{"id":3073,"date":"2011-09-04T09:37:06","date_gmt":"2011-09-04T09:37:06","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/09\/04\/philosophie-de-linsoumission-1854\/"},"modified":"2011-09-04T09:37:06","modified_gmt":"2011-09-04T09:37:06","slug":"philosophie-de-linsoumission-1854","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/09\/04\/philosophie-de-linsoumission-1854\/","title":{"rendered":"PHILOSOPHIE DE L\u2019INSOUMISSION 1854"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3073?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3073?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>[[Extraits de la bro\u00adchure d\u2019un pr\u00e9\u00adcur\u00adseur anar\u00adchiste incon\u00adnu&nbsp;: <i>Phi\u00adlo\u00adso\u00adphie de l\u2019insoumission ou Par\u00addon \u00e0 Ca\u00efn<\/i>, par F\u00e9lix P. (New York, 1854, IV, 74 pp.&nbsp;in-12\u00b0).]]<\/p>\n<p>[\/\u200b\u2026 Qu\u2019on me donne les \u00e9pi\u00adth\u00e8tes qu\u2019on voudra&nbsp;;<br>\n<br>\u00e0 l\u2019avance je les accepte toutes. Je n\u2019ai qu\u2019une pens\u00e9e,<br>\n<br>je n\u2019envisage qu\u2019une seule gloire&nbsp;: c\u2019est de poi\u00adgnar\u00adder \u00e0 toute heure et en tout&nbsp;lieu,<br>\n<br>autant que je pour\u00adrai l\u2019atteindre, le prin\u00adcipe de la domi\u00adna\u00adtion. <i>Satan, dans sa r\u00e9volte,<br>\nest mon p\u00e8re, et de Ca\u00efn je me fais le fr\u00e8re dans son cou\u00adrage&nbsp;!<\/i>\/\u200b]<br>\n<\/p>\n<p>\u2026 On ne fait pas un pas dans la soci\u00e9\u00adt\u00e9, sans entendre qu\u2019il est n\u00e9ces\u00adsaire que l\u2019homme croie \u00e0 un Dieu, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 un \u00eatre sou\u00adve\u00adrain, ma\u00eetre de toutes choses et sous les volon\u00adt\u00e9s abso\u00adlues duquel, tout marche tant bien que&nbsp;mal.<\/p>\n<p>Eh bien, j\u2019affirme car\u00adr\u00e9\u00adment que cette doc\u00adtrine est la source de toutes nos mis\u00e8res et que ceux, beau\u00adcoup trop nom\u00adbreux, h\u00e9las&nbsp;! qui la sou\u00adtiennent, tant par ruse que par igno\u00adrance ou fana\u00adtisme, creusent sans cesse sous nos pieds, l\u2019ab\u00eeme qui doit nous engloutir.<\/p>\n<p>\u2026 Les uns mal\u00adtraitent les autres,\u200a\u2014\u200ac\u2019est l\u00e0 une chose hors de doute,\u200a\u2014\u200aet pour se garan\u00adtir de la r\u00e9bel\u00adlion, on a inven\u00adt\u00e9 la croyance en&nbsp;Dieu.<\/p>\n<p>J\u2019irai plus loin, je dis que pour croire \u00e0 un et \u00eatre supr\u00eame, les <i>mal\u00adtrai\u00adt\u00e9s<\/i> n\u2019ont pas besoin d\u2019enseignement&nbsp;; de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, le mou\u00adve\u00adment de l\u2019\u00e2me est&nbsp;fatal.<\/p>\n<p>Oui, c\u2019est lorsqu\u2019on est pour ain\u00adsi dire aban\u00addon\u00adn\u00e9 de tout le monde, que l\u2019esprit cherche l\u2019appui d\u2019un \u00eatre incon\u00adnu&nbsp;; mais tant qu\u2019il nous reste un fr\u00e8re, un ami, c\u2019est de lui que nous atten\u00addons les conso\u00adla\u00adtions qu\u2019il faut \u00e0 nos souffrances\u2026<\/p>\n<p>\u2026 Dent pour dent&nbsp;! La loi du talion. Tel est le com\u00adbat qu\u2019il nous reste \u00e0 livrer \u00e0 la divi\u00adni\u00adt\u00e9\u2026 D\u2019ailleurs, pour\u00adquoi trem\u00adble\u00adrions-nous de cette audace&nbsp;? L\u2019humanit\u00e9, sous le poids de ses dou\u00adleurs, n\u2019est-elle pas aux abois, aux der\u00adni\u00e8res extr\u00e9\u00admi\u00adt\u00e9s&nbsp;? donc, elle n\u2019a plus rien \u00e0 perdre\u2026Courage \u00e0 l\u2019attaque&nbsp;! cou\u00adrage&nbsp;! Notre ser\u00advi\u00adli\u00adt\u00e9 nous offre un glo\u00adrieux pr\u00e9\u00adtexte qui jus\u00adti\u00adfie\u00adrait \u00e0 lui seul, notre r\u00e9bel\u00adlion. Et puisque l\u2019on honore un peuple quand il sait ren\u00adver\u00adser un tyran, quelle ne serait pas la gran\u00addeur de notre triomphe, si nous par\u00adve\u00adnions \u00e0 d\u00e9truire le prin\u00adcipe de la tyrannie&nbsp;!<\/p>\n<p>Il est un fait, c\u2019est que la tyran\u00adnie est un mal plus violent que tous les maux qui pour\u00adraient r\u00e9sul\u00adter de notre ind\u00e9\u00adpen\u00addance. C\u2019est pour cela que cha\u00adcun de nous devrait cher\u00adcher \u00e0 s\u2019appartenir, pour que les tri\u00adbu\u00adla\u00adtions humaines (si l\u2019on devait tou\u00adte\u00adfois en avoir) ne fussent point le fait d\u2019une hon\u00adteuse m\u00e9prise, et que le m\u00e9chant fut par\u00adtout indigne de nos \u00e9gards, car Dieu est un flam\u00adbeau ima\u00adgi\u00adnaire, si fatal \u00e0 l\u2019humanit\u00e9, qu\u2019il la guide dans la voie contraire \u00e0 son bon\u00adheur et rend la soci\u00e9\u00adt\u00e9 cou\u00adpable avant le cri\u00admi\u00adnel qu\u2019elle punit&nbsp;!<\/p>\n<p>Avec lui, c\u2019est \u00e0 l\u2019homme que revient le soin odieux de tor\u00adtu\u00adrer son sem\u00adblable et \u00e0 la vic\u00adtime la honte de sup\u00adpor\u00adter patiem\u00adment l\u2019oppression&nbsp;!<\/p>\n<p>Ain\u00adsi marche la soci\u00e9\u00adt\u00e9 emp\u00ea\u00adtr\u00e9e dans les chaines qu\u2019elle s\u2019impose&nbsp;! hon\u00adteuse du sang qui la couvre&nbsp;! sans res\u00adpect pour ses propres larmes, et repl\u00e8te d\u2019un crime qui l\u2019\u00e9touffera, si une pl\u00e8\u00adrose ne la sauve de son der\u00adnier&nbsp;acc\u00e8s\u2026&nbsp;\u00bb,<\/p>\n<p>\u2026 Mais le seul Dieu qui me parait tol\u00e9\u00adrable d\u2019a\u00advouer, si tant est que ce nom ne doive dis\u00adpa\u00adra\u00eetre de tout lan\u00adgage, n\u2019a aucune volon\u00adt\u00e9 abso\u00adlue sur nous&nbsp;: il est le fluide intel\u00adlec\u00adtuel ayant l\u2019univers pour r\u00e9ser\u00advoir et qui s\u2019affine dans les res\u00adsorts de notre ima\u00adgi\u00adna\u00adtion, plus mys\u00adt\u00e9\u00adrieu\u00adse\u00adment encore que les sucs nutri\u00adtifs de la terre se dis\u00adtri\u00adbuent aux racines des plantes qui les absorbent, ce fluide donne des facul\u00adt\u00e9s qui ne sont r\u00e9gl\u00e9es par aucune autre loi que celles que nous leur imposons\u2026<\/p>\n<p>\u2026 On ose encore lui (\u00e0 Dieu) don\u00adner le nom de P\u00e8re tout puis\u00adsant&nbsp;! chose qui nous impose indu\u00adbi\u00adta\u00adble\u00adment le titre de Fr\u00e8res\u2026 Vrai\u00adment, cela ne ferait-il pas fr\u00e9\u00admir d\u2019horreur si l\u2019on connais\u00adsait un p\u00e8re qui, bien que moins puis\u00adsant, lais\u00adse\u00adrait, sous ses yeux, s\u2019entre-d\u00e9chirer ses propres enfants&nbsp;! Ce sont donc des bar\u00adbares qui ont cr\u00e9\u00e9 ce vam\u00adpire \u00e0 leur&nbsp;image&nbsp;!\u2026<\/p>\n<p>Com\u00adment pour\u00adrait-on croire \u00e0 la liber\u00adt\u00e9 si l\u2019esprit se d\u00e9na\u00adture si faci\u00adle\u00adment en faveur d\u2019une d\u00e9pen\u00addance&nbsp;? Tant que l\u2019esprit sup\u00adpor\u00adte\u00adra une <i>subor\u00addi\u00adna\u00adtion<\/i> quel\u00adconque, le corps doit sup\u00adpor\u00adter le ser\u00advage, c\u2019est une cons\u00e9\u00adquence funeste, mais in\u00e9vi\u00adtable, de toute croyance en&nbsp;Dieu.<\/p>\n<p>Qu\u2019on apprenne donc d\u2019abord \u00e0 l\u2019enfant, ses devoirs vis-\u00e0-vis de ses sem\u00adblables, au lieu d\u2019habituer son ima\u00adgi\u00adna\u00adtion aux mys\u00adt\u00e8res, et plus tard, s\u2019il le veut, il s\u2019entretiendra des visions \u00e9ter\u00adnelles. Alors, il y aura beau\u00adcoup moins de fous et plus d\u2019honn\u00eates gens, dans la soci\u00e9t\u00e9\u2026<\/p>\n<p>\u2026 Les pleurs, les plaintes et les armes de ceux qui souffrent, n\u2019ont pour\u00adtant rien pu chan\u00adger encore, \u00e0 leur affli\u00adgeante condition\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 quoi bon se r\u00e9vol\u00adter aujourd\u2019hui, si demain vous r\u00e9ta\u00adblis\u00adsez ou lais\u00adsez r\u00e9ta\u00adblir le colosse qui vous \u00e9crase, si demain, sous d\u2019autres formes, vous recons\u00adti\u00adtuez les dents qui vous mordent, la m\u00e2choire qui vous broie, le gosier qui vous avale, l\u2019estomac qui vous dig\u00e8re, si demain, en un mot, l\u2019autorit\u00e9 que vous avez ren\u00adver\u00ads\u00e9e, rena\u00eet plus fra\u00eeche, plus forte, et par cons\u00e9\u00adquent, plus vio\u00adlente et plus redou\u00adtable, \u00e0 quoi bon&nbsp;? r\u00e9pon\u00addez-moi donc.<\/p>\n<p>Depuis nombre d\u2019ann\u00e9es, la d\u00e9mo\u00adcra\u00adtie s\u2019\u00e9tonne de voir ses sol\u00addats si \u00e9pars et dis\u00adcords&nbsp;; mais rien de moins \u00e9ton\u00adnant, selon moi. La divi\u00adsion des int\u00e9\u00adr\u00eats divise les int\u00e9\u00adres\u00ads\u00e9s\u2026 Conso\u00adlons-nous pour\u00adtant, car mal\u00adgr\u00e9 tout la nature se fait jour et la d\u00e9mo\u00adcra\u00adtie s\u2019\u00e9purant se dis\u00adpose \u00e0 suivre ses lois. Alors il n\u2019est plus qu\u2019un cri&nbsp;: celui d\u2019ind\u00e9pendance\u2026<\/p>\n<p>\u2026 La pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9 telle qu\u2019elle existe aujourd\u2019hui, est le fruit d\u2019une loi sou\u00adte\u00adnue par des adroits qui veulent vivre aux d\u00e9pens de ceux qu\u2019ils dominent. Comme toutes les lois des hommes, elle est injuste et meur\u00adtri\u00e8re, ne fai\u00adsant, en r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9, le bon\u00adheur d\u2019aucun, pas m\u00eame de celui qu\u2019elle pro\u00adt\u00e8ge\u2026 Com\u00adprise comme elle l\u2019est actuel\u00adle\u00adment, la pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9 est la source de tous les&nbsp;maux&nbsp;!\u2026<\/p>\n<p>\u2026 Ce n\u2019est cepen\u00addant pas d\u2019elle seule que pro\u00advient la m\u00e9chan\u00adce\u00adt\u00e9, la cruau\u00adt\u00e9, la ven\u00adgeance, la fai\u00adn\u00e9an\u00adtise de l\u2019homme dont on accuse tant de nos semblables&nbsp;!<\/p>\n<p>Le mal\u00adheur rend m\u00e9chant, le manque de tout rend voleur ou d\u00e9cou\u00adrage et c\u2019est un faux prin\u00adcipe qui d\u00e9na\u00adture l\u2019homme, au point de ne pas aimer ses fr\u00e8res, de leur \u00eatre plu\u00adt\u00f4t nui\u00adsible que se d\u00e9vouer pour&nbsp;eux.<\/p>\n<p>Pour sou\u00adte\u00adnir ce prin\u00adcipe et en per\u00adp\u00e9\u00adtuer le crime, on feint de garan\u00adtir le repos public en aug\u00admen\u00adtant les gen\u00addarmes, en b\u00e2tis\u00adsant de nou\u00advelles pri\u00adsons, en dou\u00adblant, en tri\u00adplant le salaire de ceux qui forgent les cha\u00eenes ou qui les rivent aux pieds des pauvres exploi\u00adt\u00e9s. Ah&nbsp;! si au lieu d\u2019abrutir, le mal\u00adheur don\u00adnait de l\u2019intelligence, on ver\u00adrait bien autre chose, et cela mal\u00adgr\u00e9 la mul\u00adti\u00adpli\u00adca\u00adtion des gendarmes&nbsp;!\u2026<\/p>\n<p>\u2026 S\u2019il est, dans ce monde, quelque chose de puis\u00adsant, c\u2019est bien le r\u00e8gne de la tyran\u00adnie, ce colosse aux griffes innom\u00adbrables, d\u00e9chi\u00adrant sans cesse, tous les peuples dont la poi\u00adtrine pal\u00adpi\u00adtante appelle la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Certes, l\u2019on ne sau\u00adrait trou\u00adver rien de plus d\u00e9plo\u00adrable que les maux qui d\u00e9bordent sur la terre par le fait de ce meur\u00adtrier prin\u00adcipe. Les rois qui ne devraient \u00eatre pour nous que de libres conven\u00adtions, que nous pour\u00adrions chan\u00adger \u00e0 mesure que l\u2019avenir nous apporte de nou\u00advelles id\u00e9es, parce que sou\u00advent le len\u00adde\u00admain, nous ne sau\u00adrions nous conten\u00adter de ce qui fai\u00adsait notre bon\u00adheur de la veille, sont pour la plu\u00adpart de nous, de lourdes cha\u00eenes qui nous tiennent riv\u00e9s au mal\u00adheur, pen\u00addant que les tra\u00eetres qui nous y attachent, par\u00adcourent \u00e0 leur aise les champs de notre prosp\u00e9rit\u00e9&nbsp;!\u2026<\/p>\n<p>Le tra\u00advail qui ne devrait \u00eatre pour l\u2019homme qu\u2019un sujet de <i>dis\u00adtrac\u00adtion<\/i> est deve\u00adnu abru\u00adtis\u00adsant sous cet empire <i>insup\u00adpor\u00adtable<\/i> et <i>san\u00adgui\u00adnaire<\/i>, parce que beau\u00adcoup sont tenus de s\u2019y livrer au del\u00e0 de leurs forces pour nour\u00adrir leurs propres bourreaux&nbsp;!\u2026<\/p>\n<p>\u2026 Quoi&nbsp;!\u2026 pas un seul endroit de la terre qui ne soit souill\u00e9 du crime de la ser\u00advi\u00adtude et de l\u2019oppression. Pas une ville qui n\u2019ait reten\u00adti, autant de fois qu\u2019il y a des grains de sable dans ses murailles, des cris de l\u2019infortune et du d\u00e9ses\u00adpoir&nbsp;! Et l\u2019homme int\u00e9\u00adrieur, dont un faux prin\u00adcipe n\u2019aurait point encore chan\u00adg\u00e9 la nature, pour\u00adrait-il r\u00e9fl\u00e9\u00adchir sur de sem\u00adblables mal\u00adheurs sans qu\u2019une secr\u00e8te puis\u00adsance ne se r\u00e9veille en lui, pour ne se ren\u00addor\u00admir que lorsqu\u2019il aurait trou\u00adv\u00e9 le salu\u00adtaire breu\u00advage dont le pauvre est alt\u00e9\u00adr\u00e9&nbsp;?\u2026 Le pauvre a soif, et la seule bois\u00adson qu\u2019il demande\u2026 c\u2019est la liber\u00adt\u00e9&nbsp;! Mais une liber\u00adt\u00e9 abso\u00adlue, une liber\u00adt\u00e9 sans inter\u00adm\u00e9\u00addiaire, une liber\u00adt\u00e9 sans autres lois que celles qui ger\u00adm\u00e8rent en lui. Enfin cette liber\u00adt\u00e9 qui <i>na\u00eet<\/i> de l\u2019ind\u00e9pendance et qui ne pour\u00adrait \u00eatre hos\u00adtile qu\u2019\u00e0 <i>celui<\/i> qui \u00e9pie l\u2019ouvrier pour vivre de sa sueur et de son&nbsp;sang&nbsp;!&nbsp;!<\/p>\n<p>Or, pour jouir de cette liber\u00adt\u00e9, il faut emp\u00ea\u00adcher la tyran\u00adnie, et comme on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 dit&nbsp;: Il n\u2019est cer\u00adtai\u00adne\u00adment pas que le roi, de tyran, dans un royaume.<\/p>\n<p>Un roi n\u2019est que le som\u00admet d\u2019une pyra\u00admide gou\u00adver\u00adne\u00admen\u00adtale, dont la base est cal\u00adcu\u00adl\u00e9e pour le maintenir.&nbsp;<\/p>\n<p>Tant que cette base ne se dis\u00adjoint pas, il serait inutile de se sacri\u00adfier \u00e0 abattre son met pour acqu\u00e9\u00adrir la libert\u00e9\u2026<\/p>\n<p>\u2026 Tran\u00adcher la t\u00eate d\u2019un roi et lais\u00adser sub\u00adsis\u00adter le prin\u00adcipe qui exige cet homme, qui exige que tant d\u2019autres roi\u00adte\u00adlets s\u2019engraissent aux d\u00e9pens du pro\u00adl\u00e9\u00adtaire, ce n\u2019est abso\u00adlu\u00adment qu\u2019un coup de sabre dans une eau rapide pour en emp\u00ea\u00adcher le cou\u00adrant&nbsp;!\u2026 Riez au nez des niais ou des intri\u00adgants qui, pour de sem\u00adblables b\u00eatises, vous crie\u00adraient&nbsp;: Aux armes&nbsp;!\u2026 J\u2019ai dit, ou j\u2019ai vou\u00adlu dire, que pour obte\u00adnir une v\u00e9ri\u00adtable liber\u00adt\u00e9 il fal\u00adlait attendre que la pyra\u00admide gou\u00adver\u00adne\u00admen\u00adtale se dis\u00adjoi\u00adgn\u00eet, d\u2019elle-m\u00eame encore&nbsp;!\u2026 Je le maintiens\u2026<\/p>\n<p>Loin d\u2019encourager cette ivresse liber\u00adti\u00adcide, autant que san\u00adgui\u00adnaire, je m\u2019\u00e9vertuerai tou\u00adjours en faveur du silence, pour ne pas avoir \u00e0 d\u00e9plo\u00adrer les atro\u00adci\u00adt\u00e9s d\u2019une r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion de bar\u00adbares et \u00e0 arro\u00adser de nos pleurs, les lieux teints du sang de ceux qui auraient pu deve\u00adnir nos&nbsp;amis<\/p>\n<p>Sup\u00adpo\u00adsons qu\u2019un Gou\u00adver\u00adne\u00adment soit dis\u00adlo\u00adqu\u00e9, c\u2019est alors qu\u2019il faut mon\u00adtrer du cou\u00adrage et de la r\u00e9so\u00adlu\u00adtion pour emp\u00ea\u00adcher sa recons\u00adti\u00adtu\u00adtion, sous quelle autre forme ou cou\u00adleur que ce soit. Car, pour exis\u00adter, il faut qu\u2019un pou\u00advoir soit homi\u00adcide, le meurtre \u00e9tant, de chaque jour, le fruit de son ins\u00adtinct de conservation.<\/p>\n<p>Pour 1\u2019ind\u00e9pendance, pour sa fille la liber\u00adt\u00e9, sacri\u00adfions-nous&nbsp;! Au armes, aux armes&nbsp;!! Mais pour les hommes, des fac\u00adtieux, silence\u2026 Car, loin de d\u00e9ga\u00adger le monde des griffes qui l\u2019\u00e9treignent, nous ne ferions que l\u2019asservir davantage\u2026<\/p>\n<p>Vrai\u00adment, on ne sau\u00adrait faire que rire d\u2019un r\u00e9pu\u00adbli\u00adcain qui veut \u00e0 tout prix, chan\u00adger d\u2019un gou\u00adver\u00adne\u00adment pour en r\u00e9ta\u00adblir un autre&nbsp;! Que veut-il donc, cet insen\u00ads\u00e9&nbsp;? Ce serait mieux dit&nbsp;: per\u00adtur\u00adba\u00adteur. Du trouble, du d\u00e9sordre, cin\u00adquante sau\u00advages pour un bar\u00adbare. Cent d\u00e9pu\u00adt\u00e9s pour un prince. Enfin mille chancres pour un ulc\u00e8re. Est-ce bien la peine de tant de bruit pour tant d\u2019horreurs&nbsp;!!<\/p>\n<p>Non, non, je ne serai Jamais r\u00e9pu\u00adbli\u00adcain au point de tro\u00adquer le laid contre l\u2019effroyable. Et je ne me don\u00adne\u00adrai pas m\u00eame l\u2019inqui\u00e9tude de voir dans la rue si les bar\u00adri\u00adcades sont d\u00e9sertes ou ani\u00adm\u00e9es, tant qu\u2019on ne se dis\u00adpo\u00adse\u00adra \u00e0 dis\u00adcu\u00adter au moins sur ces quatre points.<\/p>\n<p>1\u00b0 La terre \u00e9tant consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9e \u00e0 juste titre, comme par\u00adtie prin\u00adci\u00adpale de notre pre\u00admier h\u00e9ri\u00adtage, est inali\u00e9\u00adnable sous quelque forme et tra\u00adfic que ce&nbsp;soit&nbsp;;<\/p>\n<p>2\u00b0 Toute terre non culti\u00adv\u00e9e rentre au domaine public pour y \u00eatre dis\u00adtri\u00adbu\u00e9e en ins\u00adtru\u00adment de tra\u00advail immeuble&nbsp;;<\/p>\n<p>3\u00b0 Les pro\u00adduits du tra\u00advail, seuls sont consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9s comme pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9s tra\u00adfi\u00adcables et individuelles&nbsp;;<\/p>\n<p>4\u00b0 Toute domes\u00adti\u00adci\u00adt\u00e9 est regar\u00add\u00e9e comme d\u00e9gra\u00addante et qui ser\u00advi\u00adra un ma\u00eetre ne sera plus citoyen\u2026<\/p>\n<p>\u2026 Je r\u00e9fl\u00e9\u00adchis en pas\u00adsant, qu\u2019on est capable de croire que je vais dimi\u00adnuer le nombre des r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires&nbsp;!!\u2026 si je devais dimi\u00adnuer quelque chose, ce ne serait, en tout cas, que le nombre de ceux qui se disent r\u00e9pu\u00adbli\u00adcains et qui, le plus sou\u00advent, ne sont qu\u2019un tas de pan\u00addours qui \u00e9gor\u00adge\u00adraient les rouges et les blancs, comme ils disent, parce qu\u2019ils sont d\u2019une autre couleur.<\/p>\n<p>Tant mieux, alors on se conna\u00ee\u00adtra, et si la guerre entre nous est une guerre \u00e0 mort, on aura du moins l\u2019avantage de savoir pour\u00adquoi. Tan\u00addis qu\u2019aujourd\u2019hui, \u00e0 peine ose-t-on s\u2019approcher en plein jour de cer\u00adtains indi\u00advi\u00addus qui vous crient d une voix inso\u00adlente&nbsp;: Vive la r\u00e9pu\u00adblique&nbsp;!\u2026 Eh bien, qui dit vive un gou\u00adver\u00adne\u00adment quel\u00adconque, dit vive une cote\u00adrie exis\u00adtant aux d\u00e9pense de ceux qu\u2019elle gou\u00adverne. Qui dit&nbsp;: Vive l\u2019absolutisme&nbsp;! dit vive le men\u00adsonge. Qui dit&nbsp;: Vive une r\u00e9pu\u00adblique gou\u00adver\u00adne\u00admen\u00adtale&nbsp;! dit vive l\u2019hypocrisie&nbsp;! Mais qui dit&nbsp;: \u00c0 bas tous les gou\u00adver\u00adne\u00adments&nbsp;!! dit \u00e0 bas le meurtre&nbsp;! Vive l\u2019ind\u00e9pendance&nbsp;! vive la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;!\u2026<\/p>\n<p>Que Mes\u00adsieurs les lib\u00e9\u00adraux, les radi\u00adcaux, les r\u00e9pu\u00adbli\u00adcains bour\u00adgeois, choi\u00adsissent. Et s\u2019ils veulent conti\u00adnuer \u00e0 exploi\u00adter le mis\u00e9\u00adrable ouvrier, qu\u2019ils disent&nbsp;: Vive l\u2019absolutisme&nbsp;!\u2026<\/p>\n<p>La terre est la m\u00e8re de tout le monde. Cha\u00adcun a droit \u00e0 elle, comme il a droit aux rayons du soleil qui nous r\u00e9chauffent, et ne doit pas plus en dis\u00adpo\u00adser, qu\u2019il ne le fait de l\u2019air dont il aspire une par\u00adtie pour vivi\u00adfier son&nbsp;sang.<\/p>\n<p>Or, si la terre est aujourd\u2019hui sou\u00admise aux lois du tra\u00adfic comme une mar\u00adchan\u00addise ordi\u00adnaire, un pro\u00adduit quel\u00adconque, c\u2019est un crime de l\u00e8se-huma\u00adni\u00adt\u00e9 qui atteint la plu\u00adpart de nous, qui est deve\u00adnu la source de tous nos maux et qui met l\u2019homme au des\u00adsous de la b\u00eate sau\u00advage, qui, bien que d\u2019un esprit farouche, ne s\u2019approprie cepen\u00addant que ce qui est conforme au besoin de sa nature<\/p>\n<p>Il y a donc deux camps bien dis\u00adtincts entre nous&nbsp;: celui des <i>gou\u00adver\u00adnants<\/i> et celui des <i>gou\u00adver\u00adn\u00e9s<\/i>, tout aus\u00adsi bien qu\u2019il n\u2019y a que deux prin\u00adcipes&nbsp;: celui du men\u00adsonge et celui de la v\u00e9rit\u00e9\u2026<\/p>\n<p>\u2026 Les gou\u00adver\u00adne\u00adments tremblent, r\u00e9jouis-toi (tra\u00advailleur&nbsp;!)&nbsp;; ils chan\u00adcellent, tiens-toi pr\u00eat&nbsp;; ils tombent, \u00e9lance-toi. Mais que jamais sur leurs ruines ensan\u00adglan\u00adt\u00e9es du sang de tes p\u00e8res, aucun auda\u00adcieux n\u2019ose crier&nbsp;: Vive le pou\u00advoir&nbsp;!\u2026 ou brise-lui la t\u00eate, car le pou\u00advoir c\u2019est l\u2019autorit\u00e9, et l\u2019autorit\u00e9 c\u2019est la tyran\u00adnie. Avec cette der\u00adni\u00e8re\u2026 point de liber\u00adt\u00e9, sans quelle ne soit un monstre enfan\u00adt\u00e9 de deux sujets dif\u00adf\u00e9\u00adrents, que tout homme doit tra\u00adquer comme il ferait d\u2019une b\u00eate soup\u00ad\u00e7on\u00adn\u00e9e de la&nbsp;rage.<\/p>\n<p>\u00c0 bas les gou\u00adver\u00adne\u00adments, \u00e0 bas la tyran\u00adnie, vive l\u2019ind\u00e9pendance&nbsp;! vive l\u2019amour et l\u2019amiti\u00e9.<\/p>\n<p>\u2026 Plus de gou\u00adver\u00adne\u00adments, plus d\u2019imp\u00f4ts. Plus d\u2019\u00e9gorgeurs, plus de sang. Plus de convoi\u00adtise, plus de haine, l\u2019avenir est \u00e0 toi. Et c\u2019est alors que tu t\u2019aimeras dans ton&nbsp;fr\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00c9ta\u00adblis\u00adsez-vous en com\u00admunes r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires&nbsp;; que jusque dans les plus petits endroits on crie tou\u00adjours&nbsp;: \u00c0 bas les gou\u00adver\u00adne\u00adments&nbsp;! que cha\u00adcun de vous par\u00adti\u00adcipe aux dis\u00adcus\u00adsions de sa loca\u00adli\u00adt\u00e9, afin d\u2019en dis\u00adcu\u00adter les int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>Com\u00admue votre bien-\u00eatre d\u00e9pen\u00addra de la m\u00eame cause, vous n\u2019aurez jamais pour guide que la m\u00eame rai\u00adson, le m\u00eame esprit. C\u2019est alors que l\u2019intelligence pr\u00e9\u00advau\u00addra r\u00e9ellement\u2026<\/p>\n<p>Ne vous occu\u00adpez pas des fai\u00adn\u00e9ants&nbsp;: il n\u2019y en aura aucun, car l\u2019homme qui tra\u00advaille libre\u00adment pour lui, a besoin du tra\u00advail comme r\u00e9cr\u00e9a\u00adtion et ne pour\u00adrait s\u2019en pas\u00adser sans souffrir.<\/p>\n<p>Cela para\u00eet bizarre, n\u2019est-ce pas&nbsp;? Il y en a tant aujourd\u2019hui, de fai\u00adn\u00e9ants et qui vivent \u00e0 merveille.<\/p>\n<p>Pour la plu\u00adpart de ceux-l\u00e0, je ne sau\u00adrais que vous r\u00e9pondre, si ce n\u2019est que puisque vous les avez tol\u00e9\u00adr\u00e9s jusque-l\u00e0, il faut bien les nour\u00adrir&nbsp;: l\u2019habitude est une seconde nature.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs ils dis\u00adpa\u00adra\u00ee\u00adtront comme les vieux sol\u00addats de l\u2019Empire.<\/p>\n<p>Le prin\u00adcipe qui doit, par sa propre force, conduire en com\u00admu\u00adnion les int\u00e9\u00adr\u00eats de tous ses membres, favo\u00adri\u00adse\u00adra aus\u00adsi bien l\u2019industriel que l\u2019agriculteur&nbsp;; par cons\u00e9\u00adquent, votre indis\u00adpen\u00adsable moral ou mat\u00e9\u00adriel \u00e9ta\u00adbli\u00adra, lui-m\u00eame, une balance entre les pro\u00adduits agri\u00adcoles et ceux de l\u2019industrie. Et n\u2019\u00e9tant d\u00e9pen\u00addants que de vos besoins, cet \u00e9qui\u00adlibre ne sau\u00adrait jamais \u00eatre trop d\u00e9pas\u00ads\u00e9 pour que les pro\u00adduits de cha\u00adcun de vous ne s\u2019\u00e9coulent pas tou\u00adjours avec la m\u00eame r\u00e9gularit\u00e9.<\/p>\n<p>Ensuite, rien ne pou\u00advant plus emp\u00ea\u00adcher ou contraindre le libre \u00e9change de ses pro\u00adduits, et comme ce sont eux seuls qui peuvent com\u00adbler le vide de vos n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9s, cha\u00adcun les tra\u00adfi\u00adque\u00adra \u00e0 sa guise. Alors, le beau, le solide et le com\u00admode \u00e9tant encore sus\u00adcep\u00adtibles d\u2019une incon\u00adtes\u00adtable per\u00adfec\u00adti\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9, une concur\u00adrence \u00e9ter\u00adnelle en \u00e9ta\u00adbli\u00adra les prix, tout en ayant pour sti\u00admu\u00adlant, cette per\u00adfec\u00adtion pro\u00adgres\u00adsive dont la limite se trouve dans les fic\u00adtions de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, pour ne pas dire insaisissable.<\/p>\n<p>Des bazars com\u00admu\u00adnaux s\u2019\u00e9tabliront dans chaque loca\u00adli\u00adt\u00e9, et les pro\u00adduits qui y man\u00adque\u00adraient don\u00adne\u00adraient trop vite des avan\u00adtages \u00e0 ceux qui pour\u00adraient com\u00adbler ce d\u00e9pour\u00advu, pour que chaque com\u00admune ou hameau n\u2019ait pas de suite, son indis\u00adpen\u00adsable \u00e0 sa por\u00adt\u00e9e. Le fruit du tra\u00advail des pro\u00adduc\u00adteurs tom\u00adbe\u00adra direc\u00adte\u00adment et sans autre aug\u00admen\u00adta\u00adtion de prix au-des\u00adsus de sa r\u00e9elle valeur, \u00e0 la dis\u00adpo\u00adsi\u00adtion des consom\u00adma\u00adteurs, excep\u00adt\u00e9 seule\u00adment les frais qu\u2019entra\u00eeneront les com\u00admis des bazars, aux\u00adquels ces pro\u00adduits seront confi\u00e9s.<\/p>\n<p>Tou\u00adte\u00adfois, nul ne sera tenu d\u2019entreposer ses pro\u00adduits \u00e0 l\u2019exposition com\u00admu\u00adnale, afin qu\u2019il demeure encore libre de les n\u00e9go\u00adcier lui-m\u00eame direc\u00adte\u00adment avec d\u2019autres pro\u00adduc\u00adteurs ou consom\u00adma\u00adteurs, s\u2019il le juge convenable\u2026<\/p>\n<p>Il y aura tou\u00adjours des hommes d\u2019un talent sup\u00e9\u00adrieur. Et pour cela, l\u2019individualit\u00e9 ne pour\u00adrait \u00eatre confon\u00addue, sans souf\u00adfrir de suj\u00e9\u00adtion, \u00e0 une liber\u00adt\u00e9 col\u00adlec\u00adtive. Du reste, qui dit liber\u00adt\u00e9 indi\u00advi\u00adduelle, dit tout&nbsp;; car une liber\u00adt\u00e9 col\u00adlec\u00adtive ne peut se cr\u00e9er que sous la volon\u00adt\u00e9 de plu\u00adsieurs individus.<\/p>\n<p>Se r\u00e9uni\u00adront donc en vie, devoirs et tra\u00advaux com\u00admuns, ceux qui le juge\u00adront \u00e0 pro\u00adpos. Et demeu\u00adre\u00adront indi\u00advi\u00adduel\u00adle\u00adment ind\u00e9\u00adpen\u00addants, ceux que le moindre assu\u00adjet\u00adtis\u00adse\u00adment pour\u00adrait ombrager.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ri\u00adtable prin\u00adcipe est donc bien loin d\u2019exiger la com\u00admu\u00adnau\u00adt\u00e9 invio\u00adlable. Cepen\u00addant, pour l\u2019harmonie de cer\u00adtains tra\u00advaux, il est \u00e9vident que beau\u00adcoup de pro\u00adduc\u00adteurs s\u2019\u00e9tabliront en soci\u00e9\u00adt\u00e9, par rap\u00adport \u00e0 l\u2019avantage qu\u2019ils trou\u00adve\u00adront dans la r\u00e9union de leurs bras. Mais encore une fois, le com\u00admu\u00adnisme ne sera jamais un prin\u00adcipe fon\u00adda\u00admen\u00adtal, en rai\u00adson de la diver\u00adsi\u00adt\u00e9 de nos intel\u00adli\u00adgences, de nos besoins et de nos volont\u00e9s.<\/p>\n<p>Ain\u00adsi, hor\u00admis le m\u00e9tier de juge, de pr\u00eatre, de gen\u00addarme, de voleur et de bour\u00adreau, notre nou\u00advelle soci\u00e9\u00adt\u00e9 offri\u00adra \u00e0 cha\u00adcun de ses membres le moyen de vivre dans une aisance par\u00adfaite, ne se fati\u00adguant plus de vaines gloires ni de sor\u00addides convoitises.<\/p>\n<p>Dans chaque agglo\u00adm\u00e9\u00adra\u00adtion, il s\u2019\u00e9tablira des ins\u00adti\u00adtu\u00adtions pour la jeunesse\u2026<\/p>\n<p>Jamais les savants n\u2019auront \u00e9t\u00e9 plus recher\u00adch\u00e9s\u2026 La science sera donc un ins\u00adtru\u00adment de tra\u00advail occu\u00adp\u00e9 par ceux qui se sen\u00adti\u00adront capables d\u2019exploiter un des champs de son domaine.. Et chaque homme ayant pour occu\u00adpa\u00adtion celle qu\u2019il pr\u00e9\u00adf\u00e9\u00adre\u00adra, met\u00adtra dans son tra\u00advail autant d\u2019art, d\u2019habilet\u00e9 et d\u2019intelligence qu\u2019un bel \u00e9cri\u00advain en met\u00adtra lui-m\u00eame \u00e0 d\u00e9peindre une his\u00adtoire quel\u00adconque&nbsp;: un sujet qui est dans son v\u00e9ri\u00adtable cercle, tra\u00advaille avec go\u00fbt et bon\u00adheur, sans cher\u00adcher jamais \u00e0 \u00eatre hos\u00adtile \u00e0 personne.<\/p>\n<p>Ain\u00adsi s\u2019\u00e9couleraient tous vos jours dans la pros\u00adp\u00e9\u00adri\u00adt\u00e9 et la&nbsp;joie.<\/p>\n<p>\u2026 La terre serait la patrie de tout le monde, cha\u00adcun pour\u00adrait en contem\u00adpler les richesses.<\/p>\n<p>Tous les hommes s\u2019aimeraient entre&nbsp;eux\u2026<\/p>\n<p>\u00d4 ind\u00e9\u00adpen\u00addance&nbsp;! pro\u00adtec\u00adtrice de l\u2019humanit\u00e9, source inta\u00adris\u00adsable de bon\u00adheur et de satis\u00adfac\u00adtion, insi\u00adnue-toi dans le c\u0153ur de l\u2019homme, d\u00e9sa\u00adbuse son esprit des arti\u00adfices qui le trompent et l\u2019excitent, des\u00adsille ses yeux, \u00f4 d\u00e9esse&nbsp;! pour qu\u2019il puisse voir ton aur\u00e9ole radieuse, dont la lumi\u00e8re pure fatigue le monstre comme le grand jour fatigue le hibou&nbsp;! M\u00e8re de toutes les liber\u00adt\u00e9s pures, que ton nom soit chan\u00adt\u00e9, que ton nom soit b\u00e9ni&nbsp;! Vive l\u2019ind\u00e9pendance&nbsp;! guerre \u00e0 l\u2019autorit\u00e9&nbsp;!<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>Ces extraits montrent que leur auteur \u00e9tait cer\u00adtai\u00adne\u00adment p\u00e9n\u00e9\u00adtr\u00e9 des id\u00e9es anar\u00adchistes qu\u2019il pr\u00e9\u00adsen\u00adtait d\u2019une mani\u00e8re ind\u00e9\u00adpen\u00addante. Il n\u2019est pas pr\u00e9\u00adsen\u00adt\u00e9 ici pour une autre rai\u00adson que celle qu\u2019\u00e0 son \u00e9poque, dans les ann\u00e9es cin\u00adquante, les anar\u00adchistes sont raris\u00adsimes et il en est peut-\u00eatre le moins connu. On a tou\u00adjours recueilli avec int\u00e9\u00adr\u00eat, ces pre\u00admi\u00e8res \u00e9tin\u00adcelles de l\u2019esprit liber\u00adtaire&nbsp;: on connais\u00adsait les Bel\u00adle\u00adguar\u00adrigue, les C\u0153ur\u00adde\u00adroy et les D\u00e9jacque en voi\u00adci encore un qui signe (page <sc>iv<\/sc>) F\u00e9lix P\u2026 et dont l\u2019\u00e9crit ne contient presque aucune indi\u00adca\u00adtion per\u00adson\u00adnelle et rien qui met\u00adtrait sur la trace de l\u2019auteur qui se dit par\u00adrain de F\u00e9lix Dupan\u00adloup auquel la bro\u00adchure est d\u00e9di\u00e9e. Le lieu de publi\u00adca\u00adtion \u00ab&nbsp;New York&nbsp;\u00bb ne dit rien&nbsp;; mais pour voir si ce fut New York ou Gen\u00e8ve, il fau\u00addrait au moins com\u00adpa\u00adrer la bro\u00adchure avec une quan\u00adti\u00adt\u00e9 de publi\u00adca\u00adtions pareilles de cette \u00e9poque, pro\u00adduites dans ces deux villes et ailleurs, ce que je ne peux pas faire. J\u2019ai trou\u00adv\u00e9 la bro\u00adchure \u00e0 Paris en Jan\u00advier 1914 et je n\u2019ai pu trou\u00adver aucune trace d\u2019elle et de son auteur, sans tou\u00adte\u00adfois avoir les moyens de cher\u00adcher plus ample\u00adment, ce que je comp\u00adtai faire dans l\u2019automne de cette ann\u00e9e triste au Bris\u00adtish Museum.<\/p>\n<p>Ce fut d\u00e9sor\u00admais impos\u00adsible, mais en jan\u00advier 1916 en par\u00adcou\u00adrant d\u2019anciennes notes je trou\u00advai ceci que j\u2019avais not\u00e9 moi-m\u00eame en f\u00e9vrier 1904 d\u2019apr\u00e8s ce que me disait alors la veuve de Pierre V\u00e9si\u00adnier qui avait pas\u00ads\u00e9 les ann\u00e9es cin\u00adquante \u00e0 Gen\u00e8ve et connais\u00adsait tous les pros\u00adcrits de d\u00e9cembre, notam\u00adment ceux de son pays de Clu\u00adny et envi\u00adrons. Un de ces vieux lui mon\u00adtra en 1899 une ancienne bro\u00adchure \u00e9crite par lui qu\u2019il venait de retrou\u00adver par hasard \u00e0 Gen\u00e8ve, bro\u00adchure anar\u00adchiste, puisqu\u2019\u00e0 V\u00e9si\u00adnier elle rap\u00adpe\u00adlait les id\u00e9es de D\u00e9jacque qu\u2019il connais\u00adsait bien. Cet homme m\u00eame serait all\u00e9 en Am\u00e9\u00adrique o\u00f9 il a connu D\u00e9jacque (mais puisqu\u2019on m\u2019a dit que ce fut en 1856 ou 57, ce d\u00e9tail n\u2019a peut-\u00eatre rien \u00e0 faire avec la bro\u00adchure)\u2026 En tout cas le nom de cet homme qui en 1899 fut pro\u00adpri\u00e9\u00adtaire aux envi\u00adrons de Clu\u00adny, \u00e9tait\u200a\u2014\u200aF\u00e9lix Pignal. Donc P et cinq lettres comme il y a P et cinq points \u00e0 la page IV de la bro\u00adchure. Cette double co\u00efn\u00adci\u00addence, celle de cinq lettres, et celle de la bro\u00adchure anar\u00adchiste par cet auteur des envi\u00adrons de Clu\u00adny, sui\u00advie du fait que le t\u00e9moi\u00adgnage de 1904 et la bro\u00adchure trou\u00adv\u00e9e par moi en 1914 sont deux faits ind\u00e9\u00adpen\u00addants l\u2019un de l\u2019autre, tout cela rend plus que pro\u00adbable, \u00e0 mon opi\u00adnion, que cette nou\u00advelle addi\u00adtion aux <i>incu\u00adnables<\/i> retrou\u00adv\u00e9es de l\u2019anarchie a vrai\u00adment pour auteur <sc>F\u00e9lix Pignal<\/sc>.<\/p>\n<p>21 juin&nbsp;1922.<\/p>\n<p>[\/\u200bM.&nbsp;<sc>Net\u00adtlau<\/sc>.\/\u200b]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[[Extraits de la bro\u00adchure d\u2019un pr\u00e9\u00adcur\u00adseur anar\u00adchiste incon\u00adnu&nbsp;: Phi\u00adlo\u00adso\u00adphie de l\u2019insoumission ou Par\u00addon \u00e0 Ca\u00efn, par F\u00e9lix P. (New York, 1854, IV, 74 pp.&nbsp;in-12\u00b0).]] [\/\u200b\u200b\u2026 Qu\u2019on me donne les \u00e9pi\u00adth\u00e8tes qu\u2019on vou\u00addra&nbsp;; \u00e0 l\u2019avance je les accepte toutes. Je n\u2019ai qu\u2019une pen\u00ads\u00e9e, je n\u2019envisage qu\u2019une seule gloire&nbsp;: c\u2019est de poi\u00adgnar\u00adder \u00e0 toute heure et&nbsp;en&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[366],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-3073","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-revue-anarchiste-na7-juillet-1922"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3073","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3073"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3073\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3073"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3073"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3073"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3073"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}