{"id":3088,"date":"2011-09-05T07:29:09","date_gmt":"2011-09-05T07:29:09","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/09\/05\/revue-des-revues-17\/"},"modified":"2011-09-05T07:29:09","modified_gmt":"2011-09-05T07:29:09","slug":"revue-des-revues-17","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2011\/09\/05\/revue-des-revues-17\/","title":{"rendered":"Revue des Revues"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3088?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3088?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p><sc>Les Cahiers d\u2019Aujourd\u2019hui<\/sc> ont consa\u00adcr\u00e9 un superbe num\u00e9\u00adro sp\u00e9\u00adcial \u00e0 Octave Mir\u00adbeau. Excel\u00adlente id\u00e9e, r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e9e presque par\u00adfai\u00adte\u00adment. Un beau cahier, sur papier solide&nbsp;: presque un volume. Des col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adteurs tous int\u00e9\u00adres\u00adsants. Plu\u00adsieurs pho\u00adto\u00adgra\u00adphies du grand \u00e9cri\u00advain&nbsp;; un fac-simi\u00adl\u00e9 de manus\u00adcrit \u00ab&nbsp;<i>Aux sol\u00addats de tous les pays<\/i>&nbsp;\u00bb, publi\u00e9 jadis dans l\u2019unique num\u00e9\u00adro d\u2019une revue <i>La Rue<\/i>, consa\u00adcr\u00e9 \u00e0 la r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion russe de 1905. (Notons au pas\u00adsage que cette page seule, fon\u00adci\u00e8\u00adre\u00adment anti\u00admi\u00adli\u00adta\u00adriste, ruine la sotte pr\u00e9\u00adten\u00adtion de quelques jean-foutres vou\u00adlant nous per\u00adsua\u00adder que Mir\u00adbeau renia avant sa mort ce qu\u2019ils appe\u00adlaient <i>ses erreurs<\/i>. Ils purent s\u00e9ques\u00adtrer l\u2019\u00e9crivain, tru\u00adquer ses der\u00adniers moments, se d\u00e9me\u00adner inquiets et f\u00e9briles, voire m\u00eame, en beaux sali\u00adgauds qu\u2019ils \u00e9taient, pis\u00adser sur sa tombe encore entrou\u00adverte. Il n\u2019importe&nbsp;: nous reli\u00adrons, nous, <i>Aux sol\u00addats de tous les pays<\/i> ou telle page de la \u00ab&nbsp;628-E8&nbsp;\u00bb, du <i>Cal\u00advaire<\/i>, de <i>Din\u00adgo<\/i>, de l\u2019<i>Abb\u00e9 Jules<\/i> et nous sen\u00adti\u00adrons bien, mal\u00adgr\u00e9 tous les Her\u00adv\u00e9 et autres gen\u00adde\u00adlettres, com\u00adbien Mir\u00adbeau fut, de tout son c\u0153ur, des n\u00f4tres.)<\/p>\n<p>Rete\u00adnons le d\u00e9but de l\u2019article d\u2019Ernest Tis\u00adse\u00adrand qui nous le prouve encore&nbsp;: \u00ab&nbsp;<i>La guerre. Une popote. Une popote d\u2019\u00e9tapes. Abru\u00adti par trois mois de Somme et par le ter\u00adrible hiver de 1917, je me trouve selon le hasard des mou\u00adve\u00adments, \u00e0 la table d\u2019un com\u00adman\u00addant qui, dans le civil, pr\u00e9\u00adside un tri\u00adbu\u00adnal bien pari\u00adsien. Pr\u00e9\u00adci\u00ads\u00e9\u00adment, il ouvre les journaux.<\/i><\/p>\n<p>\u2014 Tiens, cette cra\u00adpule de Mir\u00adbeau\u2026 il est&nbsp;mort.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Et la fin de celui de Charles Vil\u00addrac nous rap\u00adpor\u00adtant quelques paroles de Mir\u00adbeau. \u00ab&nbsp;<i>Il nous prit \u00e0 l\u2019\u00e9cart, Werth et moi, et nous dit, en ma\u00ee\u00adtri\u00adsant mal sa ner\u00advo\u00adsi\u00adt\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis ennuy\u00e9&nbsp;! Voi\u00adl\u00e0 un gar\u00ad\u00e7on que j\u2019aime beau\u00adcoup\u200a\u2014\u200aet il d\u00e9si\u00adgnait son jar\u00addi\u00adnier\u200a\u2014\u200a; il est tr\u00e8s conscien\u00adcieux, intel\u00adli\u00adgent, amou\u00adreux de son m\u00e9tier&nbsp;; et de plus, il est tr\u00e8s sen\u00adsible. Ce matin, j\u2019ai eu un mou\u00adve\u00adment d\u2019impatience&nbsp;; je l\u2019ai rudoy\u00e9\u2026 J\u2019ai peur de lui avoir fait de la peine<\/i>.&nbsp;\u00bb Voi\u00adl\u00e0 qui montre mieux, beau\u00adcoup mieux que de longs com\u00admen\u00adtaires et de savantes ana\u00adlyses, l\u2019immense bon\u00adt\u00e9, l\u2019infinie g\u00e9n\u00e9\u00adro\u00adsi\u00adt\u00e9 de cette \u00ab&nbsp;<i>cra\u00adpule<\/i>&nbsp;\u00bb comme disait \u00e9l\u00e9\u00adgam\u00adment le com\u00adman\u00addant X\u2026 Lui qui envoyait au bagne, voire au poteau d\u2019ex\u00e9cution, des jeunes sol\u00addats par dizaines et par cen\u00adtaines n\u2019\u00e9tait pas une <i>cra\u00adpule<\/i>. Oh, non&nbsp;! Il doit m\u00eame avoir la L\u00e9gion d\u2019honneur, n\u2019est-ce pas. Tis\u00adse\u00adrand&nbsp;? Seule\u00adment, nous cher\u00adchons en vain par\u00admi la langue fran\u00ad\u00e7aise et m\u00eame la langue verte, des mots assez ven\u00adgeurs et cin\u00adglants pour qua\u00adli\u00adfier cette brute galon\u00adn\u00e9e, trop l\u00e2che m\u00eame pour m\u00e9ri\u00adter le nom de crapule.<\/p>\n<p>L\u00e9on Werth \u00e9tu\u00addie le pes\u00adsi\u00admisme de Mir\u00adbeau. \u00ab&nbsp;<i>Nul n\u2019\u00e9tait plus sen\u00adsible que lui au magn\u00e9\u00adtisme de l\u2019individu. Mais quel que fut l\u2019homme incon\u00adnu qu\u2019il voyait pour la pre\u00admi\u00e8re fois, il le parait d\u2019extraordinaires qua\u00adli\u00adt\u00e9s. Il atten\u00addait tout de lui\u2026 Contra\u00addic\u00adtion bien natu\u00adrelle&nbsp;: cette m\u00eame g\u00e9n\u00e9\u00adro\u00adsi\u00adt\u00e9 qui accor\u00addait tant dans l\u2019excitation du pre\u00admier contact refu\u00adsait tout d\u00e8s que s\u2019\u00e9tait r\u00e9v\u00e9\u00adl\u00e9e la bas\u00adsesse ou l\u2019inertie du per\u00adson\u00adnage. Mais qu\u2019il f\u00fbt \u00e0 nou\u00adveau en contact avec celui qui l\u2019avait d\u00e9\u00e7u, qu\u2019il avait pla\u00adc\u00e9 si haut et qui, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience, lui sem\u00adblait tom\u00adber de si haut, Mir\u00adbeau souf\u00adfrait de son propre juge\u00adment et n\u2019en accor\u00addait point la rigueur au sen\u00adti\u00adment qu\u2019il avait de toute pr\u00e9\u00adsence humaine. Voi\u00adl\u00e0 ce que les \u00e2mes basses ne peuvent com\u00adprendre, voi\u00adl\u00e0 pour\u00adquoi elles n\u2019ont vu en Mir\u00adbeau qu\u2019un homme violent, inco\u00adh\u00e9\u00adrent dans ses sym\u00adpa\u00adthies et ses haines\u2026<\/i><\/p>\n<p>Il pou\u00advait se r\u00e9fu\u00adgier dans les jar\u00addins et contem\u00adpler les fleurs. Mais il ne savait pas oublier les hommes. Tant qu\u2019il eut conscience, il les esp\u00e9\u00adra simples et bons et ne se r\u00e9si\u00adgna jamais \u00e0 accep\u00adter la moyenne com\u00adbi\u00adnai\u00adson, dos\u00e9e selon l\u2019usage social, des ver\u00adtus hypo\u00adcrites et des sadismes et huis-clos. C\u2019est dans cette non-accep\u00adta\u00adtion et dans l\u2019oscillation jamais dimi\u00adnu\u00e9e entre ce qu\u2019il esp\u00e9\u00adrait des hommes et sa d\u00e9cep\u00adtion qu\u2019est peut-\u00eatre la gran\u00addeur et et le tra\u00adgique de sa vie\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p><sc>Le N\u00e9o-Natu\u00adrien<\/sc> (Juillet-Ao\u00fbt) a cru bon de publier des <i>Apho\u00adrismes<\/i> d\u2019un phi\u00adlo\u00adsophe gene\u00advois et fumeux, nom\u00adm\u00e9 Camille Spiess. En voi\u00adci un \u00e9chan\u00adtillon&nbsp;: \u00ab&nbsp;<i>Le p\u00e9ch\u00e9, la coulpe sociale, la mons\u00adtruo\u00adsi\u00adt\u00e9 ini\u00adtiale de l\u2019impuret\u00e9 eth\u00adnique, est le mal roman\u00adtique<\/i> (qui est la dua\u00adli\u00adt\u00e9 hybride, psy\u00adcho-sen\u00adsuelle ou l\u2019antinomie psy\u00adcho\u00adphy\u00adsique) <i>de l\u2019\u00e2ne<\/i> (sic) <i>s\u00e9mi\u00adtique ou la bride de l\u2019animal domes\u00adtique et hybride, qui est tou\u00adjours li\u00e9 et souill\u00e9 par la tache sociale ou l\u2019attache pr\u00e9\u00adpu\u00adtiale du sang<\/i> (qui est le sang char\u00adnel, tem\u00adpo\u00adrel, rituel, cri\u00admi\u00adnel, du m\u00e9tis inhu\u00admain et chr\u00e9\u00adtien, qui est moi\u00adti\u00e9 homme et moi\u00adti\u00e9 femme ou ni l\u2019un ni l\u2019autre) <i>cru\u00adci\u00adfi\u00e9, croi\u00ads\u00e9, cou\u00adp\u00e9, san\u00adglant ou circoncis&nbsp;!!!<\/i><\/p>\n<p>Je m\u2019excuse aupr\u00e8s des cama\u00adrades qui n\u2019auront sans nul doute pas com\u00adpris plus que moi. Mais j\u2019ai vou\u00adlu leur mon\u00adtrer en quoi consis\u00adtait actuel\u00adle\u00adment le fin du fin de la phi\u00adlo\u00adso\u00adphie. Avec les po\u00e8mes dada\u00efstes (ou tata\u00efstes) dont le leur ai d\u00e9j\u00e0 sou\u00admis des exem\u00adplaires, voi\u00adl\u00e0 qui fait un joli ensemble. Et je ne puis que regret\u00adter que le cama\u00adrade Hen\u00adri Le F\u00e8vre, fai\u00adsant ordi\u00adnai\u00adre\u00adment preuve de plus de bon sens, se soit lais\u00ads\u00e9 attra\u00adper lui aus\u00adsi, par ces snobs en mal de r\u00e9clame.<\/p>\n<p>Com\u00adbien j\u2019aime mieux les simples et robustes <i>Consta\u00adta\u00adtions<\/i> de G\u00e9rard de Lacaze-Duthiers, en t\u00eate du m\u00eame num\u00e9\u00adro. Cela ne pos\u00ads\u00e8de aucune qua\u00adli\u00adt\u00e9 lit\u00adt\u00e9\u00adraire, me dira-t-on&nbsp;? Eh bien, alors, fl\u00fbte pour la litt\u00e9rature&nbsp;!<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p><sc>Luci\u00adfer<\/sc> qui publie son pre\u00admier num\u00e9\u00adro (1, rue de l\u2019Abbaye\u2011d\u2019Ainay, Lyon), donne sous la signa\u00adture de Dio\u00adg\u00e8ne des pro\u00adpos&nbsp;: <i>Eve, sans feuille<\/i>, assez rosses et amusants&nbsp;:<\/p>\n<p><i>L\u2019amour comme un ivrogne est obli\u00adg\u00e9 de mar\u00adcher pour res\u00adter debout&nbsp;; quand il s\u2019arr\u00eate, il&nbsp;tombe.<\/i><\/p>\n<p>Il faut devi\u00adner une femme&nbsp;: mais ne soyez pas trop pers\u00adpi\u00adcace, pour votre repos et dans votre int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Le c\u0153ur est une fleur dont les racines sont dans le ventre.<\/p>\n<p>Ce sont les vieilles jambes qui courent le plus vite aux rendez-vous.<\/p>\n<p>Les petites rup\u00adtures, en amour, ren\u00adforcent le&nbsp;c\u00e2ble.<\/p>\n<p>Une femme n\u2019est immo\u00adbile que&nbsp;morte.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a qu\u2019un homme pour une femme&nbsp;; mais ce n\u2019est pas tou\u00adjours le&nbsp;m\u00eame.<\/p>\n<p>Etc. Mais que mes gen\u00adtilles lec\u00adtrices se ras\u00adsurent je ne prends pas \u00e0 mon compte toutes les m\u00e9chan\u00adce\u00adt\u00e9s de Dio\u00adg\u00e8ne. Et m\u00eame je conviens volon\u00adtiers que toutes ces remarques s\u2019appliquent aus\u00adsi bien aux hommes, dont je&nbsp;suis.<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p><sc>La Revue de l\u2019\u00c9poque<\/sc> (juillet), publie de fort beaux po\u00e8mes de Tris\u00adtan R\u00e9my. Voi\u00adl\u00e0 de la lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture moderne, telle que je l\u2019aime. Des images neuves, des recherches ryth\u00admiques, mais tou\u00adjours des choses claires, que je puis com\u00adprendre. Et non pas le nou\u00adveau pour l\u2019amour du nou\u00adveau, m\u00eame quand il est tota\u00adle\u00adment incom\u00adpr\u00e9\u00adhen\u00adsible (vous ver\u00adrez que l\u2019un de ces jours quelque sur-dada\u00efste inven\u00adte\u00adra quelque moyen de man\u00adger par les oreilles, ou par les yeux, pour ne pas faire comme tout le&nbsp;monde.)<\/p>\n<p>Mais reve\u00adnons au point de d\u00e9part. Tris\u00adtan R\u00e9my est un po\u00e8te, un po\u00e8te moderne. Voi\u00adci le com\u00admen\u00adce\u00adment de la pi\u00e8ce inti\u00adtu\u00adl\u00e9e&nbsp;: <i>Ennui<\/i>.<\/p>\n<poesie>Il fait&nbsp;froid&nbsp;:<br>\nles autos gre\u00adlottent en cou\u00adrant sous la&nbsp;pluie<br>\net les arbres \u00e9bou\u00adriffent leurs quatre plumes<br>\net font la&nbsp;poule<br>\nendor\u00admis sur une&nbsp;patte.\n<p>Devant la porte, \u00e0 l\u2019asile de&nbsp;nuit,<br>\nle pauvre diable de bec de gaz n\u2019a pu entrer.<br>\nDebout, il sommeille.<br>\nen regar\u00addant ses pieds qui marinent \u00e0 l\u2019eau<br>\n\tdouce<br>\net les \u00e9toiles tomb\u00e9es,<br>\ncomme&nbsp;lui,<br>\ndans le ruisseau.<\/p><\/poesie>\n\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p><sc>Clar\u00adt\u00e9<\/sc> a consa\u00adcr\u00e9 un cahier cahier (2 ao\u00fbt) \u00e0 l\u2019<i>Oubli de la guerre<\/i>. Il com\u00adprend notam\u00adment un beau conte de Bar\u00adbusse&nbsp;: <i>La chan\u00adson du sol\u00addat<\/i>, des pages gouailleuses et ven\u00adge\u00adresses de Jean Gal\u00adtier-Bois\u00adsi\u00e8re&nbsp;: <i>Les h\u00e9ros, L\u2019adjudant Le Poiss<\/i>.<\/p>\n<p>Il y a aus\u00adsi des notes poi\u00adgnantes&nbsp;: <i>Artois 1915<\/i>, de Ray\u00admond Lefebvre, ter\u00admi\u00adn\u00e9es par ce cri de r\u00e9volte&nbsp;: <i>Je suis fier d\u2019\u00eatre Fran\u00ad\u00e7ais, rien que pour pou\u00advoir dire, en pen\u00adsant \u00e0 tout cela, ce mot intra\u00addui\u00adsible en toute autre langue du monde, et qui exprime tous les sen\u00adti\u00adments sur ces choses MERDE&nbsp;!<\/i><\/p>\n<p>M\u00eame consta\u00adta\u00adtion\u200a\u2014\u200aou presque\u200a\u2014\u200asous la plume de Ren\u00e9 Arcos qui finit une page inti\u00adtu\u00adl\u00e9e l\u2019<i>Oubli<\/i> par ces lignes d\u00e9sa\u00adbu\u00ads\u00e9es&nbsp;: (Un homme, un anti\u00admi\u00adli\u00adta\u00adriste, est par\u00adti \u00e0 la guerre, mal\u00adgr\u00e9 ses ser\u00adments. Il est tu\u00e9. Sa femme le pleure, puis l\u2019oublie.)<\/p>\n<p><i>\u00ab&nbsp;Puis vint le tour de Jean\u00adnot&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;J\u2019en fais le ser\u00adment, celui-l\u00e0 n\u2019ira pas&nbsp;!&nbsp;\u00bb avait dit son p\u00e8re. Bah&nbsp;! Pour com\u00adbien d\u2019autres la-t-on dit&nbsp;? Il y a les affaires, la situa\u00adtion acquise, les gens du quar\u00adtier, ceux par\u00admi les amis qui ne com\u00adpren\u00addraient pas, maints sou\u00adcis en pers\u00adpec\u00adtive. Qu\u2019il parte&nbsp;! \u00c7a arran\u00adge\u00adra tout. Le gosse fait son sac. La caserne peut comp\u00adter sur lui. Jean\u00adnot est par\u00adti, comme son p\u00e8re, comme moi, comme nous tous. Jean-foutres que nous sommes. Il est venu en per\u00admis\u00adsion avec une belle ch\u00e9\u00adchia et sa m\u00e8re \u00e9tait bien heu\u00adreuse d\u2019avoir au bras un tel lapin. Avant qu\u2019il ne reparte, son beau-p\u00e8re, qui est un brave homme, l\u2019a emme\u00adn\u00e9 avec des copains \u00e0 je ne sais plus quelle f\u00eate grouillante de quar\u00adtier, et ils sont mon\u00adt\u00e9s sur un man\u00e8ge, et ils se sont entas\u00ads\u00e9s dans un \u00e9norme vase de nuit\u200a\u2014\u200aque c\u2019\u00e9tait dr\u00f4le&nbsp;!\u200a\u2014\u200aqui tour\u00adnait, qui tour\u00adnait aux cris furieux d\u2019un orgue \u00e9pileptique.<\/i><\/p>\n<p>Et plein la chaus\u00ads\u00e9e, L\u2019humanit\u00e9 spec\u00adta\u00adtrice se bidon\u00adnait de les voir faire les fous dans leur grand pot de chambre.<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 rele\u00adv\u00e9 avec \u00e9ton\u00adne\u00adment cer\u00adtains pas\u00adsages des <sc>Libres Pro\u00adpos<\/sc> (3, rue de Gre\u00adnelle, Paris). C\u2019est avec plai\u00adsir que j\u2019\u00e9pingle aujourd\u2019hui les lignes sui\u00advantes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<i>Je veux bien consi\u00add\u00e9\u00adrer cette sorte de frise \u00e0 l\u2019antique, que l\u2019\u00e9loquence a d\u00e9j\u00e0 plu\u00adsieurs fois des\u00adsi\u00adn\u00e9e. Vaillant et de Mun, tous deux v\u00e9n\u00e9\u00adrables par l\u2019\u00e2ge et par la fid\u00e9\u00adli\u00adt\u00e9 \u00e0 soi, s\u2019avancent l\u2019un vers l\u2019autre et s\u2019embrassent. Certes, cela est imm\u00e9\u00addia\u00adte\u00adment beau&nbsp;; mais par r\u00e9flexion je ne puis m\u00e9con\u00adna\u00eetre que l\u2019un des deux sacri\u00adfie plus que l\u2019autre. Car le noble r\u00e9a\u00adlise ici ses esp\u00e9\u00adrances et re\u00e7oit le ser\u00adment du pro\u00adl\u00e9\u00adtaire, mais le pro\u00adl\u00e9\u00adtaire ne re\u00e7oit aucun ser\u00adment. Ce qui est ni\u00e9, en ce sacri\u00adfice, c\u2019est tout ce que le pro\u00adl\u00e9\u00adtaire affir\u00admait de tout son vou\u00adloir depuis qu\u2019il affir\u00admait quelque chose, c\u2019est-\u00e0-dire jus\u00adtice, \u00e9ga\u00adli\u00adt\u00e9, paix, fra\u00adter\u00adni\u00adt\u00e9 entre les hommes. Ce qui est affir\u00adm\u00e9 au contraire, c\u2019est ce que l\u2019officier de cui\u00adras\u00adsiers affir\u00admait de tout son vou\u00adloir depuis qu\u2019il affir\u00admait quelque chose, c\u2019est-\u00e0-dire pou\u00advoir fort, ill\u00e9\u00adga\u00adli\u00adt\u00e9, guerre. L\u2019un aban\u00addonne tout, et l\u2019autre prend tout. L\u2019un se pose et l\u2019autre s\u2019immole. L\u2019un arrive au moment esp\u00e9\u00adr\u00e9. Vautre au moment redou\u00adt\u00e9<\/i>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Certes, cela ne casse rien&nbsp;: je le pense comme toi, ami lec\u00adteur. Le spec\u00adtacle ne fut pas beau mais dou\u00adlou\u00adreu\u00adse\u00adment triste. Et j\u2019incline, comme G\u00e9nold, \u00e0 qua\u00adli\u00adfier Vaillant \u00ab&nbsp;<i>vieux ca\u00ef\u00adman social-patriote<\/i>&nbsp;\u00bb plu\u00adt\u00f4t que res\u00adpec\u00adtable. Mais il n\u2019emp\u00eache que ceci, sous une expres\u00adsion pon\u00add\u00e9\u00adr\u00e9e, mod\u00e9\u00adr\u00e9e, dit exac\u00adte\u00adment ce que nous pen\u00adsons. Cer\u00adtaines per\u00adsonnes n\u2019aiment pas \u00eatre bous\u00adcu\u00adl\u00e9es&nbsp;: f\u00e9li\u00adci\u00adtons l\u2019auteur des <i>Libres Pro\u00adpos<\/i> qui cherche \u00e0 les convaincre \u00e0 sa mani\u00e8re, dou\u00adce\u00adment, par le pur raisonnement.<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>Albin \u00e9crit et \u00e9dite lui-m\u00eame des <sc>Cro\u00adquis Brefs<\/sc> (chez l\u2019auteur, 4, rue Chau\u00admais, Lyon, 2 fr. la s\u00e9rie de 10). Sont d\u00e9j\u00e0 parus&nbsp;: Rabin\u00addra\u00adnath Tagore, Manuel Deval\u00add\u00e8s, Hen\u00adri Zis\u00adly, Pierre Char\u00addon. Id\u00e9e int\u00e9\u00adres\u00adsante mais ex\u00e9\u00adcu\u00adt\u00e9e, il me semble, d\u2019une fa\u00e7on un peu \u00e9tri\u00adqu\u00e9e. Trois petites pages, c\u2019est bien peu pour \u00e9tu\u00addier la vie et l\u2019\u0153uvre de Tagore. Il est vrai que pour d\u2019autres, c\u2019est assez. Et ceci m\u2019am\u00e8ne \u00e0 regret\u00adter aus\u00adsi le choix, le voi\u00adsi\u00adnage de noms un peu trop dis\u00adpa\u00adrates, le rap\u00adpro\u00adche\u00adment d\u2019individus de tailles vrai\u00adment trop in\u00e9gales.<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p><sc>Les Humbles<\/sc> r\u00e9unissent sous le titre <i>Lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture et Pognon<\/i> des extraits d\u2019articles de Tol\u00adsto\u00ef, Romain Rol\u00adland, Han Ryner, Andr\u00e9 Colo\u00admer, etc. (un franc, \u00e0 la <i>Librai\u00adrie Sociale<\/i>). On y com\u00adbat le prin\u00adcipe de la lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture ali\u00admen\u00adtaire, envi\u00adsa\u00adg\u00e9e comme un moyen d\u2019existence. On y pr\u00f4ne une lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture-dis\u00adtrac\u00adtion (n\u2019est-ce pas cama\u00adrades de l\u2019<i>Outil et la Plume<\/i>&nbsp;?) Lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture faite libre\u00adment, en dehors de toute pr\u00e9\u00adoc\u00adcu\u00adpa\u00adtion mon\u00e9\u00adtaire, par cela m\u00eame mer\u00adveilleu\u00adse\u00adment ind\u00e9\u00adpen\u00addante, vrai\u00adment pure et riche de s\u00e8ve vigou\u00adreuse. Cela plai\u00adra certes fort peu aux lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adteurs pro\u00adfes\u00adsion\u00adnels. Mais cela m\u2019importe fort&nbsp;peu.<\/p>\n<p>En guise de pr\u00e9\u00adface, j\u2019ai fait pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00adder ces pages d\u2019une <i>Lettre ouverte \u00e0 Mar\u00adcel Sau\u00advage<\/i>, au sujet de sa col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adtion \u00e0 l\u2019<i>His\u00adtoire de la guerre par les \u00c9cri\u00advains com\u00adbat\u00adtants<\/i> dont nous avons d\u00e9j\u00e0 par\u00adl\u00e9 ici-m\u00eame.<\/p>\n<p>[\/\u200bMaurice <sc>Wul\u00adlens<\/sc>.\/\u200b]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Cahiers d\u2019Aujourd\u2019hui ont consa\u00adcr\u00e9 un superbe num\u00e9\u00adro sp\u00e9\u00adcial \u00e0 Octave Mir\u00adbeau. Excel\u00adlente id\u00e9e, r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e9e presque par\u00adfai\u00adte\u00adment. Un beau cahier, sur papier solide&nbsp;: presque un volume. Des col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adteurs tous int\u00e9\u00adres\u00adsants. Plu\u00adsieurs pho\u00adto\u00adgra\u00adphies du grand \u00e9cri\u00advain&nbsp;; un fac-simi\u00ad\u00adl\u00e9 de manus\u00adcrit \u00ab&nbsp;Aux sol\u00addats de tous les pays&nbsp;\u00bb, publi\u00e9 jadis dans l\u2019unique num\u00e9\u00adro d\u2019une revue La Rue, consacr\u00e9&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[367],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-3088","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-revue-anarchiste-na8-aout-1922"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3088","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3088"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3088\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3088"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3088"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3088"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3088"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}