{"id":2973,"date":"2011-08-08T05:56:19","date_gmt":"2011-08-08T05:56:19","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/08\/08\/les-colonies-pythagoriciennes-de-la-grande-grece\/"},"modified":"2011-08-08T05:56:19","modified_gmt":"2011-08-08T05:56:19","slug":"les-colonies-pythagoriciennes-de-la-grande-grece","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/08\/08\/les-colonies-pythagoriciennes-de-la-grande-grece\/","title":{"rendered":"Les colonies pythagoriciennes de la Grande Gr\u00e8ce"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2973?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2973?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>\u2026 Pytha\u00adgore vint donc \u00e0 Olym\u00adpie. Devant les hommes assem\u00adbl\u00e9s, il par\u00adla de la jus\u00adtice avec amour. Ses gestes cr\u00e9aient de la lumi\u00e8re et semaient de la flamme. Ceux qui le regar\u00addaient et qui l\u2019\u00e9\u00adcou\u00adtaient croyaient entendre un dieu. Et ils l\u2019ac\u00adcla\u00admaient avec le m\u00eame enthou\u00adsiasme qu\u2019un ath\u00adl\u00e8te ou un&nbsp;tyran.<\/p>\n<p>Lors\u00adqu\u2019il demanda&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n<p>\u2013 Qui veut venir avec moi pour b\u00e2tir la mai\u00adson de justice&nbsp;?<\/p>\n<p>\u2026 tout le peuple, debout, les bras ten\u00addus,&nbsp;cria&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 Moi, moi,&nbsp;moi&nbsp;!<\/p>\n<p>Mais le Fils du Silence eut sur les l\u00e8vres un sou\u00adrire qui doute. Sa main cal\u00adma l\u2019\u00e9\u00adlan una\u00adnime. Et il reprit&nbsp;:<\/p>\n<p>Je ne suis pas l\u2019o\u00adra\u00adteur ou la cour\u00adti\u00adsane qui enivrent les hommes et qui pro\u00adfitent d\u2019une ivresse pas\u00adsa\u00adg\u00e8re pour arra\u00adcher des ser\u00adments qu\u2019on regret\u00adte\u00adra. Nulle contrainte n\u2019ac\u00adcom\u00adpagne la jus\u00adtice, cette lib\u00e9\u00adra\u00adtrice. Elle ne porte ni armes ni tablettes. Elle n\u2019ins\u00adcrit pas ce que disent les hommes. Elle veut que ton c\u0153ur batte tou\u00adjours selon son rythme. Les bras qui s\u2019en\u00adchainent aujourd\u2019\u00adhui tra\u00advaille\u00adront mal demain. Atten\u00addons la fin des jeux. Chez quelques-uns, l\u2019\u00e9\u00adlan aveugle de cette heure sera deve\u00adnu volon\u00adt\u00e9 et lumi\u00e8re. Ceux-l\u00e0 m\u2019ac\u00adcom\u00adpa\u00adgne\u00adront, \u00e9veill\u00e9s pour tou\u00adjours. Les autres auront eu un songe h\u00e9ro\u00efque et ils se sou\u00advien\u00addront de ce jour comme d\u2019une gloire. Ain\u00adsi vous vous sou\u00adve\u00adnez d\u2019a\u00advoir enten\u00addu l\u2019a\u00e8de chan\u00adter des ver\u00adtus pour les\u00adquelles, tant que dura le chant, votre c\u0153ur vous parut assez&nbsp;grand.<\/p>\n<p>\u2013 Tous, tous, nous irons tous avec&nbsp;toi\u2026<\/p>\n<p>Quand les jeux furent ter\u00admi\u00adn\u00e9s, de cette mul\u00adti\u00adtude qui avait cri\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Moi, moi, moi&nbsp;!&nbsp;\u00bb, de cette mul\u00adti\u00adtude, qui avait affir\u00adm\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tous, tous, nous irons tous avec toi&nbsp;\u00bb, quinze hommes res\u00adt\u00e8rent fid\u00e8les \u00e0 la r\u00e9so\u00adlu\u00adtion premi\u00e8re.<\/p>\n<p>Ces quinze s\u2019ap\u00adpellent&nbsp;: Gil\u00adlos de Cro\u00adton, Lysis. Cli\u00adnias, Euryte, . Cal\u00adli\u00adcra\u00adti\u00add\u00e8s, Cha\u00adron\u00addas de Catane, Zaleu\u00adcos de Locres, Hip\u00adpo\u00adda\u00admos de Thu\u00adrium, Eury\u00adphame, Hip\u00adparque, Tl\u00e9ages, M\u00e9tope, Dama\u00adsippe, Her\u00admippe et Polos le lucanien.<\/p>\n<p>Trois femmes furent. par\u00admi eux, savoir&nbsp;: Phyn\u00adtis, fille de Cal\u00adli\u00adcra\u00adti\u00add\u00e8s. et la docte Per\u00adic\u00adtione. Mais la troi\u00adsi\u00e8me est c\u00e9l\u00e8bre sous le nom de Th\u00e9a\u00adno. Elle devint t\u2019\u00e9\u00adpouse de Pytha\u00adgore et lui don\u00adna, outre deux fils, T\u00e9lauge et Mamer\u00adcos, une fille nom\u00adm\u00e9e comme sa m\u00e8re et que ceux qui ont \u00e9crit de ces choses confondent par\u00adfois avec&nbsp;elle.<\/p>\n<p>Les dix-neuf vogu\u00e8rent vers le soleil cou\u00adchant. Les r\u00e9cits de Gil\u00adlos et d\u2019autres rap\u00adports leur fai\u00adsaient consi\u00add\u00e9\u00adrer la Grande Gr\u00e8ce comme la r\u00e9gion la plus conve\u00adnable \u00e0 leur dessein.<\/p>\n<p>Dans la vaste Hes\u00adp\u00e9\u00adrie, les villes \u00e9taient des vol\u00adcans qui grondent sous une couche de neige. Par\u00adtout, sous les lour\u00addeurs gla\u00adc\u00e9es du gou\u00adver\u00adne\u00adment des\u00adpo\u00adtique, le peuple, obs\u00adcu\u00adr\u00e9\u00adment encore, com\u00admen\u00ad\u00e7ait \u00e0 s\u2019agiter.<\/p>\n<p>Les com\u00adpa\u00adgnons de Pytha\u00adgore v\u00eacurent un peu de temps \u00e0 Cro\u00adtone. Ils par\u00adlaient \u00e0 tous ceux qu\u2019ils ren\u00adcon\u00adtraient, expli\u00adquant \tardem\u00adment ce qu\u2019ils d\u00e9si\u00adraient r\u00e9a\u00adli\u00adser. Beau\u00adcoup riaient de leurs paroles, d\u2019autres s\u2019\u00e9\u00adloi\u00adgnaient sans rien dire, plu\u00adsieurs les inju\u00adriaient et les enfants leur lan\u00ad\u00e7aient des pierres.<\/p>\n<p>Mais le m\u00e9de\u00adcin Alc\u00adm\u00e9on, ayant enten\u00addu Pytha\u00adgore, vint \u00e0 lui avec ces paroles&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 Je pos\u00ads\u00e8de, \u00e0 vingt stades de la ville, dans un domaine trop grand pour moi, une demeure trop grande. Veux-tu me per\u00admettre de te les donner&nbsp;?<\/p>\n<p>\u2013 Je les accep\u00adte\u00adrai, r\u00e9pon\u00addit le ma\u00eetre. si c\u2019est ton c\u0153ur qui me parle et si c\u2019est ton esprit qui me&nbsp;parle.<\/p>\n<p>\u2013 C\u2019est mon c\u0153ur qui te parle, et j\u2019aime ce que tu fais. C\u2019est mon esprit qui te parle, \u00f4 gu\u00e9\u00adris\u00adseur des maux dont les \thommes se chargent par leur&nbsp;folie.<\/p>\n<p>\u2013 Je ne veux pas que ton geste soit le fils d\u2019une erreur. Mon rem\u00e8de agi\u00adra len\u00adte\u00adment et la g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adtion que je gu\u00e9\u00adri\u00adrai peut-\u00eatre, j\u2019i\u00adgnore quand elle na\u00eetra.<\/p>\n<p>\u2013 Si je ne crai\u00adgnais, reprit Alc\u00adm\u00e9on, que mon second pr\u00e9\u00adsent ne g\u00e2te le pre\u00admier, je te dirais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Et moi, me veux-tu&nbsp;?<\/p>\n<p>\u2013 Ton second pr\u00e9\u00adsent m\u2019est une myriade de fois plus pr\u00e9\u00adcieux que le premier.<\/p>\n<p>Alc\u00adm\u00e9on condui\u00adsit les dix-neuf jus\u00adqu\u2019\u00e0 la porte de son domaine. Il avait appor\u00adt\u00e9 de la pein\u00adture et un pin\u00adceau. Il \u00e9cri\u00advit sur l\u2019entr\u00e9e&nbsp;<\/p>\n<p><sc>Tout est com\u00admun entre&nbsp;amis.<\/sc><\/p>\n<p>Puis il p\u00e9n\u00e9\u00adtra un milieu des disciples.<\/p>\n<p>Les esclaves fai\u00adsaient valoir cette terre accou\u00adrurent. Le nou\u00adveau pytha\u00adgo\u00adri\u00adcien leur&nbsp;dit&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 \u00c9cou\u00adtez moins avec vos oreilles qu\u2019a\u00advec votre c\u0153ur. Ceux d\u2019entre vous qui veulent \u00eatre mes fr\u00e8res comme tous les hommes sont mes fr\u00e8res, qu\u2019ils aillent libre\u00adment o\u00f9 il leur convien\u00addra. Mais, s\u2019il en est qui d\u00e9si\u00adrent \u00eatre pour moi plus chers que les fils de mon p\u00e8re et de ma m\u00e8re, qui d\u00e9si\u00adrent p\u00e9n\u00e9\u00adtrer dans mon c\u0153ur aus\u00adsi pro\u00adfond que les autres fils de Pytha\u00adgore, ceux-l\u00e0 res\u00adte\u00adront, ici, libres et nos&nbsp;\u00e9gaux.<\/p>\n<p>Les esclaves cri\u00e8rent qu\u2019ils n\u2019a\u00adban\u00addon\u00adne\u00adraient jamais un aus\u00adsi bon ma\u00eetre. Comme leurs accla\u00adma\u00adtions se pro\u00adlon\u00adgeaient Pytha\u00adgore, d\u2019un geste de la main, obtint le silence, et il&nbsp;dit&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 L\u2019er\u00adreur qui passe est bruyante comme un tor\u00adrent&nbsp;; mais la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 durable fait entendre un mur\u00admure de source.<\/p>\n<p>Tous\tles esclaves res\u00adt\u00e8rent quelques jours.\t Bien\u00adt\u00f4t, entre eux, s\u2019\u00e9\u00adle\u00adv\u00e8rent des que\u00adrelles. Pytha\u00adgore et Alc\u00adm\u00e9on les apai\u00adsaient de paroles douces et l\u00e9g\u00e8\u00adre\u00adment iro\u00adniques. Mais chaque esclave croyait que son adver\u00adsaire avait de grands torts contre lui et il s\u2019ir\u00adri\u00adtait que l\u2019in\u00adjus\u00adtice ne f\u00fbt point ch\u00e2\u00adti\u00e9e. En peu de temps la plu\u00adpart s\u2019\u00e9loign\u00e8rent.<\/p>\n<p>Pytha\u00adgore leur disait&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 Le r\u00eave de votre longue ser\u00advi\u00adtude fut la vie de l\u2019homme libre ordi\u00adnaire, non l\u2019exis\u00adtence du phi\u00adlo\u00adsophe. Allez et vivez votre&nbsp;id\u00e9al.<\/p>\n<p>Cepen\u00addant trois par\u00admi les anciens esclaves d\u2019Alc\u00adm\u00e9on res\u00adt\u00e8rent tou\u00adjours et ils furent des meilleurs entre les dis\u00adciples, et ils se nomment&nbsp;: M\u00e9ron&nbsp;; Mn\u00e9\u00adsa\u00adgore et Aristox\u00e8ne.<\/p>\n<p>Dans la com\u00admu\u00adnau\u00adt\u00e9, cha\u00adcun vivait libre, tra\u00advaillant aux heures qui lui conve\u00adnaient, pre\u00adnant ce qu\u2019il vou\u00adlait dans les richesses communes.<\/p>\n<p>Mais tous se piquaient d\u2019ai\u00admer acti\u00adve\u00adment leurs fr\u00e8res et d\u2019\u00eatre d\u00e9ta\u00adch\u00e9s de ce que le vul\u00adgaire appelle des&nbsp;biens.<\/p>\n<p>Leur amour com\u00admun pour Pytha\u00adgore \u00e9tait le plus fort des liens. Ils lui deman\u00addaient conseil&nbsp;; ils s\u2019ap\u00adpli\u00adquaient \u00e0 lui res\u00adsem\u00adbler. Leur effort vers un m\u00eame id\u00e9al \u00e9ta\u00adblit rapi\u00adde\u00adment des cou\u00adtumes qui fai\u00adsaient ima\u00adgi\u00adner aux \u00e9tran\u00adgers une s\u00e9v\u00e8re r\u00e8gle \u00e9crite.<\/p>\n<p>Les \u00ab&nbsp;amis&nbsp;\u00bb \u00e9taient v\u00eatus d\u2019une tunique blanche que rete\u00adnait un cor\u00addon de lin. Ils \u00e9vi\u00adtaient l\u2019u\u00adsage cruel du cuir et s\u2019abs\u00adte\u00adnaient de toute viande. Ils ne buvaient point de vin et ne se cou\u00adpaient point les cheveux.<\/p>\n<p>Le matin, ils man\u00adgeaient du pain et du miel&nbsp;; le repas du soir se com\u00adpo\u00adsait de fruits ou de l\u00e9gumes bouillis. Avant de se cou\u00adcher ils chan\u00adtaient des hymnes.<\/p>\n<p>Leurs mains \u00e9taient pures de sang, et comme ce qui est \u00e0 droite est le sym\u00adbole du bien, mais ce qui est \u00e0 gauche le sym\u00adbole du mal, ils \u00e9vi\u00adtaient de croi\u00adser la jambe gauche sur la jambe droite.<\/p>\n<p>Ils rece\u00advaient volon\u00adtiers par\u00admi eux les jeunes gens qui d\u00e9si\u00adraient vivre la vie sans tache. Mais Pytha\u00adgore leur disait&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 Sois long\u00adtemps silen\u00adcieux. Le jeune homme est un vase et sa parole le cou\u00advercle sonore dont il se ferme. Mais son silence est l\u2019ou\u00adver\u00adture par o\u00f9 p\u00e9n\u00e8tre ce qui nour\u00adri\u00adra le germe de son&nbsp;\u00e2me.<\/p>\n<p>Il disait encore&nbsp;:<\/p>\n<p>\u2013 La graine devien\u00addra l\u2019arbre, pour\u00advu qu\u2019elle s\u2019en\u00adfonce aux t\u00e9n\u00e8bres sou\u00adter\u00adraines&nbsp;; l\u2019en\u00adfant devient homme aux ti\u00e9\u00addeurs pen\u00adsives du silence. Le ch\u00eane est fils du gland et le ch\u00eane est fils de la terre. Deviens le fils du germe igno\u00adr\u00e9 que tu portes en toi et deviens le fils du silence.<\/p>\n<p>Ceux qui n\u2019\u00e9\u00adtaient point faits pour la vie noble et calme ne tar\u00addaient pas \u00e0 s\u2019en\u00adnuyer dans l\u2019at\u00admo\u00adsph\u00e8re calme et noble. D\u2019eux-m\u00eames ils s\u2019\u00e9loignaient.<\/p>\n<p>Les autres \u00e9taient auto\u00adri\u00ads\u00e9s \u00e0 appor\u00adter leurs biens \u00e0 la com\u00admu\u00adnau\u00adt\u00e9 quand ils avaient subi les cinq ann\u00e9es de \u00ab&nbsp;silence&nbsp;\u00bb. Comme il fal\u00adlait se gar\u00adder contre la haine stu\u00adpide du peuple et contre les accu\u00adsa\u00adtions d\u2019im\u00adpi\u00e9\u00adt\u00e9, nul n\u2019\u00e9\u00adtait admis aux conver\u00adsa\u00adtions libres des anciens, s\u2019il n\u2019a\u00advait subi les \u00e9preuves et les initiations.<\/p>\n<p>Les ini\u00adtia\u00adtions solen\u00adnelles conser\u00advaient la forme des mys\u00adt\u00e8res ensei\u00adgn\u00e9s \u00e0 Eleu\u00adsis, mais les paroles en \u00e9taient plus pleines et plus faciles et ouvrir.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s deux ann\u00e9es on \u00e9tait admis \u00e0 la pre\u00admi\u00e8re ini\u00adtia\u00adtion, il fal\u00adlait, avant d\u2019ob\u00adte\u00adnir la seconde, lais\u00adser s\u2019\u00e9\u00adcou\u00adler trois ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Les deux ann\u00e9es s\u2019ap\u00adpe\u00adlaient \u00ab&nbsp;le Grand Silence&nbsp;\u00bb&nbsp;; les trois arm\u00e9es se nom\u00admaient \u00ab&nbsp;le Petit Silence&nbsp;\u00bb. Tou\u00adte\u00adfois, le repos abso\u00adlu et ce qu\u2019on appe\u00adlait \u00ab&nbsp;la puri\u00adfi\u00adca\u00adtion de la voix&nbsp;\u00bb ne durait qu\u2019une lune. Ensuite, sous la conduite d\u2019un ancien, le jeune homme lisait tout haut. Les yeux fer\u00adm\u00e9s, il r\u00e9p\u00e9\u00adtait sans bruit ext\u00e9\u00adrieur les choses lues, les com\u00admen\u00adtaires du ma\u00eetre et il \u00e9tu\u00addiait l\u2019\u00e9\u00adbran\u00adle\u00adment pro\u00adduit en lui par les connais\u00adsances nou\u00advelles et par les doutes nouveaux.<\/p>\n<p>Arri\u00advait-il au novice de par\u00adler mal\u00adgr\u00e9 les conseils, nul ne s\u2019en \u00e9ton\u00adnait et nul ne le bl\u00e2\u00admait. Le silence \u00e9tait un nom abso\u00adlu qui d\u00e9si\u00adgnait une chose rela\u00adtive. C\u2019\u00e9\u00adtait le nom pas\u00adsif de l\u2019ac\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 ext\u00e9\u00adrieure. Pytha\u00adgore le d\u00e9fi\u00adnis\u00adsait par\u00adfois&nbsp;: \u00ab&nbsp;le corps de la m\u00e9ditation&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 celui qui se for\u00admait, cou\u00adv\u00e9 sous les ailes ti\u00e8des du Grand Silence, on recom\u00adman\u00addait de ne jamais poser aucune ques\u00adtion. Par\u00adfois, pen\u00addant les lec\u00adtures, les m\u00e9di\u00adta\u00adtions ou les le\u00e7ons des anciens, une sur\u00adprise lui arra\u00adchait pour\u00adtant,\u200a\u2014\u200atel le mou\u00adve\u00adment r\u00e9ac\u00adtif qu\u2019on fait avant de savoir et avant de vou\u00adloir \u00e0 la ren\u00adcontre brusque d\u2019un choc\u200a\u2014\u200aquelque excla\u00adma\u00adtion ou quelque inter\u00adro\u00adga\u00adtion. On ne lui r\u00e9pon\u00addait pas et on ne le bl\u00e2\u00admait pas&nbsp;: il sem\u00adblait que nul ne l\u2019a\u00advait entendu\u2026<\/p>\n<p>[\/\u200b<sc>Han Ryner<\/sc><br>\n<br>(<i>Le fils du Silence<\/i>).\/\u200b]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2026 Pytha\u00adgore vint donc \u00e0 Olym\u00adpie. Devant les hommes assem\u00adbl\u00e9s, il par\u00adla de la jus\u00adtice avec amour. Ses gestes cr\u00e9aient de la lumi\u00e8re et semaient de la flamme. Ceux qui le regar\u00addaient et qui l\u2019\u00e9\u00adcou\u00adtaient croyaient entendre un dieu. Et ils l\u2019ac\u00adcla\u00admaient avec le m\u00eame enthou\u00adsiasme qu\u2019un ath\u00adl\u00e8te ou un&nbsp;tyran. Lors\u00adqu\u2019il deman\u00adda&nbsp;:&nbsp; \u2013 Qui&nbsp;veut&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[356],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-2973","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lunique-na15-novembre-1946"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2973","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2973"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2973\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2973"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2973"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2973"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=2973"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}