{"id":3584,"date":"2013-05-12T21:35:44","date_gmt":"2013-05-12T21:35:44","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2013\/05\/12\/la-femme-dans-la-famille\/"},"modified":"2013-05-12T21:35:44","modified_gmt":"2013-05-12T21:35:44","slug":"la-femme-dans-la-famille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2013\/05\/12\/la-femme-dans-la-famille\/","title":{"rendered":"La femme dans la famille"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3584?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3584?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><p>&nbsp; <\/p>\n<p><\/p>\n<div align=\"justify\">\n<p><\/p>\n<p>De tous temps, la soci\u00e9\u00adt\u00e9 a recon\u00adnu que la famille est le domaine incon\u00adtes\u00adt\u00e9 de la femme. Deve\u00adnir \u00ab&nbsp;ma\u00ee\u00adtresse de mai\u00adson&nbsp;\u00bb et avoir des enfants, c\u2019est le r\u00eave de la majo\u00adri\u00adt\u00e9 des jeunes filles. Luttes poli\u00adtiques, riva\u00adli\u00adt\u00e9s entre l\u2019homme et la femme, ques\u00adtions lit\u00adt\u00e9\u00adraires, ques\u00adtions sociales m\u00eames, tout cela a sou\u00advent un int\u00e9\u00adr\u00eat secon\u00addaire pour la femme, qu\u2019une grande chose seule pas\u00adsionne&nbsp;: l\u2019amour.<\/p>\n<p>Tous ses besoins, toutes ses aspi\u00adra\u00adtions la des\u00adtinent \u00e0 la cr\u00e9a\u00adtion d\u2019un foyer. Elle aime la s\u00e9cu\u00adri\u00adt\u00e9, et m\u00eame lorsqu\u2019elle semble aven\u00adtu\u00adri\u00e8re, ce n\u2019est que pour un temps. Elle a besoin de pro\u00adt\u00e9\u00adger et d\u2019aimer les petits et les faibles. Le foyer est le milieu natu\u00adrel o\u00f9 elle d\u00e9ve\u00adloppe ses qua\u00adli\u00adt\u00e9s d\u2019organisatrice&nbsp;: un m\u00e9nage, des meubles \u00e0 elle, un int\u00e9\u00adrieur, si \u00e9troit soit-il, o\u00f9 elle se sente n\u00e9ces\u00adsaire, indis\u00adpen\u00adsable \u00e0 d\u2019autres \u00eatres, il lui faut cela pour \u00eatre heu\u00adreuse. On a dit quelle prou\u00advait par l\u00e0 son ins\u00adtinct de domi\u00adna\u00adtion, son d\u00e9sir d\u2019avoir sa place mar\u00adqu\u00e9e dans l\u2019autorit\u00e9 uni\u00adver\u00adselle, sa joie de com\u00adman\u00adder \u00e0 ses enfants, qui la console, en par\u00adtie, d\u2019ob\u00e9ir elle-m\u00eame \u00e0 l\u2019homme. Mais son d\u00e9sir d\u2019intervenir ain\u00adsi, \u00e0 tort ou \u00e0 rai\u00adson, dans la vie des siens, n\u2019est peut-\u00eatre qu\u2019un besoin de d\u00e9voue\u00adment et d\u2019activit\u00e9&nbsp;! Il faut qu\u2019elle d\u00e9pense, le plus pos\u00adsible autour d\u2019elle, le tr\u00e9\u00adsor d\u2019\u00e9nergies inuti\u00adli\u00ads\u00e9es, celles que l\u2019homme emploie dans les luttes ext\u00e9\u00adrieures au foyer, dans la soci\u00e9\u00adt\u00e9 ou dans son tra\u00advail. Aus\u00adsi faut-il com\u00adprendre et m\u00eame excu\u00adser la \u00ab&nbsp;mouche bour\u00addon\u00adnante&nbsp;\u00bb par\u00adfois inop\u00adpor\u00adtune qui retient l\u2019homme et le pen\u00adseur dans l\u2019atmosph\u00e8re banale des r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9s quo\u00adti\u00addiennes. Plu\u00adt\u00f4t que de l\u2019en bl\u00e2\u00admer, et de la m\u00e9pri\u00adser plus ou moins, il convien\u00addrait peut-\u00eatre que l\u2019homme essay\u00e2t d\u2019\u00e9largir les id\u00e9es de sa com\u00adpagne et d\u2019\u00e9lever ses pr\u00e9\u00adoc\u00adcu\u00adpa\u00adtions, car il peut r\u00e9agir sur elle autant qu\u2019elle influe sur&nbsp;lui.<\/p>\n<p>Dans la famille, d\u2019ailleurs, c\u2019est elle et non pas lui qui sup\u00adporte la majeure par\u00adtie des charges&nbsp;: m\u00e9nage, cui\u00adsine, entre\u00adtien des enfants, il est rare que de ces tra\u00advaux les hommes prennent leur part. \u00ab&nbsp;C\u2019est l\u2019affaire des femmes&nbsp;!&nbsp;\u00bb disent-ils. Ils le disaient plus haut encore autre\u00adfois qu\u2019aujourd\u2019hui. Dans la famille pri\u00admi\u00adtive, non seule\u00adment la femme lut\u00adtait comme l\u2019homme pour arra\u00adcher au milieu hos\u00adtile la nour\u00adri\u00adture quo\u00adti\u00addienne, mais elle avait, en plus, la charge des petits \u00e0 \u00e9le\u00adver et \u00e0 nour\u00adrir. Tous les gros tra\u00advaux lui \u00e9taient r\u00e9ser\u00adv\u00e9s, elle \u00e9cra\u00adsait le bl\u00e9 et fai\u00adsait le pain, l\u2019homme guer\u00adroyait ou chas\u00adsait. Plus tard, par suite de la divi\u00adsion des tra\u00advaux, la femme fut rel\u00e9\u00adgu\u00e9e au \u00ab&nbsp;gyn\u00e9\u00adc\u00e9e&nbsp;\u00bb son appar\u00adte\u00adment sp\u00e9\u00adcial o\u00f9 elle appre\u00adnait, avec d\u2019autres femmes \u00e0 filer la laine et \u00e0 diri\u00adger la mai\u00adson. \u00c0 Rome comme en Gr\u00e8ce, dans l\u2019Orient, esclave comme en Europe occi\u00adden\u00adtale, tou\u00adjours on a impo\u00ads\u00e9 \u00e0 la femme une \u00e9du\u00adca\u00adtion pure\u00adment diri\u00adg\u00e9e en vue de ser\u00advir l\u2019homme et les enfants futurs. Une lourde h\u00e9r\u00e9\u00addi\u00adt\u00e9 de suj\u00e9\u00adtion p\u00e8se sur elle&nbsp;; l\u2019homme, de tous temps son ma\u00eetre, a \u00e9t\u00e9 son hori\u00adzon unique, et l\u2019on ne peut s\u2019\u00e9tonner aujourd\u2019hui si, vou\u00adlant sor\u00adtir de cet escla\u00advage, elle se borne \u00e0 l\u2019imiter, \u00e0 lui faire concur\u00adrence dans son tra\u00advail et \u00e0 r\u00e9cla\u00admer, comme lui, ses droits sociaux. Assez long\u00adtemps il l\u2019a trai\u00adt\u00e9e en inf\u00e9\u00adrieure, lui refu\u00adsant une \u00e2me, la trai\u00adtant comme une chose qu\u2019on peut vendre ou pr\u00ea\u00adter. \u00ab&nbsp;La femme est don\u00adn\u00e9e \u00e0 l\u2019homme pour qu\u2019elle fasse des enfants. Elle est notre pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9, mais nous ne sommes pas la sienne, car elle nous donne des enfants, et l\u2019homme ne lui en donne pas. Elle est notre pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9 comme l\u2019arbre est celle du jar\u00addi\u00adnier.&nbsp;\u00bb Ain\u00adsi est rap\u00adpor\u00adt\u00e9e cette \u00ab&nbsp;noble&nbsp;\u00bb pen\u00ads\u00e9e de Napo\u00adl\u00e9on dans <i>Le M\u00e9mo\u00adrial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/i>. La femme d\u00e9sor\u00admais veut s\u2019appartenir, son d\u00e9sir d\u2019ind\u00e9pendance est tr\u00e8s l\u00e9gi\u00adtime et on ne peut qu\u2019y applaudir.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas sans rai\u00adson que les conser\u00adva\u00adteurs consi\u00add\u00e8rent la famille actuelle comme base de leur soci\u00e9\u00adt\u00e9&nbsp;! Aus\u00adsi leur crainte est assez jus\u00adti\u00adfi\u00e9e de voir la femme s\u2019\u00e9manciper et, comme ils disent, d\u00e9ser\u00adter le foyer. La famille bour\u00adgeoise moderne est bas\u00e9e sur l\u2019id\u00e9e de pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9 comme la famille antique avait, pour fon\u00adde\u00adment unique, l\u2019id\u00e9e de reli\u00adgion. La femme, dans la cit\u00e9 antique, avait pour mis\u00adsion essen\u00adtielle de per\u00adp\u00e9\u00adtuer la des\u00adcen\u00addance, sur\u00adtout la des\u00adcen\u00addance m\u00e2le qui devait rendre aux anc\u00eatres les devoirs reli\u00adgieux qui leur \u00e9taient dus. Aujourd\u2019hui, dans la bour\u00adgeoi\u00adsie actuelle, le r\u00f4le de la femme est d\u2019apporter au mari une dot suf\u00adfi\u00adsante, puis de limi\u00adter la famille \u00e0 un ou deux h\u00e9ri\u00adtiers, afin de divi\u00adser le moins pos\u00adsible la pro\u00adpri\u00e9\u00adt\u00e9&nbsp;! \u00ab&nbsp;La dot, dit Letour\u00adneau, marque alors un mariage par achat&nbsp;: mais \u00e0 l\u2019inverse des pra\u00adtiques usi\u00adt\u00e9es dans les soci\u00e9\u00adt\u00e9s bar\u00adbares, l\u2019homme n\u2019est plus l\u2019acqu\u00e9reur, il est la mar\u00adchan\u00addise&nbsp;\u00bb. Le fac\u00adteur \u00e9co\u00adno\u00admique est donc, dans la morale fami\u00adliale de la bour\u00adgeoi\u00adsie, le fac\u00adteur essen\u00adtiel&nbsp;; et dans cette petite royau\u00adt\u00e9 qu\u2019on appelle la famille, pre\u00admi\u00e8re assise de la soci\u00e9\u00adt\u00e9 bour\u00adgeoise, la \u00ab&nbsp;Dame&nbsp;\u00bb pris le pre\u00admier r\u00f4le. Socia\u00adle\u00adment, \u00e9crit Palante elle est hos\u00adtile \u00e0 tout ce qui ten\u00addrait \u00e0 un bou\u00adle\u00adver\u00adse\u00adment dans l\u2019\u00e9chelle conven\u00adtion\u00adnelle des valeurs. Elle d\u00e9fend la conven\u00adtion, car elle ne r\u00e8gne que par elle. Paul Adam remarque que \u00ab&nbsp;tous les hommes sup\u00e9\u00adrieurs seront \u00e9cra\u00ads\u00e9s, si la femme juge, par les hommes d\u00e9co\u00adra\u00adtifs. Renan et Ana\u00adtole France ne com\u00admencent d\u2019exister que le jour o\u00f9 il est bien por\u00adt\u00e9 de les avoir \u00e0 d\u00eener\u2026&nbsp;\u00bb Ce des\u00adpo\u00adtisme fami\u00adlial consti\u00adtue ce qu\u2019on pour\u00adrait appe\u00adler le matriar\u00adcat moderne, qui pr\u00e9\u00adsente cer\u00adtai\u00adne\u00adment moins de noblesse que l\u2019ancien. Si la famille est la base de la soci\u00e9\u00adt\u00e9, on peut juger la soci\u00e9\u00adt\u00e9 actuelle par la famille bour\u00adgeoise qui rec\u00e8le, mal\u00adgr\u00e9 son appa\u00adrente cor\u00adrec\u00adtion et son \u00e9l\u00e9\u00adgance super\u00adfi\u00adcielle, de jolis exemples de bru\u00adta\u00adli\u00adt\u00e9 et d\u2019\u00e9go\u00efsme f\u00e9roce. Il faut voir ces \u00ab&nbsp;mora\u00adlistes&nbsp;\u00bb impec\u00adcables et bien v\u00eatus, asso\u00adci\u00e9s dans des coa\u00adli\u00adtions fami\u00adliales \u00e9troi\u00adte\u00adment fer\u00adm\u00e9es, s\u2019\u00e9lancer \u00e0 l\u2019assaut des places, des influences, de l\u2019argent, \u00e9cra\u00adser sans piti\u00e9 les faibles pour par\u00adve\u00adnir plus vite aupr\u00e8s des puis\u00adsants&nbsp;! Plus la famille est unie, plus elle est intran\u00adsi\u00adgeante, hos\u00adtile \u00e0 toute influence de jus\u00adtice et de bon\u00adt\u00e9. \u00ab&nbsp;Les miens d\u2019abord&nbsp;\u00bb, telle est sa pen\u00ads\u00e9e unique, et c\u2019est en effet un \u00e9go\u00efsme \u00e0 plu\u00adsieurs. Mal\u00adheur aux autres, \u00e0 ceux qu\u2019elle appelle les \u00e9tran\u00adgers, m\u00eame quand ils entrent, par alliance, dans son sein. L\u2019hostilit\u00e9, la haine les y attendent, haine de belle-m\u00e8re contre le gendre ou la bru, haine des vieux contre les jeunes qui essaie\u00adraient peut-\u00eatre de s\u2019\u00e9manciper de cet enfer. Mais les vieux, imbus des id\u00e9es d\u2019honneur et de conve\u00adnances, veillent jalou\u00adse\u00adment \u00e0 ce que les \u00ab&nbsp;jeunes m\u00e9nages recom\u00admencent la m\u00eame vie idiote et trans\u00admettent \u00e0 leurs enfants le tr\u00e9\u00adsor des pr\u00e9\u00adju\u00adg\u00e9s nationaux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Sans doute, heu\u00adreu\u00adse\u00adment, la bour\u00adgeoi\u00adsie n\u2019est pas toute la soci\u00e9\u00adt\u00e9&nbsp;; mais tant de femmes du peuple cherchent plus ou moins, \u00e0 imi\u00adter les bour\u00adgeoises, et comme il arrive tou\u00adjours, n\u2019imitent que leurs d\u00e9fauts. Ain\u00adsi, en cri\u00adti\u00adquant ces d\u00e9fauts, ce sont sou\u00advent les n\u00f4tres aus\u00adsi que nous signa\u00adlons, et dont nous ne sali\u00adrions trop vite nous d\u00e9faire. \u00ab&nbsp;\u00c9lar\u00adgis\u00adsons Dieu&nbsp;!&nbsp;\u00bb disait Dide\u00adrot. Ce n\u2019est pas Dieu, c\u2019est la famille qu\u2019il faut \u00e9lar\u00adgir, car sous son \u00e9treinte, on \u00e9touffe. Et, en d\u00e9pit des appa\u00adrences bour\u00adgeoises, c\u2019est tou\u00adjours la femme qu\u2019elle oppresse le plus. D\u00e8s l\u2019enfance les parents fa\u00e7onnent la fillette \u00e0 leur image, en vue de la famille future dont elle sera la pr\u00ea\u00adtresse. Quels que soient ses ascen\u00addants, la petite fille leur doit ob\u00e9is\u00adsance et res\u00adpect. Elle n\u2019a pas \u00e0 juger leurs pen\u00ads\u00e9es ni leurs actes, mais \u00e0 ex\u00e9\u00adcu\u00adter leurs ordres, ou du moins faire sem\u00adblant. Moins ind\u00e9\u00adpen\u00addante encore que le fils, la jeune fille ne peut ni sor\u00adtir seule, ni fr\u00e9\u00adquen\u00adter ceux ou celles qui lui plaisent, car \u00ab&nbsp;cela n\u2019est pas conve\u00adnable&nbsp;\u00bb. De toutes parts la famille l\u2019enserre et \u00e9touffe sa liber\u00adt\u00e9. Pour \u00e9chap\u00adper \u00e0 cette pro\u00adtec\u00adtion trop lourde, elle veut se marier croyant deve\u00adnir sa ma\u00ee\u00adtresse, et elle retombe sous le joug d\u2019une nou\u00advelle famille, celle qu\u2019elle se cr\u00e9e. La des\u00adti\u00adn\u00e9e de la femme riche d\u00e9li\u00advr\u00e9e de l\u2019esclavage du tra\u00advail quo\u00adti\u00addien n\u2019est gu\u00e8re plus int\u00e9\u00adres\u00adsante cepen\u00addant. Les ambi\u00adtions mes\u00adquines, les sou\u00adcis de vani\u00adt\u00e9, la riva\u00adli\u00adt\u00e9 imb\u00e9\u00adcile des familles ou des petits clans mon\u00addains rendent insi\u00adpide et sou\u00advent assez triste l\u2019existence de la femme bourgeoise.<\/p>\n<p>Ain\u00adsi, par\u00adtout la femme gagne\u00adrait \u00e0 une trans\u00adfor\u00adma\u00adtion mat\u00e9\u00adrielle et morale de la famille. Elle ne peut s\u2019accomplir pour\u00adtant sans un pro\u00adfond chan\u00adge\u00adment \u00e9co\u00adno\u00admique de la soci\u00e9\u00adt\u00e9. \u00ab&nbsp;L\u2019\u00eatre humain ayant une vie plus large, plus riche, plus com\u00adpl\u00e8te, sera plus intel\u00adli\u00adgent et plus libre.&nbsp;\u00bb En outre la famille nou\u00advelle sera l\u2019\u0153uvre de la femme. Fon\u00add\u00e9e sur l\u2019union durable des sen\u00adti\u00adments sin\u00adc\u00e8res, sur la liber\u00adt\u00e9 et non sur la contrainte, sur l\u2019union des c\u0153urs et non sur celle des bourses, elle n\u2019engendrera plus, comme la famille modernes, les haines, les d\u00e9fiances et les luttes intes\u00adtines. Elle sera une col\u00adla\u00adbo\u00adra\u00adtion intel\u00adli\u00adgente de l\u2019homme et de la femme, enfin unis dans une indul\u00adgence r\u00e9ci\u00adproque, et non plus comme aujourd\u2019hui, enne\u00admis envieux et obs\u00adti\u00adn\u00e9s. Avec rai\u00adson, Stuart Mill dit que si une femme ne pousse pas son mari en avant, elle le retient. Par son exemple, par se conseils, par sa vie toute enti\u00e8re, elle peut, selon son esprit et son cour, \u00e9le\u00adver ou rendre plus vul\u00adgaire celui qu\u2019elle choi\u00adsit. Son pou\u00advoir est plus grand encore sur les enfants, dont elle est l\u2019\u00e9ducatrice natu\u00adrelle, et l\u2019on peut dire que c\u2019est dans la famille que la femme joue son prin\u00adci\u00adpal r\u00f4le. C\u2019est pour\u00adquoi il est n\u00e9ces\u00adsaire de trans\u00adfor\u00admer, sinon de d\u00e9truire, cette base de la soci\u00e9\u00adt\u00e9, et d\u2019ouvrir lar\u00adge\u00adment, la porte du foyer fami\u00adlial au souffle vivi\u00adfiant des id\u00e9es g\u00e9n\u00e9\u00adreuses. Certes, il peut arri\u00adver, fr\u00e9\u00adquem\u00adment m\u00eame, qu\u2019on ait pour ses parents, ses fr\u00e8res ou s\u0153urs natu\u00adrels, une affec\u00adtion pro\u00adfonde&nbsp;: mais ce n\u2019est pas \u00e0 leur qua\u00adli\u00adt\u00e9 de \u00ab&nbsp;parents&nbsp;\u00bb qu\u2019ils le doivent&nbsp;: c\u2019est qu\u2019ils ont su se faire aimer. Les sen\u00adti\u00adments qu\u2019ils nous ins\u00adpirent ne pour\u00adraient nous faire oublier la belle pen\u00ads\u00e9e du po\u00e8te libertaire&nbsp;:<\/p>\n<poesie>\u00ab&nbsp;Tous les vieillards sont nos parents,<br>\nTous les petits sont nos enfants,<br>\nEt qu\u2019ils soient noirs, jaunes ou blancs,<br>\nPar\u00adtout les hommes sont nos fr\u00e8res.&nbsp;\u00bb<\/poesie>\n<p>[\/\u200b<sc>Une R\u00e9vol\u00adt\u00e9e<\/sc>.\/\u200b]<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; De tous temps, la soci\u00e9\u00adt\u00e9 a recon\u00adnu que la famille est le domaine incon\u00adtes\u00adt\u00e9 de la femme. Deve\u00adnir \u00ab&nbsp;ma\u00ee\u00adtresse de mai\u00adson&nbsp;\u00bb et avoir des enfants, c\u2019est le r\u00eave de la majo\u00adri\u00adt\u00e9 des jeunes filles. Luttes poli\u00adtiques, riva\u00adli\u00adt\u00e9s entre l\u2019homme et la femme, ques\u00adtions lit\u00adt\u00e9\u00adraires, ques\u00adtions sociales m\u00eames, tout cela a sou\u00advent un int\u00e9\u00adr\u00eat secondaire&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[431],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-3584","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-revue-anarchiste-na11-novembre-1922"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3584","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3584"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3584\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3584"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3584"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3584"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3584"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}