{"id":2855,"date":"2011-06-13T16:50:28","date_gmt":"2011-06-13T16:50:28","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/06\/13\/quelques-mots-sur-la-revolution-bouddhique\/"},"modified":"2011-06-13T16:50:28","modified_gmt":"2011-06-13T16:50:28","slug":"quelques-mots-sur-la-revolution-bouddhique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/06\/13\/quelques-mots-sur-la-revolution-bouddhique\/","title":{"rendered":"Quelques mots sur la r\u00e9volution bouddhique"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2855?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2855?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>Le mot de\u00ab&nbsp;R\u00e9vo\u00adlu\u00adtion&nbsp;\u00bb pla\u00adc\u00e9 en t\u00eate de ce court article implique une concep\u00adtion de l\u2019his\u00adtoire hin\u00addoue en par\u00adti\u00adcu\u00adlier et de l\u2019his\u00adtoire de l\u2019hu\u00adma\u00adni\u00adt\u00e9 dans son ensemble, bien dif\u00adf\u00e9\u00adrente de celle qui a pr\u00e9\u00adva\u00adlu jus\u00adqu\u2019i\u00adci. Le c\u00f4t\u00e9 \u00e9co\u00adno\u00admique et social, de beau\u00adcoup le plus impor\u00adtant, de la grande trans\u00adfor\u00adma\u00adtion qui s\u2019ac\u00adcom\u00adplit, il y a 2,500 ans, dans l\u2019Inde sep\u00adten\u00adtrio\u00adnale a \u00e9t\u00e9 abso\u00adlu\u00adment n\u00e9gli\u00adg\u00e9 par les his\u00adto\u00adriens. Ceux-ci, aux\u00adquels manquent les ren\u00adsei\u00adgne\u00adments pr\u00e9\u00adcis du temps, et qui ont recueilli p\u00e9ni\u00adble\u00adment les indices des faits en des chaos de l\u00e9gendes et de pr\u00e9\u00adceptes, sont natu\u00adrel\u00adle\u00adment por\u00adt\u00e9s a \u00e9tu\u00addier les seuls ves\u00adtiges authen\u00adtiques et cer\u00adtains du boud\u00addhisme, c\u2019est-\u00e0-dire les dogmes et les ensei\u00adgne\u00adments reli\u00adgieux, l\u2019or\u00adga\u00adni\u00adsa\u00adtion eccl\u00e9\u00adsias\u00adtique, les mille d\u00e9tails sub\u00ads\u00e9\u00adquents des luttes qui sui\u00advirent. Mais cette mani\u00e8re de pro\u00adc\u00e9\u00adder les expose \u00e0 se trom\u00adper du tout au tout, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 confondre la fin avec le com\u00admen\u00adce\u00adment, \u00e0 voir l\u2019\u00e9\u00advo\u00adlu\u00adtion r\u00e9gres\u00adsive \u00e0 la place de la p\u00e9riode de for\u00adma\u00adtion, \u00e0 \u00e9tu\u00addier les ins\u00adti\u00adtu\u00adtions issues du mou\u00adve\u00adment et non les causes qui le d\u00e9ter\u00admi\u00adn\u00e8rent&nbsp;: Ils se trouvent dans la situa\u00adtion d\u2019un peintre qui, n\u2019ayant jamais p\u00e9n\u00e9\u00adtr\u00e9 dans la cit\u00e9 splen\u00addide qu\u2019il doit repr\u00e9\u00adsen\u00adter, ne pour\u00adrait en indi\u00adquer l\u2019as\u00adpect que d\u2019a\u00adpr\u00e8s les ruelles et les sen\u00adtiers des faubourgs.&nbsp;<\/p>\n<p>Dans ces condi\u00adtions, l\u2019illu\u00adsion de l\u2019op\u00adtique intel\u00adlec\u00adtuelle est fatale, d\u2019au\u00adtant plus que par le d\u00e9ve\u00adlop\u00adpe\u00adment m\u00eame des id\u00e9es en fer\u00admen\u00adta\u00adtion, la lutte des forces prend des carac\u00adt\u00e8res tout dif\u00adf\u00e9\u00adrents \u00e0 l\u2019o\u00adri\u00adgine des \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adments, au c\u0153ur du conflit et vers la p\u00e9riode de retour qui fait suite \u00e0 la crise. Ce qui se serait pr\u00e9\u00adsen\u00adt\u00e9 au com\u00admen\u00adce\u00adment comme une r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion sociale ne para\u00eet \u00eatre \u00e0 la fin qu\u2019un simple chan\u00adge\u00adment d\u2019institutions.&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 ce qu\u2019on a pu consta\u00adter d\u2019une mani\u00e8re sai\u00adsis\u00adsante \u00e0 pro\u00adpos du boud\u00addhisme hin\u00addou. D\u2019or\u00addi\u00adnaire, on n\u2019\u00e9\u00adtu\u00addie dans cet \u00e9v\u00e9\u00adne\u00adment capi\u00adtal que la per\u00adsonne l\u00e9gen\u00addaire ou m\u00eame com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment mythique de son fon\u00adda\u00adteur, que la signi\u00adfi\u00adca\u00adtion pr\u00e9\u00adcise des dogmes ou m\u00eame de tel ou tel mot employ\u00e9 par leurs codi\u00adfi\u00adca\u00adteurs ou com\u00admen\u00adta\u00adteurs&nbsp;; mais c\u2019est comme r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion morale et sociale que le boud\u00addhisme a son impor\u00adtance, et, pour s\u2019en rendre compte, il faut \u00e9vo\u00adquer le pas\u00ads\u00e9 des \u00e2ges qui pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00add\u00e8rent cette p\u00e9riode, mon\u00adtrer quels \u00e9taient les \u00e9l\u00e9\u00adments sociaux en exis\u00adtence et de quelle mani\u00e8re s\u2019\u00e9\u00adta\u00adblis\u00adsait leur \u00e9qui\u00adlibre. L\u2019his\u00adtoire des reli\u00adgions doit se trans\u00adfor\u00admer en son entier comme se trans\u00adforme sous nos yeux l\u2019his\u00adtoire poli\u00adtique. Celle-ci se bor\u00adnait autre\u00adfois \u00e0 nous racon\u00adter les aven\u00adtures des rois et des hommes puis\u00adsants, \u00e0 nous d\u00e9crire les si\u00e8ges et les batailles, \u00e0 nous dire les lois tra\u00adc\u00e9es sur les tables de pierre ou d\u2019ai\u00adrain&nbsp;; main\u00adte\u00adnant elle cherche \u00e0 nous d\u00e9peindre la vie intime des popu\u00adla\u00adtions, leurs souf\u00adfrances, leurs joies et leurs espoirs. De m\u00eame au-des\u00adsus des dogmes et de toute la char\u00adpente ext\u00e9\u00adrieure des reli\u00adgions, il s\u2019a\u00adgit de consta\u00adter quelle fut la rai\u00adson sociale qui leur don\u00adna naissance.&nbsp;<\/p>\n<p>Eh bien&nbsp;! le fait capi\u00adtal dans l\u2019his\u00adtoire du boud\u00addhisme est net\u00adte\u00adment signa\u00adl\u00e9 par la condi\u00adtion dans laquelle se trou\u00advaient les popu\u00adla\u00adtions du nord de l\u2019Inde avant l\u2019ex\u00adplo\u00adsion. Elles \u00e9taient alors com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment asser\u00advies \u00e0 une nation vic\u00adto\u00adrieuse des\u00adcen\u00addue des pla\u00adteaux de l\u2019I\u00adra\u00adnie et des hautes val\u00adl\u00e9es du pays connu aujourd\u2019\u00adhui sous le nom d\u2019Af\u00adgha\u00adnis\u00adtan. Dix si\u00e8cles peut-\u00eatre s\u2019\u00e9\u00adtaient \u00e9cou\u00adl\u00e9s depuis que les pre\u00admiers conqu\u00e9\u00adrants avaient fait leur appa\u00adri\u00adtion dans le bas\u00adsin des Sept-Rivi\u00e8res. Les guerres, nous le voyons par le texte des V\u00e9das, avaient \u00e9t\u00e9 d\u2019un carac\u00adt\u00e8re atroce. On br\u00fb\u00adlait les vil\u00adlages avec les mai\u00adsons et quel\u00adque\u00adfois avec les hommes, on pous\u00adsait \u00e0 l\u2019ai\u00adguillon les trou\u00adpeaux de cap\u00adtifs vers les champs des ma\u00eetres&nbsp;; puis ceux-ci met\u00adtaient leur pou\u00advoir sous la sanc\u00adtion de la cou\u00adtume, de la loi, de la reli\u00adgion&nbsp;; ils avaient haut dres\u00ads\u00e9 leur caste au-des\u00adsus de celle des vain\u00adcus. Le r\u00e9gime des \u00ab&nbsp;cou\u00adleurs&nbsp;\u00bb ou <i>var\u00adna<\/i> \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fix\u00e9 comme par une for\u00admi\u00addable arma\u00adture de fer, et au des\u00adsus de l\u2019\u00e9\u00adta\u00adge\u00adment des classes conqu\u00e9\u00adrantes souf\u00adfrait et pei\u00adnait la dolente mul\u00adti\u00adtude des \u00ab&nbsp;diables&nbsp;\u00bb, des \u00ab&nbsp;pour\u00adceaux&nbsp;\u00bb, des \u00ab&nbsp;chiens&nbsp;\u00bb, ain\u00adsi qu\u2019on d\u00e9si\u00adgnait les vain\u00adcus. C\u2019est alors que par r\u00e9ac\u00adtion contre l\u2019a\u00adbo\u00admi\u00adnable \u00e9tat de choses se pro\u00addui\u00adsit la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion gran\u00addiose du Bouddhisme.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion fut cer\u00adtai\u00adne\u00adment dans son essence une ten\u00adta\u00adtive d\u2019\u00e9\u00adga\u00adli\u00adt\u00e9, une secousse don\u00adn\u00e9e \u00e0 la ha\u00efs\u00adsable ins\u00adti\u00adtu\u00adtion des castes. On conna\u00eet la l\u00e9gende&nbsp;: \u00c0 une \u00e9poque encore ind\u00e9\u00adter\u00admi\u00adn\u00e9e, mais \u00e9va\u00adlu\u00e9e en moyenne \u00e0 25 si\u00e8cles ou 25 si\u00e8cles et demi avant l\u2019\u00e9\u00adpoque actuelle, le prince Gau\u00adta\u00adma naquit \u00e0 Kapi\u00adla\u00advas\u00adtou, ville de l\u2019Aoudh, situ\u00e9e pr\u00e8s d\u2019Ayo\u00addia o\u00f9 \u00e9tait n\u00e9 pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addem\u00adment le divin Rama, le conqu\u00e9\u00adrant de Cey\u00adlan, celui de tous les enva\u00adhis\u00adseurs qui contri\u00adbua le plus \u00e0 la domi\u00adna\u00adtion aryenne et \u00e0 l\u2019as\u00adser\u00advis\u00adse\u00adment des autoch\u00adtones. Gau\u00adta\u00adma se maria, il eut un fils et pen\u00addant dix ann\u00e9es r\u00e9gna d\u00e9bon\u00adnai\u00adre\u00adment sur ses peuples. Mais la vue de toutes les in\u00e9ga\u00adli\u00adt\u00e9s sociales aux\u00adquelles il contri\u00adbuait par le fait seul de sa royau\u00adt\u00e9, et qui ren\u00addait impos\u00adsible toute fra\u00adter\u00adni\u00adt\u00e9 humaine, le ron\u00adgeait comme un remords et, sor\u00adtant du palais royal, cong\u00e9\u00addiant tous ses cham\u00adbel\u00adlans et ser\u00advi\u00adteurs, rev\u00ea\u00adtant le cos\u00adtume du plus pauvre par\u00admi les pauvres, il quit\u00adta le pays des Aryens vain\u00adqueurs, tra\u00adver\u00adsa la Gan\u00adga pour gagner les for\u00eats du Sud, au milieu des Dasyou hon\u00adnis et per\u00ads\u00e9\u00adcu\u00adt\u00e9s, et l\u00e0 il v\u00e9cut dans la m\u00e9di\u00adta\u00adtion et le renon\u00adce\u00adment. Quelques dis\u00adciples l\u2019ac\u00adcom\u00adpa\u00adgnaient, des brah\u00admanes pro\u00adba\u00adble\u00adment. Mais c\u2019est en vain que pen\u00addant six ou dix ann\u00e9es, sui\u00advant les l\u00e9gendes, il cher\u00adcha la paix&nbsp;; maintes fois il dut lut\u00adter avec son d\u00e9ses\u00adpoir, figu\u00adr\u00e9 dans les ima\u00adgi\u00adna\u00adtions popu\u00adlaires par le dieu de la Mort. \u00c0 la fin il com\u00adprit que l\u2019homme ne se doit pas \u00e0 sa tris\u00adtesse et que c\u2019est une forme d\u2019\u00e9\u00adgo\u00efsme, hon\u00adteuse et l\u00e2che, que de rumi\u00adner ses cha\u00adgrins, ses ver\u00adtus, son orgueil de propre jus\u00adtice et de savou\u00adrer \u00e0 l\u2019aise ses m\u00e9lan\u00adco\u00adlies po\u00e9\u00adtiques, en oubliant ses fr\u00e8res qui peinent l\u00e0 bas, qui luttent et qui souffrent dans le grand com\u00adbat pour l\u2019exis\u00adtence. Aus\u00adsi\u00adt\u00f4t il aban\u00addon\u00adna les jungles de Gaya et, seul, car ses dis\u00adciples scan\u00adda\u00adli\u00ads\u00e9s en res\u00adtaient \u00e0 leur aris\u00adto\u00adcra\u00adtique m\u00e9pris du genre humain, il se pr\u00e9\u00adci\u00adpi\u00adta vers la grande cit\u00e9 de B\u00e9na\u00adr\u00e8s pour y pr\u00ea\u00adcher dans les rues, sur les places publiques, sur les esca\u00adliers qui des\u00adcendent au fleuve, la bonne nou\u00advelle de la fra\u00adter\u00adni\u00adt\u00e9. Plus de rois, plus de princes, plus de chefs ni de juges, plus de brah\u00admanes ni de guer\u00adriers, plus de castes enne\u00admies se ha\u00efs\u00adsant les unes les autres, mais des fr\u00e8res, des cama\u00adrades, des com\u00adpa\u00adgnons de labeur en com\u00admun&nbsp;! Tous les \u00eatres se valent d\u2019a\u00adpr\u00e8s Gau\u00adta\u00adma, les plantes, les ani\u00admaux, les hommes, aus\u00adsi bien les vicieux que les ver\u00adtueux, et cha\u00adcun de nous ne doit avoir d\u2019autre ambi\u00adtion que de faire du bien \u00e0 tous. Per\u00adsonne ne doit s\u2019e\u00adnor\u00adgueillir, per\u00adsonne n\u2019est tenu de s\u2019hu\u00admi\u00adlier, cha\u00adcun est \u00e0 sa place, toute hi\u00e9\u00adrar\u00adchie est sup\u00adpri\u00adm\u00e9e&nbsp;; il n\u2019y a point de r\u00f4le pour l\u2019au\u00adto\u00adri\u00adt\u00e9, ce fait bru\u00adtal que les ma\u00eetres consi\u00add\u00e8rent volon\u00adtiers comme un \u00ab&nbsp;principe&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019ap\u00adpa\u00adri\u00adtion de ce men\u00addiant, tra\u00eetre \u00e0 sa classe, tra\u00eetre \u00e0 sa famille, enne\u00admi de toutes les lois divines et humaines, pro\u00advo\u00adqua les plus vio\u00adlentes col\u00e8res chez tous les pri\u00advi\u00adl\u00e9\u00adgi\u00e9s, mais il avait pour lui la foule. Comme le fit plus tard un autre ap\u00f4tre men\u00addiant, il s\u2019\u00e9\u00adtait adres\u00ads\u00e9 sur\u00adtout \u00e0 ceux qui souffrent, aux pauvres, aux m\u00e9pri\u00ads\u00e9s, aux gens de police et de mau\u00advaise vie, aux \u00ab&nbsp;offen\u00ads\u00e9s&nbsp;\u00bb comme ceux que peint le grand Dos\u00adto\u00efews\u00adky. Sui\u00advant le pr\u00e9\u00adcepte recom\u00adman\u00add\u00e9 plus tard par St-Jacques, il ne leur par\u00adlait point de Dieu qu\u2019on ne voit pas, mais seule\u00adment des fr\u00e8res que l\u2019on voit et que l\u2019on peut aimer, des ani\u00admaux que l\u2019on peut, \u00e9le\u00adver, am\u00e9\u00adlio\u00adrer, rap\u00adpro\u00adcher de l\u2019homme. Lui aus\u00adsi \u00e9tait agnos\u00adtique, ath\u00e9e si l\u2019on veut. Les \u00ab&nbsp;quatre devoirs&nbsp;\u00bbde l\u2019en\u00adsei\u00adgne\u00adment boud\u00addhique sont de conna\u00eetre la souf\u00adfrance, d\u2019en \u00e9tu\u00addier les causes, d\u2019en vou\u00adloir la sup\u00adpres\u00adsion et d\u2019en trou\u00adver le rem\u00e8de.&nbsp;<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la pas\u00adsion du bien qui, de B\u00e9na\u00adr\u00e8s, la cit\u00e9 sainte, se pro\u00adpa\u00adgea comme une flamme, les castes furent par\u00adtout bri\u00ads\u00e9es, par\u00adtout se recons\u00adti\u00adtu\u00e8rent des com\u00admunes libres o\u00f9 le tra\u00advail \u00e9tait une f\u00eate \u00e0 laquelle tous s\u2019as\u00adso\u00adciaient joyeu\u00adse\u00adment. Les popu\u00adla\u00adtions de l\u2019Inde sep\u00adten\u00adtrio\u00adnale v\u00e9curent alors les plus beaux jours de leur his\u00adtoire&nbsp;: notre esp\u00e9\u00adrance, notre vou\u00adloir sont de faire revi\u00advra un jour cette exis\u00adtence \u00e0 tous les hommes, nos fr\u00e8res.&nbsp;<\/p>\n<p>Mais l\u2019en\u00adne\u00admi veillait, les pri\u00advi\u00adl\u00e9\u00adgi\u00e9s de la race, de la nais\u00adsance, de la for\u00adtune, de l\u2019\u00e9\u00addu\u00adca\u00adtion \u00e9taient trop nom\u00adbreux pour accep\u00adter ain\u00adsi de ren\u00adtrer dans les rangs avec la tourbe des Sou\u00addra et des Tchan\u00adda\u00adla, avec la mul\u00adti\u00adtude de ceux qu\u2019\u00adhier encore on appe\u00adlait \u00ab&nbsp;chiens&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;pour\u00adceaux&nbsp;\u00bb, et la triste res\u00adtau\u00adra\u00adtion s\u2019ac\u00adcom\u00adplit. D\u2019a\u00adbord on com\u00admen\u00ad\u00e7a par glo\u00adri\u00adfier l\u2019homme au lieu de s\u2019at\u00adta\u00adcher \u00e0 l\u2019i\u00add\u00e9e. Gau\u00adta\u00adma fut trans\u00adfi\u00adgu\u00adr\u00e9 en dieu, on en fit un \u00ab&nbsp;Boud\u00addha&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une \u00ab&nbsp;lumi\u00e8re&nbsp;\u00bb, un phare \u00e9cla\u00adtant. On pr\u00e9\u00adten\u00addit qu\u2019il n\u2019\u00e9\u00adtait autre que le dieu Vich\u00adnou appa\u00adrais\u00adsant dans sa neu\u00advi\u00e8me incar\u00adna\u00adtion&nbsp;; tous les actes de sa vie furent trans\u00adfor\u00adm\u00e9s en miracles, toutes ses paroles momi\u00adfi\u00e9es en dogmes, un monde de pr\u00eatres naquit pour codi\u00adfier sa doc\u00adtrine et pour recons\u00adti\u00adtuer les ins\u00adti\u00adtu\u00adtions du pas\u00ads\u00e9 sous de nou\u00advelles appel\u00adla\u00adtions. \u00c0 l\u2019en\u00addroit ou Gau\u00adta\u00adma s\u2019\u00e9\u00adtait r\u00e9fu\u00adgi\u00e9 dans la jungle, on \u00e9le\u00adva des temples somp\u00adtueux en l\u2019hon\u00adneur de \u00ab&nbsp;l\u2019A\u00adna\u00adcho\u00adr\u00e8te&nbsp;\u00bb par excel\u00adlence, d\u00e9sor\u00admais d\u00e9si\u00adgn\u00e9 sous le nom de \u00c7akya Mou\u00adni, en m\u00e9moire de cette p\u00e9riode de sa vie. D\u2019autres temples se dres\u00ads\u00e8rent par\u00adtout avec moines et des\u00adser\u00advants pri\u00advi\u00adl\u00e9\u00adgi\u00e9s&nbsp;; enfin les com\u00admu\u00adnau\u00adt\u00e9s rurales o\u00f9 tous les tra\u00advailleurs avaient labou\u00adr\u00e9 leurs champs en des condi\u00adtions d\u2019\u00e9\u00adga\u00adli\u00adt\u00e9, se trans\u00adfor\u00adm\u00e8rent en cou\u00advents. C\u2019est ain\u00adsi que le pays dans lequel le men\u00addiant roi avait pro\u00adcla\u00adm\u00e9 la fra\u00adter\u00adni\u00adt\u00e9 des hommes, fut bien\u00adt\u00f4t connu sous le nom de Viha\u00adra, pays des monas\u00adt\u00e8res, nom qui dure encore&nbsp;: c\u2019est la pro\u00advince de&nbsp;B\u00e9har.&nbsp;<\/p>\n<p>Les si\u00e8cles qui sui\u00advirent la venue du Boud\u00addha furent des \u00e2ges de lutte inces\u00adsante entre les deux prin\u00adcipes oppo\u00ads\u00e9s. La secousse sociale et morale pro\u00adduite par la des\u00adtruc\u00adtion tem\u00adpo\u00adraire des castes avait \u00e9t\u00e9 si puis\u00adsante que la soci\u00e9\u00adt\u00e9 toute enti\u00e8re en fut renou\u00adve\u00adl\u00e9e, et c\u2019est \u00e0 la suite de cet \u00e9ner\u00adgique appel fait \u00e0 l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addua\u00adli\u00adt\u00e9 humaine que se chan\u00adt\u00e8rent les belles \u00e9po\u00adp\u00e9es hin\u00addoues, telles que le Mah\u00e2 Bh\u00e2\u00adra\u00adta, et que s\u2019\u00e9\u00adle\u00adv\u00e8rent les beaux monu\u00adments d\u2019ar\u00adchi\u00adtec\u00adture, tels que les <i>top\u00e9<\/i>, les <i>dago\u00adba<\/i> ou <i>stou\u00adpa<\/i>, qu\u2019on voit dans toutes les par\u00adties de l\u2019an\u00adcienne Inde boud\u00addhique, jusque bien au del\u00e0 du col de Bamian, dansl\u2019Hindou-Kouch.&nbsp;<\/p>\n<p>De m\u00eame que plus tard, et par un mou\u00adve\u00adment paral\u00adl\u00e8le, devait p\u00e9rir le chris\u00adtia\u00adnisme en son triomphe appa\u00adrent, \u00e0 l\u2019a\u00adv\u00e8\u00adne\u00adment de Constan\u00adtin, le boud\u00addhisme per\u00addit d\u00e9fi\u00adni\u00adti\u00adve\u00adment son vrai carac\u00adt\u00e8re social, il y a vingt-et-un si\u00e8cles et demi, lorsque le roi du B\u00e9har, A\u00e7o\u00adka, se conver\u00adtit offi\u00adciel\u00adle\u00adment, pro\u00adcla\u00adma le culte de \u00c7akya-Mou\u00adni comme reli\u00adgion d\u2019\u00c9\u00adtat et nom\u00adma 64,000 pr\u00eatres, v\u00e9ri\u00adtables fonc\u00adtion\u00adnaires reli\u00adgieux avec trai\u00adte\u00adment r\u00e9gu\u00adlier sur le bud\u00adget. Lui aus\u00adsi, de m\u00eame que les empe\u00adreurs de Byzance, r\u00e9unit des conciles pour fixer les dogmes, pour d\u00e9ter\u00admi\u00adner la valeur des mots&nbsp;; lui aus\u00adsi, fit r\u00e9vi\u00adser le canon des \u00ab&nbsp;Bonnes Nou\u00advelles&nbsp;\u00bb pour n\u2019y accueillir que les id\u00e9es agr\u00e9\u00e9es en haut lieu&nbsp;; lui aus\u00adsi \u00e9ta\u00adblit un minis\u00adt\u00e8re d\u2019in\u00adqui\u00adsi\u00adtion pour veiller sur la pure\u00adt\u00e9 de la foi&nbsp;; lui aus\u00adsi, comme les conver\u00adtis\u00adseurs espa\u00adgnols dans le Nou\u00adveau Monde, lan\u00ad\u00e7a des \u00e9dits aux peuples bar\u00adbares pour les som\u00admer de suivre son culte. Cepen\u00addant il faut dire qu\u2019il res\u00adtait encore dans le monde boud\u00addhique quelque chose des prin\u00adcipes de dou\u00adceur et de tol\u00e9\u00adrance de \u00c7akya-Mou\u00adni&nbsp;: bien que les castes eussent \u00e9t\u00e9 r\u00e9ta\u00adblies, toutes les pro\u00adcla\u00adma\u00adtions royales par\u00adlaient de la fra\u00adter\u00adni\u00adt\u00e9 humaine et du devoir de r\u00e9pandre l\u2019ins\u00adtruc\u00adtion chez les femmes et les enfants aus\u00adsi bien que chez les hommes. Le long des routes on creu\u00adsa des fon\u00adtaines de dis\u00adtance en dis\u00adtance, et l\u2019on plan\u00adta des ran\u00adg\u00e9es d\u2019arbres frui\u00adtiers pour les voya\u00adgeurs. Toutes les villes eurent leurs h\u00f4pi\u00adtaux pour les hommes et les b\u00eates malades. Les rois, en de grandes f\u00eates, nour\u00adris\u00adsaient leur peuple et les \u00e9tran\u00adgers, et le repas immense \u00e9tait pr\u00e9\u00adsi\u00add\u00e9 au jour du \u00ab&nbsp;grand renon\u00adce\u00adment&nbsp;\u00bb par le sou\u00adve\u00adrain, rev\u00ea\u00adtu de haillons&nbsp;; mais cet homme aux habits en loques n\u2019en \u00e9tait pas moins le ma\u00eetre, et ce repas en com\u00admun ne pro\u00adve\u00adnait pas de la r\u00e9colte col\u00adlec\u00adtive, mais de l\u2019im\u00adp\u00f4t recueilli par les exacteurs.&nbsp;<\/p>\n<p>Qua\u00adrante ins\u00adcrip\u00adtions gra\u00adv\u00e9es sur des piliers, sur des rocs, \u00e0 l\u2019en\u00adtr\u00e9e des grottes sacr\u00e9es, rap\u00adpe\u00adlaient au peuple quels \u00e9taient ses devoirs et l\u2019en\u00adga\u00adgeaient \u00e0 la pro\u00adpa\u00adgande reli\u00adgieuse, non par l\u2019\u00e9\u00adp\u00e9e mais par la per\u00adsua\u00adsion. Quelques uns de ces ser\u00admons lapi\u00addaires existent encore et t\u00e9moignent du z\u00e8le qui ani\u00admait \u00e0 cette \u00e9poque les mis\u00adsion\u00adnaires char\u00adg\u00e9s de r\u00e9pandre la vraie foi. Certes ils \u00e9taient encore pous\u00ads\u00e9s par une force sin\u00adgu\u00adli\u00e8re et par un reste de l\u2019es\u00adprit pri\u00admi\u00adtif, puisque c\u2019est \u00e0 leur z\u00e8le qu\u2019est due la conver\u00adsion plus ou moins com\u00adpl\u00e8te aux formes ext\u00e9\u00adrieures du boud\u00addhisme, de quatre ou cinq cent mil\u00adlions d\u2019hommes.&nbsp;<\/p>\n<p>Dans l\u2019Inde m\u00eame, le nom du boud\u00addhisme finit par s\u2019\u00e9\u00adteindre, quoique les effets de la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion sociale se soient main\u00adte\u00adnus sous mille formes. En effet, Boud\u00addha ayant \u00e9t\u00e9 admis dans le Pan\u00adth\u00e9on brah\u00adma\u00adnique et les castes ayant \u00e9t\u00e9 r\u00e9ta\u00adblies au pro\u00adfit des pr\u00eatres, il n\u2019y avait plus aucune rai\u00adson pour conser\u00adver des rites et des c\u00e9r\u00e9\u00admo\u00adnies qui se confon\u00addaient d\u2019ailleurs avec ceux des mille cultes de l\u2019Inde et que des th\u00e9o\u00adlo\u00adgiens retors pou\u00advaient expli\u00adquer \u00e0 leur fan\u00adtai\u00adsie. L\u2019exemple du N\u00e9pal est l\u00e0 pour prou\u00adver que m\u00eame la reli\u00adgion pr\u00e9\u00adten\u00addue boud\u00addhique, ensei\u00adgn\u00e9e par des mis\u00adsion\u00adnaires appar\u00adte\u00adnant \u00e0 la classe des pri\u00advi\u00adl\u00e9\u00adgi\u00e9s, n\u2019\u00e9\u00adtait gu\u00e8re autre chose que le brah\u00adma\u00adnisme gan\u00adg\u00e9\u00adtique. Le culte boud\u00addhique dis\u00adpa\u00adrut presque com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment de l\u2019Inde p\u00e9nin\u00adsu\u00adlaire, \u00e0 l\u2019aide de quelques per\u00ads\u00e9\u00adcu\u00adtions, il faut le dire. Il n\u2019en res\u00adta de traces que sur les fron\u00adti\u00e8res de la Bir\u00adma\u00adnie, dans les pr\u00e9-Alpes de l\u2019Hi\u00adma\u00adlaya et dans l\u2019\u00eele de Cey\u00adlan, o\u00f9 l\u2019on adore tou\u00adjours la fameuse dent de Boud\u00addha qui, soit dit entre paren\u00adth\u00e8ses, semble \u00eatre la dent canine d\u2019un car\u00adnas\u00adsier. Cepen\u00addant on doit comp\u00adter aus\u00adsi par\u00admi les boud\u00addhistes la secte des Dja\u00ef\u00adna qui com\u00adprend un peu plus d\u2019un mil\u00adlion d\u2019in\u00addi\u00advi\u00addus et vit pres\u00adqu\u2019en dehors de l\u2019Inde pro\u00adpre\u00adment dite, dans la p\u00e9nin\u00adsule de Kat\u00adtya\u00advar ou du Goud\u00adje\u00adrat et dans les mon\u00adtagnes \u00e9car\u00adt\u00e9es, prin\u00adci\u00adpa\u00adle\u00adment sur le mont Abou et sur les pentes de l\u2019A\u00adra\u00adwa\u00adli. Les Dja\u00ef\u00adna ou \u00ab&nbsp;Saints&nbsp;\u00bb, fils de per\u00ads\u00e9\u00adcu\u00adt\u00e9s, ont fait comme les Par\u00adsi, les Arm\u00e9\u00adniens, les juifs, les pro\u00adtes\u00adtants&nbsp;: ils ont pros\u00adp\u00e9\u00adr\u00e9 mat\u00e9\u00adriel\u00adle\u00adment, ils se sont enri\u00adchis, ont construit des villes, des temples somp\u00adtueux, fine\u00adment sculp\u00adt\u00e9s, et pour la plu\u00adpart sont deve\u00adnus manieurs d\u2019or et d\u2019argent, grands appr\u00e9\u00adcia\u00adteurs de bijoux, ban\u00adquiers et usu\u00adriers. Scru\u00adpu\u00adleu\u00adse\u00adment, ils s\u2019en tiennent aux dogmes de la reli\u00adgion tra\u00addi\u00adtion\u00adnelle&nbsp;; ils affectent aus\u00adsi d\u2019\u00eatre d\u2019une par\u00adfaite soli\u00adda\u00adri\u00adt\u00e9 avec les ani\u00admaux et se gardent bien de ver\u00adser la moindre goutte de sang. Ils font soi\u00adgner les ani\u00admaux malades&nbsp;: dans leurs temples, ils entre\u00adtiennent des singes, des \u00e9cu\u00adreuils, des pigeons, per\u00adro\u00adquets, paons et tour\u00adte\u00adrelles. Pour \u00e9par\u00adgner les ani\u00admal\u00adcules, ils balaient soi\u00adgneu\u00adse\u00adment la place o\u00f9 ils vont s\u2019as\u00adseoir, se frottent dou\u00adce\u00adment au lieu de se laver de peur de d\u00e9truire quelque infu\u00adsoire, ne boivent que de l\u2019eau fil\u00adtr\u00e9e, ne res\u00adpirent qu\u2019\u00e0 tra\u00advers un voile, jettent de la farine sur le sol pour don\u00adner \u00e0 man\u00adger aux four\u00admis. Leurs quatre devoirs consistent \u00e0 exer\u00adcer la bien\u00adfai\u00adsance, mais par leurs pra\u00adtiques, leur talent de s\u2019en\u00adri\u00adchir aux d\u00e9pens du popu\u00adlaire, ils sont deve\u00adnus une caste f\u00e9roce, com\u00adpo\u00ads\u00e9e d\u2019en\u00adne\u00admis publics et le peuple les d\u00e9teste justement.&nbsp;<\/p>\n<p>Tel est le sort des reli\u00adgions&nbsp;: en se fixant, elles nient leur point de d\u00e9part, sys\u00adt\u00e9\u00adma\u00adti\u00adsant la tra\u00adhi\u00adson, le renie\u00adment de leurs propres fon\u00adda\u00adteurs. J\u00e9sus-Christ, Boud\u00addha, reve\u00adnant aujourd\u2019\u00adhui, seraient mau\u00addits pr\u00e9\u00adci\u00ads\u00e9\u00adment par les chr\u00e9\u00adtiens et les dis\u00adciples de la \u00ab&nbsp;Vraie Foi&nbsp;\u00bb. C\u2019est \u00e0 d\u2019autres qu\u2019a pas\u00ads\u00e9 la mis\u00adsion du bon com\u00adbat. N\u2019a\u00advons-nous pas vu, il y a vingt-cinq ans, les r\u00e9pu\u00adbli\u00adcains offi\u00adciels fusiller avec enthou\u00adsiasme les r\u00e9pu\u00adbli\u00adcains sans estam\u00adpille, et m\u00eame se van\u00adter d\u2019a\u00advoir pu se per\u00admettre un mas\u00adsacre que ni sou\u00adve\u00adrain abso\u00adlu ni roi consti\u00adtu\u00adtion\u00adnel n\u2019eussent accom\u00adpli&nbsp;? Leur rai\u00adson\u00adne\u00adment \u00e9tait bien simple&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un homme n\u2019o\u00adse\u00adrait prendre la res\u00adpon\u00adsa\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 d\u2019un tel bain de sang&nbsp;; mais une masse irres\u00adpon\u00adsable n\u2019a pas \u00e0 s\u2019oc\u00adcu\u00adper de pareilles mis\u00e8res&nbsp;; per\u00adsonne n\u2019est cou\u00adpable en sem\u00adblable occur\u00adrence&nbsp;! Tuons&nbsp;! Tuons&nbsp;! Qu\u2019im\u00adporte, il n\u2019y a plus de Dieu&nbsp;; il n\u2019au\u00adra donc pas la peine de recon\u00adna\u00eetre les&nbsp;siens&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n<p>[\/\u200b <sc>\u00c9li\u00ads\u00e9e Reclus<\/sc>.\/\u200b]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mot de\u00ab&nbsp;R\u00e9vo\u00adlu\u00adtion&nbsp;\u00bb pla\u00adc\u00e9 en t\u00eate de ce court article implique une concep\u00adtion de l\u2019his\u00adtoire hin\u00addoue en par\u00adti\u00adcu\u00adlier et de l\u2019his\u00adtoire de l\u2019hu\u00adma\u00adni\u00adt\u00e9 dans son ensemble, bien dif\u00adf\u00e9\u00adrente de celle qui a pr\u00e9\u00adva\u00adlu jus\u00adqu\u2019i\u00adci. Le c\u00f4t\u00e9 \u00e9co\u00adno\u00admique et social, de beau\u00adcoup le plus impor\u00adtant, de la grande trans\u00adfor\u00adma\u00adtion qui s\u2019ac\u00adcom\u00adplit, il y a 2,500&nbsp;ans,&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[343],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-2855","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lhumanite-nouvelle-n2-juin-1897"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2855","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2855"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2855\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2855"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2855"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2855"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=2855"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}