{"id":3295,"date":"2012-09-23T04:48:40","date_gmt":"2012-09-23T04:48:40","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2012\/09\/23\/au-gre-des-jours\/"},"modified":"2012-09-23T04:48:40","modified_gmt":"2012-09-23T04:48:40","slug":"au-gre-des-jours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2012\/09\/23\/au-gre-des-jours\/","title":{"rendered":"Au gr\u00e9 des&nbsp;jours"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3295?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3295?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><h2>I<\/h2>\n<p>Je suis tou\u00adjours \u00e9ton\u00adn\u00e9 de la peine que prennent les croyants pour essayer de jus\u00adti\u00adfier leur foi dans l\u2019his\u00adto\u00adri\u00adci\u00adt\u00e9 des faits reli\u00adgieux. La foi est chose ind\u00e9\u00admon\u00adtrable, a dit quelque part Saint Paul. On a la foi ou on ne l\u2019a pas. C\u2019est une ques\u00adtion de sen\u00adti\u00adment, autre\u00adment dit de sen\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9. La foi est absur\u00addi\u00adt\u00e9, ind\u00e9\u00admon\u00adtra\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9, aban\u00addon du rai\u00adson\u00adne\u00adment, affir\u00adma\u00adtion sans preuve, ou elle n\u2019est rien. Je ne donne pas grand\u2019\u00adchose du croyant qui veut rai\u00adson\u00adner, docu\u00admen\u00adter sa foi, l\u2019\u00e9\u00adtayer sur des argu\u00adments \u00e0 allure scien\u00adti\u00adfique. Dans l\u2019in\u00adcons\u00adcient de sa pen\u00ads\u00e9e, le ver ron\u00adgeur est ins\u00adtal\u00adl\u00e9, il doute en son for intime&nbsp;: sans cela, il ne s\u2019ef\u00adfor\u00adce\u00adrait pas d\u2019ex\u00adpli\u00adquer sa foi. Les mar\u00adtyrs, eux, n\u2019ont jamais ten\u00adt\u00e9 de rai\u00adson\u00adner leur foi&nbsp;: ils mou\u00adraient, les yeux emplis de visions exta\u00adtiques. Ils croyaient, eux.<\/p>\n<p>Une femme de ma connais\u00adsance me disait un jour&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un de mes amis est fol\u00adle\u00adment \u00e9pris de moi&nbsp;; or, je sais par\u00adfai\u00adte\u00adment que ma volon\u00adt\u00e9 n\u2019y est pour rien&nbsp;\u00bb. J\u2019ai r\u00e9pon\u00addu&nbsp;: \u00ab&nbsp;Madame, ni vous, ni lui, ni moi, nous ne savons ce qui s\u2019est r\u00e9el\u00adle\u00adment pas\u00ads\u00e9 en votre inconscient&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>D\u2019a\u00adpr\u00e8s une sta\u00adtis\u00adtique \u00e9ta\u00adblie en Am\u00e9\u00adrique\u200a\u2014\u200acomme il convient\u200a\u2014\u200ale nombre des pas\u00adsants arr\u00ea\u00adt\u00e9s par une affiche lumi\u00adneuse est de 3,64&nbsp;%. Quand l\u2019\u00e9\u00adclai\u00adrage est consti\u00adtu\u00e9 par de la lumi\u00e8re colo\u00adr\u00e9e, il est de 10,4&nbsp;%&nbsp;; il monte \u00e0 11,94&nbsp;% avec un \u00e9clai\u00adrage de cou\u00adleurs chan\u00adgeantes. Ain\u00adsi, ce n\u2019est pas l\u2019ex\u00adcel\u00adlence ni la qua\u00adli\u00adt\u00e9 du pro\u00adduit qui retient l\u2019at\u00adten\u00adtion du pas\u00adsant, c\u2019est l\u2019as\u00adpect de la publi\u00adci\u00adt\u00e9. Toute l\u2019hu\u00adma\u00adni\u00adt\u00e9 est l\u00e0, ser\u00advante de la forme, indif\u00adf\u00e9\u00adrente au&nbsp;fond.<\/p>\n<p>Je suis las et d\u00e9go\u00fb\u00adt\u00e9 jus\u00adqu\u2019\u00e0 la nau\u00ads\u00e9e des gens qui parlent de faire le bon\u00adheur du monde entier, qui tracent des plans de soci\u00e9\u00adt\u00e9s futures miri\u00adfiques, mais qui sont inca\u00adpables de rendre heu\u00adreux leurs amis imm\u00e9\u00addiats. J\u2019ai tou\u00adjours dans l\u2019i\u00add\u00e9e, chaque fois que je me trouve en pr\u00e9\u00adsence de pareils cas, qu\u2019il s\u2019a\u00adgit de pitoyables vel\u00adl\u00e9i\u00adtaires, mas\u00adquant leur manque d\u2019\u00e9ner\u00adgie et de bonne foi der\u00adri\u00e8re une g\u00e9n\u00e9\u00adro\u00adsi\u00adt\u00e9 c\u00e9r\u00e9\u00adbrale qui ne leur co\u00fbte rien. Que ne se taisent-ils&nbsp;? On ne devrait s\u2019oc\u00adcu\u00adper de pro\u00adpa\u00adgande que lorsque dans le petit milieu qu\u2019on s\u2019est cr\u00e9\u00e9, on a r\u00e9us\u00adsi \u00e0 pas\u00adser de la th\u00e9o\u00adrie \u00e0 la pratique.<\/p>\n<p>Je com\u00adprends fort bien qu\u2019on ne puisse pas r\u00e9a\u00adli\u00adser toutes ses aspi\u00adra\u00adtions dans le milieu social. Je com\u00adprends les obs\u00adtacles qui se dressent devant nous et que notre impuis\u00adsance est inapte \u00e0 sur\u00admon\u00adter. Mais dans le petit milieu que nous nous sommes b\u00e2tis, dont nous avons choi\u00adsi les consti\u00adtuants, que nous recu\u00adlions devant l\u2019ef\u00adfort n\u00e9ces\u00adsaire pour mettre d\u2019ac\u00adcord pen\u00ads\u00e9e et action\u200a\u2014\u200avoi\u00adl\u00e0 qui d\u00e9passe mon enten\u00adde\u00adment&nbsp;! Ou alors res\u00adtons soli\u00adtaires et repli\u00e9s sur nous-m\u00eames, sans amis ni cama\u00adrades intimes.<\/p>\n<p>Il fut un temps o\u00f9, dans cer\u00adtains \u00ab&nbsp;groupes&nbsp;\u00bb, on ne tol\u00e9\u00adrait pas les cama\u00adrades dont les com\u00adpagnes \u00e9taient indif\u00adf\u00e9\u00adrentes \u00e0 la pro\u00adpa\u00adgande. Le pr\u00e9\u00adtexte invo\u00adqu\u00e9 \u00e9tait qu\u2019a\u00advant de faire l\u2019\u00e9\u00addu\u00adca\u00adtion d\u2019au\u00adtrui, il fal\u00adlait com\u00admen\u00adcer par sa propre mai\u00adson. De m\u00eame, on peut conce\u00advoir l\u2019exis\u00adtence de \u00ab&nbsp;milieux&nbsp;\u00bb o\u00f9 l\u2019on n\u2019ac\u00adcep\u00adte\u00adrait pas de cama\u00adrades dont les com\u00adpagnes sont cr\u00e9a\u00adtrices de souf\u00adfrance&nbsp;?\u200a\u2014\u200aPour\u00adrait-on me repro\u00adcher de ne rien vou\u00adloir avoir de com\u00admun avec un cama\u00adrade dont la com\u00adpagne m\u2019a \u00e9t\u00e9 une source de dou\u00adleur et de larmes, donc a agi \u00e0 mon \u00e9gard en non-cama\u00adrade&nbsp;? Pour\u00adrait-on trou\u00adver \u00e9ton\u00adnant que je me demande pour\u00adquoi il <i>la pr\u00e9\u00adf\u00e8re<\/i> \u00e0 moi\u200a\u2014\u200a\u00e0 moi dont tous tes efforts tendent \u00e0 ban\u00adnir la souf\u00adfrance des rela\u00adtions entre camarades&nbsp;?<\/p>\n<p>Construc\u00adtion de l\u2019es\u00adprit. Pour aujourd\u2019\u00adhui, mais r\u00e9a\u00adli\u00adsable demain. Que m\u2019im\u00adporte qu\u2019une construc\u00adtion de l\u2019es\u00adprit soit irr\u00e9a\u00adli\u00adsable pour le reste du genre humain, si \u00e0 eux, trois, quatre, elle devient r\u00e9a\u00adli\u00adsa\u00adtion pour&nbsp;nous.<\/p>\n<p>[\/\u200b6 jan\u00advier&nbsp;1940.\/]<\/p>\n<h2>II<\/h2>\n<p>Fau\u00addra-t-il admettre comme d\u00e9fi\u00adni\u00adtif que dans un milieu o\u00f9 on ne se base que sur la loi non-\u00e9crite pour r\u00e9gler les rela\u00adtions mutuelles, un des com\u00adpo\u00adsants puisse \u00eatre l\u00e9s\u00e9 sans obte\u00adnir de r\u00e9pa\u00adra\u00adtion ou de com\u00adpen\u00adsa\u00adtion pour le tort qui lui a \u00e9t\u00e9 cau\u00ads\u00e9&nbsp;? Et sans que per\u00adsonne de ceux qu\u2019\u00e0 bon droit il consi\u00add\u00e9\u00adrait comme ses amis n\u2019ose ou ne veuille se ran\u00adger fran\u00adche\u00adment de son c\u00f4t\u00e9\u200a\u2014\u200aou rompre, quoi\u00adqu\u2019il doive lui en co\u00fb\u00adter, avec celui qui l\u2019a l\u00e9s\u00e9\u200a\u2014\u200aou prendre sans ambages ses res\u00adpon\u00adsa\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9s, s\u2019il en encourt, pour rem\u00e9\u00addier au tort&nbsp;fait.<\/p>\n<p>Puis\u00adqu\u2019on fait tort ou dom\u00admage impu\u00adn\u00e9\u00adment \u00e0 un ami sans que cela sou\u00adl\u00e8ve en nous une r\u00e9pro\u00adba\u00adtion v\u00e9ri\u00adtable ou une indi\u00adgna\u00adtion sin\u00adc\u00e8re, com\u00adment pour\u00adrait-on, sans se moquer de ceux qui nous \u00e9coutent, par\u00adler de la dis\u00adpa\u00adri\u00adtion des guerres&nbsp;? Les soci\u00e9\u00adt\u00e9s humaines ne sont, en r\u00e9su\u00adm\u00e9, que le pro\u00adduit des cel\u00adlules indi\u00advi\u00adduelles dont l\u2019ad\u00addi\u00adtion les com\u00adpose, refl\u00e9\u00adtant <i>in gros\u00adso<\/i> la men\u00adta\u00adli\u00adt\u00e9, le tem\u00adp\u00e9\u00adra\u00adment, le carac\u00adt\u00e8re, la culture, etc., des-dites cel\u00adlules, consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9es dans la moyenne (c\u2019est pour cela qu\u2019en g\u00e9n\u00e9\u00adral ces soci\u00e9\u00adt\u00e9s ont les gou\u00adver\u00adne\u00adments qu\u2019elles m\u00e9ritent, selon l\u2019a\u00addage bien connu). <sc>La paix<\/sc> ne se r\u00e9a\u00adli\u00adse\u00adra, n\u2019exis\u00adte\u00adra, mon\u00addia\u00adle\u00adment par\u00adlant, que le jour o\u00f9, dans n\u2019im\u00adporte quelle col\u00adlec\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9, le tort cau\u00ads\u00e9 \u00e0 l\u2019un quel\u00adconque de ses com\u00adpo\u00adsants sou\u00adl\u00e8\u00adve\u00adra la r\u00e9pro\u00adba\u00adtion et l\u2019in\u00addi\u00adgna\u00adtion d\u2019une telle quan\u00adti\u00adt\u00e9 d\u2019in\u00addi\u00advi\u00addus que l\u2019a\u00adgres\u00adseur ou l\u2019empi\u00e9teur ver\u00adra son exis\u00adtence m\u00eame mise en dan\u00adger. Des que du domaine de l\u2019u\u00adto\u00adpie cette concep\u00adtion pas\u00adse\u00adra sur le ter\u00adrain des r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9s, on pr\u00e9\u00adf\u00e9\u00adre\u00adra plus uti\u00adle\u00adment l\u2019en\u00adtente \u00e0 la lutte, la paix la guerre. Mais, de gr\u00e2ce, ne par\u00adlons pas de paie uni\u00adver\u00adselle, si entre nous, petits grou\u00adpe\u00adments ou familles d\u2019\u00e9\u00adlec\u00adtion, nous ne pou\u00advons redres\u00adser les torts ou \u00e9vi\u00adter les pr\u00e9judices.<\/p>\n<p>[\/\u200b17 jan\u00advier&nbsp;1942.\/]<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, je suis plu\u00adra\u00adliste, en ami\u00adti\u00e9 comme dans les autres com\u00adpar\u00adti\u00adments o\u00f9 le sen\u00adti\u00adment s\u2019af\u00adfirme. Mais je renie\u00adrais mon \u00ab&nbsp;plu\u00adra\u00adlisme&nbsp;\u00bb s\u2019il fal\u00adlait qu\u2019il s\u2019exerce aux d\u00e9pens ou au d\u00e9tri\u00adment de qui que ce soit, cr\u00e9e de la dou\u00adleur chez qui\u00adconque de mes amis. Si pra\u00adti\u00adquer un plu\u00adra\u00adlisme plus vaste que l\u2019ac\u00adtuel m\u2019ex\u00adpo\u00adsait \u00e0 me mettre en froid avec un ami \u00e9prou\u00adv\u00e9 ou \u00e0 le perdre, soit parce qu\u2019il en souf\u00adfri\u00adrait, soit parce que je le pla\u00adce\u00adrais en face d\u2019un fait accom\u00adpli, je crois me conna\u00eetre assez pour pr\u00e9\u00advoir que je renon\u00adce\u00adrais sans mur\u00admu\u00adrer \u00e0 cette exten\u00adsion de mon plu\u00adra\u00adlisme. Car il n\u2019y a pas de d\u00e9fi\u00adcit com\u00adpa\u00adrable \u00e0 l\u2019\u00e9\u00adloi\u00adgne\u00adment ou \u00e0 la perte d\u2019un ami cer\u00adtain, sin\u00adc\u00e8re, \u00e9prouv\u00e9.<\/p>\n<p>Rien au monde ne porte davan\u00adtage tort \u00e0 l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 que la dis\u00adsi\u00admu\u00adla\u00adtion ou les cachot\u00adte\u00adries, m\u00eame dans les actions qui \u00e0 pre\u00admi\u00e8re vue, semblent insi\u00adgni\u00adfiantes. Si la confiance n\u2019y joue pas le pre\u00admier r\u00f4le, il n\u2019est pas d\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 conce\u00advable\u200a\u2014\u200aje parle bien enten\u00addu de l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00e0 la vie, \u00e0 la mort&nbsp;\u00bb et non de cette fr\u00e9\u00adquen\u00adta\u00adtion aux mailles plus ou moins l\u00e2ches que de nos jours on d\u00e9nomme ami\u00adti\u00e9, je ne sais trop pour\u00adquoi. Il est des \u00eatres qui ne con\u00e7oivent pas qu\u2019il puisse exis\u00adter de secret entre amis. Qu\u2019ils aient le moindre soup\u00ad\u00e7on qu\u2019on se m\u00e9fie d\u2019eux, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on leur cache cer\u00adtain geste, cer\u00adtain acte, cer\u00adtaine inten\u00adtion, et voi\u00adl\u00e0 qu\u2019ils s\u2019i\u00adma\u00adginent \u00eatre consi\u00add\u00e9\u00adr\u00e9s comme indignes de telle ou telle confi\u00addence. Les voi\u00adl\u00e0 tour\u00admen\u00adt\u00e9s, frois\u00ads\u00e9s, en proie en doute et \u00e0 la sus\u00adpi\u00adcion. M\u00eame s\u2019ils gardent le silence, leurs jours en sont empoi\u00adson\u00adn\u00e9s. N\u2019au\u00adrait-il pas mieux valu, avant de contrac\u00adter ami\u00adti\u00e9, s\u2019en\u00adtendre sur ce point d\u00e9li\u00adcat&nbsp;? Pour\u00adquoi cr\u00e9er de la souf\u00adfrance quand il \u00e9tait si facile de l\u2019\u00e9\u00advi\u00adter et s\u2019ex\u00adpo\u00adser inuti\u00adle\u00adment \u00e0 subir un contre-coup impr\u00e9\u00advi\u00adsible quant \u00e0 ses cons\u00e9quences&nbsp;?<\/p>\n<p>[\/\u200b23 juillet 1942.\/]<\/p>\n<p>On est par\u00adfois stu\u00adp\u00e9\u00adfait en r\u00e9fl\u00e9\u00adchis\u00adsant \u00e0 l\u2019in\u00add\u00e9\u00adli\u00adca\u00adtesse morale ou sen\u00adti\u00admen\u00adtale en usage dans trop de milieux ou chez trop de per\u00adsonnes qui se pr\u00e9\u00adtendent \u00ab&nbsp;en marge&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;en dehors&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;uniques&nbsp;\u00bb, non-confor\u00admistes ou autre chose en \u00ab&nbsp;iste&nbsp;\u00bb. Ces milieux ou ces gens passent une grande par\u00adtie de leur pi\u00e8tre exis\u00adtence \u00e0 cri\u00adti\u00adquer le milieu social, dans son corps ou dans ses com\u00adpo\u00adsants, \u00e0 se plaindre des mis\u00e8res qu\u2019il engendre, des injus\u00adtices qu\u2019il tol\u00e8re, des ini\u00adqui\u00adt\u00e9s qu\u2019il per\u00adp\u00e8tre, des atro\u00adci\u00adt\u00e9s qu\u2019il couvre de son silence, \u2015 et ce sont les pre\u00admiers par d\u00e9faut de tact, par manque de r\u00e9flexion quant \u00e0 la por\u00adt\u00e9e de cer\u00adtains des termes qu\u2019ils emploient, des gestes qu\u2019ils accom\u00adplissent, ou de cer\u00adtaines des atti\u00adtudes qu\u2019ils adoptent, \u00e0 d\u00e9clen\u00adcher chez ceux qui les fr\u00e9\u00adquentent une mis\u00e8re morale ou sen\u00adti\u00admen\u00adtale pire que la plus cruelle des d\u00e9tresses phy\u00adsiques. Il y a des mots qui blessent, des gestes qui offensent, des atti\u00adtudes qui peinent. Chez les per\u00adsonnes dont l\u2019\u00e9\u00addu\u00adca\u00adtion est fon\u00adci\u00e8re et non contre-pla\u00adqu\u00e9e, on ren\u00adcontre jus\u00adte\u00adment cette d\u00e9li\u00adca\u00adtesse de pro\u00adc\u00e9\u00add\u00e9s qui pr\u00e9\u00adf\u00e8re s\u2019abs\u00adte\u00adnir de cer\u00adtaines paroles, renon\u00adcer \u00e0 cer\u00adtaines actions, voire \u00e0 cer\u00adtaines fr\u00e9\u00adquen\u00adta\u00adtions, parce qu\u2019elles risquent de pro\u00advo\u00adquer, voire de cr\u00e9er, du mal\u00aden\u00adten\u00addu, du regret, de l\u2019a\u00admer\u00adtume, du cha\u00adgrin, ou encore de r\u00e9veiller un sou\u00adve\u00adnir dou\u00adlou\u00adreux non encore aboli.<\/p>\n<p>Je me demande si ce n\u2019est pas la pos\u00adses\u00adsion de ce tact, de cette d\u00e9li\u00adca\u00adtesse morale ou sen\u00adti\u00admen\u00adtale qui carac\u00adt\u00e9\u00adri\u00adse\u00adrait ce qu\u2019on pour\u00adrait d\u00e9nom\u00admer \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9\u00adlite&nbsp;\u00bb. Et on com\u00adprend alors que cette \u00e9lite-l\u00e0 m\u00e9prise la tourbe de ceux qui font fi de ce tact, de cette d\u00e9li\u00adca\u00adtesse, main\u00adtienne ses dis\u00adtances vis-\u00e0-vis d\u2019elle.<\/p>\n<p>[\/\u200b28 juillet 1942.\/]<\/p>\n<h2>III<\/h2>\n<p>Si je consi\u00add\u00e9\u00adrais la soli\u00adtude du c\u0153ur comme un \u00e9tat nor\u00admal, comme une mani\u00adfes\u00adta\u00adtion de bonne san\u00adt\u00e9 morale, j\u2019\u00e9\u00advi\u00adte\u00adrais toute ami\u00adti\u00e9, je repous\u00adse\u00adrais toute affec\u00adtion, je demeu\u00adre\u00adrais fer\u00adm\u00e9 \u00e0 tout appel d\u2019a\u00admour, ne vou\u00adlant \u00eatre ni un cr\u00e9a\u00adteur de d\u00e9cep\u00adtions, ni un auteur de d\u00e9sillusions\u2026<\/p>\n<p>Je ne me creuse pas la t\u00eate pour me deman\u00adder si, en amour, ce qu\u2019on appelle g\u00e9n\u00e9\u00adro\u00adsi\u00adt\u00e9 est pr\u00e9\u00adf\u00e9\u00adrable ou sup\u00e9\u00adrieur \u00e0 ce qu\u2019on appelle \u00e9go\u00efsme. Je pose en prin\u00adcipe que <i>l\u2019a\u00admour<\/i> r\u00e9el, pour de vrai, pour de bon, est ou doit \u00eatre l\u2019a\u00adbou\u00adtis\u00adse\u00adment, l\u2019\u00e9\u00adpa\u00adnouis\u00adse\u00adment, la flo\u00adrai\u00adson du sen\u00adti\u00adment qu\u2019en\u00adgendre l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9, l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 pour de vrai, l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 pour de bon. Je main\u00adtiens que le sen\u00adti\u00adment qu\u2019en\u00adgendre l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 ne peut coexis\u00adter avec le d\u00e9sir de cr\u00e9er, de sus\u00adci\u00adter des cha\u00adgrins, des sou\u00adcis, du tour\u00adment. La ques\u00adtion (essen\u00adtiel\u00adle\u00adment d\u2019ordre pra\u00adtique) que se pose\u00adra l\u2019a\u00admie ou l\u2019a\u00admi, l\u2019a\u00admante ou l\u2019a\u00admant, la com\u00adpagne ou le com\u00adpa\u00adgnon, est celle-ci&nbsp;: \u00ab&nbsp;Connais\u00adsant le tem\u00adp\u00e9\u00adra\u00adment ou la capa\u00adci\u00adt\u00e9 de sup\u00adport de mon par\u00adte\u00adnaire, ma conduite \u00e0 son \u00e9gard est-elle de nature \u00e0 le faire, souf\u00adfrir&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Les dis\u00adser\u00adta\u00adtions n\u2019ont rien \u00e0 voir l\u00e0-dedans, pas plus que les dis\u00adcus\u00adsions sur l\u2019a\u00admour qui consti\u00adtuaient le prin\u00adci\u00adpal passe-temps des oisifs et des oisives de l\u2019H\u00f4\u00adtel de Rambouillet\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est parce que \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e2me des hommes&nbsp;\u00bb est b\u00e2tie sur \u00ab&nbsp;une tour\u00adbi\u00e8re&nbsp;\u00bb, comme l\u2019\u00e9\u00adcrit quel\u00adqu\u2019un (et je ne l\u2019i\u00adgnore pas) qu\u2019il nous \u00e9chet, \u00e0 nous \u00ab&nbsp;en dehors&nbsp;\u00bb, \u00e0 nous \u00ab&nbsp;uniques&nbsp;\u00bb, \u00e0 nous non-confor\u00admistes r\u00e9els, de faire de l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9, de l\u2019af\u00adfec\u00adtion, de l\u2019a\u00admour un \u00ab&nbsp;but pur et propre&nbsp;\u00bb, un sen\u00adti\u00adment pro\u00adfonde, qui se r\u00e9serve pour les \u00eatres chez qui dominent les qua\u00adli\u00adt\u00e9s rares, sin\u00adgu\u00adli\u00e8res, ori\u00adgi\u00adnales, ce qui n\u2019a rien \u00e0 faire avec les qua\u00adli\u00adt\u00e9s qui priment dans le monde des gigo\u00adlos et des midi\u00adnettes. Vrai\u00adment, si, l\u2019a\u00admour ou le d\u00e9sir d\u00e9pendent de la cou\u00adleur des yeux, de la nuance des che\u00adveux, de la farine du nez, du bagout, etc., ils sont bien pi\u00e8tre chose et ne valent pas la peine qu\u2019on se soit tant occu\u00adp\u00e9&nbsp;d\u2019eux\u2026<\/p>\n<p>[\/\u200b3 sep\u00adtembre 1942.\/]<\/p>\n<p>Je sais bien qu\u2019il existe des tor\u00adtion\u00adnaires pro\u00adfes\u00adsion\u00adnels et des sadiques ama\u00adteurs. Mais ceux-l\u00e0 rem\u00adplissent une fonc\u00adtion et ceux-ci sont des cas patho\u00adlo\u00adgiques. Mais sup\u00adpo\u00adsant que j\u2019in\u00adter\u00adroge un \u00eatre nor\u00admal quel\u00adconque, en bonne san\u00adt\u00e9 phy\u00adsique, d\u2019un moral moyen, et lui demande&nbsp;: \u00ab&nbsp;Trou\u00advez-vous une satis\u00adfac\u00adtion quel\u00adconque dans la connais\u00adsance du fait qu\u2019\u00e0 cause de vous, de votre com\u00adpor\u00adte\u00adment \u00e0 son \u00e9gard, souffre un \u00eatre humain&nbsp;?&nbsp;\u00bb\u200a\u2014\u200aje ne crois pas qu\u2019on me r\u00e9ponde sou\u00advent par l\u2019af\u00adfir\u00adma\u00adtive. Et m\u2019illu\u00adsion\u00adne\u00adrais-je que le besoin se ferait alors imp\u00e9\u00adrieu\u00adse\u00adment sen\u00adtir d\u2019un\u2019 milieu o\u00f9 le plus grand des crimes serait soit d\u2019\u00eatre un cr\u00e9a\u00adteur de souf\u00adfrance chez autrui, soit de se refu\u00adser \u00e0 accom\u00adplir l\u2019ef\u00adfort n\u00e9ces\u00adsaire pour le gu\u00e9rir\u2026<\/p>\n<p>On ren\u00adcontre chez tout v\u00e9ri\u00adtable \u00e9go\u00efste une fier\u00adt\u00e9 inn\u00e9e, une digni\u00adt\u00e9, fon\u00adci\u00e8re qui ne lui per\u00admet pas de rece\u00advoir plus qu\u2019il ne donne, plus qu\u2019il ne prend. C\u2019est cela qui per\u00admet de dis\u00adtin\u00adguer l\u2019\u00e9\u00adgo\u00efste vrai, l\u2019af\u00adfir\u00adma\u00adteur de son \u00ab&nbsp;ego&nbsp;\u00bb, du pseu\u00addo-\u00e9go\u00efste, du pro\u00adfi\u00adteur, de l\u2019ex\u00adploi\u00adteur \u2015 ce que n\u2019est jamais \u00ab&nbsp;l\u2019U\u00adnique&nbsp;\u00bb \u00e0 la Stir\u00adner, le pra\u00adti\u00adquant du \u00ab&nbsp;don\u00adnant, don\u00adnant&nbsp;\u00bb, le mutuel\u00adliste, le r\u00e9ci\u00adpro\u00adci\u00adtaire. Et cela dans tous les domaines&nbsp;: social, \u00e9thique, affec\u00adtif. Lorsque des \u00ab&nbsp;uniques&nbsp;\u00bb contractent ami\u00adti\u00e9, ils sous-entendent cet accord tacite&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je te consomme et tu me consommes, tu es ma pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9, et je suis ta pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9, tout ce qui est mien est tien, tout cc qui m\u2019ap\u00adpar\u00adtient t\u2019ap\u00adpar\u00adtient, tout ce dont je dis\u00adpose est \u00e0 ta dis\u00adpo\u00adsi\u00adtion\u200a\u2014\u200aet vice ver\u00adsa. Tout est com\u00admun entre nous. Nous sommes l\u2019un pour l\u2019autre ce que nous vou\u00adlons que nous soyons. Mon \u00e9go\u00efsme est ton \u00e9go\u00efsme et ton \u00e9go\u00efsme est mon \u00e9go\u00efsme&nbsp;\u00bb. C\u2019est seule\u00adment <i>sur cette cime<\/i> qu\u2019il ne peut \u00eatre ques\u00adtion d\u2019in\u00adt\u00e9\u00adr\u00eat, de b\u00e9n\u00e9\u00adfice, de pro\u00adfits. C\u2019est <i>sur ce som\u00admet<\/i> que r\u00e9side l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 pour de&nbsp;bon\u2026<\/p>\n<p>Voi\u00adci mon amie, mon ami, mon amant, mon amante, ma com\u00adpagne, mon com\u00adpa\u00adgnon. Si vous ne vou\u00adlez pas l\u2019ac\u00adcep\u00adter ou le rece\u00advoir comme tel, vous ne me rece\u00advrez pas non plus. S\u2019il ne peut fran\u00adchir le seuil de votre porte en ma com\u00adpa\u00adgnie, je ne le fran\u00adchi\u00adrai pas non plus. Si, au milieu de vos assem\u00adbl\u00e9es, je ne puis le pro\u00adduire comme tel, je m\u2019abs\u00adtien\u00addrai de les fr\u00e9\u00adquen\u00adter. Car je ne veux pas que par ma faute, direc\u00adte\u00adment ou indi\u00adrec\u00adte\u00adment, elle ou il soit humi\u00adli\u00e9, reje\u00adt\u00e9 au second plan ou \u00e9prouve le sen\u00adti\u00adment que j\u2019ai honte de lui. Je suis trop fi\u00e8re, trop fier pour qu\u2019il puisse un ins\u00adtant ima\u00adgi\u00adner cela. Voi\u00adl\u00e0 le lan\u00adgage de l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9, de la simple ami\u00adti\u00e9, celle qui ne se con\u00e7oit qu\u2019\u00ab&nbsp;\u00e0 la vie, \u00e0 la mort&nbsp;\u00bb\u200a\u2014\u200acelle qui ne se veut qu\u2019entre amis ne for\u00admant \u00ab&nbsp;qu\u2019un c\u0153ur et qu\u2019une \u00e2me&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n<p>Quand j\u2019\u00e9\u00adcris ou parle sur des ques\u00adtions rela\u00adtives \u00e0 l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 ou \u00e0 l\u2019a\u00admour, je ne m\u2019a\u00addresse ni \u00e0 des por\u00adno\u00adgraphes ni des \u00e9ro\u00adto\u00admanes ni \u00e0 des obs\u00e9\u00add\u00e9s, ni des intoxi\u00adqu\u00e9s d\u2019un genre ou d\u2019un autre (quoi que je ne par\u00adtage nul\u00adle\u00adment les pr\u00e9\u00adju\u00adg\u00e9s cou\u00adrants sur les moda\u00adli\u00adt\u00e9s de la mani\u00adfes\u00adta\u00adtion amou\u00adreuse) ni \u00e0 des trous\u00adseurs de cotillons, ni \u00e0 des femmes faciles ni \u00e0 des gigo\u00adlos, ni \u00e0 des midi\u00adnettes, ni des pan\u00adtins, ni \u00e0 des insen\u00adsibles, ni \u00e0 des pro\u00adfes\u00adsion\u00adnels des bonnes m\u0153urs, ni \u00e0 des piliers de caba\u00adret ou de tri\u00adpot\u200a\u2014\u200anon, je m\u2019a\u00addresse \u00e0 des \u00ab&nbsp;ende\u00adhors&nbsp;\u00bb, \u00e0 des \u00ab&nbsp;uniques&nbsp;\u00bb \u00e0 des non-confor\u00admistes, \u00e0 des hommes et \u00e0 des femmes qui voient et per\u00ad\u00e7oivent par del\u00e0 les appa\u00adrences, \u00e0 des \u00eatres sen\u00adsibles, d\u00e9li\u00adcats, avi\u00ads\u00e9s, qui ont d\u00e9j\u00e0 un pied dans cette huma\u00adni\u00adt\u00e9 qui aura \u00e9li\u00admi\u00adn\u00e9 la souf\u00adfrance de son sein. Et cela dans tous les domaines.<\/p>\n<p>[\/\u200b4 sep\u00adtembre 1942\/]<\/p>\n<p>Je n\u2019aime pas le gr\u00e9\u00adgaire. Je n\u2019aime pas le trou\u00adpeau. J\u2019aime ceux qui vivent en marge du com\u00adpact, du tas\u00ads\u00e9, de l\u2019ag\u00adglo\u00adm\u00e9\u00adr\u00e9. Ceux-l\u00e0 sont vrai\u00adment de ma chair et de mon sang spi\u00adri\u00adtuel, \u00ab&nbsp;les&nbsp;miens&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Sa vie publique ne res\u00adsemble en rien \u00e0 sa vie pri\u00adv\u00e9e, dites-vous. Sa vie publique est tis\u00ads\u00e9e toute de rai\u00adson\u00adne\u00adment et de connais\u00adsances. Sa vie pri\u00adv\u00e9e est r\u00e9gie par le sen\u00adti\u00adment, se nour\u00adrit de sen\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9. Elles ne se d\u00e9ve\u00adloppent pas sur le m\u00eame&nbsp;plan.<\/p>\n<p>\u00c0 force d\u2019\u00eatre imper\u00adson\u00adnelle, la pen\u00ads\u00e9e finit par se pros\u00adti\u00adtuer. Il y a tou\u00adjours de l\u2019es\u00adprit cour\u00adti\u00adsan dans la vulgarisation.<\/p>\n<p>Je cherche dans ma vie publique \u00e0 \u00eatre cons\u00e9\u00adquent intel\u00adlec\u00adtuel\u00adle\u00adment avec les doc\u00adtrines, les th\u00e9o\u00adries, les th\u00e8ses que j\u2019ex\u00adpose publi\u00adque\u00adment. Je m\u2019ef\u00adforce dans ma vie pri\u00adv\u00e9e d\u2019\u00eatre cons\u00e9\u00adquent pra\u00adti\u00adque\u00adment avec les sen\u00adti\u00adments qui font vibrer mon&nbsp;\u00eatre.<\/p>\n<p>Je me tiens \u00e0 \u00e9gale dis\u00adtance du c\u0153ur indi\u00adgent que du c\u0153ur innom\u00adbrable. Le pre\u00admier me fait l\u2019ef\u00adfet d\u2019une outre des\u00ads\u00e9\u00adch\u00e9e et racor\u00adnie, le second d\u2019un vase trou\u00e9 dont le liquide s\u2019\u00e9\u00adcoule et s\u2019\u00e9\u00adchappe \u00e0 mesure qu\u2019on le l\u2019emplit.<\/p>\n<p>J\u2019ai en hor\u00adreur la coquette, la flir\u00adteuse, l\u2019al\u00adlu\u00admeuse et autres femmes de la m\u00eame farine, autre\u00adment dit de cette cat\u00e9\u00adgo\u00adrie de filles d\u2019\u00c8ve qui jouent ou badinent avec l\u2019af\u00adfec\u00adtion ou l\u2019a\u00admour, dont les gestes risquent de cr\u00e9er de la souf\u00adfrance en sus\u00adci\u00adtant des d\u00e9si\u00adrs, des pas\u00adsions, des sen\u00adti\u00adments qu\u2019elles n\u2019ont pas l\u2019in\u00adten\u00adtion de satis\u00adfaire, aux\u00adquels elle n\u2019\u00e9\u00adprouvent aucune envie de r\u00e9pondre. J\u2019es\u00adtime que lors\u00adqu\u2019il leur arrive quelque incon\u00adv\u00e9\u00adnient dans l\u2019exer\u00adcice de leurs fonc\u00adtions, elles ne l\u2019ont pas&nbsp;vol\u00e9.<\/p>\n<p>[\/\u200b5 d\u00e9cembre 1942.\/]<br>\n<img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/signatureEA.jpg\" alt=\"Signature Armand\" title=\"Signature Armand\" class=\"caption\" align=\"right\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I Je suis tou\u00adjours \u00e9ton\u00adn\u00e9 de la peine que prennent les croyants pour essayer de jus\u00adti\u00adfier leur foi dans l\u2019his\u00adto\u00adri\u00adci\u00adt\u00e9 des faits reli\u00adgieux. La foi est chose ind\u00e9\u00admon\u00adtrable, a dit quelque part Saint Paul. On a la foi ou on ne l\u2019a pas. C\u2019est une ques\u00adtion de sen\u00adti\u00adment, autre\u00adment dit de sen\u00adsi\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9. La foi&nbsp;est&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[382],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-3295","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lunique-n16-decembre-1946"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3295","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3295"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3295\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3295"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3295"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3295"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3295"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}