{"id":3551,"date":"2013-05-11T11:14:17","date_gmt":"2013-05-11T11:14:17","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2013\/05\/11\/faut-il-dire-la-verite\/"},"modified":"2013-05-11T11:14:17","modified_gmt":"2013-05-11T11:14:17","slug":"faut-il-dire-la-verite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2013\/05\/11\/faut-il-dire-la-verite\/","title":{"rendered":"Faut-il dire la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;?"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>_\u200b <\/p>\n<div align=\"justify\">\n\n<p>\u00ab&nbsp;La V\u00e9ri\u00adt\u00e9 est-elle tou\u00adjours bonne \u00e0 dire&nbsp;?&nbsp;\u00bb se demandent cer\u00adtaines per\u00adsonnes bien inten\u00adtion\u00adn\u00e9es qui craignent qu\u2019en la disant on d\u00e9cha\u00eene maintes catas\u00adtrophes. La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 serait-elle donc si ter\u00adrible, si cruelle, si inhu\u00admaine qu\u2019il ne faille point la dire&nbsp;? Fau\u00addra-t-il la cacher, comme on cache ses par\u00adties sexuelles que d\u2019une part l\u2019on pro\u00adclame hon\u00adteuses et, d\u2019autre part, sacr\u00e9es, du moment qu\u2019elles pro\u00adpagent la vie&nbsp;? Ques\u00adtion \u00e0 laquelle il importe de r\u00e9pondre. Mais avant d\u2019y r\u00e9pondre, ne convien\u00addrait-il pas de recher\u00adcher ce que l\u2019on entend par le mot \u00ab&nbsp;v\u00e9rit\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que la V\u00e9ri\u00adt\u00e9, avec ou sans majus\u00adcule, peu importe&nbsp;? Il n\u2019y a pas qu\u2019une seule v\u00e9ri\u00adt\u00e9, en d\u00e9pit de ce que pensent ceux qui pr\u00e9\u00adtendent en d\u00e9te\u00adnir le mono\u00adpole. Il y en a plu\u00adsieurs. La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 est aus\u00adsi nuan\u00adc\u00e9e que le cou de la colombe \u00e0 laquelle Renan la com\u00adpa\u00adrait. Elle affecte plu\u00adsieurs visages, selon le temps et les milieux.<\/p>\n<p>Il y a d\u2019a\u00adbord la V\u00e9ri\u00adt\u00e9 en soi, dog\u00adma\u00adtique, objec\u00adtive, immuable et \u00e9ter\u00adnelle, en dehors de l\u2019homme, qui est celle des th\u00e9o\u00adlo\u00adgiens. Ils n\u2019ad\u00admettent qu\u2019une v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;: celle qu\u2019ils pro\u00adclament. Ils rejettent tout ce qui s\u2019en \u00e9carte. Ils la tiennent d\u2019une auto\u00adri\u00adt\u00e9 sup\u00e9\u00adrieure, c\u2019est un don du ciel. II ne faut pas y tou\u00adcher&nbsp;: ce serait un sacri\u00adl\u00e8ge. Une telle v\u00e9ri\u00adt\u00e9 ne se dis\u00adcute pas&nbsp;: c\u2019est un acte de&nbsp;foi.<\/p>\n<p>La V\u00e9ri\u00adt\u00e9 des m\u00e9ta\u00adphy\u00adsi\u00adciens est plus humaine, en ce sens qu\u2019elle sup\u00adpose cer\u00adtaines recherches pour r\u00e9pondre \u00e0 la ques\u00adtion que tout homme rai\u00adson\u00adnable ne peut pas ne point se poser&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quel est le sens de la vie&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Recherches qui ne vont pas sans quelque doute. Les grands pro\u00adbl\u00e8mes qu\u2019elle sou\u00adl\u00e8ve, maint phi\u00adlo\u00adsophe les a r\u00e9so\u00adlus selon son tem\u00adp\u00e9\u00adra\u00adment, les uns incli\u00adnant vers l\u2019op\u00adti\u00admisme, les autres vers le pes\u00adsi\u00admisme. Il en est r\u00e9sul\u00adt\u00e9 de belles construc\u00adtions, autant de vues de l\u2019es\u00adprit, qu\u2019il sied de consi\u00add\u00e9\u00adrer comme des po\u00e8mes ou des \u0153uvres d\u2019art.<\/p>\n<p><i>Ami\u00adcus Pla\u00adto, sed ami\u00adco veri\u00adtas<\/i> (Pla\u00adton m\u2019est cher, mais j\u2019aime encore mieux la v\u00e9ri\u00adt\u00e9), disaient les anciens, signi\u00adfiant par l\u00e0 que l\u2019au\u00adto\u00adri\u00adt\u00e9 d\u2019un phi\u00adlo\u00adsophe ne suf\u00adfit pas pour que l\u2019on adopte son opi\u00adnion, mais qu\u2019il faut encore que celle-ci soit conforme \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Des\u00adcen\u00addons des hau\u00adteurs de la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 en soi, immuable et \u00e9ter\u00adnelle, pour rejoindre la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 sub\u00adjec\u00adtive, qui r\u00e9sulte chez l\u2019in\u00addi\u00advi\u00addu de l\u2019ac\u00adcord de la pen\u00ads\u00e9e avec son objet, ce que Guy de Mau\u00adpas\u00adsant appe\u00adlait \u00ab&nbsp;l\u2019humble v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb. La femme nue au miroir, sor\u00adtant d\u2019un puits, qui per\u00adson\u00adni\u00adfiait pour les anciens la V\u00e9ri\u00adt\u00e9, est far\u00add\u00e9e et camou\u00adfl\u00e9e d\u00e8s qu\u2019elle se montre par\u00admi les hommes&nbsp;! Ils ont pris soin de la v\u00eatir d\u2019une robe pudique qui dis\u00adsi\u00admule aux yeux de tous ses app\u00e2ts. Il faut la d\u00e9sha\u00adbiller, alors elle nous appa\u00adra\u00ee\u00adtra pure comme une eau lus\u00adtrale et lim\u00adpide comme un ciel sans nuages.<\/p>\n<p>La logique, qui est l\u2019art de pen\u00adser, se pro\u00adpose de s\u00e9pa\u00adrer la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 de l\u2019er\u00adreur. Elle use de cer\u00adtaines m\u00e9thodes qui per\u00admettent de la d\u00e9ce\u00adler. En bonne logique, deux et deux font quatre, ce dont ne convien\u00addront jamais les sec\u00adtaires. Il y a des gens avec les\u00adquels il est inutile de dis\u00adcu\u00adter&nbsp;: c\u2019est perdre son temps que d\u2019es\u00adsayer de les convaincre. \u00c0 quoi bon leur dire la v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;? Le mieux, avec eux, c\u2019est de se taire et de leur tour\u00adner le&nbsp;dos.<\/p>\n<p>La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 scien\u00adti\u00adfique s\u2019op\u00adpose \u00e0 la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 dog\u00adma\u00adtique. Elle est plu\u00adra\u00adliste et rela\u00adti\u00adviste. La science n\u2019a jamais dit son der\u00adnier mot. Ses erreurs m\u00eames la servent. L\u2019er\u00adreur d\u2019au\u00adjourd\u2019\u00adhui sera la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 de demain, et inver\u00adse\u00adment. V\u00e9ri\u00adt\u00e9 mou\u00advante que celle de la science. Les th\u00e9o\u00adries se suc\u00adc\u00e8dent, se confirment ou s\u2019in\u00adfirment. Il y a, dans la science comme dans l\u2019art, des modes qui durent ce que durent les modes. La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 actuelle de la science, c\u2019est l\u2019a\u00adto\u00admisme. Puisse-elle ne pas deve\u00adnir une erreur&nbsp;!<\/p>\n<p>La science a mal\u00adheu\u00adreu\u00adse\u00adment ses dogmes, que les faux savants opposent aux recherches d\u00e9s\u00adin\u00adt\u00e9\u00adres\u00ads\u00e9es. Ils n\u2019ad\u00admettent pas qu\u2019on d\u00e9couvre apr\u00e8s eux de nou\u00advelles v\u00e9ri\u00adt\u00e9s. Ils veulent avoir rai\u00adson co\u00fbte que co\u00fbte. Leur veto est sans appel. Ce qui prouve qu\u2019ils n\u2019ont point l\u2019es\u00adprit scien\u00adti\u00adfique. Leur auto\u00adri\u00adta\u00adrisme rejoint celui des th\u00e9o\u00adlo\u00adgiens&nbsp;: il ne vaut pas&nbsp;mieux.<\/p>\n<p>Com\u00adment ose\u00adrait-on par\u00adler d\u2019une v\u00e9ri\u00adt\u00e9 scien\u00adti\u00adfique, alors que tous les vrais savants r\u00e9p\u00e8tent depuis Socrate&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tout ce que je sais, c\u2019est que je ne sais rien&nbsp;\u00bb&nbsp;? Voi\u00adl\u00e0 une v\u00e9ri\u00adt\u00e9 que l\u2019on ne peut nier&nbsp;: nous ne savons rien, ou presque, du monde qui nous entoure. Nous avons beau\u00adcoup de connais\u00adsances, mais peu de cer\u00adti\u00adtudes. Nous t\u00e2ton\u00adnons dans les t\u00e9n\u00e8bres. Sans pro\u00adcla\u00admer, avec Bru\u00adne\u00adti\u00e8re, la faillite de la science, pen\u00adsons avec Ein\u00adstein qu\u2019elle n\u2019est pas infaillible. Nous nageons dans la rela\u00adti\u00advi\u00adt\u00e9. Soyons pru\u00addents. Comme Des\u00adcartes, n\u2019af\u00adfir\u00admons rien au hasard, fai\u00adsons la preuve des v\u00e9ri\u00adt\u00e9s que nous avan\u00e7ons.<\/p>\n<p>Le ter\u00adrain de la morale est encore plus mou\u00advant que celui de la science. \u00ab&nbsp;Trois degr\u00e9s d\u2019\u00e9\u00adl\u00e9\u00adva\u00adtion du p\u00f4le changent toute la juris\u00adpru\u00addence&nbsp;\u00bb, au dire de Pas\u00adcal, qui ajou\u00adtait&nbsp;: \u00ab&nbsp;V\u00e9ri\u00adt\u00e9 en de\u00e7\u00e0, erreur au-del\u00e0&nbsp;\u00bb, deux peuples voi\u00adsins n\u2019ayant ni les m\u00eames m\u0153urs ni les m\u00eames habi\u00adtudes. \u00c0 plus forte rai\u00adson les peuples que s\u00e9parent les dis\u00adtances, en d\u00e9pit des d\u00e9cou\u00advertes qui peuvent les rap\u00adpro\u00adcher. Ce qui est moral ici cesse de l\u2019\u00eatre plus loin. Pas\u00ads\u00e9 telle fron\u00adti\u00e8re, je ne suis plus punis\u00adsable si j\u2019ac\u00adcom\u00adplis tel geste que la morale d\u2019en face r\u00e9pu\u00addie. Com\u00adment d\u00e8s lors y aurait-il en morale une V\u00e9ri\u00adt\u00e9 stable et uni\u00adver\u00adselle&nbsp;? Il faut cepen\u00addant admettre qu\u2019il est des lois morales valables pour tous les peuples. V\u00e9ri\u00adt\u00e9s pre\u00admi\u00e8res que l\u2019homme ne peut nier sans se nier lui-m\u00eame&nbsp;: le res\u00adpect de sa propre vie est l\u2019une d\u2019elles.<\/p>\n<p>Le prag\u00adma\u00adtisme, dont l\u2019a\u00adm\u00e9\u00adri\u00adcain William James s\u2019est fait le pro\u00adpa\u00adgan\u00addiste, pose en prin\u00adcipe cet axiome&nbsp;: \u00ab&nbsp;Est vrai tout ce qui est utile&nbsp;\u00bb. Piran\u00addel\u00adlo a trou\u00adv\u00e9 la for\u00admule qui convient \u00e0 ce genre de v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cha\u00adcun sa v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb. D\u2019o\u00f9 nous devons conclure qu\u2019il y a autant de v\u00e9ri\u00adt\u00e9s que d\u2019in\u00addi\u00advi\u00addus. Toutes ces v\u00e9ri\u00adt\u00e9s se com\u00adbattent, se neu\u00adtra\u00adlisent, se rejoignent ou se com\u00adpl\u00e8tent. Cha\u00adcun se pr\u00e9\u00adtend \u00ab&nbsp;en pos\u00adses\u00adsion de la v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb, et au nom de sa v\u00e9ri\u00adt\u00e9, refuse au voi\u00adsin le droit d\u2019a\u00advoir la sienne.<\/p>\n<p>Nul n\u2019est en pos\u00adses\u00adsion de la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, nul n\u2019en d\u00e9tient le mono\u00adpole. Cepen\u00addant nous enten\u00addons chaque jour des gens affir\u00admer <i>ex cathe\u00addra<\/i> qu\u2019ils disent la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, que celle-ci sort de leur bouche, qu\u2019ils sont dans le vrai, qu\u2019ils ont rai\u00adson, que qui\u00adconque ne pense pas comme eux est un tra\u00eetre, etc. Com\u00adment pour\u00adrait-on se recon\u00adna\u00eetre dans cette foire aux v\u00e9ri\u00adt\u00e9s o\u00f9 les char\u00adla\u00adtans qui ont le plus de bagout sont crus sur paroles&nbsp;? Cha\u00adcun cherche \u00e0 impo\u00adser aux autres ses id\u00e9es. Toutes leurs th\u00e9o\u00adries abou\u00adtissent au m\u00eame r\u00e9sul\u00adtat&nbsp;: l\u2019ex\u00adploi\u00adta\u00adtion de leurs semblables.<\/p>\n<p>L\u2019a\u00admour de la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 dont se targuent cer\u00adtains hommes n\u2019est que celui du men\u00adsonge plus ou moins d\u00e9guis\u00e9.<\/p>\n<p>O v\u00e9ri\u00adt\u00e9, que de men\u00adsonges on com\u00admet en ton nom&nbsp;! La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 des uns n\u2019est pas celle des autres. La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du poli\u00adti\u00adcien c\u2019est de pr\u00e9\u00adpa\u00adrer sa r\u00e9\u00e9lec\u00adtion, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 de l\u2019\u00e9\u00adlec\u00adteur c\u2019est d\u2019a\u00advoir une sin\u00e9\u00adcure, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du mer\u00adcan\u00adti c\u2019est de faire mon\u00adter le co\u00fbt de la vie, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du gang\u00adster c\u2019est de d\u00e9trous\u00adser les pas\u00adsants au coin des rues, la, v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du gen\u00addarme c\u2019est de nous mettre la main au col\u00adlet, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du juge c\u2019est d\u2019en\u00advoyer au bagne un inno\u00adcent, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du mora\u00adliste c\u2019est de mettre en pra\u00adtique la maxime&nbsp;: \u00ab&nbsp;Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais&nbsp;\u00bb, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du croyant c\u2019est de nous ame\u00adner \u00e0 par\u00adta\u00adger sa foi, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du diplo\u00admate c\u2019est de \u00ab&nbsp;divi\u00adser pour r\u00e9gner&nbsp;\u00bb, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du pro\u00adduc\u00adteur c\u2019est de vendre le plus cher pos\u00adsible ses pro\u00adduits, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du consom\u00adma\u00adteur c\u2019est de les avoir pour rien, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du per\u00adcep\u00adteur c\u2019est de nous acca\u00adbler de feuilles d\u2019im\u00adp\u00f4ts, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du fonc\u00adtion\u00adnaire c\u2019est d\u2019\u00e9\u00adcon\u00adduire le public, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 du patron c\u2019est de faire tra\u00advailler ses ouvriers, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 des ouvriers c\u2019est d\u2019en faire le moins pos\u00adsible, et ain\u00adsi de suite, du haut en bas de l\u2019\u00e9\u00adchelle sociale. Autant d\u2019in\u00addi\u00advi\u00addus, autant de v\u00e9ri\u00adt\u00e9s. Exploi\u00adteurs et exploi\u00adt\u00e9s, riches et pauvres, jeunes et vieux, savants et igno\u00adrants ont cha\u00adcun sa v\u00e9ri\u00adt\u00e9, ou plu\u00adt\u00f4t, son mensonge.<\/p>\n<p>Dans ce monde far\u00adci de contre-v\u00e9ri\u00adt\u00e9s, quelle sera notre v\u00e9ri\u00adt\u00e9, et com\u00adment la dirons-nous si nous jugeons qu\u2019elle est bonne \u00e0&nbsp;dire&nbsp;?<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n_<\/p>\n<p>Notre v\u00e9ri\u00adt\u00e9 consis\u00adte\u00adra \u00e0 dire aux autres leurs \u00ab&nbsp;quatre v\u00e9ri\u00adt\u00e9s&nbsp;\u00bb, \u00e0 nous abs\u00adte\u00adnir de prendre part \u00e0 leurs que\u00adrelles, de pro\u00adces\u00adsion\u00adner en leur com\u00adpa\u00adgnie, de nous inf\u00e9o\u00adder \u00e0 un par\u00adti. Elle consis\u00adte\u00adra \u00e0 refu\u00adser d\u2019ac\u00adcom\u00adplir tel geste de sou\u00admis\u00adsion pour en tirer des avan\u00adtages, \u00e0 tenir nos enga\u00adge\u00adments, \u00e0 ne jamais nous renier.<\/p>\n<p>Notre v\u00e9ri\u00adt\u00e9 ne cherche pas \u00e0 vaincre, mais \u00e0 convaincre. Elle n\u2019im\u00adpose pas ses id\u00e9es, elle se borne \u00e0 les expo\u00adser. Notre v\u00e9ri\u00adt\u00e9, c\u2019est de reje\u00adter tout auto\u00adri\u00adta\u00adrisme, d\u2019u\u00adser de tol\u00e9\u00adrance envers tous, de pra\u00adti\u00adquer l\u2019en\u00adtr\u2019aide et la r\u00e9ci\u00adpro\u00adci\u00adt\u00e9, c\u2019est de don\u00adner l\u2019exemple d\u2019une par\u00adfaite ind\u00e9\u00adpen\u00addance. Pro\u00adgramme qui com\u00adporte cer\u00adtains risques si l\u2019on songe que les autres s\u2019op\u00adpo\u00adse\u00adront par tous les moyens en leur pou\u00advoir \u00e0 ce que nous disions notre v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Il sera n\u00e9ces\u00adsaire, pour la dire, d\u2019u\u00adser d\u2019une tech\u00adnique appro\u00adpri\u00e9e. Dans l\u2019in\u00adt\u00e9\u00adr\u00eat m\u00eame de la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, il sied d\u2019\u00eatre pru\u00addent (pru\u00addence que l\u2019on ne sau\u00adrait qua\u00adli\u00adfier de l\u00e2che\u00adt\u00e9). Avec les brutes il n\u2019y a rien \u00e0 faire. Aucun argu\u00adment ne les convainc. Quant aux autres, on peut tou\u00adjours les rame\u00adner \u00e0 la rai\u00adson, si tou\u00adte\u00adfois leur cer\u00adveau n\u2019est pas com\u00adpl\u00e8\u00adte\u00adment obnubil\u00e9.<\/p>\n<p>Il fau\u00addrait, avant toute recherche, pr\u00e9\u00adci\u00adser le sens de cer\u00adtains mots. Cha\u00adcun les inter\u00adpr\u00e8te \u00e0 sa fa\u00e7on, leur fai\u00adsant dire ce qu\u2019il veut. Ils ont un envers et un endroit. \u00c0 la longue, ils finissent par s\u2019u\u00adser, comme les pi\u00e8ces de mon\u00adnaie, dont l\u2019ef\u00adfi\u00adgie ne se voit plus. Ils perdent leur sens pri\u00admi\u00adtif. Le m\u00eame mot n\u2019a plus la m\u00eame signi\u00adfi\u00adca\u00adtion, selon qu\u2019il est pro\u00adnon\u00adc\u00e9 par un homme intel\u00adli\u00adgent ou par un imb\u00e9\u00adcile. Il peut faire beau\u00adcoup de bien ou beau\u00adcoup de&nbsp;mal.<\/p>\n<p>Ne nous ser\u00advons des mots que pour expri\u00admer des v\u00e9ri\u00adt\u00e9s. Ne leur attri\u00adbuons pas un sens qu\u2019ils n\u2019ont pas. Ce serait tra\u00adhir le lan\u00adgage, et jus\u00adti\u00adfier l\u2019o\u00adpi\u00adnion d\u2019un diplo\u00admate qui pr\u00e9\u00adten\u00addait qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 don\u00adn\u00e9 \u00e0 l\u2019homme pour mentir.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Il faut avoir le cou\u00adrage de recher\u00adcher la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 et de la dire&nbsp;\u00bb, selon le mot de Jau\u00adr\u00e8s. Ce cou\u00adrage, beau\u00adcoup d\u2019hommes ne l\u2019ont pas. Il faut peut-\u00eatre encore plus de cou\u00adrage pour la dire que pour la recher\u00adcher, car on la dit aux yeux de tous, et on la recherche dans le silence de la tour d\u2019ivoire.<\/p>\n<p>Quand on a une opi\u00adnion, on doit la d\u00e9fendre jus\u00adqu\u2019au bout. On refu\u00adse\u00adra tou\u00adte\u00adfois de dis\u00adcu\u00adter avec un adver\u00adsaire d\u00e9loyal qui, pour nous embar\u00adras\u00adser, tourne autour de la ques\u00adtion. On ne dis\u00adcute pas avec un esprit faux ou un illumin\u00e9.<\/p>\n<p>[|<b>*  *  *  *<\/b>|]<br>\n_<\/p>\n<p>Il y a quelque chose de plus cou\u00adra\u00adgeux que de recher\u00adcher la v\u00e9ri\u00adt\u00e9. C\u2019est de recon\u00adna\u00eetre ses erreurs et de les r\u00e9parer.<\/p>\n<p>L\u2019im\u00adpor\u00adtant, en toute chose, c\u2019est d\u2019\u00eatre sin\u00adc\u00e8re. Alors, on a la conscience tran\u00adquille. On n\u2019a rien \u00e0 se reprocher.<\/p>\n<p>Toute v\u00e9ri\u00adt\u00e9 est bonne \u00e0 dire, seule\u00adment il y a la mani\u00e8re, et cette mani\u00e8re importe plus peut-\u00eatre que la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, car c\u2019est d\u2019elle que d\u00e9pend sa vic\u00adtoire ou sa d\u00e9faite.<\/p>\n<p>La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 est bonne \u00e0 dire dans cer\u00adtaines cir\u00adcons\u00adtances, elle ne l\u2019est pas dans d\u2019autres. On sai\u00adsi\u00adra l\u2019ins\u00adtant pro\u00adpice pour la dire, car il est des moments o\u00f9 la dire ne ser\u00advi\u00adrait \u00e0 rien et lui nui\u00adrait plu\u00adt\u00f4t. Toute mal\u00adadresse est \u00e0 \u00e9vi\u00adter, dans son int\u00e9\u00adr\u00eat m\u00eame. On peut, en r\u00e9su\u00adm\u00e9, for\u00admu\u00adler cette r\u00e8gle&nbsp;: \u00ab&nbsp;Toute v\u00e9ri\u00adt\u00e9 qui fait du bien est bonne \u00e0 dire, toute v\u00e9ri\u00adt\u00e9 qui fait du mal ne l\u2019est pas&nbsp;\u00bb. On devra avoir assez de jugeote pour les dis\u00adtin\u00adguer l\u2019une de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Il y a des v\u00e9ri\u00adt\u00e9s qu\u2019il faut dire en public et d\u2019autres qu\u2019il faut gar\u00adder pour soi. Il en est que l\u2019on ne doit dire qu\u2019\u00e0 un petit nombre de per\u00adsonnes qui ont int\u00e9\u00adr\u00eat \u00e0 les conna\u00eetre parce qu\u2019elles ne concernent qu\u2019elles. Il en est enfin que l\u2019on ne doit qu\u2019\u00e0 une seule per\u00adsonne, l\u2019in\u00adt\u00e9\u00adr\u00eat public ces\u00adsant ici d\u2019\u00eatre en&nbsp;jeu.<\/p>\n<p>On ne doit la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 qu\u2019\u00e0 ceux que l\u2019on aime, disait Lacor\u00addaire. J\u2019es\u00adtime qu\u2019on la doit aus\u00adsi \u00e0 ceux que l\u2019on n\u2019aime pas. On la doit aux ren\u00e9\u00adgats, aux fan\u00adtoches, aux girouettes. On la doit aux faux bons\u00adhommes qui, de quelque nom qu\u2019ils s\u2019af\u00adfublent, m\u00e9ritent qu\u2019on les mette au pied du mur. On la doit au trou\u00adpeau comme \u00e0 l\u2019\u00e9\u00adlite. On la doit \u00e0 tous et \u00e0 toutes. La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 tombe o\u00f9 elle peut, sur un bon ou un mau\u00advais ter\u00adrain, elle frappe \u00e0 toutes les portes, qui, toutes, ne s\u2019ouvrent pas devant elle. L\u2019im\u00adpor\u00adtant, c\u2019est de l\u2019a\u00advoir&nbsp;dite.<\/p>\n<p>La spi\u00adri\u00adtuelle Madame du Def\u00adfand avait un mot pro\u00adfond&nbsp;: \u00ab&nbsp;Toutes les v\u00e9ri\u00adt\u00e9s ne sont pas bonnes \u00e0 dire, mais elles sont bonnes \u00e0 entendre&nbsp;\u00bb. En quoi elle recon\u00adnais\u00adsait la n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9 mal\u00adgr\u00e9 tout de les dire, car les dire c\u2019est encore se rendre utile \u00e0 la collectivit\u00e9.<\/p>\n<p>Recher\u00adcher la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 l\u2019a\u00advoir trou\u00adv\u00e9e. C\u2019est avoir un but dans la vie, un id\u00e9al que l\u2019on s\u2019ef\u00adforce de r\u00e9a\u00adli\u00adser. Id\u00e9al de per\u00adfec\u00adtion\u00adne\u00adment et de ma\u00ee\u00adtrise indi\u00advi\u00adduelle qui pro\u00adfite \u00e0 soi-m\u00eame autant qu\u2019aux autres.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Il faut croire \u00e0 une v\u00e9ri\u00adt\u00e9 au moins tem\u00adpo\u00adraire,\u200a\u2014\u200a\u00e9cri\u00advait dans <i>l\u2019En\u00adcy\u00adclo\u00adp\u00e9\u00addie anar\u00adchiste<\/i> la doc\u00adto\u00adresse Pel\u00adle\u00adtier\u200a\u2014\u200apour trou\u00adver dans l\u2019ac\u00adtion un sens \u00e0 la vie&nbsp;\u00bb. Rous\u00adseau avait pour devise&nbsp;: <i>Vitam impen\u00addere vero<\/i> (consa\u00adcrer sa vie \u00e0 la v\u00e9ri\u00adt\u00e9). Fai\u00adsons comme Jean-Jacques&nbsp;: consa\u00adcrons notre vie \u00e0 la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, qui est avant tout notre v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;O v\u00e9ri\u00adt\u00e9, sin\u00adc\u00e9\u00adri\u00adt\u00e9 de la vie&nbsp;\u00bb, affir\u00admait Renan. Deux vocables qui signi\u00adfient au fond la m\u00eame chose. Ils se com\u00adpl\u00e8tent. Ce qui tombe sous les sens, ce que l\u2019on ne sau\u00adrait nier, ce qui r\u00e9sulte de l\u2019ob\u00adser\u00adva\u00adtion et de l\u2019ex\u00adp\u00e9\u00adrience, voi\u00adl\u00e0 la sin\u00adc\u00e9\u00adri\u00adt\u00e9 de la vie, la le\u00e7on qu\u2019elle nous donne et qui per\u00admet \u00e0 notre v\u00e9ri\u00adt\u00e9 de se manifester.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Il faut tou\u00adjours dire la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, quelles qu\u2019en soient les cons\u00e9\u00adquences&nbsp;\u00bb, pr\u00e9\u00adten\u00addait Cle\u00admen\u00adceau. En quoi il exa\u00adg\u00e9\u00adrait, toute r\u00e8gle com\u00adpor\u00adtant des excep\u00adtions. Est-il bon de la dire quand c\u2019est s\u2019ex\u00adpo\u00adser \u00e0 la mort, en y expo\u00adsant en m\u00eame temps les siens&nbsp;? L\u2019\u00e8re des mar\u00adtyrs est close. \u00c9vi\u00adtons de la rou\u00advrir. Notre v\u00e9ri\u00adt\u00e9, c\u2019est de vivre. \u00ab&nbsp;Quelles qu\u2019en soient les cons\u00e9\u00adquences&nbsp;?&nbsp;\u00bb cela d\u00e9pend. Elles peuvent aller \u00e0 l\u2019en\u00adcontre du but que l\u2019on veut atteindre. Vais-je dire \u00e0 mon meilleur ami qu\u2019il va mou\u00adrir&nbsp;? Ce serait h\u00e2ter sa fin. Si p\u00e9nible que ce soit pour moi de lui cacher la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, ce serait encore plus p\u00e9nible pour moi de la lui&nbsp;dire.<\/p>\n<p>Pour dire la v\u00e9ri\u00adt\u00e9, il y a la mani\u00e8re, disions-nous. \u00c9vi\u00adtons de tom\u00adber dans les pi\u00e8ges que nous tendent ses adver\u00adsaires pour nous emp\u00ea\u00adcher de la dire. La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 sera d\u2019au\u00adtant plus apte \u00e0 faire son che\u00admin que nous l\u2019au\u00adrons pr\u00e9\u00adser\u00adv\u00e9e des emb\u00fbches qu\u2019ils cherchent \u00e0 semer sous ses pas. On peut la dire pleine et enti\u00e8re en usant de m\u00e9ta\u00adphores et de cir\u00adcon\u00adlo\u00adcu\u00adtions. Ain\u00adsi fit le bon La Fon\u00adtaine en pr\u00ea\u00adtant aux b\u00eates le lan\u00adgage des hommes. Ain\u00adsi firent tous ceux qui, sous un r\u00e9gime de ter\u00adreur, ont eu quelque chose \u00e0 dire. Sous le voile de l\u2019al\u00adl\u00e9\u00adgo\u00adrie, la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 a tra\u00adver\u00ads\u00e9 les si\u00e8cles.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 se dis\u00adcute \u00e0 froid, mais se cr\u00e9e \u00e0 chaud&nbsp;\u00bb, remarque Jean Ros\u00adtand. La recherche de la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 ne s\u2019ef\u00adfec\u00adtue pas \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. Elle demande de la r\u00e9flexion, du calme, de la patience. Elle se m\u00e9fie des, affir\u00adma\u00adtions hasar\u00addeuses. On doit l\u2019a\u00adbor\u00adder avec sang-froid, oser la regar\u00adder en face et s\u2019in\u00adcli\u00adner devant elle. Elle se mani\u00adfeste alors avec d\u2019au\u00adtant plus de force qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 plus long\u00adtemps mise \u00e0 l\u2019\u00e9\u00adpreuve. Elle se cr\u00e9e \u00e0 chaud, dans la convic\u00adtion de celui qui l\u2019af\u00adfirme et son obs\u00adti\u00adna\u00adtion \u00e0 la d\u00e9fendre.<\/p>\n<p>\u00ab&nbsp;Nous por\u00adtons en nous-m\u00eames notre v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;\u00bb (Charles-Louis Phi\u00adlippe). Cette v\u00e9ri\u00adt\u00e9 se confond avec notre exis\u00adtence quo\u00adti\u00addienne. Elle a sa source dans nos joies comme dans nos dou\u00adleurs. Elle est l\u2019af\u00adfir\u00adma\u00adtion d\u2019un \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb qui n\u2019est ni neutre ni amorphe, mais qui s\u2019ef\u00adforce de tendre tou\u00adjours vers une lib\u00e9\u00adra\u00adtion plus compl\u00e8te.<\/p>\n<p>Cher\u00adchons la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 en obser\u00advant le r\u00e9el, en n\u2019af\u00adfir\u00admant rien dont nous ne soyons abso\u00adlu\u00adment s\u00fbrs, en ne tenant point de pro\u00adpos inco\u00adh\u00e9\u00adrents, en n\u2019o\u00adb\u00e9is\u00adsant qu\u2019\u00e0 notre conscience, en r\u00e9for\u00admant notre men\u00adta\u00adli\u00adt\u00e9, en met\u00adtant nos actes en har\u00admo\u00adnie avec nos th\u00e9o\u00adries. Cher\u00adchons-la au fond de nous-m\u00eames, et peut-\u00eatre la trou\u00adve\u00adrons-nous dans le secret de notre c\u0153ur, \u00e0 force de volon\u00adt\u00e9 et de patience. Il n\u2019y a point d\u2019autre v\u00e9ri\u00adt\u00e9. Tout le reste est litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>[\/\u200bG\u00e9rard de <sc>Lacaze-Duthiers<\/sc>\/\u200b]\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>_\u200b\u200b \u00ab&nbsp;La V\u00e9ri\u00adt\u00e9 est-elle tou\u00adjours bonne \u00e0 dire&nbsp;?&nbsp;\u00bb se demandent cer\u00adtaines per\u00adsonnes bien inten\u00adtion\u00adn\u00e9es qui craignent qu\u2019en la disant on d\u00e9cha\u00eene maintes catas\u00adtrophes. La v\u00e9ri\u00adt\u00e9 serait-elle donc si ter\u00adrible, si cruelle, si inhu\u00admaine qu\u2019il ne faille point la dire&nbsp;? Fau\u00ad\u00addra-t-il la cacher, comme on cache ses par\u00adties sexuelles que d\u2019une part l\u2019on pro\u00adclame hon\u00adteuses et,&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[426],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-3551","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lunique-n17-janvier-fevrier-1947"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3551"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3551\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3551"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3551"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3551"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3551"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}