{"id":3081,"date":"2011-09-04T09:37:22","date_gmt":"2011-09-04T09:37:22","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/09\/04\/la-louise-michel-du-sahara-isabelle-eberhardt\/"},"modified":"2011-09-04T09:37:22","modified_gmt":"2011-09-04T09:37:22","slug":"la-louise-michel-du-sahara-isabelle-eberhardt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/09\/04\/la-louise-michel-du-sahara-isabelle-eberhardt\/","title":{"rendered":"La Louise Michel du Sahara, Isabelle Eberhardt"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3081?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3081?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>Comme on a pu le voir par la lec\u00adture de mes pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addentes \u00e9tudes sur S\u00e9bas\u00adtien Faure et Jack Lon\u00addon, ce n\u2019est point par un pur caprice de mon esprit en qu\u00eate de per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9s fortes et ori\u00adgi\u00adnales, que j\u2019ai rap\u00adpro\u00adch\u00e9 ici le grand \u00e9cri\u00advain anglo-saxon et l\u2019orateur anar\u00adchiste fran\u00ad\u00e7ais. Si je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 au-des\u00adsous de ma t\u00e2che, ils ont pu sai\u00adsir le lien de paren\u00adt\u00e9 intel\u00adlec\u00adtuelle et morale qui, mal\u00adgr\u00e9 les dif\u00adf\u00e9\u00adrences pro\u00adfondes du genre, par lequel ils incar\u00adn\u00e8rent leur pen\u00ads\u00e9e, unis\u00adsant le roman\u00adcier de l\u2019<i>Appel de la For\u00eat<\/i> vivant sur\u00adtout dans le r\u00eave, et le fon\u00adda\u00adteur de <i>La Ruche<\/i> tout entier domi\u00adn\u00e9 par les imm\u00e9\u00addiates r\u00e9alit\u00e9s.<\/p>\n<p>Tous deux furent non seule\u00adment les mis\u00adsion\u00adnaires de l\u2019id\u00e9al socia\u00adliste et liber\u00adtaire, mais ils nous en appa\u00adraissent aus\u00adsi comme les v\u00e9ri\u00adtables Juifs-Errants&nbsp;: S\u00e9bas\u00adtien Faure vaga\u00adbon\u00addant, toute sa vie d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la France, Jack Lon\u00addon cou\u00adrant le globe sans r\u00e9pit ni tr\u00eave jusqu\u2019\u00e0 sa&nbsp;mort.<\/p>\n<p>Tous deux eurent \u00e0 subir de la soci\u00e9\u00adt\u00e9 capi\u00adta\u00adliste et bour\u00adgeoise qu\u2019ils com\u00adbat\u00adtirent avec leur \u00e2pre talent, les plus cruelles, les plus tenaces et les plus sottes pers\u00e9cutions.<\/p>\n<p>Pour com\u00adpl\u00e9\u00adter ce tra\u00advail bas\u00e9 sur de curieuses et int\u00e9\u00adres\u00adsantes ana\u00adlo\u00adgies, je vou\u00addrais aujourd\u2019hui \u00e9vo\u00adquer ici, la per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 trou\u00adblante, la vie mer\u00adveilleuse et courte, l\u2019\u0153uvre \u00e9trange d\u2019Une que j\u2019ai d\u00e9nom\u00adm\u00e9 la <i>Bonne Nomade<\/i> et que notre S\u00e9ve\u00adrine appe\u00adla la <i>Louise Michel<\/i> des Arabes, voi\u00adci d\u00e9j\u00e0 nombre d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n<h2>I. Sa vie.\u200a\u2014\u200aUne grande dame et un proscrit<\/h2>\n<p><\/p>\n<p>Isa\u00adbelle d\u2019Eberhardt naquit \u00e0 Gen\u00e8ve, en 1877. Elle ne connut jamais son p\u00e8re. Sa m\u00e8re, Natha\u00adlie-Doro\u00adth\u00e9e-Char\u00adlolte d\u2019Eberhard, \u00e9tait une tr\u00e8s grande dame, issue de la plus vieillie noblesse russe et dont la vie ora\u00adgeuse, la psy\u00adcho\u00adlo\u00adgie tour\u00admen\u00adt\u00e9e eussent s\u00e9duit Bal\u00adzac, le Bal\u00adzac de la <i>Femme de trente ans<\/i>, du <i>Cur\u00e9 de Vil\u00adlage<\/i>, de <i>B\u00e9a\u00adtrix<\/i> et du <i>Lys dans la Val\u00adl\u00e9e<\/i>. Car il y eut en elle, \u00e0 la fois de Camille Mau\u00adpin, de M<sup>me<\/sup>&nbsp;de Mort\u00adsauf, et de Julie d\u2019Aiglemont. Pour sa beau\u00adt\u00e9 sans rivale, des diplo\u00admates se bat\u00adtirent \u00e0 Mos\u00adcou et \u00e0 Saint-P\u00e9ters\u00adbourg, des offi\u00adciers de marine s\u2019exil\u00e8rent dans les mers des Indes, et l\u2019un d\u2019entre eux s\u2019y noya de d\u00e9ses\u00adpoir, sachant bien qu\u2019elle ne serait jamais infi\u00add\u00e8le \u00e0 celui qu\u2019elle aimait alors. Et celui-l\u00e0 \u00e9tait un r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire dou\u00adbl\u00e9 d\u2019un pros\u00adcrit, ce dont la soci\u00e9\u00adt\u00e9 capi\u00adta\u00adliste et aris\u00adto\u00adcra\u00adtique\u200a\u2014\u200asa soci\u00e9\u00adt\u00e9\u200a\u2014\u200ane man\u00adqua pas de lui faire un crime qu\u2019on ne lui par\u00addon\u00adna jamais. Oui, \u00e0 cette femme dont l\u2019\u00e2me g\u00e9n\u00e9\u00adreuse connut toutes les fier\u00adt\u00e9s, toutes les d\u00e9li\u00adca\u00adtesses, toutes les bon\u00adt\u00e9s, on fit un crime de ce qui consti\u00adtue jus\u00adte\u00adment son plus beau titre \u00e0 l\u2019admiration de ses v\u00e9ri\u00adtables amis. Rares furent tou\u00adjours celles, par\u00admi les mieux dou\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 du c\u0153ur, qui eussent \u00e9t\u00e9 capables d\u2019accomplir, ce qui fut si cruel\u00adle\u00adment repro\u00adch\u00e9 \u00e0 Natha\u00adlie d\u2019Eberhardt. Tour\u00adner le des \u00e0 la plus opu\u00adlente for\u00adtune, aban\u00addon\u00adner le mari, beau, puis\u00adsant, titr\u00e9, glo\u00adrieux m\u00eame, qu\u2019\u00e9tait le g\u00e9n\u00e9\u00adral de Mo\u00ebr\u00adder, s\u2019arracher \u00e0 une vie de plai\u00adsirs et d\u2019\u00e9l\u00e9gances, pour suivre dans la soli\u00adtude de l\u2019exil un homme d\u2019une for\u00adtune m\u00e9diocre, sans jeu\u00adnesse et sans beau\u00adt\u00e9, et cela parce qu\u2019elle par\u00adta\u00adgeait, au fond du c\u0153ur, son id\u00e9al de r\u00e9pa\u00adra\u00adtion et de r\u00e9no\u00adva\u00adtion sociales, sa haine impla\u00adcable de la tyran\u00adnie&nbsp;; tel fut son crime monstrueux.<\/p>\n<p>Or, le pros\u00adcrit, auquel elle sacri\u00adfia le glo\u00adrieux et richis\u00adsime g\u00e9n\u00e9\u00adral, n\u2019\u00e9tait qu\u2019un savant modeste, un homme doux, un noble c\u0153ur. Il s\u2019appelait Alexandre Tro\u00adphy\u00admows\u00adky. Enfant, il avait \u00e9t\u00e9 aim\u00e9 de Tour\u00adgue\u00adneff qui fr\u00e9\u00adquen\u00adtait dans sa famille et que sa jeune intel\u00adli\u00adgence \u00e9mer\u00adveillait. \u00c0 quinze ans, un triste hasard le fit assis\u00adter au ch\u00e2\u00adti\u00adment d\u2019un pauvre h\u00e8re, cou\u00adpable d\u2019avoir m\u00e9dit du g\u00e9n\u00e9\u00adral-gou\u00adver\u00adneur, et que l\u2019on knou\u00adta jusqu\u2019\u00e0 la mort. Il s\u2019\u00e9vanouit et tel fut l\u2019\u00e9branlement de son sys\u00adt\u00e8me ner\u00adveux d\u2019\u00e9ph\u00e8be, que quelques jours apr\u00e8s, il fut atteint par une fi\u00e8vre typho\u00efde de laquelle il faillit mou\u00adrir. Deux ans plus tard, par un autre hasard, il se trou\u00adva sur la route o\u00f9 pas\u00adsait une lamen\u00adtable \u00e9quipe de r\u00e9vol\u00adt\u00e9s se diri\u00adgeant, menottes aux poings et escor\u00adt\u00e9s par des Cosaques, vers la Sib\u00e9\u00adrie. Son \u00e9mo\u00adtion fut non moins pro\u00adfonde et il tom\u00adba malade \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p>Cette \u00e9mo\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9 dou\u00adlou\u00adreuse, ain\u00adsi mise en branle par les atro\u00adci\u00adt\u00e9s du tza\u00adrisme, il la gar\u00adda jusqu\u2019au der\u00adnier de ses jours. Et il va, d\u00e8s lors, sans dire que tan\u00addis que les germes du mal phy\u00adsique s\u2019enracinaient en l\u2019adolescent, la semence f\u00e9conde du com\u00admu\u00adnisme p\u00e9n\u00e9\u00adtrait en son cerveau.<\/p>\n<p>Sans \u00eatre riche comme un bo\u00efard, Tro\u00adphi\u00admows\u00adky pos\u00ads\u00e9\u00addait une for\u00adtune fort enviable, dont il avait la pleine jouis\u00adsance, tous ses parents \u00e9tant morts. Tr\u00e8s sobre, d\u2019une sim\u00adpli\u00adci\u00adt\u00e9 antique, il consa\u00adcrait la presque tota\u00adli\u00adt\u00e9 de ses res\u00adsources \u00e0 ses \u00e9tudes et sur\u00adtout au sou\u00adla\u00adge\u00adment de ses fr\u00e8res en r\u00e9volution.<\/p>\n<p>Cepen\u00addant il ne fut jamais par\u00admi les vio\u00adlents des r\u00e9vol\u00adt\u00e9s en exil. Il ne fut jamais d\u2019ailleurs un v\u00e9ri\u00adtable ban\u00adni. Il n\u2019avait jamais com\u00adpa\u00adru devant les tri\u00adbu\u00adnaux de l\u2019Empire&nbsp;; aucune condam\u00adna\u00adtion ne pesait sur lui. Tou\u00adte\u00adfois, pen\u00addant sa vie d\u2019\u00e9tudiant, et apr\u00e8s (Tro\u00adphy\u00admows\u00adky fut pope pen\u00addant quelque temps) il avait, \u00e0 maintes reprises, mani\u00adfes\u00adt\u00e9 des id\u00e9es lib\u00e9\u00adrales for\u00adte\u00adment hos\u00adtiles au tza\u00adrisme, et n\u2019avait pas dis\u00adsi\u00admu\u00adl\u00e9 ses nom\u00adbreuses ami\u00adti\u00e9s dans les milieux r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires de Rus\u00adsie et de l\u2019\u00e9tranger. Et c\u2019est pour\u00adquoi, sans encore l\u2019inqui\u00e9ter s\u00e9rieu\u00adse\u00adment, la police poli\u00adtique le sur\u00adveillait depuis long\u00adtemps et de fort pr\u00e8s. C\u2019est pour \u00e9chap\u00adper \u00e0 cette inqui\u00adsi\u00adtion et aus\u00adsi pour pro\u00adtes\u00adter hau\u00adte\u00adment contre les oppres\u00adseurs de son pays qu\u2019il s\u2019\u00e9tait volon\u00adtai\u00adre\u00adment&nbsp;exil\u00e9.<\/p>\n<p>Tel fut l\u2019homme qui ser\u00advit de p\u00e8re intel\u00adlec\u00adtuel \u00e0 Celle dont nous allons main\u00adte\u00adnant, avant d\u2019appr\u00e9cier l\u2019\u0153uvre, racon\u00adter la&nbsp;vie.<\/p>\n<h2>II. L\u2019influence de Jean-Jacques Rousseau<\/h2>\n<p><\/p>\n<p>Ce fut, en effet une pas\u00adsion vrai\u00adment pater\u00adnelle que celle dont Alexandre Tro\u00adphy\u00admows\u00adky entou\u00adra l\u2019enfance et la prime jeu\u00adnesse d\u2019Isabelle Ehe\u00adrhardt. D\u00e8s sa quin\u00adzi\u00e8me ann\u00e9e on eut dit que ce savant modeste, tra\u00advailleur infa\u00adti\u00adgable, lui avait don\u00adn\u00e9 cette avide et insa\u00adtiable curio\u00adsi\u00adt\u00e9 de l\u2019esprit qui lui fai\u00adsait pas\u00adser des jour\u00adn\u00e9es enti\u00e8res et des nuits dans la biblio\u00adth\u00e8que de la vil\u00adla qu\u2019ils habi\u00adtaient, \u00e0 Mey\u00adrin, sur les bords du lac L\u00e9man. Oui, comme Jack Lon\u00addon, d\u00e8s quinze ans, elle lisait \u00e0 se rendre aveugle et indif\u00adf\u00e9\u00adrem\u00adment tous les livres qui lui tom\u00adbaient sous la main. Comme Jack Lon\u00addon, science, his\u00adtoire, phi\u00adlo\u00adso\u00adphie, lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture d\u2019imagination, vers et prose, elle d\u00e9vo\u00adrait tout, sans arri\u00adver \u00e0 satis\u00adfaire cette effrayante bou\u00adli\u00admie de son cerveau.<\/p>\n<p>Bien que, plus heu\u00adreuse que Jack Lon\u00addon, elle eut, dans Tro\u00adphy\u00admows\u00adky le meilleur des guides intel\u00adlec\u00adtuels, celui-ci fid\u00e8le \u00e0 son id\u00e9al liber\u00adtaire, ne fit jamais rien pour r\u00e9for\u00admer cette avi\u00addi\u00adt\u00e9 qui fut la sienne, en ses jeunes ans, et comme on avait fait pour lui-m\u00eame, il n\u2019en limi\u00adta pas davan\u00adtage le champ. Ce n\u2019est certes pas qu\u2019il se d\u00e9s\u00adin\u00adt\u00e9\u00adres\u00ads\u00e2t de cette cr\u00e9a\u00adture si ch\u00e8re, en laquelle il retrou\u00advait \u00e0 la fois avec un tres\u00adsaille\u00adment de joie les traits de son propre visage et son \u00e2me d\u2019adolescent. Bien loin de l\u00e0, mais sans en rien lais\u00adser para\u00eetre et sans qu\u2019Isabelle elle-m\u00eame s\u2019en dou\u00adt\u00e2t, il la regar\u00addait cro\u00eetre en san\u00adt\u00e9, en joliesse et sur\u00adveillait l\u2019\u00e9panouissement de son intel\u00adli\u00adgence juv\u00e9\u00adnile comme un ama\u00adteur pas\u00adsion\u00adn\u00e9 sur\u00adveille l\u2019\u00e9closion de ses fleurs aim\u00e9es.<\/p>\n<p>Cer\u00adtain jour, un fami\u00adlier de la mai\u00adson, esprit culti\u00adv\u00e9, mais puri\u00adtain gene\u00advois quelque peu morose, s\u2019\u00e9tonnait devant lui de cette liber\u00adt\u00e9 d\u2019\u00e9tude ain\u00adsi lais\u00ads\u00e9e sans contr\u00f4le \u00e0 une jeune fille de seize ans.\u200a\u2014\u200a\u00ab&nbsp;Ne crai\u00adgnez-vous pas pour sa san\u00adt\u00e9 et ne crai\u00adgnez-vous pas aus\u00adsi que les res\u00adsorts de son intel\u00adli\u00adgence encore tendre n\u2019en soient pour tou\u00adjours faus\u00ads\u00e9s, et ne croyez-vous pas, enfin, qu\u2019il serait bon d\u2019introduire un peu de mesure dans les efforts de son jeune esprit&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>\u2014 \u00ab&nbsp;Oui, lui r\u00e9pon\u00addit, non sans orgueil, Tro\u00adphy\u00admows\u00adky, pour toute autre enfant qu\u2019Isabelle, je le crain\u00addrais et me condui\u00adrais dif\u00adf\u00e9\u00adrem\u00adment, mais elle est une de ces cr\u00e9a\u00adtures d\u2019\u00e9lite qui n\u2019ont besoin ni de frein ni de d\u2019aiguillon. La robus\u00adtesse de son cer\u00adveau \u00e9gale celle de son esto\u00admac et c\u2019est pour\u00adquoi, il n\u2019est besoin pour l\u2019un et pour l\u2019autre, d\u2019aucun r\u00e9gime, ni for\u00adti\u00adfiant, ni d\u00e9bi\u00adli\u00adtant. Elle peut lire et man\u00adger ce qu\u2019elle veut, sans aucun dan\u00adger elle n\u2019assimilera pas tout, ce serait pro\u00addi\u00adgieux et cela ne s\u2019est jamais vu&nbsp;; mais la Nature qui lui fut excep\u00adtion\u00adnel\u00adle\u00adment cl\u00e9\u00admente se charge, en elle, des \u00e9la\u00adbo\u00adra\u00adtions phy\u00adsique et morale clans l\u2019\u00e9quilibre et\u2026 l\u2019harmonie dont vous parlez\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Sou\u00advent \u00e0 ces orgies de lec\u00adture suc\u00adc\u00e9\u00addaient des frin\u00adgales de mou\u00adve\u00adment, et c\u2019\u00e9tait alors des p\u00e9riodes assez longues, o\u00f9 il n\u2019y avait dans sa vie de place que pour les exer\u00adcices vio\u00adlents. L\u2019\u00e9quitation fut tou\u00adjours celui qu\u2019elle pr\u00e9\u00adf\u00e9\u00adra. La jeune fille stu\u00addieuse deve\u00adnait alors une ama\u00adzone inlas\u00adsable et dont la maes\u00adtria et la har\u00addiesse \u00e9ton\u00adnaient les plus auda\u00adcieux cava\u00adliers. Puis sui\u00advaient de longs voyages en che\u00admin de fer, en bateau, et dans les vieilles pataches d\u00e9mo\u00add\u00e9es. En com\u00adpa\u00adgnie des siens, elle allait \u00e0 tra\u00advers tout le can\u00adton de Gen\u00e8ve, pas\u00adsait des jours et des jours \u00e0 faire le tour du lac L\u00e9man, pous\u00adsait tan\u00adt\u00f4t jusqu\u2019\u00e0 Fer\u00adney, o\u00f9 l\u2019attirait la grande ombre de Vol\u00adtaire et plus sou\u00advent encore s\u2019en allait vers Cham\u00adb\u00e9\u00adry et les Char\u00admettes o\u00f9 les sou\u00adve\u00adnirs plus humbles de Jean-Jacques la remuaient chaque fois plus profond\u00e9ment.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s grand, en effet, on va le voir, devait \u00eatre, dans la for\u00adma\u00adtion de son esprit, le r\u00f4le du Phi\u00adlo\u00adsophe de Gen\u00e8ve, auquel elle voua le culte le plus ardent. Elle lisait, reli\u00adsait ses livres, sans las\u00adsi\u00adtude, vivait avec lui dans une gri\u00adse\u00adrie per\u00adp\u00e9\u00adtuelle de lame et de c\u0153ur, s\u2019impr\u00e9gnait jusqu\u2019au fond d\u2019elle-m\u00eame de son huma\u00adni\u00adta\u00adrisme d\u00e9bor\u00addant. Pour bien mon\u00adtrer toute la pro\u00adfon\u00addeur de cette influence, je ne puis mieux faire que de citer ici une lettre \u00e9crite, \u00e0 l\u2019une de ses amies, alors qu\u2019elle n\u2019avait pas encore fini ses dix-sept ans&nbsp;:<\/p>\n<p>\u00ab\u200a\u2014\u200aQue deviens-tu, ma tr\u00e8s ch\u00e8re, depuis que tu as quit\u00adt\u00e9 Gen\u00e8ve pour ce coin de r\u00eave qu\u2019est Mon\u00adtreux&nbsp;?\u2026 Que deviennent les rhu\u00adma\u00adtismes de ton papa&nbsp;?\u2026 Petit oncle Trof et maman te le demandent aus\u00adsi, et avec beau\u00adcoup d\u2019insistance, par ma voix. De gr\u00e2ce, ne fais plus la silen\u00adcieuse et tiens-nous lon\u00adgue\u00adment au cou\u00adrant de vos faits et gestes comme, moi-m\u00eame aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Pour ce qui est de ta Bebelle, inutile de lui deman\u00adder ce qu\u2019elle tra\u00adfique en notre Mey\u00adrin, o\u00f9 l\u2019hiver se pour\u00adsuit plus que jamais maus\u00adsade, humide et gris. Je fais ce que je fai\u00adsais quand la es par\u00adtie, et ce que je ferai pro\u00adba\u00adble\u00adment encore quand tu revien\u00addras. Je lis Jean-Jacques, je relis ses <i>Confes\u00adsions<\/i>, rete\u00adnue que je suis \u00e0 la vil\u00adla trois jours sur quatre par cet excep\u00adtion\u00adnel mau\u00advais&nbsp;temps.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Et, \u00e0 force de lire et de relire ce livre qui contient \u00e0 lui seul plus d\u2019humanit\u00e9 qu\u2019il n\u2019y en a dans les volumes qui emplissent les biblio\u00adth\u00e8ques de \u00ab&nbsp;petit oncle&nbsp;\u00bb, il me semble que je revis moi-m\u00eame son enfance, sa prime jeu\u00adnesse, tant elle m\u2019apparaissent d\u2019un pit\u00adto\u00adresque \u00e0 la fois char\u00admant et dou\u00adlou\u00adreux. Oui, tr\u00e8s ch\u00e8re, \u00e0 cer\u00adtaines heures, \u00e0 cer\u00adtains pas\u00adsages de ma lec\u00adture, l\u2019illusion est com\u00adpl\u00e8te \u00e0 ce point que, le livre fer\u00adm\u00e9, j\u2019\u00e9prouve quelque peu de peine \u00e0 reprendre ma vraie personnalit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Il me semble que je suis vrai\u00adment n\u00e9e dans cette petite ruelle gene\u00advoise, au fond de ce cor\u00adri\u00addor humide, dans cette pauvre mai\u00adson d\u2019ouvriers que nous avons tant de fois visi\u00adt\u00e9e ensemble, et devant laquelle, pour\u00adtant, je ne passe jamais encore sans essuyer un peu mes&nbsp;yeux\u2026&nbsp;<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Mais c\u2019est sur\u00adtout quand j\u2019arrive au Jean-Jacques des Char\u00admettes, \u00e0 ces pages inou\u00adbliables, que je me sens le plus \u00e9mue. Oui, ch\u00e8re, des larmes d\u2019une dou\u00adceur infi\u00adnie mouillent tou\u00adjours mes pau\u00adpi\u00e8res, en les lisant, et c\u2019est avec les yeux de l\u2019esprit, que j\u2019arrive \u00e0 la fin des phrases dont je sais par c\u0153ur la plupart.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Alors, aus\u00adsi, la fusion de mon \u00e2me dans celle de l\u2019adolescent recueilli par M<sup>me<\/sup>&nbsp;de Warens se trouve par\u00adache\u00adv\u00e9e. Il faut dire que notre exis\u00adtence de Mey\u00adrin, notre vil\u00adla m\u00eame et son cadre ont, avec l\u2019existence de ces deux cr\u00e9a\u00adtures b\u00e9nies de Dieu, en leur ermi\u00adtage alpin, des ana\u00adlo\u00adgies qui faci\u00adlitent et com\u00adpl\u00e8tent l\u2019illusion.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Comme la mai\u00adson des Char\u00admettes, notre vil\u00adla, tu le sais, est ouverte \u00e0 qui veut entrer.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Du matin au soir, sauf dans la biblio\u00adth\u00e8que o\u00f9 tra\u00advaille \u00ab&nbsp;petit oncle&nbsp;\u00bb, c\u2019est par\u00adtout, de la cui\u00adsine au gre\u00adnier, un va-et-vient de pauvres gens qui demandent \u00e0 voir maman&nbsp;; tous les mal\u00adheu\u00adreux du voi\u00adsi\u00adnage courent apr\u00e8s elle, comme les infor\u00adtu\u00adn\u00e9s de la val\u00adl\u00e9e des Char\u00admettes cou\u00adraient der\u00adri\u00e8re la bonne M<sup>me<\/sup>&nbsp;de Warens.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Et c\u2019est plus frap\u00adpant encore, quand je la vois bras\u00adsant, comme elle, d\u2019incessants et gran\u00addioses pro\u00adjets, pour don\u00adner libre cours \u00e0 sa d\u00e9bor\u00addante cha\u00adri\u00adt\u00e9&nbsp;: cr\u00e9a\u00adtion d\u2019orphelinats, de fermes mod\u00e8les, de refuges, etc., puis pas\u00adsant tout \u00e0 coup \u00e0 des moyens plus pra\u00adtiques et plus modestes et confec\u00adtion\u00adnant, ou fai\u00adsant confec\u00adtion\u00adner des layettes pour quelque pau\u00advresse \u00e0 la veille d\u2019accoucher.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Et je me sens alors, ma ch\u00e8re, tr\u00e8s fi\u00e8re de pos\u00ads\u00e9\u00adder une \u00ab&nbsp;maman n belle, douce et cha\u00adri\u00adtable infi\u00adni\u00adment comme la \u00ab&nbsp;maman&nbsp;\u00bb de mon Jean-Jacques, dont je suis vrai\u00adment la&nbsp;s\u0153ur.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Mais ne suis-je rien que cela&nbsp;? Tu vas rire, ma tr\u00e8s ch\u00e8re, de toutes ces abra\u00adca\u00adda\u00adbrantes folies\u2026 Tant pis\u2026 Oui, je suis amou\u00adreuse de mon \u00ab&nbsp;Phi\u00adlo\u00adsophe&nbsp;\u00bb et, il n\u2019y a, pour le moment, que deux cr\u00e9a\u00adtures, dont, en tant que femme, j\u2019envie le sort&nbsp;: Th\u00e9\u00adr\u00e8se Levas\u00adseur et M<sup>me<\/sup>&nbsp;d\u2019Houdetot. Ah&nbsp;! je t\u2019assure bien que si j\u2019avais \u00e9t\u00e9 la pre\u00admi\u00e8re, j\u2019aurais su me faire aimer, aimer d\u2019amour, et je te jure qu\u2019il n\u2019y aurait pas eu pour la seconde la moindre petite place dans son&nbsp;c\u0153ur.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Et, si j\u2019avais \u00e9t\u00e9 celle-ci, oh&nbsp;! ce bon M.&nbsp;d\u2019Houdetot&nbsp;!\u2026 enfin, je ne vais pas plus loin, tu me com\u00adprends\u2026 Non, rien, vois-tu n\u2019aurait \u00e9ga\u00adl\u00e9 pour moi le bon\u00adheur de l\u2019aimer et de vaga\u00adbon\u00adder avec&nbsp;lui.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Il est un autre r\u00eave que je fais tou\u00adjours en le lisant&nbsp;: j\u2019aurais vou\u00adlu na\u00eetre et vivre pauvre, errant comme lui, et, \u00e0 d\u00e9faut de son g\u00e9nie, pos\u00ads\u00e9\u00adder son amour de l\u2019humanit\u00e9\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>Et voi\u00adci main\u00adte\u00adnant un court billet tout plein de cette pas\u00adsion pour Jean-Jacques, o\u00f9 se trouve expri\u00adm\u00e9 mieux encore peut-\u00eatre com\u00adbien durable et pro\u00adfonde fut sur son esprit et sur son \u00e2me, l\u2019influence du phi\u00adlo\u00adsophe, qui pas\u00adsa sa vie \u00e0 vagabonder&nbsp;:<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019essentiel de ta lettre, ma bonne Marie, c\u2019est que vous allez nous arri\u00adver&nbsp;; inutile de te dire que je compte les jours. Sais-tu le beau pro\u00adjet que je forme pour la fin du pro\u00adchain prin\u00adtemps. \u00c9coute-moi bien et pr\u00e9\u00adpare-toi d\u00e8s maintenant.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Nous refe\u00adrons, si tu le veux, le p\u00e8le\u00adri\u00adnage aux Char\u00admettes, que nous limes voi\u00adci deux ans. Mais cette fois, nous arri\u00adve\u00adrons jusqu\u2019\u00e0 Aix-les\u00adBains, o\u00f9 tu me dis que ton papa doit sous peu s\u00e9jour\u00adner lon\u00adgue\u00adment, par ordre de la Facul\u00adt\u00e9. Il sera donc facile de trou\u00adver une com\u00adbi\u00adnai\u00adson qui le ser\u00advi\u00adra et nous ser\u00advi\u00adra \u00e9galement.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Nous irons aus\u00adsi \u00e0 cette \u00eele Saint-Pierre et \u00e0 ce Val-de-Tra\u00advers, ou notre idole a v\u00e9cu des heures si tra\u00adgiques et dont je ne puis lire les des\u00adcrip\u00adtions sans me sen\u00adtir toute atten\u00addrie. Nous y retrou\u00adve\u00adrons, j\u2019en suis s\u00fbre, des \u00e9mo\u00adtions aus\u00adsi pro\u00adfondes que lorsque, voi\u00adci deux ans, nous visi\u00adtions p\u00e9des\u00adtre\u00adment tous les jolis coins du L\u00e9man, ce mer\u00adveilleux cadre si proche de nous, et dans lequel il a pla\u00adc\u00e9 les amours de Julie et de Saint-Preux.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Je br\u00fble de voir cette petite mai\u00adson de Mo\u00fb\u00adtiers, o\u00f9 il v\u00e9cut des heures ter\u00adribles, o\u00f9 de vilaines gens essay\u00e8rent de le lapi\u00adder, mais o\u00f9, en revanche, il eut le bon\u00adheur d\u2019\u00eatre pro\u00adt\u00e9\u00adg\u00e9 par Mylor Mar\u00e9\u00adchal, la plus belle figure des Confes\u00adsions et aus\u00adsi le plus noble, le plus tou\u00adchant de ses vrais&nbsp;amis.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Vite, vite donc, reve\u00adnez-nous, je lan\u00adguis, je lan\u00adguis de r\u00e9a\u00adli\u00adser ce beau pro\u00adjet \u00e0 un degr\u00e9 que tu ne peux imaginer.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Nous ver\u00adrons pro\u00adchai\u00adne\u00adment, par d\u2019autres lettres non moins sug\u00adges\u00adtives, com\u00adment cette pas\u00adsion pour Jean-Jacques se mua plus tard chez elle en un amour pro\u00adfond des vic\u00adtimes de l\u2019imp\u00e9rialisme colo\u00adnial, et plus enclore en ce besoin de sacri\u00adfice et d\u2019abn\u00e9gation qui devait la domi\u00adner toute enti\u00e8re, \u00e0 tra\u00advers sa courte vie errante (elle mou\u00adrut \u00e0 27 ans) et faire d\u2019elle la \u00ab&nbsp;Louise Michel&nbsp;\u00bb des Arabes et du Sahara.<\/p>\n<p>[\/\u200bP. <sc>Vign\u00e9 d\u2019Octon<\/sc>.\/\u200b]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme on a pu le voir par la lec\u00adture de mes pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00addentes \u00e9tudes sur S\u00e9bas\u00adtien Faure et Jack Lon\u00addon, ce n\u2019est point par un pur caprice de mon esprit en qu\u00eate de per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9s fortes et ori\u00adgi\u00adnales, que j\u2019ai rap\u00adpro\u00adch\u00e9 ici le grand \u00e9cri\u00advain anglo-saxon et l\u2019orateur anar\u00adchiste fran\u00ad\u00e7ais. Si je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 au-des\u00ad\u00adsous&nbsp;de&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[366],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-3081","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-revue-anarchiste-na7-juillet-1922"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3081","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3081"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3081\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3081"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3081"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3081"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3081"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}