{"id":3323,"date":"2012-09-30T19:10:22","date_gmt":"2012-09-30T19:10:22","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2012\/09\/30\/tcherkesov-3\/"},"modified":"2012-09-30T19:10:22","modified_gmt":"2012-09-30T19:10:22","slug":"tcherkesov-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2012\/09\/30\/tcherkesov-3\/","title":{"rendered":"Tcherkesov"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3323?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3323?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>[\/\u200b<i>Suite<\/i>\/\u200b]<br>\n<\/p>\n<p>Durant neuf ou dix ann\u00e9es, jus\u00adqu\u2019en 1892, Tcher\u00adke\u00adsov pas\u00adsa quelques temps dans son pays, en G\u00e9or\u00adgie m\u00eame&nbsp;; il res\u00adta aus\u00adsi en Asie Mineure, \u00e0 Tr\u00e9\u00adbi\u00adzonde, \u00e0 Constan\u00adti\u00adnople, en Bul\u00adga\u00adrie et se trou\u00adva en der\u00adnier lieu \u00e0 Pl\u0153\u00adsh\u00adti, en Rou\u00adma\u00adnie, o\u00f9 demeu\u00adrait un de ses amis, le socia\u00adliste rou\u00admain, C. Dobro\u00adgla\u00adnu-Ghe\u00adrea, auteur tr\u00e8s esti\u00adm\u00e9, \u00e9chap\u00adp\u00e9, lui aus\u00adsi, de la Rus\u00adsie. Je ne sais si ce furent les exi\u00adgences de la vie (qu\u2019il gagnait tou\u00adjours par quelque tra\u00advail d\u2019oc\u00adca\u00adsion, res\u00adtant tr\u00e8s pauvre toute sa vie), ou les per\u00ads\u00e9\u00adcu\u00adtions des mou\u00adchards russes qui le d\u00e9ni\u00adchaient par\u00adtout, qui le refou\u00adl\u00e8rent ain\u00adsi de pays en pays. En tout cas, c\u2019est alors qu\u2019il acquit une large exp\u00e9\u00adrience des pro\u00adbl\u00e8mes natio\u00adnaux du Cau\u00adcase, de l\u2019A\u00adsie-Mineure et des Bal\u00adkans et il vit la \u00ab&nbsp;p\u00e9n\u00e9\u00adtra\u00adtion&nbsp;\u00bb russe de ces pays \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Durant ce temps, par exemple en Bul\u00adga\u00adrie, le prince Alexandre et le ministre Stam\u00adbou\u00adloff, qui avait le mal\u00adheur de d\u00e9plaire \u00e0 la Rus\u00adsie, furent, l\u2019un chas\u00ads\u00e9, l\u2019autre cou\u00adp\u00e9 en mor\u00adceaux&nbsp;; et bien d\u2019autres am\u00e9\u00adni\u00adt\u00e9s ana\u00adlogues avaient lieu. Tcher\u00adke\u00adsov ne par\u00adlait pas inuti\u00adle\u00adment de ces choses, mais son coup d\u2019\u0153il fut vite aigui\u00ads\u00e9 et les all\u00e8\u00adche\u00adments lib\u00e9\u00adra\u00adteurs pan\u00adrusses n\u2019eurent pas d\u2019at\u00adtrait pour lui quel que f\u00fbt leur d\u00e9guisement.<\/p>\n<p>Pen\u00addant l\u2019\u00e9\u00adt\u00e9 de 1892, il arrive \u00e0 Londres o\u00f9 son ancienne ami\u00adti\u00e9 avec Kro\u00adpot\u00adkine et Mala\u00adtes\u00adta, Step\u00adnick et d\u2019autres Russes, lui donne imm\u00e9\u00addia\u00adte\u00adment une place recon\u00adnue dans les milieux avan\u00adc\u00e9s russes, fran\u00ad\u00e7ais, ita\u00adliens et, d\u00e8s que la langue le per\u00admet, dans le milieu anglais de <i>Free\u00addom<\/i>. J\u2019ai oubli\u00e9 si ce d\u00e9pla\u00adce\u00adment avait pour but direct de s\u2019ap\u00adpli\u00adquer \u00e0 int\u00e9\u00adres\u00adser l\u2019o\u00adpi\u00adnion publique anglaise en faveur de la G\u00e9or\u00adgie. En tout cas, ce fut l\u00e0 un but qu\u2019il pour\u00adsui\u00advit avec la m\u00eame ardeur que la pro\u00adpa\u00adgande anar\u00adchiste et le mou\u00adve\u00adment r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire&nbsp;russe.<\/p>\n<h2>Pour la libert\u00e9 de la G\u00e9orgie<\/h2>\n<p>Il \u00e9tait pour ain\u00adsi dire l\u2019am\u00adbas\u00adsa\u00addeur des patriotes g\u00e9or\u00adgiens qui, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019autres moyens, vou\u00adlaient que l\u2019Eu\u00adrope rap\u00adpe\u00adl\u00e2t \u00e0 la Rus\u00adsie son obli\u00adga\u00adtion de se confor\u00admer au trai\u00adt\u00e9 de 1801, qui garan\u00adtis\u00adsait l\u2019au\u00adto\u00adno\u00admie per\u00adma\u00adnente de la G\u00e9or\u00adgie dont les Russes avaient fait, depuis long\u00adtemps, une pro\u00advince russe. Il expo\u00adsa la cause geor\u00adgienne dans le <i>Times<\/i>, en 1886, puis dans un long article <i>Geor\u00adgian Trea\u00adties with Rus\u00adsia<\/i>, paru dans la revue <i>Nine\u00adteenth Cen\u00adtu\u00adry<\/i>, de mai 1895, pp&nbsp;832 \u00e0 847. Il en par\u00adla suc\u00adces\u00adsi\u00adve\u00adment avec des hommes poli\u00adtiques anglais, sir Charles Dilke et d\u2019autres, il gagna l\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 d\u2019un ancien consul anglais, Mr. W. qui, lui et sa s\u0153ur, aimaient vrai\u00adment la G\u00e9or\u00adgie et en avaient, appris m\u00eame la langue si dif\u00adfi\u00adcile. Lorsque \u00c9li\u00ads\u00e9e Reclus vint \u00e0 Bruxelles, Tcher\u00adke\u00adsov fit, par son inter\u00adm\u00e9\u00addiaire, la connais\u00adsance d\u2019ex\u00adperts en droit inter\u00adna\u00adtio\u00adnal et leur pr\u00e9\u00adsen\u00adta le cas de son pays. Il se lia de vraie ami\u00adti\u00e9 avec le pro\u00adfes\u00adseur et juge Ernest Nys et aus\u00adsi avec le vieux socio\u00adlogue Guillaume De Greef. En 1900, para\u00eet une bro\u00adchure russe sans nom d\u2019au\u00adteur, due \u00e0 Ham\u00adba\u00adchid\u00adz\u00e9 p\u00e8re&nbsp;; elle raconte une nou\u00advelle offen\u00adsive rus\u00adsi\u00adfi\u00adca\u00adtrice&nbsp;; cette fois diri\u00adg\u00e9e contre l\u2019\u00c9\u00adglise natio\u00adnale g\u00e9or\u00adgienne, der\u00adnier ves\u00adtige de l\u2019an\u00adcienne ind\u00e9\u00adpen\u00addance. Un peu plus tard, d\u2019autres amis de Tcher\u00adke\u00adsov arrivent \u00e0 l\u2019\u00e9\u00adtran\u00adger et publient, en fran\u00ad\u00e7ais, <i>La G\u00e9or\u00adgie<\/i> (en g\u00e9or\u00adgien <i>Saghart\u00adve\u00adto<\/i>), \u00e0 Paris, leur grou\u00adpe\u00adment s\u2019ap\u00adpelle \u00ab&nbsp;Par\u00adti socia\u00adliste-f\u00e9d\u00e9\u00adra\u00adliste-r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire g\u00e9or\u00adgien&nbsp;\u00bb (1903 1905), et une de leurs bro\u00adchures donne le compte ren\u00addu \u00e9ten\u00addu de leur pre\u00admi\u00e8re conf\u00e9\u00adrence (1904). Enfin, d\u00e8s le mois d\u2019oc\u00adtobre 1905, la presse g\u00e9or\u00adgienne du pays m\u00eame, d\u00e9sor\u00admais libre pour quelque temps, dis\u00adcute ouver\u00adte\u00adment ces revendications.<\/p>\n<p>Tcher\u00adke\u00adsov, nous l\u2019a\u00advons dit, aimait pas\u00adsion\u00adn\u00e9\u00adment son pays et ne se lasse pas d\u2019en d\u00e9peindre les beau\u00adt\u00e9s natu\u00adrelles et son carac\u00adt\u00e8re culti\u00adv\u00e9 et antique. Le feu sacr\u00e9 enle\u00adv\u00e9 par Pro\u00adm\u00e9\u00adth\u00e9e, encha\u00ee\u00adn\u00e9 au Cau\u00adcase, la Toi\u00adson d\u2019Or des Argo\u00adnautes, d\u2019autres mythes furent expli\u00adqu\u00e9s par le naphte de la mon\u00adtagne enflam\u00adm\u00e9 par un \u00e9clair, par les peaux d\u2019a\u00adni\u00admaux dont la laine cueillait l\u2019or dans l\u2019eau des tor\u00adrents rapides, etc. Et les cottes de mailles qui, encore au <sc>xix<\/sc><sup>e<\/sup> si\u00e8cle, rap\u00adpe\u00adlaient l\u2019\u00e2ge de la che\u00adva\u00adle\u00adrie, les belles femmes, les ruines pit\u00adto\u00adresques et les gorges de mon\u00adtagnes, la vigne des coteaux, les po\u00e9\u00adsies et tra\u00addi\u00adtions, ce po\u00e8te fameux dont la <i>Kelm\u00adscott Press<\/i> de William Mor\u00adris publia une si belle \u00e9di\u00adtion\u200a\u2014\u200acomme Tcher\u00adke\u00adsov fut heu\u00adreux de nous en par\u00adler et nous en mon\u00adtrer des illus\u00adtra\u00adtions. Ain\u00adsi, la cause de la G\u00e9or\u00adgie fut gagn\u00e9e aupr\u00e8s de tous ceux qui l\u2019ont connu et il s\u2019a\u00adgis\u00adsait d\u2019une ind\u00e9\u00adpen\u00addance ou d\u2019une auto\u00adno\u00admie douce et inof\u00adfen\u00adsive, sans haines, sans mono\u00adpole, revanche et repr\u00e9\u00adsailles \u00e9co\u00adno\u00admiques ou guerre fis\u00adcale odieuse, conti\u00adnuelle. Il n\u2019a pas un mot contre le peuple russe pour lequel il lut\u00adtait lui-m\u00eame, ni contre le peuple turc qu\u2019il connais\u00adsait de pr\u00e8s et qu\u2019il aimait, ni contre les Tar\u00adtares qui s\u2019en\u00adtendent tou\u00adjours bien avec les G\u00e9or\u00adgiens. Bref, ce fut un natio\u00adna\u00adlisme non agres\u00adsif, mais de pure d\u00e9fen\u00adsive et sans ambi\u00adtions \u00e9co\u00adno\u00admiques aux\u00adquelles on ne pen\u00adsait m\u00eame pas&nbsp;alors.<\/p>\n<p>Cette ques\u00adtion qui lui \u00e9tait si ch\u00e8re, n\u2019en\u00adtrait du reste aucu\u00adne\u00adment dans sa pro\u00adpa\u00adgande anar\u00adchiste, qui fut iden\u00adtique aux grands cou\u00adrants anar\u00adchistes, une voie moyenne entre Kro\u00adpot\u00adkine et Mala\u00adtes\u00adta peut-\u00eatre, entre les\u00adquels, eux que la dis\u00adtance s\u00e9pa\u00adrait, il f\u00fbt un lien com\u00admun, aus\u00adsi par les rela\u00adtions per\u00adson\u00adnelles. Il se lia d\u2019a\u00admi\u00adti\u00e9 avec B. Kampff\u00admeyer, avec le mys\u00adt\u00e9\u00adrieux George Guyon (Paul Reclus) de cette \u00e9poque (1894\u200a\u2013\u200a95-96), avec \u00c9li\u00ads\u00e9e Reclus et Dome\u00adla Nieu\u00adwen\u00adhuis&nbsp;; il fr\u00e9\u00adquen\u00adtait V. Richard, Gu\u00e9\u00adri\u00adneau, Alfred Marsh, Mrs. Dry\u00adhurst, H. W. Nevin\u00adson, Her\u00admann Jung, le doc\u00adteur G. B. Clark, plus tard miss G. Davis et bien d\u2019autres. \u00c0 un moment, je me rap\u00adpelle, sa san\u00adt\u00e9 parut s\u00e9rieu\u00adse\u00adment \u00e9bran\u00adl\u00e9e&nbsp;; il alla alors se refaire en Suisse, chez des Russes du c\u00f4t\u00e9 de Cla\u00adrens, et, en voie de gu\u00e9\u00adri\u00adson, il entra en lice dans une r\u00e9union russe, \u00e0 Gen\u00e8ve, contre le grand Ple\u00adkha\u00adnov qui ne s\u2019y atten\u00addait pas. Il revint rajeu\u00adni&nbsp;; c\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque, vers 1897, qu\u2019il fit un long voyage secret en G\u00e9or\u00adgie o\u00f9 il ren\u00adcon\u00adtra beau\u00adcoup de ses amis de jeu\u00adnesse. Il y avait un grand nombre de G\u00e9or\u00adgiens par\u00admi les accu\u00ads\u00e9s du grand pro\u00adc\u00e8s de Mos\u00adcou (1875), appe\u00adl\u00e9 le pro\u00adc\u00e8s des 50, celui de Sophie Bar\u00addi\u00adna. Ce fut par excel\u00adlence le pro\u00adc\u00e8s des plus d\u00e9vou\u00e9s pro\u00adpa\u00adgan\u00addistes et leur trai\u00adte\u00adment f\u00e9roce, contri\u00adbua \u00e0 don\u00adner au mou\u00adve\u00adment russe une direc\u00adtion ter\u00adro\u00adriste. Vingt ans plus tard, une par\u00adtie de ces vic\u00adtimes \u00e9tait ren\u00adtr\u00e9e en G\u00e9or\u00adgie et ins\u00adpi\u00adraient alors les nou\u00adveaux mou\u00adve\u00adments et celui de la renais\u00adsance natio\u00adnale. Tcher\u00adke\u00adsov nous revint retrem\u00adp\u00e9 et il fit, alors, quelques voyages moins \u00e9ten\u00addus en Hol\u00adlande, dont l\u2019un abou\u00adtit \u00e0 sa ren\u00adtr\u00e9e \u00e0 Londres, en octobre 1899, avec une vaillante jeune com\u00adpagne, qui depuis a par\u00adta\u00adg\u00e9 son sort, en Angle\u00adterre, en France, en Rus\u00adsie et au Cau\u00adcase. Ils trouvent, en plein Ken\u00adtish Town, un quar\u00adtier popu\u00adlaire de Londres, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la grande rue, une petite oasis de rues propres et tran\u00adquilles et leur grande chambre hos\u00adpi\u00adta\u00adli\u00e8re fut un des rares endroits de Londres o\u00f9 on sen\u00adtait un souffle de la vie libre et fra\u00adter\u00adnelle de l\u2019a\u00adve\u00adnir que nous ne ver\u00adrons&nbsp;plus.<\/p>\n<h2>Les \u00e9crits de Tcherkesov<\/h2>\n<p>Tcher\u00adke\u00adsov \u00e9tait indi\u00adgn\u00e9 comme nous tous, des pr\u00e9\u00adten\u00adtions de la social-d\u00e9mo\u00adcra\u00adtie qui, tout en pro\u00adcla\u00admant un socia\u00adlisme tou\u00adjours plus \u00e9mas\u00adcu\u00adl\u00e9 et r\u00e9for\u00admiste, repr\u00e9\u00adsen\u00adtait cet avor\u00adte\u00adment comme le pro\u00adduit d\u2019une essence scien\u00adti\u00adfique  abso\u00adlu\u00adment unique, d\u2019une science d\u00e9vo\u00adlue sur Marx et Engels et \u00e0 la rigueur, et \u00e0 dis\u00adtance propre, sur Karl Kauts\u00adky et un petit nombre d\u2019autres. C\u2019\u00e9\u00adtait inepte, mais les ouvriers n\u2019a\u00advaient pas les moyens de v\u00e9ri\u00adfier ces asser\u00adtions et Tcher\u00adke\u00adsov fil une besogne excel\u00adlente, en mon\u00adtrant l\u2019o\u00adri\u00adgine et la filia\u00adtion du socia\u00adlisme qui ne fut jamais l\u2019\u0153uvre de quelque pen\u00adseur unique, mais fut \u00e9la\u00adbo\u00adr\u00e9 col\u00adlec\u00adti\u00adve\u00adment par des hommes qui pui\u00adsaient aux sources vivantes de la pen\u00ads\u00e9e libre de tous les si\u00e8cles et qui furent fiers d\u2019ad\u00admettre cette soli\u00adda\u00adri\u00adt\u00e9 avec la pen\u00ads\u00e9e com\u00admune de l\u2019hu\u00adma\u00adni\u00adt\u00e9 et ne r\u00eavaient pas \u00e0 se cr\u00e9er un mono\u00adpole d\u2019i\u00add\u00e9es. Ces \u00e9tudes parues dans les <i>Temps Nou\u00adveaux<\/i> et dans <i>Free\u00addom<\/i> forment les petits bou\u00adquins&nbsp;: <i>Pages d\u2019His\u00adtoire socia\u00adliste<\/i> (au <i>Temps Nou\u00adveaux<\/i> 1896, 64&nbsp;p.) et <i>Pr\u00e9\u00adcur\u00adseurs de l\u2019In\u00adter\u00adna\u00adtio\u00adnale<\/i> (\u00e0 la biblio\u00adth\u00e8que des <i>Temps Nou\u00adveaux<\/i>, de Bruxelles, 1899, 144&nbsp;p.)&nbsp;; men\u00adtion\u00adnons encore quelques paroles adres\u00ads\u00e9es \u00e0 Liebk\u00adnecht, lors du congr\u00e8s inter\u00adna\u00adtio\u00adnal de Londres, <i>Let us be just<\/i> (Soyons justes, dans <i>free\u00addom<\/i> et en bro\u00adchure, 1896, 10&nbsp;p.), un rap\u00adport adres\u00ads\u00e9 au Congr\u00e8s anar\u00adchiste de Paris (1900), <i>L\u2019Ac\u00adtion \u00e9co\u00adno\u00admique et r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaire<\/i> (en ita\u00adlien, Londres, 1903, 16&nbsp;p.), <i>Concen\u00adtra\u00adtion of Capi\u00adtal<\/i>, a Mar\u00adxian Fal\u00adla\u00adcy (Londres, <i>Free\u00addom<\/i>, 25&nbsp;p.). etc.<\/p>\n<p>Un jour, en 1899, je pense, Tcher\u00adke\u00adsov par\u00adcou\u00adrait par hasard, chez Dome\u00adla Nieu\u00adwen\u00adhuis, la bro\u00adchure de Vic\u00adtor Consi\u00add\u00e9\u00adrant&nbsp;: <i>Prin\u00adcipe du Socia\u00adlisme, Mani\u00adfeste de la D\u00e9mo\u00adcra\u00adtie au <sc>xix<\/sc><sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/i> (Paris, librai\u00adrie pha\u00adlan\u00adst\u00e9\u00adrienne, 1847, 157&nbsp;p. in-16)&nbsp;; il en existe une \u00e9di\u00adtion de 1841. (<i>Bases de la Poli\u00adtique posi\u00adtive<\/i>, Paris, \u00ab&nbsp;La Pha\u00adlange&nbsp;\u00bb, IV, 119&nbsp;p. in\u20118\u00b0). C\u2019est une des bro\u00adchures fou\u00adri\u00e9\u00adristes les moins rares. Il fut frap\u00adp\u00e9 par des res\u00adsem\u00adblances avec le <i>Mani\u00adfeste du par\u00adti com\u00admu\u00adniste<\/i> de Marx et Engels (1848, f\u00e9vrier) qu\u2019il avait gar\u00add\u00e9 en m\u00e9moire d\u2019a\u00adpr\u00e8s sa tra\u00adduc\u00adtion russe impri\u00adm\u00e9e \u00e0 Londres dans les ann\u00e9es soixante et attri\u00adbu\u00e9e \u00e0 Bakou\u00adnine. Il v\u00e9ri\u00adfia du reste d\u2019a\u00adpr\u00e8s une autre \u00e9di\u00adtion, et revint \u00e0 Londres fer\u00adme\u00adment convain\u00adcu que Marx et Engels \u00e9taient de vul\u00adgaires pla\u00adgiaires qui avaient vol\u00e9 le tra\u00advail de Consi\u00add\u00e9\u00adrant. Il se mit \u00e0 com\u00adpa\u00adrer les deux textes et ses articles <i>Un Pla\u00adgiat tr\u00e8s scien\u00adti\u00adfique<\/i>, <i>\u00c0 pro\u00adpos de deux Mani\u00adfestes<\/i> (<i>Temps Nou\u00adveaux<\/i>, 14 avril au 26 mai 1900) sont le r\u00e9sul\u00adtat de son tra\u00advail. Il en a par\u00adl\u00e9 plus tard, dans une r\u00e9ponse \u00e0 Kauts\u00adky et il m\u2019a mon\u00adtr\u00e9 en 1903, de quelle mani\u00e8re peu conscien\u00adcieuse F. Engels se ser\u00advit, pour un livre paru en 1845, d\u2019un livre de Buret (1840)&nbsp;; tout cela se trouve aus\u00adsi dans les <i>Temps Nou\u00adveaux<\/i> et dans <i>Free\u00addom<\/i>.<\/p>\n<p>Je crois qu\u2019il n\u2019est per\u00adsonne ayant vu mes tra\u00advaux sur Bakou\u00adnine, ou connais\u00adsant l\u2019es\u00adprit de ce que j\u2019ai pu \u00e9crire en obser\u00adva\u00adtions g\u00e9n\u00e9\u00adrales, qui m\u2019ac\u00adcu\u00adse\u00adra d\u2019une ten\u00addresse quel\u00adconque envers Marx et Engels et leurs adh\u00e9\u00adrents. Et pour\u00adtant, je dois dire que les argu\u00adments de Tcher\u00adke\u00adsov ne m\u2019ont jamais don\u00adn\u00e9 com\u00adpl\u00e8te satis\u00adfac\u00adtion et il a, du reste, tou\u00adjours connu mon scep\u00adti\u00adcisme \u00e0 ce&nbsp;sujet.<\/p>\n<h2>1905. \u2015 L\u2019Universit\u00e9 Populaire de Tiflis<\/h2>\n<p>L\u2019an\u00adn\u00e9e m\u00e9mo\u00adrable de 1905 s\u2019ap\u00adproche et la pre\u00admi\u00e8re r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion russe s\u2019an\u00adnonce. Tous les Russes sont amnis\u00adti\u00e9s et Tcher\u00adke\u00adsov, lav\u00e9 ain\u00adsi de son pas\u00ads\u00e9 noir, pro\u00adc\u00e8de bien\u00adt\u00f4t en Rus\u00adsie, avec sa femme, \u00e0 un voyage pro\u00adlon\u00adg\u00e9, duquel un jour\u00adnal am\u00e9\u00adri\u00adcain le <i>Chi\u00adca\u00adgo Dai\u00adly News<\/i>, o\u00f9 il a beau\u00adcoup \u00e9crit, conser\u00adve\u00adra un r\u00e9cit int\u00e9\u00adres\u00adsant. II se fixa \u00e0 Tiflis, o\u00f9 la r\u00e9ac\u00adtion se fait bien\u00adt\u00f4t jour comme par\u00adtout ailleurs.<\/p>\n<p>Mais, pen\u00addant ces mois d\u2019une liber\u00adt\u00e9 rela\u00adtive, apr\u00e8s la pre\u00admi\u00e8re r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion russe, Tcher\u00adke\u00adsov orga\u00adni\u00adsa, \u00e0 Tiflis, l\u2019U\u00adni\u00adver\u00adsi\u00adt\u00e9 popu\u00adlaire avec des conf\u00e9\u00adrences et des classes en russe, g\u00e9or\u00adgien, arm\u00e9\u00adnien et tar\u00adtare. L\u2019ad\u00admi\u00adnis\u00adtra\u00adtion de cette uni\u00adver\u00adsi\u00adt\u00e9 \u00e9tait enti\u00e8\u00adre\u00adment entre les mains des ouvriers et chaque natio\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 orga\u00adni\u00adsa sa sec\u00adtion auto\u00adnome, invi\u00adta des conf\u00e9\u00adren\u00adciers, etc., mais chaque mois les sec\u00adtions se r\u00e9unis\u00adsaient pour dis\u00adcu\u00adter les ques\u00adtions g\u00e9n\u00e9\u00adrales. L\u2019i\u00add\u00e9e de Tcher\u00adke\u00adsov \u00e9tait de r\u00e9ta\u00adblir, en pra\u00adtique, la soli\u00adda\u00adri\u00adt\u00e9 par\u00admi les natio\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9s qui, quelques mois aupa\u00adra\u00advant, gr\u00e2ce aux ins\u00adti\u00adga\u00adtions du gou\u00adver\u00adne\u00adment russe, \u00e9tait rude\u00adment \u00e9bran\u00adl\u00e9e par les mas\u00adsacres arm\u00e9\u00adniens-tar\u00adtares. L\u2019U\u00adni\u00adver\u00adsi\u00adt\u00e9 Popu\u00adlaire ne tar\u00adda \u00e0 jouir d\u2019une grande faveur&nbsp;; elle se d\u00e9ve\u00adlop\u00adpa et orga\u00adni\u00adsa des filiales dans toutes les villes. Par la suite, cette ins\u00adti\u00adtu\u00adtion prit un grand \u00e9lan, sous le r\u00e9gime de la r\u00e9pu\u00adblique g\u00e9or\u00adgienne ind\u00e9\u00adpen\u00addante (1918\u200a\u2013\u200a21), quand elle re\u00e7ut des sub\u00adsides du gou\u00adver\u00adne\u00adment&nbsp;; on se pr\u00e9\u00adpa\u00adrait alors \u00e0 \u00e9lar\u00adgir le mou\u00adve\u00adment, lorsque l\u2019in\u00adva\u00adsion bol\u00adche\u00adviste mit fin \u00e0 tout. Le pr\u00e9\u00adsident de l\u2019U\u00adni\u00adver\u00adsi\u00adt\u00e9 Popu\u00adlaire, Natadze, fut arr\u00ea\u00adt\u00e9 et mou\u00adrut de faim en prison.<\/p>\n<p>Vers le mois d\u2019a\u00advril 1907, les G\u00e9or\u00adgiens r\u00e9di\u00adg\u00e8rent une \u00ab&nbsp;P\u00e9ti\u00adtion du Peuple g\u00e9or\u00adgien \u00e0 la Conf\u00e9\u00adrence inter\u00adna\u00adtio\u00adnale de la Paix \u00e0 La Haye, 1907.&nbsp;\u00bb (4&nbsp;pp. Fol. 18, juin 1907), dont Tcher\u00adke\u00adsov fut por\u00adteur et qui lui valut un nou\u00advel exil, ce qui montre qu\u2019il fut tou\u00adjours le porte-parole de son pays devant l\u2019o\u00adpi\u00adnion europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 1907, il vit dans le m\u00eame milieu anglais qu\u2019au\u00adpa\u00adra\u00advant. Ses voyages \u00e0 Paris, ville o\u00f9 il se sent mieux, eut chaque fois pour effet de le rajeu\u00adnir, en pr\u00e9\u00adsence de son opti\u00admisme, de sa joie na\u00efve \u00e0 chaque suc\u00adc\u00e8s ouvrier, \u00e0 chaque mani\u00adfes\u00adta\u00adtion de l\u2019es\u00adprit de r\u00e9volte, on ne pense pas \u00e0 son \u00e2ge. La guerre arrive, et \u00e0 sa mani\u00e8re de voir, pareille en ce moment \u00e0 celle de Kro\u00adpot\u00adkine, le s\u00e9pare de beau\u00adcoup de cama\u00adrades, entre autres, de Malatesta.<\/p>\n<h2>1917. \u2015 L\u2019ind\u00e9pendance g\u00e9orgienne<\/h2>\n<p>Lors\u00adqu\u2019en 1917, la seconde r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion \u00e9cla\u00adta et que la r\u00e9pu\u00adblique y fut pro\u00adcla\u00adm\u00e9e, tous les pros\u00adcrits ren\u00adtr\u00e8rent en Rus\u00adsie. En mai 1917, deux semaines avant Kro\u00adpot\u00adkine, Tcher\u00adke\u00adsov arrive \u00e0 Petro\u00adgrad. Voyant que les par\u00adtis socia\u00adlistes \u00e9taient aus\u00adsi cen\u00adtra\u00adlistes que les r\u00e9ac\u00adtion\u00adnaires russes, Tcher\u00adke\u00adsov, apr\u00e8s avoir pas\u00ads\u00e9 quelques semaines avec Kro\u00adpot\u00adkine, et envi\u00adsa\u00adg\u00e9 la situa\u00adtion avec celui-ci, par\u00adtit pour la G\u00e9or\u00adgie en vue d\u2019y tra\u00advailler contre la ten\u00addance mar\u00adxiste et \u00e9ta\u00adtiste qui se fai\u00adsait jour en Russie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le coup d\u2019\u00c9\u00adtat bol\u00adch\u00e9\u00adviste \u00e0 Petro\u00adgrad et Mos\u00adcou, les social-d\u00e9mo\u00adcrates  (men\u00adch\u00e9\u00advistes), g\u00e9or\u00adgiens, arm\u00e9\u00adniens et tar\u00adtares, pro\u00adcla\u00adm\u00e8rent la r\u00e9pu\u00adblique f\u00e9d\u00e9\u00adra\u00adtive de  Trans\u00adcau\u00adca\u00adsie. Les bol\u00adche\u00advistes russes c\u00e9d\u00e8rent, par le trai\u00adt\u00e9 de Brest-Litowsk, quelques pro\u00advinces g\u00e9or\u00adgiennes et arm\u00e9\u00adniennes aux Turcs qui s\u2019empress\u00e8rent de s\u2019emparer de ce ter\u00adri\u00adtoire. Les G\u00e9or\u00adgiens et Arm\u00e9\u00adniens essay\u00e8rent de s\u2019y oppo\u00adser, mais les Tar\u00adtares ne vou\u00adlaient pas se battre contre leurs core\u00adli\u00adgion\u00adnaires et la f\u00e9d\u00e9\u00adra\u00adtion trans\u00adcau\u00adca\u00adsienne fut dis\u00adsoute. Aus\u00adsi\u00adt\u00f4t, la G\u00e9or\u00adgie repre\u00adnait, en mai 1918, son exis\u00adtence natio\u00adnale ind\u00e9\u00adpen\u00addante, inter\u00adrom\u00adpue par un si\u00e8cle d\u2019op\u00adpres\u00adsion&nbsp;russe.<\/p>\n<p>Les G\u00e9or\u00adgiens se mirent \u00e0 l\u2019\u0153uvre en vue d\u2019or\u00adga\u00adni\u00adser leur vie sur une base vrai\u00adment d\u00e9mo\u00adcra\u00adtique et m\u00eame socia\u00adliste. Des r\u00e9formes agraires tr\u00e8s radi\u00adcales, le suf\u00adfrage uni\u00adver\u00adsel pour hommes et femmes, furent intro\u00adduits. La G\u00e9or\u00adgie se d\u00e9cla\u00adra neutre, et de m\u00eame qu\u2019elle avait refu\u00ads\u00e9 de prendre part, avec les Bol\u00adche\u00advistes, au trai\u00adt\u00e9 de Brest-Litowsk, de m\u00eame elle refu\u00adsait de se joindre aux inter\u00adven\u00adtions arm\u00e9es de Deni\u00adkine et de Wrangel.<\/p>\n<p>La vie \u00e9co\u00adno\u00admique com\u00admen\u00ad\u00e7ait \u00e0 reprendre, et l\u2019ordre et la tran\u00adquilli\u00adt\u00e9 rela\u00adtive fai\u00adsaient dire aux r\u00e9fu\u00adgi\u00e9s russes que la G\u00e9or\u00adgie \u00e9tait le seul coin de l\u2019an\u00adcien empire o\u00f9 r\u00e9gnaient la paix et la liber\u00adt\u00e9. De son c\u00f4t\u00e9, la d\u00e9l\u00e9\u00adga\u00adtion socia\u00adliste inter\u00adna\u00adtio\u00adnale qui se ren\u00addit en G\u00e9or\u00adgie, en sep\u00adtembre 1920, se d\u00e9cla\u00adra enchant\u00e9e.<\/p>\n<h2>L\u2019invasion bolcheviste<\/h2>\n<p>Mal\u00adheu\u00adreu\u00adse\u00adment, le peuple g\u00e9or\u00adgien ne devait pas conti\u00adnuer \u00e0 jouir de son droit de vivre sa vie natio\u00adnale. Trots\u00adky, le chef du mili\u00adta\u00adrisme bol\u00adche\u00adviste, sut impo\u00adser son plan de conqu\u00eate imp\u00e9\u00adria\u00adliste aux autres Bol\u00adche\u00advistes, et en f\u00e9vrier 1921, sans d\u00e9cla\u00adra\u00adtion de guerre, les arm\u00e9es rouges com\u00adman\u00add\u00e9es par des g\u00e9n\u00e9\u00adraux tsa\u00adristes, enva\u00adhirent la G\u00e9or\u00adgie. Mal\u00adgr\u00e9 une r\u00e9sis\u00adtance h\u00e9ro\u00efque de toute la nation, le triomphe res\u00adta au nombre \u00e9cra\u00adsant des Russes, et la G\u00e9or\u00adgie fut sovi\u00e9\u00adti\u00ads\u00e9e. Les r\u00e9qui\u00adsi\u00adtions pour\u00adsui\u00advies m\u00e9tho\u00addi\u00adque\u00adment, en vue de trans\u00adpor\u00adter en Rus\u00adsie toutes les richesses, toutes les den\u00adr\u00e9es, cau\u00ads\u00e8rent en peu de temps la famine. Toute liber\u00adt\u00e9 poli\u00adtique et civile fut sup\u00adpri\u00adm\u00e9e, la Tch\u00e9\u00adka et l\u2019ar\u00adm\u00e9e russe r\u00e9gnant en ma\u00eetres tout puis\u00adsants. Les \u00e9l\u00e9\u00adments avan\u00adc\u00e9s, socia\u00adlistes et intel\u00adlec\u00adtuels furent arr\u00ea\u00adt\u00e9s comme otages. Jamais le r\u00e9gime tsa\u00adriste n\u2019a cau\u00ads\u00e9 autant de mis\u00e8re, de d\u00e9ses\u00adpoir que le r\u00e8gne san\u00adgui\u00adnaire des bol\u00adche\u00advistes s\u2019a\u00adbri\u00adtant. sons les plis du dra\u00adpeau ronge, soi-disant socia\u00adliste. Tou\u00adjours ami du peuple russe, le peuple g\u00e9or\u00adgien est abso\u00adlu\u00adment uni dans sa demande d\u2019\u00eatre lib\u00e9\u00adr\u00e9 des arm\u00e9es russes.<\/p>\n<p>En voyant qu\u2019au\u00adcune pro\u00adpa\u00adgande contre le pr\u00e9\u00adten\u00addu socia\u00adlisme-mar\u00adxisme bol\u00adche\u00adviste n\u2019\u00e9\u00adtait pos\u00adsible en G\u00e9or\u00adgie et que tout autre tra\u00advail d\u2019or\u00adga\u00adni\u00adsa\u00adtion sociale lui \u00e9tait inter\u00addit sous le r\u00e9gime de ter\u00adreur en vigueur, Tcher\u00adke\u00adsov se d\u00e9ci\u00adda \u00e0 reve\u00adnir en Europe pour d\u00e9fendre les droits de son pays devant  ceux qui sont convain\u00adcus que la liber\u00adt\u00e9 et la jus\u00adtice doivent faire les bases de l\u2019exis\u00adtence natio\u00adnale et individuelle.<\/p>\n<p>Tcher\u00adke\u00adsov a \u00e9t\u00e9 actif jus\u00adqu\u2019au moment o\u00f9 la mala\u00addie l\u2019a ter\u00adras\u00ads\u00e9. Il a pris la parole en public, pour la der\u00adni\u00e8re fois, le 30 mai 1921, au cours d\u2019un mee\u00adting orga\u00adni\u00ads\u00e9 sur son ini\u00adtia\u00adtive, en faveur des r\u00e9vo\u00adlu\u00adtion\u00adnaires empri\u00adson\u00adn\u00e9s en Rus\u00adsie. C\u2019est un sujet qui ne lais\u00adsait son esprit en repos, ni jour, ni nuit. Le mee\u00adting, pr\u00e9\u00adsi\u00add\u00e9 par le syn\u00addi\u00adca\u00adliste Tur\u00adner, fut un suc\u00adc\u00e8s. Quelques semaines avant sa mort, il s\u2019oc\u00adcu\u00adpait encore \u00e0 tra\u00adduire une bro\u00adchure publi\u00e9e par des G\u00e9or\u00adgiens en pro\u00adtes\u00adta\u00adtion contre le r\u00e9gime bol\u00adche\u00adviste et sa d\u00e9fense plus ou moins avou\u00e9e, par la d\u00e9l\u00e9\u00adga\u00adtion des <i>Trade Unions<\/i>, en Russie.<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n<\/p>\n<p>Voi\u00adl\u00e0 donc quelques pages de la vie d\u2019un homme qui a tou\u00adjours tra\u00advaill\u00e9 \u00e0 nous rap\u00adpro\u00adcher de l\u2019\u00e2ge de la liber\u00adt\u00e9 et de la soli\u00adda\u00adri\u00adt\u00e9, et qui a fait cela en cr\u00e9ant autour de lui une atmo\u00adsph\u00e8re d\u2019op\u00adti\u00admisme cou\u00adra\u00adgeux, de cama\u00adra\u00adde\u00adrie et de bons pro\u00adc\u00e9\u00add\u00e9s r\u00e9ci\u00adproques, qui a ensei\u00adgn\u00e9 \u00e0 ceux que la pro\u00adpa\u00adgande avait tou\u00adch\u00e9s, \u00e0 se sen\u00adtir <i>at home<\/i> dans l\u2019a\u00adnar\u00adchie. La G\u00e9or\u00adgie telle qu\u2019il la r\u00eavait nous, a tou\u00adjours paru extraite d\u2019une uto\u00adpie liber\u00adtaire. Puisse, en sou\u00adve\u00adnir de Tcher\u00adke\u00adsov, ce r\u00eave deve\u00adnir une r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9, pour la G\u00e9or\u00adgie et pour nous&nbsp;tous.<\/p>\n<p>[\/\u200bM.&nbsp;<sc>Net\u00adtlau<\/sc>\/\u200b]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[\/\u200b\u200bSuite\/\u200b\u200b] Durant neuf ou dix ann\u00e9es, jus\u00adqu\u2019en 1892, Tcher\u00adke\u00adsov pas\u00adsa quelques temps dans son pays, en G\u00e9or\u00adgie m\u00eame&nbsp;; il res\u00adta aus\u00adsi en Asie Mineure, \u00e0 Tr\u00e9\u00adbi\u00adzonde, \u00e0 Constan\u00adti\u00adnople, en Bul\u00adga\u00adrie et se trou\u00adva en der\u00adnier lieu \u00e0 Pl\u0153\u00adsh\u00adti, en Rou\u00adma\u00adnie, o\u00f9 demeu\u00adrait un de ses amis, le socia\u00adliste rou\u00admain, C. Dobro\u00ad\u00adgla\u00ad\u00adnu-Ghe\u00ad\u00adrea, auteur tr\u00e8s esti\u00adm\u00e9, \u00e9chapp\u00e9,&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[392],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-3323","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-plus-loin-na9-15-novembre-1925"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3323","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3323"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3323\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3323"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3323"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3323"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3323"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}