{"id":3543,"date":"2013-04-15T02:35:37","date_gmt":"2013-04-15T02:35:37","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2013\/04\/15\/sur-le-genie-dune-race-vaincue\/"},"modified":"2013-04-15T02:35:37","modified_gmt":"2013-04-15T02:35:37","slug":"sur-le-genie-dune-race-vaincue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2013\/04\/15\/sur-le-genie-dune-race-vaincue\/","title":{"rendered":"Sur le g\u00e9nie d\u2019une race vaincue"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3543?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3543?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 plus que jamais s\u00e9vit, non seule\u00adment au Maroc, mais dans toute notre Afrique du Nord, le r\u00e9gime du vol, du mas\u00adsacre et de la spo\u00adlia\u00adtion, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 se mul\u00adti\u00adplient les bom\u00adbar\u00adde\u00adments des vil\u00adlages maro\u00adcains par avions, et les h\u00e9ca\u00adtombes de ceux qui per\u00adsistent \u00e0 d\u00e9fendre leur pays contre l\u2019envahisseur cupide et cruel, \u00e0 l\u2019heure enfin, o\u00f9 les Arabes d\u2019Alg\u00e9rie et de Tuni\u00adsie, bien qu\u2019ayant lais\u00ads\u00e9 80.000 des leurs dans les tran\u00adch\u00e9es subissent, plus bru\u00adtal que jamais le Code f\u00e9roce et hon\u00adteux de l\u2019Indig\u00e9nat, il me pla\u00eet de mon\u00adtrer ici que ces vic\u00adtimes de la Force ne sont pas les brutes et les sau\u00advages, la <i>race inf\u00e9\u00adrieure<\/i> que le vain\u00adqueur ne cesse de nous pr\u00e9\u00adsen\u00adter, sans doute pour att\u00e9\u00adnuer son crime. Et pour cela, il me suf\u00adfi\u00adra de dire, ici, ce que furent \u00e0 tra\u00advers les si\u00e8cles l\u2019\u00e2me po\u00e9\u00adtique et le g\u00e9nie lit\u00adt\u00e9\u00adraire es vaincus.<\/p>\n<div align=\"center\">\n<strong><em>I<br>\n<br>Avant l\u2019islam<\/em><\/strong><\/div>\n<p>Que trouve-t-on \u00e0 l\u2019origine de toutes les lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adtures, ou plus exac\u00adte\u00adment le toutes les po\u00e9\u00adsies et de tous les arts, sinon l\u2019amour et le sen\u00adti\u00adment reli\u00adgieux&nbsp;? La puis\u00adsance de ces deux ins\u00adtincts dans l\u2019\u00e9volution po\u00e9\u00adtique et artis\u00adtique de l\u2019humanit\u00e9 fut recon\u00adnue par les cri\u00adtiques et les phi\u00adlo\u00adsophes de l\u2019antiquit\u00e9, les\u00adquels n\u2019h\u00e9sitaient pas \u00e0 d\u00e9fi\u00adnir l\u2019homme avec une pit\u00adto\u00adresque pr\u00e9\u00adci\u00adsion&nbsp;: un ani\u00admal amou\u00adreux et religieux.<\/p>\n<p>Et cela est mal\u00adheu\u00adreu\u00adse\u00adment&nbsp;vrai.<\/p>\n<p>Mais, de toutes les lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adtures et de toutes les po\u00e9\u00adsies qui ont, depuis les plus loin\u00adtaines ori\u00adgines, enchan\u00adt\u00e9 la vie humaine, fait oublier sa bri\u00e8\u00adve\u00adt\u00e9, ber\u00adc\u00e9 ses souf\u00adfrances, cares\u00ads\u00e9 ses chi\u00adm\u00e8res et ses espoirs, en lui don\u00adnant l\u2019illusion de l\u2019impossible bon\u00adheur, il en est une qui, d\u2019une fa\u00e7on par\u00adti\u00adcu\u00adli\u00e8\u00adre\u00adment \u00e9cla\u00adtante prouve la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 de cette doc\u00adtrine, sur\u00adtout en ce qui concerne l\u2019amour, c\u2019est de la lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture et de la po\u00e9\u00adsie arabes qu\u2019il s\u2019agit. On peut affir\u00admer que dans ses ori\u00adgines et ses sources l\u2019instinct amou\u00adreux l\u2019emporte de beau\u00adcoup sur l\u2019instinct reli\u00adgieux. Et pour\u00adtant mal\u00adgr\u00e9 l\u2019\u00e9vidence, il s\u2019est trou\u00adv\u00e9 des cri\u00adtiques qui, uni\u00adque\u00adment pr\u00e9\u00adoc\u00adcu\u00adp\u00e9s, hyp\u00adno\u00adti\u00ads\u00e9s m\u00eame par la grande figure de Moha\u00admed, seule\u00adment atten\u00adtifs au r\u00f4le immense qu\u2019il joua dans les des\u00adti\u00adn\u00e9es du peuple arabe consi\u00add\u00e8rent son livre, <i>Le livre<\/i>, comme la source unique et sacr\u00e9e de toute beau\u00adt\u00e9 et de tout id\u00e9al, dans cette branche de la famille de&nbsp;Sem.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s eux, c\u2019est \u00e0 peine si l\u2019histoire de la lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture arabe com\u00admen\u00adce\u00adrait quelques g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adtions avant le Pro\u00adph\u00e8te. Et le <i>Koran<\/i> serait l\u2019alpha et l\u2019om\u00e9ga de son \u00e9vo\u00adlu\u00adtion pour\u00adtant si vari\u00e9e et si f\u00e9conde.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019appui de cette \u00e9troite th\u00e9o\u00adrie, ils citent l\u2019opinion de cer\u00adtains auteurs arabes d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s anciens, qui taxent d\u2019ignorance abso\u00adlue tous les temps \u00e9cou\u00adl\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de Mohamed.<\/p>\n<p>\u2014 \u00ab&nbsp;Avant l\u2019Islam, affirment ces vieux \u00e9cri\u00advains, plus confits en pi\u00e9\u00adt\u00e9 que solides en \u00e9ru\u00addi\u00adtion, le cer\u00adveau de l\u2019Arabe \u00e9tait aus\u00adsi st\u00e9\u00adrile que les steppes de l\u2019Arabie P\u00e9tr\u00e9e&nbsp;; son c\u0153ur et son \u00e2me, non encore vivi\u00adfi\u00e9s par la parole de Dieu, \u00e9ga\u00adlaient en s\u00e9che\u00adresse et ari\u00addi\u00adt\u00e9 les \u00ab&nbsp;oued&nbsp;\u00bb taris par l\u2019\u00e9ternelle cani\u00adcule, c\u2019est Moha\u00admed et Moha\u00admed, seul, qui a f\u00e9con\u00add\u00e9 l\u2019imagination de sa race. \u00c0 son <i>Livre<\/i> dic\u00adt\u00e9 par Dieu, il convient de faire remon\u00adter, comme \u00e0 la source unique et v\u00e9ri\u00adtable, tout le fleuve po\u00e9\u00adtique et aus\u00adsi toutes les sciences qui depuis ont jailli d\u2019elle. Jusque-l\u00e0 le peuple arabe qui devait \u00eatre plus tard l\u2019\u00e9ducateur de tant d\u2019autres peuples a v\u00e9cu dans la <i>dja\u00adhi\u00adlya<\/i> qui est la <i>p\u00e9riode d\u2019ignorance<\/i>\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Et \u00e0 cette sen\u00adtence s\u00e9v\u00e8re, dic\u00adt\u00e9e par une pro\u00adfonde igno\u00adrance \u00e0 des sec\u00adtaires reli\u00adgieux, ont sous\u00adcrit beau\u00adcoup d\u2019orientalistes et d\u2019arabisants modernes.<\/p>\n<p>D\u2019autres, au contraire, plus \u00e9clai\u00adr\u00e9s et s\u2019appuyant sur des docu\u00adments incon\u00adnus ou m\u00e9con\u00adnus ont affirme que, bien avant l\u2019islam, le peuple arabe pos\u00ads\u00e9\u00addait une lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture dont les plus belles mani\u00adfes\u00adta\u00adtions furent d\u00e9truites par l\u2019Islam lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Quoi d\u2019\u00e9tonnant <i>a prio\u00adri<\/i>&nbsp;?<\/p>\n<p>Est-il un seul fon\u00adda\u00adteur de reli\u00adgion qui n\u2019ait lait table rase du pas\u00ads\u00e9&nbsp;? Le pre\u00admier geste des Pro\u00adph\u00e8tes et des Mes\u00adsies ne fut-il pas tou\u00adjours un geste de des\u00adtruc\u00adtion&nbsp;? Et le r\u00f4le des pre\u00admiers dis\u00adciples ne consis\u00adta-t-il pas \u00e0 faire remon\u00adter au Ma\u00eetre les ori\u00adgines de toute per\u00adfec\u00adtion intel\u00adlec\u00adtuelle et morale&nbsp;?<\/p>\n<p>Peut-on nier, par exemple, que des si\u00e8cles s\u2019\u00e9coul\u00e8rent, pen\u00addant les\u00adquels, aux yeux des chr\u00e9\u00adtiens, il n\u2019y eut que l\u2019\u00c9vangile, com\u00admen\u00adce\u00adment et fin de tout ici-bas&nbsp;?<\/p>\n<p>De m\u00eame pour tout bon musul\u00adman, il n\u2019y eut pen\u00addant long\u00adtemps, et il ne pou\u00advait y avoir ni po\u00e9\u00adsie ni science avant le Koran&nbsp;; pr\u00e9\u00adtendre le contraire \u00e9tait presque blas\u00adph\u00e9\u00adma\u00adtoire et&nbsp;impie.<\/p>\n<p>Mais, je le r\u00e9p\u00e8te, la cri\u00adtique n\u2019accepta pas aveu\u00adgl\u00e9\u00adment ce ver\u00addict dic\u00adt\u00e9 par la foi plu\u00adt\u00f4t que par l\u2019\u00e9tude et le vrai savoir. On ne man\u00adqua pas d\u2019opposer objec\u00adtions sur objec\u00adtions \u00e0 ceux qui, en des temps plus modernes, s\u2019efforc\u00e8rent. de conti\u00adnuer cette doc\u00adtrine sacer\u00addo\u00adtale en la propageant.<\/p>\n<p>On les ren\u00advoya d\u2019abord au <i>Livre des Livres<\/i>, \u00e0 la <i>Bible<\/i>. Ouvrez le <i>Livre des Rois<\/i> leur dit-on, et vous y ver\u00adrez la sagesse de Salo\u00admon com\u00adpa\u00adr\u00e9e \u00e0 celle des \u00c9gyp\u00adtiens, ces anc\u00eatres imm\u00e9\u00admo\u00adriaux des civi\u00adli\u00adsa\u00adtions humaines et \u00e0 <i>celle des Arabes<\/i>.<\/p>\n<p>De plus si les Arabes avaient \u00e9t\u00e9, avant Moha\u00admed, un peuple bar\u00adbare et d\u00e9nu\u00e9 de toute culture et de toute po\u00e9\u00adsie, com\u00adment auraient-ils pu se don\u00adner pour reine, celle qui fit \u00e0 Salo\u00admon la fameuse visite que l\u2019on sait, et qui, selon les t\u00e9moi\u00adgnages de saint Cyprien, de saint Cyrille d\u2019Alexandrie, fut de vraie race arabe et v\u00e9cut de longs jours, au c\u0153ur de l\u2019Arabie heu\u00adreuse, dans l\u2019Yemen. C\u2019est donc une grosse erreur de pr\u00e9\u00adtendre que bien avant Moha\u00admed le peuple arabe ne pos\u00ads\u00e9\u00addait ni une lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture, ni sur\u00adtout une po\u00e9sie.<\/p>\n<p>L\u2019amour, comme je le disais plus haut, et comme je le d\u00e9mon\u00adtre\u00adrais tout \u00e0 l\u2019heure, bien plus que la reli\u00adgion, en furent la source pro\u00adfonde et inta\u00adris\u00adsable, et c\u2019est au cours des si\u00e8cles ant\u00e9\u00adrieurs au Pro\u00adph\u00e8te et \u00e0 l\u2019islam que se pro\u00addui\u00adsirent les \u0153uvres les plus belles, les plus ardentes et les plus amou\u00adreuses, dont il nous reste quelques recueils peu connus.<\/p>\n<p>Chez ce peuple qui connut, dans toute sa valeur, le com\u00admu\u00adnisme pri\u00admi\u00adtif, et dont la vie s\u2019\u00e9coulait libre et fi\u00e8\u00adre\u00adment et errante dans le d\u00e9sert, nui ne pou\u00advait se dire po\u00e8te qui n\u2019eut \u00e9t\u00e9 amou\u00adreux et tout arabe bien n\u00e9 devait manier aus\u00adsi habi\u00adle\u00adment le vers que l\u2019\u00e9p\u00e9e.<\/p>\n<p>Seule\u00adment l\u2019Amour n\u2019\u00e9tait pas alors ce qu\u2019il devint apr\u00e8s que Moha\u00admed, au nom d\u2019Allah tout puis\u00adsant et mis\u00e9\u00adri\u00adcor\u00addieux, eut ins\u00adti\u00adtu\u00e9 la poly\u00adga\u00admie, empri\u00adson\u00adn\u00e9 la femme dans le s\u00e9rail, et divi\u00adni\u00ads\u00e9 sa chair aux d\u00e9pens de son \u00e2me et de son esprit.<\/p>\n<p>L\u2019Amour \u00e9tait, au contraire, en ces si\u00e8cles loin\u00adtains, tels que le r\u00eav\u00e8rent et le chan\u00adt\u00e8rent nos trou\u00adv\u00e8res et nos trou\u00adba\u00addours, \u00ab&nbsp;la petite fleur bleue au c\u0153ur d\u2019or&nbsp;\u00bb qu\u2019ils arro\u00adsaient de douces larmes et pour l\u2019\u00e9panouissement de laquelle ils \u00e9taient tou\u00adjours pr\u00eats \u00e0 ver\u00adser leur&nbsp;sang.<\/p>\n<p>De ces po\u00e8mes pleins de ten\u00addresse che\u00adva\u00adle\u00adresque, de ces contes d\u00e9bor\u00addant d\u2019amour, et dont la bru\u00adta\u00adli\u00adt\u00e9 et le mat\u00e9\u00adria\u00adlisme isla\u00admique devaient bien\u00adt\u00f4t tarir la source, tout n\u2019est pas per\u00addu, il s\u2019en faut. Une cou\u00adtume antique et tou\u00adchante de la race contri\u00adbua, pour beau\u00adcoup, \u00e0 en sau\u00adver d\u2019exquis et savou\u00adreux \u00e9chantillons.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s cette tra\u00addi\u00adtion, lorsqu\u2019un po\u00e8te avait enfan\u00adt\u00e9 une \u0153uvre excel\u00adlente, on ne se conten\u00adtait pas de la redire et de la chan\u00adter, le soir, \u00e0 la clar\u00adt\u00e9 de la lune, devant la tri\u00adbu assem\u00adbl\u00e9e&nbsp;; les plus anciens et les plus illustres par\u00admi les autres po\u00e8tes d\u00e9ci\u00addaient qu\u2019elle serait \u00e9crite en lettres d\u2019or et sus\u00adpen\u00addue aux murs de la Kaa\u00adba qui \u00e9tait un des plus antiques sanc\u00adtuaires du monde et occu\u00adpait l\u2019emplacement du pre\u00admier temple \u00e9le\u00adv\u00e9 en l\u2019honneur d\u2019Allah, \u00e0 La Mecque.<\/p>\n<p>Ain\u00adsi l\u2019inspiration divine du po\u00e8te se trou\u00advait \u00e0 l\u2019abri de la des\u00adtruc\u00adtion, pour la plus grande joie des g\u00e9n\u00e9\u00adra\u00adtions futures, d\u00e9si\u00adreuses d\u2019aimer et de chan\u00adter leurs amours comme le firent les a\u00efeux. Ces po\u00e9\u00adsies ain\u00adsi admises, pour ain\u00adsi dire, aux hon\u00adneurs de la divi\u00adni\u00adt\u00e9 deve\u00adnaient des <i>moal\u00adla\u00adg\u00e2s<\/i> (les sus\u00adpen\u00addues) ou encore des <i>mou\u00adza\u00adha\u00adb\u00e2s<\/i> (les dor\u00e9es).<\/p>\n<p>Toutes, je le r\u00e9p\u00e8te, ou \u00e0 peu pr\u00e8s toutes, \u00e9taient non pas des \u0153uvres reli\u00adgieuses, mais des po\u00e9\u00adsies et des contes d\u2019amour&nbsp;; et ce qui les carac\u00adt\u00e9\u00adrise plus encore et nous \u00e9claire de fa\u00e7on pr\u00e9\u00adcise sur ce qui \u00e9tait l\u2019\u00e2me arabe avant Moha\u00admed, c\u2019est que le po\u00e8te ou le conteur devait, dans sa <i>moal\u00adla\u00adg\u00e2<\/i> ou dans sa <i>mou\u00adza\u00adha\u00adb\u00e2<\/i>, chan\u00adter le los et les charmes d\u2019une femme qu\u2019il n\u2019avait jamais vue (<i>naci\u00adba<\/i>).<\/p>\n<p>Tels, je le r\u00e9p\u00e8te, nos trou\u00adba\u00addours de Pro\u00advence, avant la conqu\u00eate de Tou\u00adlouse par les bar\u00adbares du&nbsp;Nord.<\/p>\n<p>Et, par une sorte de r\u00e9gres\u00adsion qui ne manque ni de charme ni d\u2019impr\u00e9vu, ne voyons-nous pas nos po\u00e8tes contem\u00adpo\u00adrains\u200a\u2014\u200aj\u2019entends les po\u00e8tes notoires du r\u00e9gime que nous subis\u00adsons\u200a\u2014\u200ar\u00eaver de <i>prin\u00adcesses loin\u00adtaines<\/i>, exal\u00adter en rimes h\u00e9las&nbsp;! plu\u00adt\u00f4t indi\u00adgentes ou en proses n\u00e9bu\u00adleuses, les charmes non moins vapo\u00adreux de mys\u00adt\u00e9\u00adrieuses inconnues.<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<\/p>\n<p>On a dit que le carac\u00adt\u00e8re de la po\u00e9\u00adsie arabe \u00e9tait de pr\u00e9\u00adsen\u00adter, r\u00e9unis dans une seule pi\u00e8ce, les genres lyrique, h\u00e9ro\u00efque, \u00e9l\u00e9\u00adgiaque, \u00e9ro\u00adtique et sati\u00adrique. Cela est vrai depuis les temps contem\u00adpo\u00adrains de Moha\u00admed, ou pos\u00adt\u00e9\u00adrieurs \u00e0 l\u2019apparition du Koran. D\u00e8s ce moment, en effet, et notam\u00adment sous les Omniades, le grand et large fleuve po\u00e9\u00adtique n\u00e9 de l\u2019amour libre au D\u00e9sert se retire et la belle imp\u00e9\u00adtuo\u00adsi\u00adt\u00e9 de sa course se ralen\u00adtit sensiblement.<\/p>\n<p>Plus tard, les Alba\u00adnides donnent, par leur muni\u00adfi\u00adcence et leur g\u00e9n\u00e9\u00adro\u00adsi\u00adt\u00e9, le signal d\u2019un renou\u00adveau. Comme sous les suc\u00adces\u00adseurs d\u2019Alexandre, les po\u00e8tes et les conteurs arabes affectent une pr\u00e9\u00adco\u00adci\u00adt\u00e9, une com\u00adpli\u00adca\u00adtion qui ne sont, certes, pas sans m\u00e9rite, mais ne font pas oublier les simples, nobles et ardentes ins\u00adpi\u00adra\u00adtions de ceux qui chan\u00adt\u00e8rent avant l\u2019Islam.<\/p>\n<p>La richesse et la finesse de la pen\u00ads\u00e9e, les arti\u00adfices de la forme sont loin, mal\u00adgr\u00e9 tout, de pro\u00addui\u00adra des \u0153uvres com\u00adpa\u00adrables aux anciennes <i>moal\u00adlag\u00e1s<\/i> ou m\u00eame aux simples <i>qacid\u00e1s<\/i> (chants ou contes d\u2019amour) de&nbsp;jadis.<\/p>\n<p>En r\u00e9su\u00adm\u00e9 n\u00e9gli\u00adgeables sont plu\u00adt\u00f4t nombre de diwans (\u0153uvres com\u00adpl\u00e8tes d\u2019un po\u00e8te) qui virent le jour sous le Pro\u00adph\u00e8te et dans les temps qui sui\u00advirent la nais\u00adsance de l\u2019Islam. Et l\u2019\u00e9difice de la po\u00e9\u00adsie arabe et de la lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture pos\u00adtis\u00adla\u00admique serait bien fra\u00adgile, s\u2019il n\u2019avait \u00e0 la base et comme pierre angu\u00adlaire le <i>Koran<\/i>, les <i>Mille et une Nuits<\/i> (Alf Lai\u00adlah oua Lai\u00adlah) et la grande \u00e9po\u00adp\u00e9e d\u2019<i>Antar<\/i>.<\/p>\n<p>Mais, on ne sau\u00adrait trop le r\u00e9p\u00e9\u00adter, le tort des ara\u00adbi\u00adsants modernes fut, comme il nous reste \u00e0 le prou\u00adver, de ne voir dans l\u2019histoire de la lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture et de la po\u00e9\u00adsie arabes que ces trois chefs\u2011d\u2019\u0153uvre immor\u00adtels, et de faire le silence sur la longue \u00e9vo\u00adlu\u00adtion po\u00e9\u00adtique de la race arabe avant Mohamed.<\/p>\n<div align=\"center\">\n<p><strong><em>II<br>\n<br>Igno\u00adrance et mau\u00advaise&nbsp;foi<\/em><\/strong><\/p><\/div>\n<p>Seul, Sten\u00addhal, qui pour\u00adtant ne fut pas un ara\u00adbi\u00adsant dans le vrai sens de ce mot, eut une intui\u00adtion tr\u00e8s nette de la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, quand il \u00e9cri\u00advit&nbsp;: \u00ab&nbsp;De toutes les races et de tous les peuples qui, depuis l\u2019aurore des temps his\u00adto\u00adriques, se sont dis\u00adpu\u00adt\u00e9s la terre, l\u2019Arabe est celui qui le mieux a com\u00adpris l\u2019Amour comme source de po\u00e9sie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Comme lui je pense et r\u00e9p\u00e8te, ici, que quoiqu\u2019aient dit et \u00e9crit sur la sup\u00e9\u00adrio\u00adri\u00adt\u00e9 intel\u00adlec\u00adtuelle et morale des Aryas (dont l\u2019existence est d\u2019ailleurs aujourd\u2019hui controu\u00adv\u00e9e) des savants, admi\u00adra\u00adteurs enthou\u00adsiastes de nos a\u00efeux imm\u00e9\u00admo\u00adriaux d\u2019Asie, c\u2019est sous la tente du nomade, dans la gran\u00addiose et trou\u00adblante soli\u00adtude du D\u00e9sert que la petite \u00ab&nbsp;fleur bleue&nbsp;\u00bb trou\u00adva les condi\u00adtions les plus pro\u00adpices \u00e0 son com\u00adplet \u00e9panouissement.<\/p>\n<p>Pour ce reje\u00adton le plus sain, le plus robuste, le plus ind\u00e9\u00adpen\u00addant et le plus beau de la famille de Sem, la Nature ne fut pas, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019esprit et du c\u0153ur, aus\u00adsi injuste qu\u2019on le croit. Elle lui accor\u00adda, plus qu\u2019\u00e0 tout autre, le don d\u2019aimer, en com\u00adpen\u00adsa\u00adtion sans doute des sables arides, infi\u00adnis et br\u00fb\u00adlants qu\u2019elle lui conc\u00e9\u00addait pour tout douaire ici-bas.<\/p>\n<p>Si d\u2019une main avare, elle sema l\u2019oasis odo\u00adrante et fra\u00eeche, dans la st\u00e9\u00adrile immen\u00adsi\u00adt\u00e9, elle eut la jus\u00adtice d\u2019y mettre, avec la datte pr\u00e9\u00adcieuse, trois choses qui suf\u00adfisent au plein bon\u00adheur de l\u2019Arabe et lui donnent un avant-go\u00fbt de son Para\u00addis. D\u2019abord la femme, dont les grands yeux br\u00fblent \u00e0 tra\u00advers les longs cils noirs, comme les rayons du soleil peine tami\u00ads\u00e9s par les pal\u00admiers&nbsp;; puis la fr\u00e9\u00admis\u00adsante cavale au jar\u00adret d\u2019acier qui boit l\u2019espace, et enfin le svelte et maigre <i>slou\u00adghi<\/i> (l\u00e9vrier) qui la devance dans ses gri\u00adsantes chevauch\u00e9es.<\/p>\n<p>Outre ces trois incom\u00adpa\u00adrables mer\u00adveilles, et afin que l\u2019Arabe n\u2019eut rien \u00e0 envier de la part r\u00e9ser\u00adv\u00e9e aux autres, elle fit, chaque matin, s\u2019\u00e9panouir sur la nudi\u00adt\u00e9 blanche du D\u00e9sert, des aurores radieuses, et chaque soir des cr\u00e9\u00adpus\u00adcules divins. Et elle le dota d\u2019une \u00e2me son\u00adgeuse et de larges pru\u00adnelles sombres pour en savou\u00adrer, goutte \u00e0 goutte et sans las\u00adsi\u00adtude, l\u2019in\u00e9galable beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Voi\u00adla pour\u00adquoi, jusqu\u2019au jour o\u00f9 Moha\u00admed jeta le fana\u00adtisme farouche de sa reli\u00adgion dans cette \u00e2me simple et douce, les enfants bruns de l\u2019Arabie, p\u00e8res de ceux qui aujourd\u2019hui peinent et geignent en notre Afrique du Nord, furent le peuple de la terre qui sut le mieux aimer, chan\u00adter ses r\u00eaves et ses amours.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019un de ces enfants-l\u00e0, quelqu\u2019un deman\u00addait un jour&nbsp;: \u00ab&nbsp;De quel peuple es-tu&nbsp;?&nbsp;\u00bb\u200a\u2014\u200a\u00ab&nbsp;Je suis du peuple chez lequel, quand on aime, on meurt en chan\u00adtant&nbsp;\u00bb r\u00e9pon\u00addit-il. \u00ab&nbsp;Et main\u00adte\u00adnant, ajou\u00adta-t-il, si tu veux savoir pour\u00adquoi nous aimons ain\u00adsi, c\u2019est que nos femmes sont les plus belles et nos jeunes hommes les plus ardents que la Nature ai&nbsp;cr\u00e9\u00e9s.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est donc sous la tente pen\u00addant de longues nuits rem\u00adplies d\u2019amour comme le fir\u00adma\u00adment d\u2019\u00e9toiles que naquit cette po\u00e9\u00adsie, ni\u00e9e par quelques-uns, et devant laquelle, pour\u00adtant, auraient p\u00e2li nos trou\u00adba\u00addours. Au Long des strophes d\u2019une \u00e2pre et rude har\u00admo\u00adnie, la volup\u00adt\u00e9 cou\u00adlait et chan\u00adtait, sem\u00adblable tan\u00adt\u00f4t au mince filet d\u2019eau claire qui mur\u00admure sous les lau\u00adriers-roses de l\u2019oued, et tan\u00adt\u00f4t au tor\u00adrent d\u00e9vas\u00adta\u00adteur rou\u00adlant du Dje\u00adbel abrupt.<\/p>\n<p>Voi\u00adci plus de deux mille ans, comme aujourd\u2019hui leurs fr\u00e8res de notre Afrique, pen\u00adsifs et superbes, ils allaient pous\u00adsant la cha\u00admelle \u00e9tique et leurs maigres trou\u00adpeaux d\u2019oasis en oasis. Ils allaient par les aubes ins\u00adpi\u00adra\u00adtrices pleines de roses, que le ciel cl\u00e9\u00adment r\u00e9pan\u00addait, comme aujourd\u2019hui, sur le D\u00e9sert encore endor\u00admi, et ils mar\u00adchaient jusqu\u2019\u00e0 l\u2019heure o\u00f9 le soleil sus\u00adpen\u00addu ain\u00adsi qu\u2019un globe d\u2019or au z\u00e9nith, tom\u00adbant sur eux en pluie de feu, les obli\u00adgeait \u00e0 s\u2019arr\u00eater \u00e0 l\u2019ombre illu\u00adsoire de la dune ou du pal\u00admier. Puis tou\u00adjours sou\u00adriants et splen\u00addides, avec la m\u00eame allure calme et noble, ils repre\u00adnaient leur route vers la halte qui bien\u00adt\u00f4t sur\u00adgi\u00adrait au loin, dans la gloire rapide du cou\u00adchant, et o\u00f9 ne les atten\u00addaient point, comme aujourd\u2019hui leurs fr\u00e8res vain\u00adcus, les mitrailleuses du vain\u00adqueur ou la schlague de l\u2019officier.<\/p>\n<p>Enfin, venue la nuit, l\u2019\u0153il aux \u00e9toiles que la Nature fit pour eux plus brillantes, ils chan\u00adtaient et. fai\u00adsaient l\u2019amour libre\u00adment sous les regards de la lune que cette m\u00eame Nature vou\u00adlut encore plus \u00ab&nbsp;ami\u00adteuse&nbsp;\u00bb pour eux. Et quand ils \u00e9taient fati\u00adgu\u00e9s de caresses et de bai\u00adsers, assis autour des feux odo\u00adrants, ils se d\u00e9las\u00adsaient en contant des his\u00adtoires d\u2019amour mer\u00adveilleuses et qui d\u00e9pas\u00adsaient, peut-\u00eatre en beau\u00adt\u00e9, celle dont plus tard la divine Sch\u00e9\u00adh\u00e9\u00adra\u00adzade ber\u00ad\u00e7a les insom\u00adnies du sul\u00adtan&nbsp;cruel.<\/p>\n<p>Et d\u2019entendre ain\u00adsi ces trois mer\u00adveilles, la <i>femme<\/i>, le <i>cour\u00adrier<\/i> et le <i>slou\u00adghi<\/i>, magni\u00adfi\u00e9es en paroles har\u00admo\u00adnieuses, le D\u00e9sert tout entier fr\u00e9\u00admis\u00adsait dans l\u2019\u00e9ternelle s\u00e9r\u00e9\u00adni\u00adt\u00e9 de ses&nbsp;nuits\u2026<\/p>\n<div align=\"center\">\n<h2>III<\/h2>\n<\/div>\n<p>De ce que chan\u00adtaient et contaient avant le Pro\u00adph\u00e8te les enfants de Sem errant aux soli\u00adtudes d\u2019Arabie, j\u2019ai trou\u00adv\u00e9 un \u00e9cho fid\u00e8le, puisque affai\u00adbli, dans les chan\u00adsons et les r\u00e9cits qui charment encore les nuits arabes de notre Mogh\u2019reh. Ce serait, en effet, une grosse erreur de croire qu\u2019au Maroc comme en Alg\u00e9\u00adrie, dans la Tri\u00adpo\u00adli\u00adtaine et la Tuni\u00adsie, les conteurs puisent uni\u00adque\u00adment aujourd\u2019hui aux sources abon\u00addantes des Mille et une Nuits et de l\u2019\u00e9pop\u00e9e magique d\u2019<i>Antar<\/i>.<\/p>\n<p>J\u2019ajoute qu\u2019il est cri\u00admi\u00adnel, comme on le fait chez le vain\u00adqueur, d\u2019accr\u00e9diter la l\u00e9gende de la sau\u00adva\u00adge\u00adrie com\u00adpl\u00e8te, de l\u2019absolue d\u00e9ch\u00e9ance intel\u00adlec\u00adtuelle et morale du vaincu.<\/p>\n<p>Au cours des longs mois pas\u00ads\u00e9s pen\u00addant vingt ans sous la tente, je n\u2019ai ces\u00ads\u00e9 d\u2019entendre, tom\u00adber de la bouche des conteurs (med\u00addab) des po\u00e8mes et des r\u00e9cits amou\u00adreux que les savants contem\u00adpo\u00adrains les mieux ren\u00adsei\u00adgn\u00e9s sur la lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture arabe ne peuvent rat\u00adta\u00adcher aux deux grands chefs\u2011d\u2019\u0153uvre du g\u00e9nie oriental.<\/p>\n<p>Il est vrai que les orien\u00adta\u00adlistes de nos jours comme ceux de l\u2019\u00e9poque pas tr\u00e8s loin\u00adtaine o\u00f9 vivait Sten\u00addhal ont, le c\u0153ur tel\u00adle\u00adment des\u00ads\u00e9\u00adch\u00e9 par les habi\u00adtudes aca\u00add\u00e9\u00admiques, et peut-\u00eatre aus\u00adsi l\u2019\u00e2me \u00e0 ce point domes\u00adti\u00adqu\u00e9e qu\u2019ils sont res\u00adt\u00e9s et res\u00adtent encore, devant cer\u00adtains tr\u00e9\u00adsors lit\u00adt\u00e9\u00adraires de notre Afrique du Nord, comme une truie gras\u00adsouillette levant des beryls et des corindons.<\/p>\n<p>Tel l\u2019immortel et ignare biblio\u00adth\u00e9\u00adcaire de Flo\u00adrence devant le manus\u00adcrit de <i>Daph\u00adnis et Chlo\u00e9<\/i>, jusqu\u2019au jour o\u00f9 les hasards des guerres imp\u00e9\u00adriales jet\u00e8rent par\u00admi ses livres pous\u00adsi\u00e9\u00adreux, le capi\u00adtaine Cour\u00adrier (Paul-Louis), fr\u00e8re d\u2019armes de Sten\u00addhal. H\u00e9las&nbsp;! de nos jours encore, dans nos aca\u00add\u00e9\u00admies et nos biblio\u00adth\u00e8ques les Furia de Flo\u00adrence sont aus\u00adsi redou\u00adtables que les mites et les&nbsp;rats.<\/p>\n<p>Oui, tels ils \u00e9taient quand vivait l\u2019auteur de la <i>Char\u00adtreuse de Parme<\/i>, tels ils sont res\u00adt\u00e9s, igno\u00adrant les <i>Mer\u00adveilleuses his\u00adtoires ses Arabes morts d\u2019amour<\/i>, que le savant Ebn-Abi-Hadh\u00adlat com\u00adpi\u00adla, pour la plus grande joie des enfants na\u00effs du D\u00e9sert, et dont les manus\u00adcrits dorment tou\u00adjours, pou\u00addreux et res\u00adpec\u00adt\u00e9s, dans l\u2019immense \u00ab&nbsp;bazar aux livres&nbsp;\u00bb de la rue Richelieu.<\/p>\n<p>C\u2019est pour\u00adtant \u00e0 cette \u0153uvre g\u00e9niale, \u00e0 cette source sacr\u00e9e que puisent sur\u00adtout aujourd\u2019hui les po\u00e8tes et les conteurs de notre Afrique du&nbsp;Nord.<\/p>\n<p>Cela suf\u00adfi\u00adrait \u00e0 expli\u00adquer le m\u00e9pris ou l\u2019ignorance de nos orien\u00adta\u00adlistes et afri\u00adca\u00adnistes offi\u00adciels&nbsp;; c\u2019est d\u2019ailleurs ce que, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de nos vain\u00adcus, je me pro\u00adpose de d\u00e9mon\u00adtrer ici m\u00eame, en consa\u00adcrant ma pro\u00adchaine chro\u00adnique \u00e0 la lit\u00adt\u00e9\u00adra\u00adture contem\u00adpo\u00adraine de l\u2019Alg\u00e9rie, de la Tuni\u00adsie et du Maroc, d\u2019apr\u00e8s des \u00e9tudes per\u00adson\u00adnelles lon\u00adgue\u00adment pour\u00adsui\u00advies l\u00e0-bas.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cela vien\u00addront des chro\u00adniques sur Han Ryner, sur S\u00e9ve\u00adrine, sur <i>La guerre comme ins\u00adpi\u00adra\u00adtrice lit\u00adt\u00e9\u00adraire<\/i>, avec Romain Rol\u00adland, Bar\u00adbusse, Mar\u00adcel Mar\u00adti\u00adnet, sur <i>le para\u00adsi\u00adtisme lit\u00adt\u00e9\u00adraire dans notre soci\u00e9\u00adt\u00e9 capi\u00adta\u00adliste et bour\u00adgeoise<\/i>, etc.,&nbsp;etc.<\/p>\n<p>[\/\u200bP. <sc>Vign\u00e9 d\u2019Octon<\/sc>.\/\u200b]<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 plus que jamais s\u00e9vit, non seule\u00adment au Maroc, mais dans toute notre Afrique du Nord, le r\u00e9gime du vol, du mas\u00adsacre et de la spo\u00adlia\u00adtion, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 se mul\u00adti\u00adplient les bom\u00adbar\u00adde\u00adments des vil\u00adlages maro\u00adcains par avions, et les h\u00e9ca\u00adtombes de ceux qui per\u00adsistent \u00e0 d\u00e9fendre leur pays contre l\u2019envahisseur cupide et&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[422],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-3543","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-revue-anarchiste-na10-octobre-1922"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3543","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3543"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3543\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3543"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3543"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3543"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3543"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}