00adsibles, et sans laquelle aus\u00adsi toute cette brillante civi\u00adli\u00adsa\u00adtion dont nous sommes si fiers s\u2019effondrerait en un clin d\u2019\u0153il&nbsp;! L\u2019ignorance et la super\u00adsti\u00adtion qui ont jusqu\u2019il pr\u00e9\u00adsent ren\u00addu st\u00e9\u00adrile tout effort s\u00e9rieux d\u2019\u00e9mancipation et ont per\u00admis aux deux tron\u00ad\u00e7ons lat\u00e9\u00adraux, l\u2019iniquit\u00e9 \u00e9co\u00adno\u00admique et poli\u00adtique de cro\u00eetre et de s\u2019\u00e9panouir librement.<\/p>\n<p>De ce m\u00eame tron\u00ad\u00e7on m\u00e9dian de l\u2019iniquit\u00e9 morale se d\u00e9tache ensuite la famille g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adtrice \u00e0 son tour de pr\u00e9\u00adju\u00adg\u00e9s, enne\u00admis \u00e9ter\u00adnels du pro\u00adgr\u00e8s, l\u2019enseignement et l\u2019\u00e9ducation offi\u00adciels qui les entre\u00adtiennent, les for\u00adti\u00adfient au lieu de les d\u00e9truire, les crimes qui fata\u00adle\u00adment en naissent, l\u2019opinion publique qui en demeure tou\u00adjours ab\u00ea\u00adtie, et la presse qui cultive en serre chaude cet uni\u00adver\u00adsel ab\u00eatissement.<\/p>\n<p>Telle est, avec ses branches, ses rameaux et ses fruits, le tron\u00ad\u00e7on de l\u2019Iniquit\u00e9 morale issu du tronc Autorit\u00e9.<\/p>\n<p>Sui\u00advons main\u00adte\u00adnant le tron\u00ad\u00e7on Ini\u00adqui\u00adt\u00e9 \u00e9co\u00adno\u00admique qui s\u2019en d\u00e9tache \u00e0 sa droite avec sa fron\u00addai\u00adson non moins sombre et com\u00adplexe&nbsp;: Sala\u00adriat, Com\u00admerce, Sophis\u00adti\u00adca\u00adtion, Gas\u00adpillage, Concur\u00adrence, Cen\u00adtra\u00adli\u00adsa\u00adtion capi\u00adta\u00adliste, Agio\u00adtage, dont les feuilles et les fruits s\u2019appellent&nbsp;: exploi\u00adta\u00adtion, faillite, ch\u00f4\u00admage, gr\u00e8ve, mis\u00e8re, cupi\u00addi\u00adt\u00e9, pros\u00adti\u00adtu\u00adtion, vaga\u00adbon\u00addage, men\u00addi\u00adci\u00adt\u00e9, vol, sui\u00adcide, d\u00e9population.<\/p>\n<p>Voi\u00adci enfin, le tron\u00ad\u00e7on de l\u2019iniquit\u00e9 poli\u00adtique avec le par\u00adle\u00admen\u00adta\u00adrisme b\u00eate et men\u00adteur, la l\u00e9gis\u00adla\u00adtion cruelle et stu\u00adpide, le fonc\u00adtion\u00adna\u00adrisme \u00e9go\u00efste et abru\u00adtis\u00adsant, la magis\u00adtra\u00adture et la police f\u00e9roces, la gen\u00addar\u00adme\u00adrie et les pri\u00adsons, l\u2019insatiable mili\u00adta\u00adrisme, don\u00adnant comme feuilles et fruits&nbsp;: l\u2019oppression, le men\u00adsonge, la cor\u00adrup\u00adtion, l\u2019injustice, la haine, la guerre, l\u2019insurrection.<\/p>\n<p>Tel est dans son ensemble et ses d\u00e9tails, l\u2019arbre sym\u00adbo\u00adlique sor\u00adti de l\u2019embryon Auto\u00adri\u00adt\u00e9 qui empoi\u00adsonne aujourd\u2019hui de son ombre opaque et de ses fruits le pro\u00adl\u00e9\u00adtaire sala\u00adri\u00e9, comme il empoi\u00adson\u00adna jadis l\u2019esclave, sans jamais lais\u00adser fil\u00adtrer jusqu\u2019\u00e0 eux un coin d\u2019azur, un souffle d\u2019air pur, un rai de soleil vivifiant.<\/p>\n<p>Autour de cet arbre que Dante aurait pu plan\u00adter an milieu du Cercle le plus sombre de son <i>Enfer<\/i>, veillent avec une jalou\u00adsie f\u00e9roce toutes les Forces du pas\u00ads\u00e9, aux\u00adquelles il doit d\u2019\u00eatre deve\u00adnu ce qu\u2019il est. Loin de vieillir avec les ans, et de perdre de sa robus\u00adtesse, son tronc noueux, l\u2019Autorit\u00e9, tou\u00adjours gor\u00adg\u00e9 de s\u00e8ve nou\u00advelle, entre\u00adtient, dans une jeu\u00adnesse \u00e9ter\u00adnelle, sa mons\u00adtrueuse frondaison.<\/p>\n<p>En vain, de loin en loin, des hommes plus auda\u00adcieux que les autres lut\u00adtant contre l\u2019asphyxie qui tombe d\u2019elle, et d\u00e9si\u00adreux de voir un peu de ciel bleu, ont de temps en temps abat\u00adtu d\u2019une main h\u00e9las&nbsp;! trop d\u00e9bile encore, quelques rameaux ou quelques branches par\u00admi les plus empoi\u00adson\u00adn\u00e9es, en vain aus\u00adsi il y eut des moments o\u00f9, dans un acc\u00e8s de d\u00e9ses\u00adpoir, des nations enti\u00e8res, mena\u00adc\u00e9es de mort, fon\u00ad\u00e7ant sur les gar\u00addiens du colosse, se livr\u00e8rent \u00e0 un \u00e9la\u00adgage plus radi\u00adcal, et l\u2019on crut un moment, que la fron\u00addai\u00adson presque toute enti\u00e8re \u00e9tant abat\u00adtue, l\u2019Humanit\u00e9 pan\u00adte\u00adlante se trou\u00adve\u00adrait arra\u00adch\u00e9e \u00e0 l\u2019Universelle Douleur.<\/p>\n<p>Mais, h\u00e9las&nbsp;! pour violent qu\u2019il fut, l\u2019ouragan r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire lais\u00adsa tou\u00adjours debout le tronc puis\u00adsant, 1\u2019Autorit\u00e9, et le flot de sa s\u00e8ve, deve\u00adnu plus riche encore, eut t\u00f4t fait de s\u2019\u00e9panouir en une nou\u00advelle, et non moins robuste frondaison<\/p>\n<p>Certes, ils ont \u00e9t\u00e9 et res\u00adtent encore nom\u00adbreux, les b\u00fbche\u00adrons qui, sans tr\u00eave ni r\u00e9pit, ont atta\u00adqu\u00e9 l\u2019arbre infer\u00adnal, mais jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9\u00adsent rares furent ceux d\u2019entre eux qui, d\u2019un bras ferme, s\u2019attaqu\u00e8rent \u00e0 son tronc. Ni la hache socia\u00adliste, ni 1<sup>e<\/sup> pic com\u00admu\u00adniste n\u2019ont encore por\u00adt\u00e9 leurs coups, l\u00e0 o\u00f9 ils seraient vrai\u00adment mortels.<\/p>\n<p>Cepen\u00addant, voi\u00adci que de cette arm\u00e9e de mili\u00adtants infa\u00adti\u00adgables, et qui va tou\u00adjours gros\u00adsis\u00adsant, un bataillon s\u2019est d\u00e9ta\u00adch\u00e9, qui, com\u00admen\u00ad\u00e7ant par sup\u00adpri\u00admer en lui toute auto\u00adri\u00adt\u00e9 repr\u00e9\u00adsen\u00adt\u00e9e par des chefs, a jur\u00e9 d\u2019abattre le g\u00e9ant en diri\u00adgeant tout son effort sur le&nbsp;tronc.<\/p>\n<p>Ce sont les Anar\u00adchistes. Apr\u00e8s avoir bas\u00e9 leur doc\u00adtrine sur la n\u00e9ga\u00adtion m\u00eame de l\u2019autorit\u00e9, ils en pour\u00adsuivent la des\u00adtruc\u00adtion avec une logique impla\u00adcable et une admi\u00adrable t\u00e9nacit\u00e9.<\/p>\n<p>Le tronc de l\u2019arbre qu\u2019ils veulent plan\u00adter quand l\u2019arbre de l\u2019Universelle Dou\u00adleur se sera effon\u00addr\u00e9 sous leurs coups s\u2019appellera la Liber\u00adt\u00e9. De lui s\u2019\u00e9lancera vers le ciel la fron\u00addai\u00adson du Bon\u00adheur uni\u00adver\u00adsel qui nour\u00adri\u00adra de ses fruits, abri\u00adte\u00adra de son ombre vivi\u00adfiante l\u2019Humanit\u00e9 de demain.<\/p>\n<p>Oui, \u00ab&nbsp;Auto\u00adri\u00adt\u00e9 = Dou\u00adleur&nbsp;; Liber\u00adt\u00e9 = Bon\u00adheur&nbsp;\u00bb, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 conclure S\u00e9bas\u00adtien Faure avec une confiance absolue.<\/p>\n<p>En cette \u00e9qua\u00adtion tient toute la ques\u00adtion sociale qui d\u00e8s lors se pose en ces termes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<i>Ins\u00adtau\u00adrer un milieu social qui assure \u00e0 chaque indi\u00advi\u00addu toute la somme de bon\u00adheur ad\u00e9\u00adquate, \u00e0 toute \u00e9poque, au d\u00e9ve\u00adlop\u00adpe\u00adment pro\u00adgres\u00adsif de l\u2019Humanit\u00e9<\/i>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>La for\u00admu\u00adler autre\u00adment est une erreur grave, vou\u00adloir autre\u00adment la r\u00e9soudre, un leurre dont cette Huma\u00adni\u00adt\u00e9 a long\u00adtemps souf\u00adfert et souf\u00adfri\u00adra long\u00adtemps encore.<\/p>\n<p>Telle est la conclu\u00adsion de la <i>Dou\u00adleur uni\u00adver\u00adselle<\/i>, cette \u0153uvre si sub\u00adstan\u00adtielle, si bour\u00adr\u00e9e de faits, de docu\u00adments, de sta\u00adtis\u00adtiques et dont je n\u2019ai pu, h\u00e9las&nbsp;! vu la place dont je dis\u00adpose, que don\u00adner une faible id\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme contraste \u00e0 son titre, j\u2019imagine que S\u00e9bas\u00adtien Faure dut \u00e9prou\u00adver une joie pro\u00adfonde, en ter\u00admi\u00adnant ce labeur\u200a\u2014\u200alabeur de b\u00e9n\u00e9\u00addic\u00adtin s\u2019il en f\u00fbt\u200a\u2014\u200aconsa\u00adcr\u00e9 aux souf\u00adfrances de l\u2019Humanit\u00e9 et que sa plume dut tres\u00adsaillir sous ses doigts, pen\u00addant qu\u2019il en \u00e9cri\u00advait les der\u00adni\u00e8res lignes que je tiens \u00e0 don\u00adner&nbsp;ici&nbsp;:<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;\u2026 Le c\u0153ur d\u00e9bor\u00addant de pas\u00adsion, la t\u00eate forte d\u2019enthousiasme rai\u00adson\u00adn\u00e9, les yeux per\u00addus dans la contem\u00adpla\u00adtion des splen\u00addeurs qu\u2019elle entre\u00advoit, l\u2019Humanit\u00e9 se dirige, irr\u00e9\u00adsis\u00adtible, vers la Terre pro\u00admise o\u00f9 cha\u00adcun pour\u00adra vivre dans la paix de son c\u0153ur et de sa conscience, aimant et aim\u00e9, sans contrainte et sans haine, sans envie, sans entrave, dans le rayon\u00adne\u00adment bien\u00adfai\u00adsant des pas\u00adsions satis\u00adfaites, dans l\u2019affinement vigou\u00adreux des facul\u00adt\u00e9s d\u00e9cu\u00adpl\u00e9es, dans l\u2019\u00e9panouissement f\u00e9cond des ori\u00adgi\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9s et des caprices, dans la suave caresse des r\u00eaves et des aspi\u00adra\u00adtions vers le sublime et l\u2019id\u00e9al, les sens apai\u00ads\u00e9s par des f\u00eates de la chair r\u00e9ha\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9e, le cer\u00adveau \u00e9lar\u00adgi par la science for\u00adti\u00adfi\u00e9e, l\u2019oreille ber\u00adc\u00e9e par l\u2019harmonique vibra\u00adtion des choses, le c\u0153ur gon\u00adfl\u00e9 de l\u2019amour d\u2019autrui.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Ne voyez vous pas, en effet, que ces mots \u00e9lo\u00adquents \u00e9taient les annon\u00adcia\u00adteurs d\u2019un autre livre, o\u00f9 il mon\u00adtre\u00adrait r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e9 le noble id\u00e9al anar\u00adchique&nbsp;: <i>Le Bon\u00adheur uni\u00adver\u00adsel<\/i>, auquel il don\u00adne\u00adrait le titre prin\u00adci\u00adpal de <i>Mon Com\u00admu\u00adnisme<\/i> et que nous allons main\u00adte\u00adnant \u00e9tudier.<\/p>\n<h2>VII. Mon Communisme \u2013 Le bonheur universel<\/h2>\n<p>Le voi\u00adci donc \u00e0 terre ce colosse que ses gar\u00addiens croyaient \u00e9ter\u00adnel&nbsp;; oh&nbsp;! pour le jeter bas, il n\u2019a pas fal\u00adlu long\u00adtemps au Peuple de France que, depuis des si\u00e8cles, il empoi\u00adson\u00adnait de son ombre et de ses fruits. Quelques jour\u00adn\u00e9es ont suf\u00adfi, jour\u00adn\u00e9es inou\u00adbliables dont le r\u00e9cit res\u00adte\u00adra gra\u00adv\u00e9 en lettres d\u2019or dans l\u2019Histoire nou\u00advelle de la Nou\u00advelle Huma\u00adni\u00adt\u00e9. Il faut le lire, ce r\u00e9cit, tel que sa plume alerte et sobre et avec des yeux pro\u00adph\u00e9\u00adtiques, S\u00e9bas\u00adtien Faure l\u2019a \u00e9crit, dans le pro\u00adlogue de son&nbsp;livre.<\/p>\n<p>Devant ce \u00ab&nbsp;pro\u00adc\u00e8s-ver\u00adbal&nbsp;\u00bb, ou ce \u00ab&nbsp;compte ren\u00addu&nbsp;\u00bb rapide d\u2019une r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion d\u00e9ci\u00adsive, met\u00adtant Paris, la Pro\u00advince, les cam\u00adpagnes aux mains des insur\u00adg\u00e9s en quatre \u00e0 cinq jours, devant l\u2019ordre par\u00adfait presque math\u00e9\u00adma\u00adtique de la man\u0153uvre qui entra\u00ee\u00adna ce r\u00e9sul\u00adtat, le pre\u00admier mou\u00adve\u00adment est de crier \u00e0 l\u2019invraisemblance, \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 abso\u00adlue. J\u2019avoue que ce fut le mien, et j\u2019avoue aus\u00adsi qu\u2019il per\u00adsis\u00adta dans mon esprit, m\u00eame apr\u00e8s avoir la et relu les pages en les\u00adquelles S\u00e9bas\u00adtien Faure tente d\u2019expliquer les causes des cet \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adment fou\u00addroyant du Com\u00admu\u00adnisme libertaire.<\/p>\n<p>Certes, elles furent, ces causes, d\u2019une puis\u00adsance for\u00admi\u00addable, \u00e9ga\u00adlant et d\u00e9pas\u00adsant m\u00eame celles qui entra\u00ee\u00adn\u00e8rent la R\u00e9vo\u00adlu\u00adtion de 93&nbsp;; et il est facile, ain\u00adsi que l\u2019a fait S\u00e9bas\u00adtien Faure, de les r\u00e9su\u00admer fid\u00e8\u00adle\u00adment, puisque nous les voyons agir sous nos yeux&nbsp;: d\u2019abord la colos\u00adsale bou\u00adche\u00adrie dont la France res\u00adtait encore ensan\u00adglan\u00adt\u00e9e et muti\u00adl\u00e9e&nbsp;; puis les exa\u00adg\u00e9\u00adra\u00adtions du triomphe, les d\u00e9cep\u00adtions de la vic\u00adtoire, une dette de 320 mil\u00adliards entra\u00ee\u00adnant la p\u00e9nu\u00adrie de plus en plus grande du Tr\u00e9\u00adsor, le marasme tou\u00adjours crois\u00adsant des affaires finan\u00adci\u00e8res, indus\u00adtrielles et com\u00admer\u00adciales, la d\u00e9pr\u00e9\u00adcia\u00adtion de notre franc, le scan\u00addale jamais r\u00e9pri\u00adm\u00e9 des pro\u00adfi\u00adteurs et de leurs for\u00adtunes colos\u00adsales, faites sur les cadavres de nos sol\u00addats&nbsp;; les r\u00e9gions d\u00e9vas\u00adt\u00e9es main\u00adte\u00adnues dans le d\u00e9nue\u00adment et l\u2019abandon, le gas\u00adpillage \u00e9hon\u00adt\u00e9 des mil\u00adliards des\u00adti\u00adn\u00e9s \u00e0 leur rel\u00e8\u00adve\u00adment, les vic\u00adtimes de la guerre, muti\u00adl\u00e9s, veuves, orphe\u00adlins, ascen\u00addants, r\u00e9duits \u00e0 la mis\u00e8re par la vio\u00adla\u00adtion fla\u00adgrante de leurs droits les plus sacr\u00e9s, le ch\u00f4\u00admage des usines cher\u00adch\u00e9, vou\u00adlu par les patrons que la guerre avait enri\u00adchis, la cher\u00adt\u00e9 de la vie crois\u00adsant tou\u00adjours au lieu de s\u2019att\u00e9nuer&nbsp;; la p\u00e9nu\u00adrie des loge\u00adments, s\u2019aggravant par la cupi\u00addi\u00adt\u00e9 des pro\u00adpri\u00e9\u00adtaires au point d\u2019entra\u00eener de plus en plus nom\u00adbreuses expulsions.<\/p>\n<p>\u00c0 tout cela, ajou\u00adtez les hos\u00adti\u00adli\u00adt\u00e9s et les mas\u00adsacres conti\u00adnuant en Orient presqu\u2019\u00e0 l\u2019insu du peuple, pour ne pas dire mal\u00adgr\u00e9 lui, les bud\u00adgets de la guerre et de la marine oscil\u00adlant entre 5 et 6 mil\u00adliards&nbsp;: le mili\u00adta\u00adrisme des gou\u00adver\u00adne\u00adments des Chambres plus hau\u00adtain et plus puis\u00adsant que jamais&nbsp;; et, ce qu\u2019a omis S\u00e9bas\u00adtien Faure, notre imp\u00e9\u00adria\u00adlisme colo\u00adnial deve\u00adnu plus insa\u00adtiable encore, exploi\u00adtant plus cruel\u00adle\u00adment que jamais nos mil\u00adlions d\u2019indig\u00e8nes et ajou\u00adtant chaque jour de nou\u00adveaux cadavres aux dix sept cent mille que la guerre avait&nbsp;faits.&nbsp;<\/p>\n<p>Tels sont, je le r\u00e9p\u00e8te, r\u00e9su\u00adm\u00e9s par l\u2019auteur en his\u00adto\u00adrien fid\u00e8le, les prin\u00adci\u00adpaux faits et \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments qui avaient rem\u00adpli les quinze ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s-guerre au bout des\u00adquelles, il fait \u00e9cla\u00adter sa r\u00e9volution.<\/p>\n<p>J\u2019avoue qu\u2019en r\u00e9fl\u00e9\u00adchis\u00adsant s\u00e9rieu\u00adse\u00adment, on peut recon\u00adna\u00eetre ce laps de temps, tout court qu\u2019il est, comme suf\u00adfi\u00adsant pour jus\u00adti\u00adfier une explo\u00adsion for\u00admi\u00addable des masses d\u00e9\u00e7ues et meur\u00adtries. Et ce n\u2019est pas l\u00e0-des\u00adsus que je contre\u00addi\u00adrai S\u00e9bas\u00adtien Faure. Non. C\u2019est, encore une fois, sur la man\u0153uvre fou\u00addroyante et math\u00e9\u00adma\u00adti\u00adque\u00adment ordon\u00adn\u00e9e qui entra\u00ee\u00adna le suc\u00adc\u00e8s d\u00e9fi\u00adni\u00adtif en cinq \u00e0 six jours. Les rai\u00adsons expli\u00adca\u00adtives qu\u2019en donne S\u00e9bas\u00adtien Faure ne m\u2019ont nul\u00adle\u00adment convain\u00adcu. En effet, ni la situa\u00adtion actuelle des Syn\u00addi\u00adcats et de leur mou\u00adve\u00adment, ni celle du Par\u00adti socia\u00adliste divi\u00ads\u00e9 en com\u00admu\u00adnistes et dis\u00adsi\u00addents, encore moins celle de la C.G.T. par\u00adta\u00adg\u00e9e en deux tron\u00ad\u00e7ons ne jus\u00adti\u00adfient une \u00e9vo\u00adlu\u00adtion aus\u00adsi rapide, aus\u00adsi com\u00adpl\u00e8te vers cette per\u00adfec\u00adtion, vers cette id\u00e9ale soli\u00adda\u00adri\u00adt\u00e9, vers cette syner\u00adgie mer\u00adveilleuse que leur pr\u00eate S\u00e9bas\u00adtien Faure et qui eussent, en effet, \u00e9t\u00e9 n\u00e9ces\u00adsaires pour obte\u00adnir le r\u00e9sul\u00adtat qu\u2019il d\u00e9crit.<\/p>\n<p>Qu\u2019on se reporte \u00e0 ce que j\u2019ai dit au com\u00admen\u00adce\u00adment de cette \u00e9tude sur la d\u00e9pres\u00adsion phy\u00adsique, intel\u00adlec\u00adtuelle et morale, \u00e0 laquelle, depuis la fin de la guerre, reste tou\u00adjours en proie, le pro\u00adl\u00e9\u00adta\u00adriat de France, comme celui du monde entier. Qui\u00adconque juge impar\u00adtia\u00adle\u00adment l\u2019\u00e9tat actuel de ses forces r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires, ne pour\u00adra nier que ses chefs, ceux qu\u2019on appelle l\u2019\u00e9lite et qui auraient pour mis\u00adsion de les uti\u00adli\u00adser en les cen\u00adtra\u00adli\u00adsant au moment vou\u00adlu, sont encore plus malades et plus d\u00e9pri\u00adm\u00e9s que&nbsp;lui.<\/p>\n<p>Et pour gu\u00e9\u00adrir cette mala\u00addie dont les symp\u00adt\u00f4mes vont plu\u00adt\u00f4t s\u2019aggravant, et qui a com\u00admen\u00adc\u00e9 depuis bien\u00adt\u00f4t 4 ans, il suf\u00adfi\u00adrait d\u2019\u00e0 peine trois lustres, dans l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019auteur (4 + 11 = 15)&nbsp;! Onze ans seule\u00adment pour obte\u00adnir cette uni\u00adt\u00e9 de front tant dis\u00adcu\u00adt\u00e9e aujourd\u2019hui&nbsp;! Onze ans seule\u00adment pour faire com\u00adprendre aux uns tous les dan\u00adgers de l\u2019h\u00e9r\u00e9sie r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire qu\u2019est la col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adtion des classes, pour mon\u00adtrer aux autres que la Dic\u00adta\u00adture du peuple, n\u2019est peut-\u00eatre pas la pana\u00adc\u00e9e tout enti\u00e8re&nbsp;! Onze ans seule\u00adment pour modi\u00adfier de fond en comble des men\u00adta\u00adli\u00adt\u00e9s qui se croient socia\u00adlistes et qui res\u00adtent pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment bour\u00adgeoises mal\u00adgr\u00e9 tout, pour faire pen\u00adser \u00e0 l\u2019unisson le cer\u00adveau de Renau\u00addel, d\u2019Albert Tho\u00admas, de Jou\u00adhaux, et le v\u00f4tre, mon cher S\u00e9bas\u00adtien, en pas\u00adsant par celui de Fros\u00adsard et de Cachin&nbsp;! Non&nbsp;! non&nbsp;! je ne le crois&nbsp;pas.<\/p>\n<p>Encore moins me ferez-vous admettre qu\u2019un si court espace de temps ait suf\u00adfi pour faire de la France ce qu\u2019elle est quand y d\u00e9barquent les Durand. Pour cap\u00adti\u00advantes, nom\u00adbreuses et pr\u00e9\u00adcises que soient vos expli\u00adca\u00adtions d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre du livre, pour grandes et irr\u00e9\u00adsis\u00adtibles les forces morales que vous faites entrer en jeu, mon \u00e9du\u00adca\u00adtion bio\u00adlo\u00adgique m\u2019emp\u00eache de croire \u00e0 la rapi\u00addi\u00adt\u00e9 presque cin\u00e9\u00adma\u00adto\u00adgra\u00adphique de cette trans\u00adfor\u00adma\u00adtion radi\u00adcale, por\u00adtant sur le fond m\u00eame de la nature humaine, sur la phy\u00adsio\u00adlo\u00adgie m\u00eame du cer\u00adveau humain, si je puis m\u2019expliquer ainsi.<\/p>\n<p>Hier encore je reli\u00adsais le beau livre de Forel sur <i>l\u2019\u00c2me et le sys\u00adt\u00e8me ner\u00adveux<\/i>, et devant toutes les mala\u00addies, devant toutes les tares aux\u00adquelles ils sont sou\u00admis de par leur fonc\u00adtion\u00adne\u00adment m\u00eame, je consta\u00adtais avec lui com\u00adbien est rare, par\u00admi la mul\u00adti\u00adtude humaine un cer\u00adveau nor\u00admal. M\u00eame pen\u00ads\u00e9e en reli\u00adsant les beaux livres de Ribot, sur les <i>Mala\u00addies de la volon\u00adt\u00e9, de la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 de la m\u00e9moire<\/i>. Et cette pen\u00ads\u00e9e pre\u00adnait, en mon esprit, une force plus grande encore, en m\u00e9di\u00adtant sur la belle page du livre de <i>l\u2019intelligence<\/i>, o\u00f9 Taine a mis si \u00e9lo\u00adquem\u00adment en relief cette insuf\u00adfi\u00adsance et cette fra\u00adgi\u00adli\u00adt\u00e9 de notre rai\u00adson, page que je ne r\u00e9siste pas \u00e0 don\u00adner&nbsp;ici&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2014 \u00ab&nbsp;Ce que dans l\u2019homme nous appe\u00adlons la rai\u00adson n\u2019est point un don inn\u00e9 et per\u00adsis\u00adtant mais une acqui\u00adsi\u00adtion tar\u00addive et un com\u00adpo\u00ads\u00e9 fra\u00adgile. Il suf\u00adfit des moindres notions phy\u00adsio\u00adlo\u00adgiques, pour savoir qu\u2019elle est en \u00e9tat d\u2019\u00e9quilibre instable, lequel d\u00e9pend de l\u2019\u00e9tat non moins instable du cer\u00adveau, des nerfs, du sang et de l\u2019estomac. Pre\u00adnez des femmes qui ont faim et des hommes qui ont bu, met\u00adtez-en mille ensemble, lais\u00adsez-les s\u2019\u00e9chauffer par leurs cris, par l\u2019attente, par la conta\u00adgion mutuelle de leur \u00e9mo\u00adtion crois\u00adsante, an bout de quelques heures, vous n\u2019aurez plus qu\u2019une cohue de fous dangereux.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Main\u00adte\u00adnant inter\u00adro\u00adgez la psy\u00adcho\u00adlo\u00adgie, la plus simple op\u00e9\u00adra\u00adtion men\u00adtale, une per\u00adcep\u00adtion des sens, un sou\u00adve\u00adnir, l\u2019application d\u2019un nom. un juge\u00adment ordi\u00adnaire, est le jeu d\u2019une m\u00e9ca\u00adnique com\u00adpli\u00adqu\u00e9e, l\u2019\u0153uvre com\u00admune et finale de plu\u00adsieurs mil\u00adlions de rouages, qui, pareils \u00e0 ceux d\u2019une hor\u00adloge, tirent et poussent \u00e0 l\u2019aveugle, cha\u00adcun pour soi, cha\u00adcun entra\u00ee\u00adn\u00e9 par sa propre force, cha\u00adcun main\u00adte\u00adnu par des com\u00adpen\u00adsa\u00adtions et des contre\u00adpoids. Si l\u2019aiguille marque l\u2019heure \u00e0 peu pr\u00e8s juste, c\u2019est par l\u2019effet d\u2019une ren\u00adcontre qui est une mer\u00adveille, pour ne pas dire un miracle, et l\u2019hallucination, le d\u00e9lire, la mono\u00adma\u00adnie qui habitent \u00e0 notre porte, sont tou\u00adjours sur le point d\u2019entrer en nous. \u00c0 pro\u00adpre\u00adment par\u00adler, l\u2019homme est fou, comme le corps est malade, par nature&nbsp;; la san\u00adt\u00e9 de nos esprits comme la san\u00adt\u00e9 de nos organes n\u2019est qu\u2019une r\u00e9us\u00adsite fr\u00e9\u00adquente et un bel accident.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Si telle est la chance pour la trame et le cane\u00advas gros\u00adsier, pour les gros fils \u00e0 peu pr\u00e8s solides de notre intel\u00adli\u00adgence, quels doivent \u00eatre les hasards pour la bro\u00adde\u00adrie ult\u00e9\u00adrieure et super\u00adpo\u00ads\u00e9e, pour le r\u00e9seau sub\u00adtil et com\u00adpli\u00adqu\u00e9 qui est la rai\u00adson pro\u00adpre\u00adment dite et se com\u00adpose d\u2019id\u00e9es g\u00e9n\u00e9\u00adrales&nbsp;? For\u00adm\u00e9es par un lent et d\u00e9li\u00adcat tis\u00adsage \u00e0 tra\u00advers un long appa\u00adreil de signes, par\u00admi les tiraille\u00adments de l\u2019orgueil, de l\u2019enthousiasme et de l\u2019ent\u00eatement dog\u00adma\u00adtique, com\u00adbien de chances pour que, dans les meilleures t\u00eates, ces id\u00e9es cor\u00adres\u00adpondent mal aux choses\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Ain\u00adsi parle&nbsp;Taine.<\/p>\n<p>Donc, la rai\u00adson humaine \u00e9tant \u00e0 ce point insuf\u00adfi\u00adsante et fra\u00adgile, le cer\u00adveau, son si\u00e8ge cen\u00adtral, \u00e9tant sou\u00admis dans sa fonc\u00adtion, \u00e0 d\u2019incessantes et infi\u00adnies varia\u00adtions, dont beau\u00adcoup sont mor\u00adbides, quel miracle, aurait donc pu en si peu de temps (15 ans) mettre \u00e0 l\u2019unisson de la nor\u00admale, les trente mil\u00adlions de cer\u00adveaux fran\u00ad\u00e7ais, leur don\u00adner la san\u00adt\u00e9 d\u00e9fi\u00adni\u00adtive, les mettre dans l\u2019\u00e9quilibre par\u00adfait que com\u00adporte la r\u00e9a\u00adli\u00adsa\u00adtion de l\u2019id\u00e9al com\u00admu\u00adniste-liber\u00adtaire, tel qu\u2019il est mis en pra\u00adtique et d\u00e9crit dans le <i>Bon\u00adheur uni\u00adver\u00adsel<\/i>. Je vais plus loin. Tou\u00adjours en me basant sur les don\u00adn\u00e9es bio\u00adlo\u00adgiques, je doute fort que, quel que soit le nombre d\u2019ann\u00e9es pen\u00addant les\u00adquelles l\u2019esp\u00e8ce humaine \u00e9vo\u00adlue\u00adra sur notre pla\u00adn\u00e8te, l\u2019\u00e9volution de son cer\u00adveau puisse atteindre le degr\u00e9 de per\u00adfec\u00adtion n\u00e9ces\u00adsaire \u00e0 cette r\u00e9a\u00adli\u00adsa\u00adtion. Et, au risque de pas\u00adser pour un vision\u00adnaire ou un hal\u00adlu\u00adci\u00adn\u00e9 je vais dire ici pourquoi.<\/p>\n<p>Aux temps pri\u00admaires, il y avait d\u00e9j\u00e0 des hym\u00e9\u00adno\u00adpt\u00e8res sociaux. Ain\u00adsi que l\u2019a dit Dar\u00adwin, le gan\u00adglion cere\u00adbro\u00efde de la four\u00admi et de l\u2019abeille peut \u00eatre consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9 comme la plus grande mer\u00adveille accom\u00adplie par la nature avec un peu de pro\u00adto\u00adplas\u00adma&nbsp;; il n\u2019en est pour\u00adtant sor\u00adti, apr\u00e8s des mil\u00adlions et des mil\u00adlions d\u2019ann\u00e9es, que la Ruche et la Four\u00admi\u00adli\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire deux orga\u00adni\u00adsa\u00adtions sociales \u00e9ton\u00adnantes, certes, mais o\u00f9 l\u2019on ne cesse de se battre, de se piller, de se tra\u00ee\u00adner en escla\u00advage, et o\u00f9, mal\u00adgr\u00e9 cer\u00adtaines appa\u00adrences anar\u00adchiques signa\u00adl\u00e9es par les obser\u00adva\u00adteurs, r\u00e8gne, chez les four\u00admis, du moins, non moins tyran\u00adnique que dans les soci\u00e9\u00adt\u00e9s humaines, le prin\u00adcipe d\u2019autorit\u00e9 (Voir Huber, Forel, B\u00fcch\u00adner, Weis\u00admann, etc., sur l\u2019organisation des arm\u00e9es chez les fourmis.)<\/p>\n<p>L\u2019on me dira&nbsp;: Il y a loin du gan\u00adglion cere\u00adbro\u00efde des hym\u00e9\u00adno\u00adpt\u00e8res sociaux les plus par\u00adfaits, au cer\u00adveau de l\u2019homme avec l\u2019extraordinaire com\u00adpli\u00adca\u00adtion de ses neu\u00adrones, la richesse de sa sub\u00adstance grise, la mul\u00adti\u00adpli\u00adci\u00adt\u00e9 et la pro\u00adfon\u00addeur de ses cir\u00adcon\u00advo\u00adlu\u00adtions&nbsp;; et pour obte\u00adnir la puis\u00adsance de cr\u00e9a\u00adtion et d\u2019\u00e9volution de celui-ci, il fau\u00addrait ajou\u00adter des z\u00e9ros et des z\u00e9ros au chiffre repr\u00e9\u00adsen\u00adtant la m\u00eame puis\u00adsance chez celui-l\u00e0. Or donc puisque depuis les \u00e9poques g\u00e9o\u00adlo\u00adgiques o\u00f9 appa\u00adrurent l\u2019abeille et la four\u00admi, jusqu\u2019\u00e0 nous, elles ont pu r\u00e9a\u00adli\u00adser la Ruche et la Four\u00admi\u00adli\u00e8re avec ce seul gan\u00adglion, pour\u00adquoi donc l\u2019Homme n\u2019arriverait-il pas, un jour, \u00e0 r\u00e9a\u00adli\u00adser avec son cer\u00adveau la per\u00adfec\u00adtion \u00e0 la fois phy\u00adsio\u00adlo\u00adgique, intel\u00adlec\u00adtuelle et morale qu\u2019exige d\u2019apr\u00e8s vous l\u2019av\u00e8nement du Com\u00admu\u00adnisme liber\u00adtaire, et du Bon\u00adheur uni\u00adver\u00adsel, sup\u00adpo\u00adsant la dis\u00adpa\u00adri\u00adtion du Mal et tels que, selon les prin\u00adcipes anar\u00adchiques, S\u00e9bas\u00adtien Faure les a con\u00e7us et d\u00e9crits&nbsp;?<\/p>\n<p>Est-ce parce que le temps fera d\u00e9faut&nbsp;? Est-ce parce que les \u00e9ner\u00adgies solaires n\u00e9ces\u00adsaires \u00e0 l\u2019entretien de la vie sur la terre, se seraient \u00e9teintes avant l\u2019ultime \u00e9tape de l\u2019\u00e9volution&nbsp;? Mais les der\u00adni\u00e8res th\u00e9o\u00adries et hypo\u00adth\u00e8ses \u00e9mises par les astro\u00adnomes, ne donnent-elles pas, \u00e0 ren\u00adcontre des pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addentes, comme incal\u00adcu\u00adlables le nombre des ann\u00e9es, pen\u00addant les\u00adquelles l\u2019astre cen\u00adtral pour\u00adra four\u00adnir \u00e0 notre pla\u00adn\u00e8te une pro\u00advi\u00adsion suf\u00adfi\u00adsante de lumi\u00e8re et de cha\u00adleur. Et alors, est-il bien scien\u00adti\u00adfique de for\u00admu\u00adler, comme vous le faites, une n\u00e9ga\u00adtion absolue&nbsp;?<\/p>\n<p>Certes, ces objec\u00adtions sont puis\u00adsantes, et je me les suis sou\u00advent pos\u00e9es, en mes heures de r\u00e9flexion, et alors sur\u00adtout que je reli\u00adsais les pages opti\u00admistes o\u00f9 Spen\u00adcer et John Lub\u00adbock nous montrent le mal moral dis\u00adpa\u00adrais\u00adsant de la terre avec le mal phy\u00adsique par l\u2019int\u00e9gration du Bien dans l\u2019inconscient, l\u2019homme accom\u00adplis\u00adsant celui-ci aus\u00adsi faci\u00adle\u00adment et spon\u00adta\u00adn\u00e9\u00adment que l\u2019acte de la res\u00adpi\u00adra\u00adtion, la morale et la conscience rem\u00adpla\u00adc\u00e9es par des r\u00e9flexes dont tous auront le Vrai, le Beau, le Bon, le Juste pour r\u00e9sultats&nbsp;?<\/p>\n<p>Oui, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 sou\u00advent frap\u00adp\u00e9 par ces consi\u00add\u00e9\u00adra\u00adtions, mais, en tous cas, nous res\u00adtons loin des quinze ann\u00e9es que S\u00e9bas\u00adtien Faure juge suf\u00adfi\u00adsantes pour obte\u00adnir r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion que sup\u00adpose son <i>Bon\u00adheur uni\u00adver\u00adsel<\/i>.<\/p>\n<p>Mal\u00adgr\u00e9 tout, je per\u00adsiste \u00e0 croire que notre globe sera r\u00e9duit en un peu de pous\u00adsi\u00e8re cos\u00admique, sera rede\u00adve\u00adnu vague n\u00e9bu\u00adleuse per\u00addue dans le ciel \u00e9toi\u00adl\u00e9 avant que se r\u00e9a\u00adlise m\u00eame l\u2019\u00e9volution pr\u00e9\u00advue par John Lub\u00adbock et Spen\u00adcer. Mais ce ciel \u00e9toi\u00adl\u00e9, qu\u2019est-il lui-m\u00eame&nbsp;? \u00ab&nbsp;<i>Un nuage per\u00addu dans une f\u00e9conde immen\u00adsi\u00adt\u00e9<\/i>&nbsp;\u00bb, pour par\u00adler comme le pro\u00adfes\u00adseur Her\u00adre\u00adra&nbsp;; et nous, \u00ab&nbsp;des \u00ab&nbsp;nebu\u00adlo\u00adzoaires&nbsp;\u00bb comme les der\u00adni\u00e8res par\u00adti\u00adcules des nuages ter\u00adrestres, pas\u00adsa\u00adgers et impalpables&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Avec le savant bio\u00adlo\u00adgiste de Mexi\u00adco, je crois que \u00ab&nbsp;si l\u2019on accepte l\u2019hypoth\u00e8se de la for\u00adma\u00adtion des soleils par des trans\u00adfor\u00adma\u00adtions des chocs de n\u00e9bu\u00adleuses, notre infi\u00adni arri\u00adve\u00adra \u00e0 la pro\u00adduc\u00adtion d\u2019un soleil gigan\u00adtesque entou\u00adr\u00e9 de pla\u00adn\u00e8tes ou de satel\u00adlites \u00e9normes dont les \u00ab&nbsp;huma\u00adni\u00adt\u00e9s&nbsp;\u00bb sau\u00adront pro\u00adfi\u00adter de tous les pro\u00adgr\u00e8s obte\u00adnus par la souf\u00adfrance et la lutte dans les mondes pri\u00admi\u00adtifs. Les plus puis\u00adsants \u00e9lans de l\u2019imagination ne peuvent nous repr\u00e9\u00adsen\u00adter ce que pour\u00adra \u00eatre, par l\u2019\u00e9volution pour ain\u00adsi dire \u00e9ter\u00adnelle d\u2019un Infi\u00adni, le r\u00e8gne supr\u00eame du Bon\u00adheur et de la justice.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Alors seule\u00adment sera r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e9 le Bon\u00adheur universel.<\/p>\n<p>J\u2019ai tenu \u00e0 citer tex\u00adtuel\u00adle\u00adment ici, ces lignes que j\u2019ai prises dans son remar\u00adquable article de <i>L\u2019id\u00e9e libre<\/i> (novembre 1921) et en les\u00adquelles j\u2019ai trou\u00adv\u00e9 pour la pre\u00admi\u00e8re fois expri\u00adm\u00e9 par un savant, ce que je pen\u00adsais depuis longtemps.<\/p>\n<p>Plus d\u2019un sou\u00adri\u00adra peut-\u00eatre en consta\u00adtant que, comme Her\u00adre\u00adra, je contemple de Sirius, les hommes et les choses d\u2019ici-bas. Et, alors, me dira-t-on, pour\u00adquoi vous int\u00e9\u00adres\u00adser \u00e0 l\u2019Anarchie&nbsp;? Pour\u00adquoi sym\u00adpa\u00adthi\u00adser avec ses dis\u00adciples qui sont des hommes d\u2019imm\u00e9diates r\u00e9a\u00adli\u00adsa\u00adtions&nbsp;? Je r\u00e9pon\u00addrai&nbsp;: Si je me penche vers les doc\u00adtrines anar\u00adchistes avec une affec\u00adtueuse curio\u00adsi\u00adt\u00e9, c\u2019est parce que je les consi\u00add\u00e8re comme les plus belles et les plus nobles qui aient \u00e9t\u00e9 enfan\u00adt\u00e9es par le cer\u00adveau de l\u2019homme aux prises avec le Mal de la vie, et aus\u00adsi parce qu\u2019elles furent celles des Bakou\u00adnine, des Reclus, des Kro\u00adpot\u00adkine, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019hommes dont la vie repr\u00e9\u00adsente un miracle d\u2019abn\u00e9gation et de d\u00e9voue\u00adment. Et cela vous explique enfin pour\u00adquoi je me suis attar\u00add\u00e9 \u00e0 la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 de S\u00e9bas\u00adtien Faure en le cer\u00adveau duquel, brille, de sa flamme la plus pure, leur noble&nbsp;id\u00e9al.<\/p>\n<p>Et main\u00adte\u00adnant arri\u00adv\u00e9 au terme de cette \u00e9tude que j\u2019eusse vou\u00adlu plus par\u00adfaite, je m\u2019adresse de nou\u00adveau \u00e0 tous les faux fr\u00e8res, dont le vieux mili\u00adtant eut tant \u00e0 souf\u00adfrir, et je leur dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Voi\u00adl\u00e0 l\u2019homme que vous avez aban\u00addon\u00adn\u00e9&nbsp;; voi\u00adl\u00e0 sa vie, faite, elle aus\u00adsi, d\u2019unit\u00e9, de sim\u00adpli\u00adci\u00adt\u00e9, de d\u00e9voue\u00adment et d\u2019abn\u00e9gation. Voi\u00adl\u00e0 son \u0153uvre o\u00f9 res\u00adpire l\u2019amour le plus pur, le plus pro\u00adfond, sinon le plus clair\u00advoyant de l\u2019humanit\u00e9. Voi\u00adl\u00e0 son apos\u00adto\u00adlat ardent et lumi\u00adneux comme une flamme qui ne s\u2019est jamais \u00e9teinte et qui na jamais vacill\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>[\/\u200bP. <sc>Vign\u00e9 d\u2019Octon<\/sc>.\/\u200b]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Suite) [[&nbsp;Voir num\u00e9\u00adro pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addent.]] V. L\u2019\u0153uvre phi\u00adlo\u00adso\u00adphique et socio\u00adlo\u00adgique Jules Lema\u00eetre dont l\u2019esprit r\u00e9ac\u00adtion\u00adnaire et cl\u00e9\u00adri\u00adcal \u00e9ton\u00adna par\u00adfois jusqu\u2019au farouche ultra-mon\u00ad\u00addain Bru\u00adne\u00adti\u00e8re, mais dont l\u2019\u0153uvre cri\u00adtique vue dans son ensemble n\u2019en t\u00e9moigne pas moins d\u2019une clair\u00advoyance et d\u2019une saga\u00adci\u00adt\u00e9 tr\u00e8s grandes, avait cou\u00adtume de dire que dans l\u2019\u0153uvre nom\u00adbreuse et en appa\u00adrence la plus diverse&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[337],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-2837","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-revue-anarchiste-na6-juin-1922"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2837","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2837"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2837\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2837"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2837"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2837"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=2837"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}