{"id":3672,"date":"2014-04-03T15:35:51","date_gmt":"2014-04-03T15:35:51","guid":{"rendered":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2014\/04\/03\/mathurin-regnier\/"},"modified":"2014-04-03T15:35:51","modified_gmt":"2014-04-03T15:35:51","slug":"mathurin-regnier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/2014\/04\/03\/mathurin-regnier\/","title":{"rendered":"Mathurin R\u00e9gnier"},"content":{"rendered":"<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-top-right\"><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3672?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/pdf.png\" alt=\"image_pdf\" title=\"Afficher le PDF\"><\/a><a href=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3672?print=print\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-print\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/wp-content\/plugins\/pdf-print\/images\/print.png\" alt=\"image_print\" title=\"Contenu imprim\u00e9\"><\/a><\/div><div align=\"justify\">\n<div style=\"text-indent: 1cm\">\n<p>Mathu\u00adrin R\u00e9gnier un \u00ab&nbsp;oubli\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;? Oui&nbsp;; le compte serait vite fait, je crois, de ceux qui aujourd\u2019hui lisent encore ses \u0153uvres. D\u2019ailleurs il n\u2019est pas le seul&nbsp;: on ne lit plus le vieux fran\u00ad\u00e7ais. Les \u00e9cri\u00advains de jadis, jug\u00e9s et cata\u00adlo\u00adgu\u00e9s d\u00e9fi\u00adni\u00adti\u00adve\u00adment, ne sont plus que des noms pour la grande majo\u00adri\u00adt\u00e9. Il est cou\u00adtume de dire que <i>la Chan\u00adson de Roland<\/i> est un chef\u2011d\u2019\u0153uvre, que Marot, Ron\u00adsard, Ba\u00eff, Bel\u00adleau, d\u2019Aubign\u00e9, du Bel\u00adlay, R\u00e9gnier, Mal\u00adherbe, etc., sont des gens de talent, et tout le monde se contente lar\u00adge\u00adment de cela. Rares sont ceux qui cherchent \u00e0 d\u00e9cou\u00advrir par eux-m\u00eames le bien-fon\u00add\u00e9 de ces r\u00e9pu\u00adta\u00adtions. Et cepen\u00addant la plu\u00adpart de ces anciens auteurs m\u00e9ri\u00adte\u00adraient mieux, car c\u2019est un sort bien infor\u00adtu\u00adn\u00e9 que le leur&nbsp;: \u00eatre l\u00e0, \u00e9ri\u00adg\u00e9s en sta\u00adtues, froides et dis\u00adtantes, et voir d\u00e9fi\u00adler devant soi des si\u00e8cles indif\u00adf\u00e9\u00adrents qui se contentent, au pas\u00adsage, d\u2019un c\u00e9r\u00e9\u00admo\u00adnial coup de cha\u00adpeau. Beau\u00adcoup de tous ces po\u00e8tes d\u2019antan sont encore aupr\u00e8s de nous par leurs \u00e9crits&nbsp;: ce sont des hommes, comme nous, qui ont v\u00e9cu, qui ont souf\u00adfert, qui ont joui. Et lorsque l\u2019on se donne la peine de feuille\u00adter les pages que le temps \u00e0 jau\u00adnies on retrouve un peu de cette vie qui les inspira.<\/p>\n<p>Mathu\u00adrin R\u00e9gnier est un de ceux que l\u2019on relit le plus volon\u00adtiers. Chez ce sati\u00adrique d\u00e9ver\u00adgon\u00add\u00e9 qui fit se voi\u00adler les faces pudiques, les si\u00e8cles n\u2019ont point fait trop de ravages. Certes, la forme a vieilli et cer\u00adtaines pi\u00e8ces ne pr\u00e9\u00adsentent plus un grand int\u00e9\u00adr\u00eat. Mais, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces quelques p\u00e9tales fan\u00e9s, que de fleurs ont conser\u00adv\u00e9 leur parfum&nbsp;!<\/p>\n<p><\/p><center>\n<h3>*  *  *  *<\/h3>\n<p><\/p><\/center>\n<p>C\u2019est tout jeune que R\u00e9gnier se mit \u00e0 faire des vers. Il y \u00e9tait encou\u00adra\u00adg\u00e9 par l\u2019exemple de son oncle, l\u2019abb\u00e9 Desportes&nbsp;; ce digne abb\u00e9 ser\u00advait Dieu en fai\u00adsant des chan\u00adson\u00adnettes et cela lui avait valu l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9 de Chartres. Le petit Mathu\u00adrin com\u00admen\u00ad\u00e7a donc \u00e0 rimer. Mais le mal\u00adheur vou\u00adlut qu\u2019au lieu de faire quelque son\u00adnet ou quelque bal\u00adlade, il s\u2019essay\u00e2t a la satire. Natu\u00adrel\u00adle\u00adment il prit ses \u00ab&nbsp;t\u00eates de turc&nbsp;\u00bb o\u00f9 il put, et ce fut par\u00admi les habi\u00adtu\u00e9s du jeu de paume que pos\u00ads\u00e9\u00addait son p\u00e8re. Ce der\u00adnier ne prit pas cela du bon c\u00f4t\u00e9 et tan\u00ad\u00e7a for\u00adte\u00adment son fils. Mais il eut beau faire et beau&nbsp;dire&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Laisse donc ce mes\u00adtier, et sage prends le&nbsp;soin<br>\nDe t\u2019acqu\u00e9rir un art qui te serve au besoin\u2026 [[Satire IV, vers 83\u200a\u2013\u200a84. (Une des meilleures \u00e9di\u00adtions des \u0153uvres de Mathu\u00adrin R\u00e9gnier, est celle qui fut publi\u00e9e en 1729 avec un com\u00admen\u00adtaire de Brossette.)]]<\/poesie>\n<p>le jeune po\u00e8te res\u00adta sourd aux conseils comme il \u00e9tait res\u00adt\u00e9 insen\u00adsible aux coups. Un beau matin il quit\u00adta la mai\u00adson pater\u00adnelle et d\u00e8s lors ce fut une exis\u00adtence vaga\u00adbonde. Apr\u00e8s un s\u00e9jour \u00e0 Paris il se ren\u00addit \u00e0 Rome avec le car\u00addi\u00adnal de Joyeuse. Au bout de huit ans il revint encore \u00e0 Paris. En 1601, avec Phi\u00adlippe de B\u00e9thune il retour\u00adna en Ita\u00adlie, puis il revint enfin en France o\u00f9 il devait mou\u00adrir, \u00e0 Rouen, \u00e0 peine \u00e2g\u00e9 de 40&nbsp;ans.<\/p>\n<p><\/p><center>\n<h3>*  *  *  *<\/h3>\n<p><\/p><\/center>\n<p>En somme, la vie du po\u00e8te fut triste. \u00c0 la cour, celui qui vou\u00adlait faire valoir son talent devait \u00eatre bon cour\u00adti\u00adsan, et R\u00e9gnier ne fut jamais un bon cour\u00adti\u00adsan. Trop fier, il r\u00e9pu\u00adgnait aux bas\u00adsesses qui per\u00admettent \u00ab&nbsp;d\u2019arriver&nbsp;\u00bb. Il n\u2019avait pas l\u2019\u00e9chin\u00e9 assez souple pour se cour\u00adber \u00e0 tout pro\u00adpos, et il ne pou\u00advait pas pros\u00adti\u00adtuer sa plume, comme son oncle, en fai\u00adsant les billets doux des \u00ab&nbsp;grands&nbsp;\u00bb. Car de tout temps, pour ceux qui recherchent le suc\u00adc\u00e8s ou l\u2019argent, il a \u00e9t\u00e9 pro\u00adfi\u00adtable de l\u00e9cher les bottes des hauts plac\u00e9s&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Appre\u00adnons \u00e0 men\u00adtir, nos pro\u00adpos desguiser,<br>\n\u00c0 tra\u00adhir nos amis, nos enne\u00admis baiser,<br>\nFaire la cour aux grands et dans leurs antichambres,<br>\nLe cha\u00adpeau dans la main, nous tenir sur nos membres. [[Satire IV, vers 27\u200a\u2013\u200a30.]]<\/poesie>\n<p>Oui, voi\u00adl\u00e0 ce qu\u2019il fau\u00addrait faire pour qu\u2019enfin ces \u00ab&nbsp;grands&nbsp;\u00bb<\/p>\n<poesie>Nous voyent de bon \u0153il, et, tenant une&nbsp;gaule,<br>\nAin\u00adsy qu\u2019\u00e0 leurs che\u00advaux nous en flattent l\u2019espaule\u2026[[Satire IV, vers 151\u200a\u2013\u200a154.]]<\/poesie>\n<p>R\u00e9gnier n\u2019\u00e9tait pas homme \u00e0 cela. Probe et loyal, il s(indignait contre ces pla\u00adti\u00adtudes, pr\u00e9\u00adf\u00e9\u00adrant une qua\u00adsi-pau\u00advre\u00adt\u00e9 libre \u00e0 une cha\u00eene dor\u00e9e.<\/p>\n<p>Ain\u00adsi ind\u00e9\u00adpen\u00addant, il put \u00e0 loi\u00adsir l\u00e2cher son humeur sati\u00adrique. Il put fouailler, en de mor\u00addantes tirades, l\u2019arbitraire et la b\u00eatise des hautes classes o\u00f9 l\u2019on&nbsp;voit&nbsp;:<\/p>\n<poesie>\t\t\u2026\u2026 en r\u00e8gne la sottise,<br>\nL\u2019avarice est le luxe entre les gens d\u2019\u00e9glise,<br>\nLa jus\u00adtice \u00e0 l\u2019encan, l\u2019innocent oppress\u00e9,<br>\nLe conseil cor\u00adrom\u00adpu suivre l\u2019int\u00e9ress\u00e9,<br>\nLes estats per\u00adver\u00adtis, toute chose se vendre.<br>\nEt n\u2019avoir du cr\u00e9\u00addit qu\u2019au prix qu\u2019on peut despendre<br>\nNy moins, que la valeur n\u2019ait icy plus de&nbsp;lieu.<br>\nQue la noblesse courre en poste \u00e0 l\u2019H\u00f4tel-Dieu,<br>\nQue les jeunes oisifs aux plai\u00adsirs s\u2019abandonnent,<br>\nQue les femmes du temps soient \u00e0 qui plus leur donnent\u2026 [[Satire VI, vers 41\u200a\u2013\u200a50.]]<\/poesie>\n<p>Il se laisse aller \u00e0 son indi\u00adgna\u00adtion devant l\u2019injustice de la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Car pour dire le vray, c\u2019est un pays estrange<br>\nO\u00f9 comme un vray Pro\u00adt\u00e9e \u00e0 toute heure on se change,<br>\nO\u00f9 les loix, par res\u00adpect sages humainement,<br>\nConfondent le loyer [[La r\u00e9com\u00adpense.]] avecq le chast\u00eement&nbsp;;<br>\nEt pour un mesme fait, de mesme intelligence.<br>\nL\u2019un est jus\u00adti\u00adci\u00e9, l\u2019autre aura r\u00e9compense.[[Satire III, vers 77\u200a\u2013\u200a82.]]<\/poesie>\n<p>Et Mathu\u00adrin R\u00e9gnier sent cette injus\u00adtice si pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment ancr\u00e9e dans les m\u0153urs qu\u2019il la croit indestructible&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Car ce fut de tout temps que, ployant sous l\u2019effort.<br>\nLe petit c\u00e8de au grand, et le faible au plus fort\u2026[[Satire III, vers 223\u200a\u2013\u200a224.]]\n<p>V\u00e9ri\u00adt\u00e9 pes\u00adsi\u00admiste que La Fon\u00adtaine devait \u00e9ri\u00adger en maxime&nbsp;:&nbsp;<\/p>\n<poesie>La rai\u00adson du plus fort est tou\u00adjours la meilleure.<\/poesie>\n<p>T\u00e9moin des exc\u00e8s de la sol\u00adda\u00adtesque, R\u00e9gnier s\u2019insurge contre les arm\u00e9es per\u00adma\u00adnentes et malfaisantes&nbsp;:<\/p>\n<poesie>\t\t\u2026\u2026 Les sol\u00addats enne\u00admys de la&nbsp;paix.<br>\nQui de l\u2019avoir d\u2019autruy ne se saoulent jamais,<br>\nTrou\u00adbl\u00e8rent la cam\u00adpagne&nbsp;; et sac\u00adca\u00adgeant nos villes,<br>\nPar force en nos mai\u00adsons vio\u00adl\u00e8rent nos filles&nbsp;;<br>\nD\u2019o\u00f9 nas\u00adquit le bor\u00addel, qui, s\u2019eslevant debout,<br>\n\u00c0 l\u2019instant, comme un dieu, s\u2019estendit tout par tout&nbsp;; [[Satire VI, vers 143\u200a\u2013\u200a148.]]\n<p>Spec\u00adta\u00adteur impar\u00adtial des luttes poli\u00adtiques, il contemple avec m\u00e9pris cette ni\u00e9e vers les hon\u00adneurs et le pou\u00advoir, et il constate&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Pour moy, je n\u2019ay point veu, par\u00admy tant d\u2019avancez.<br>\nSoit de ces temps-icy, soit des si\u00e8cles passez,<br>\nHomme que la for\u00adtune ait tasch\u00e9 d\u2019introduire.<br>\nQui durant le bon vent ait sceu se bien conduire.[[Satire XIV, vers 61\u200a\u2013\u200a64.]]<\/poesie>\n<p>Et cepen\u00addant, nou\u00adveau Dio\u00adg\u00e8ne, il a cher\u00adch\u00e9 patiem\u00adment un homme dans la foule grouillante des arrivistes&nbsp;:<\/p>\n<poesie>J\u2019ay pris cent et cent fois la lan\u00adterne en la&nbsp;main,<br>\nCher\u00adchant en plein midy, par\u00admi le genre humain,<br>\nUn homme qui fust homme et de faict et de&nbsp;mine,<br>\nEt qui pust des ver\u00adtus pas\u00adser par l\u2019\u00e9tamine&nbsp;;<br>\nIl n\u2019est coin et recoin que je n\u2019aye ten\u00adt\u00e9\u2026 [[Satire XIV, vers 1\u200a\u2013\u200a5.]]<\/poesie>\n<p>H\u00e9las&nbsp;! recherches vaines, R\u00e9gnier, comme Dio\u00adg\u00e8ne, ne trou\u00adva&nbsp;rien.<\/p>\n<p><\/p><center>\n<h3>*  *  *  *<\/h3>\n<p><\/p><\/center>\n<p>Mathu\u00adrin R\u00e9gnier fut donc un sati\u00adrique et c\u2019est comme tel qu\u2019il est pas\u00ads\u00e9 \u00e0 la pos\u00adt\u00e9\u00adri\u00adt\u00e9. Alors que ses satires ont conser\u00adv\u00e9 toute leur saveur, ses autres po\u00e8mes&nbsp;: \u00e9p\u00eetres, \u00e9l\u00e9\u00adgies, son\u00adnets, etc., ne se lisent plus qu\u2019avec dif\u00adfi\u00adcul\u00adt\u00e9. Mais, s\u2019il \u00e9tait mor\u00addant, R\u00e9gnier n\u2019\u00e9tait pas m\u00e9chant&nbsp;: il s\u2019attaqua aux m\u0153urs, \u00e0 la soci\u00e9\u00adt\u00e9, mais ne s\u2019acharna jamais sur des indi\u00advi\u00addus. Ses traits, tou\u00adjours imper\u00adson\u00adnels, ne bles\u00ads\u00e8rent jamais ses contem\u00adpo\u00adrains. Seul, Mal\u00adherbe eut \u00e0 sup\u00adpor\u00adter la verve caus\u00adtique du po\u00e8te et encore fal\u00adlut-il des cir\u00adcons\u00adtances excep\u00adtion\u00adnelles&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un jour, Desportes avait invi\u00adt\u00e9 \u00e0 d\u00eener quelques amis, par\u00admi les\u00adquels se trou\u00advaient Mal\u00adherbe et R\u00e9gnier. L\u2019amphitryon, qui venait de publier la pre\u00admi\u00e8re \u00e9di\u00adtion de ses <i>Psaumes<\/i>, se leva apr\u00e8s le potage, disant qu\u2019il allait qu\u00e9\u00adrir l\u2019exemplaire dont il vou\u00adlait faire hom\u00admage \u00e0 Mal\u00adherbe. \u00ab&nbsp;Ne vous d\u00e9ran\u00adgez pas, lui dit gros\u00adsi\u00e8\u00adre\u00adment celui-ci, j\u2019ai lu vos vers, je les connais, et je trouve votre potage infi\u00adni\u00adment meilleur.&nbsp;\u00bb Desportes se sen\u00adtit pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment bles\u00ads\u00e9&nbsp;; il reprit sa place, et, pen\u00addant la fin du repas, il gar\u00adda le plus pro\u00adfond silence&nbsp;; R\u00e9gnier que cho\u00adqua, tout autant que son oncle, cette bru\u00adtale saillie, tour\u00adna imm\u00e9\u00addia\u00adte\u00adment le dos \u00e0 Mal\u00adherbe, que depuis ce moment il ne revit jamais [[M.&nbsp;Pros\u00adper Poi\u00adte\u00advin&nbsp;: <i>\u00c9tude bio\u00adgra\u00adphique sur Mathu\u00adrin R\u00e9gnier<\/i>.]].&nbsp;\u00bb Bien plus, il ne tar\u00addait pas, dans sa satire \u00e0 Rapin, \u00e0 fus\u00adti\u00adger le po\u00e8te-magister,<\/p>\n<poesie>\t\t\u2026\u2026 dont la Muse insolente.<br>\nCen\u00adsu\u00adrant les plus vieux, arro\u00adgam\u00adment se&nbsp;vante<br>\nDe r\u00e9for\u00admer les vers, non les tiens seulement,<br>\nMais veulent d\u00e9ter\u00adrer les Grecs du monument,<br>\nLes Latins, les H\u00e9breux, et toute l\u2019antiquaille,<br>\nEt leur dire \u00e0 leur nez qu\u2019ils n\u2019ont rien fait qui vaille.<br>\nRon\u00adsard en son mes\u00adtier n\u2019estoit qu\u2019un apprentif,<br>\nIl avait le cer\u00adveau fan\u00adtas\u00adtique et&nbsp;r\u00e9tif&nbsp;;<br>\nDesportes n\u2019est pas net&nbsp;; Du Bel\u00adlay trop facile&nbsp;;<br>\nBel\u00adleau ne parle pas comme on parle \u00e0 la&nbsp;ville&nbsp;:<br>\nIl a des mots har\u00adgneux, bouf\u00adfis et relevez,<br>\nQui du peuple aujourd\u2019hui ne sont pas approuvez\u2026[[Satire IX, vers 17\u200a\u2013\u200a28.]]<\/poesie>\n<p>Il se moquait de la suf\u00adfi\u00adsance et de la vani\u00adt\u00e9 de Mal\u00adherbe et de ses sem\u00adblables, cri\u00adtiques minu\u00adtieux, poin\u00adtilleux, qui veulent enser\u00adrer l\u2019Art dans d\u2019\u00e9troites bar\u00adri\u00e8res et, s\u2019\u00e9criait R\u00e9gnier,<\/p>\n<poesie>Il semble, en leurs dis\u00adcours hau\u00adtains et g\u00e9n\u00e9reux,<br>\nQue le che\u00adval volant n\u2019ait pis\u00ads\u00e9 que pour eux.[[Satire IX, vers 43\u200a\u2013\u200a44.]]<\/poesie>\n<p>Et qu\u2019ont-ils fait, ces beaux haran\u00adgueurs pour pr\u00e9\u00adtendre ain\u00adsi \u00e0 la supr\u00eame gloire&nbsp;? Rien, nous r\u00e9pond le po\u00e8te satirique.<\/p>\n<poesie>\t\u2026\u2026 leur s\u00e7a\u00advoir ne s\u2019estend seulement<br>\nQu\u2019\u00e0 regrat\u00adter un mot dou\u00adteux au jugement,<br>\nPrendre garde qu\u2019un <i>qui<\/i> ne heurte une diphtongue&nbsp;;<br>\nEspier si des vers la rime est br\u00e8ve ou longue&nbsp;;<br>\nOu bien si la voyelle \u00e0 l\u2019autre s\u2019unissant<br>\nNe rend point \u00e0 l\u2019oreille un vers trop languissant&nbsp;;<br>\nEt laissent sur le verd le noble de l\u2019ouvrage.<br>\nNul esguillon divin n\u2019esl\u00e8ve leur courage&nbsp;;<br>\nIls rampent bas\u00adse\u00adment, faibles d\u2019inventions,<br>\nEt n\u2019osent, peu har\u00addis, ten\u00adter les fictions,<br>\nFroids \u00e0 l\u2019imaginer&nbsp;: car s\u2019ils font quelque chose<br>\nC\u2019est pro\u00adser de la rime, et rimer de la&nbsp;prose.<br>\nQue l\u2019art lime et relime, et polit de&nbsp;fa\u00e7on<br>\nQu\u2019elle rend \u00e0 l\u2019oreille un agr\u00e9able son&nbsp;;<br>\nEt voyant qu\u2019un beau feu leur cer\u00advelle n\u2019embrase,<br>\nIls attifent leurs mots, enjo\u00adlivent leur phrase,<br>\nAffectent leurs dis\u00adcours tout si rele\u00adv\u00e9 d\u2019art,<br>\nEt peignent leurs d\u00e9faux de cou\u00adleur et de fard.[[Satire IX, vers 55\u200a\u2013\u200a72.]]<\/poesie>\n<p>Mal\u00adherbe, pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment tou\u00adch\u00e9 par cette satire, ne sut d\u2019abord quelle conduite tenir. Ferait-il b\u00e2ton\u00adner R\u00e9gnier comme il avait fait b\u00e2ton\u00adner Ber\u00adthe\u00adlot&nbsp;? (Le b\u00e2ton a tou\u00adjours \u00e9t\u00e9 la judi\u00adcieuse r\u00e9plique de cer\u00adtaines gens, l\u2019infortun\u00e9 chan\u00adson\u00adnier Lauff en est un exemple d\u2019aujourd\u2019hui). Pren\u00addrait-il sa plume pour r\u00e9pondre&nbsp;? Non, ces deux solu\u00adtions \u00e9taient trop dan\u00adge\u00adreuses avec un adver\u00adsaire comme R\u00e9gnier&nbsp;: Mal\u00adherbe se conten\u00adta pru\u00addem\u00adment de se ren\u00adfer\u00admer dans sa digni\u00adt\u00e9 en rom\u00adpant avec Desportes et avec ses&nbsp;amis.<\/p>\n<p><\/p><center>\n<h3>*  *  *  *<\/h3>\n<p><\/p><\/center>\n<p>Boi\u00adleau a \u00e9crit, en par\u00adlant de R\u00e9gnier, ces vers deve\u00adnus fameux&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Heu\u00adreux, si ses dis\u00adcours, craints du chaste lecteur.<br>\nNe se sen\u00adtaient des lieux o\u00f9 fr\u00e9\u00adquen\u00adtait l\u2019auteur.<br>\nEt si du son har\u00addi de ses rimes cyniques<br>\nIl n\u2019alarmait sou\u00advent les oreilles pudiques. [[Boi\u00adleau&nbsp;: <i>Art po\u00e9\u00adtique<\/i>, chant&nbsp;II.]]<\/poesie>\n<p>Cette ver\u00adsion n\u2019est d\u2019ailleurs pas la pre\u00admi\u00e8re&nbsp;; Boi\u00adleau, ce digne \u00e9mule de Mal\u00adherbe, avait tout d\u2019abord \u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Heu\u00adreux, si moins har\u00addi, dans ses vers pleins de&nbsp;sel.<br>\nIl n\u2019avait point trai\u00adn\u00e9 les muses au bordel,<br>\nEt si du son har\u00addi,&nbsp;etc\u2026<\/poesie>\n<p>Mais ayant peur, par ces deux pre\u00admiers vers, de m\u00e9ri\u00adter les reproches qu\u2019il adres\u00adsait lui-m\u00eame \u00e0 R\u00e9gnier dans les deux vers sui\u00advants, Boi\u00adleau chan\u00adgea ses deux alexandrins.<\/p>\n<p>Le bl\u00e2me de Boi\u00adleau est-il exact&nbsp;? Oui. Mathu\u00adrin R\u00e9gnier, en effet, et cela notam\u00adment dans la satire XI, emm\u00e8ne d\u00e9li\u00adb\u00e9\u00adr\u00e9\u00adment ses muses au bor\u00addel. Mais faut-il en tirer de graves cons\u00e9\u00adquences&nbsp;? Oh&nbsp;! non, car R\u00e9gnier n\u2019a \u00e9crit que ce qu\u2019\u00e9crivaient les auteurs de son \u00e9poque. Sainte-Beuve a rai\u00adson quand il dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Jusqu\u2019alors on s\u2019\u00e9tait mon\u00adtr\u00e9 fort cou\u00adlant sur le compte des m\u0153urs, et la licence m\u00eame la plus ordu\u00adri\u00e8re avait presque \u00e9t\u00e9 un droit pour les po\u00e8tes.&nbsp;\u00bb Et si Mathu\u00adrin R\u00e9gnier a \u00e9crit de nom\u00adbreux vers licen\u00adcieux, nous n\u2019avons pas le droit de les lui repro\u00adcher. D\u2019autant plus que le po\u00e8te, grand trous\u00adseur de filles, n\u2019a jamais craint de faire des <i>mea culpa<\/i> pleins de franchise&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Au gouffre du plai\u00adsir la cou\u00adrante m\u2019emporte&nbsp;:<br>\nTout ain\u00adsi qu\u2019un che\u00adval qui a la bouche forte,<br>\nJ\u2019ob\u00e9is au caprice et sans discr\u00e9tion&nbsp;;<br>\nLa rai\u00adson ne peut rien des\u00adsus ma passion.[[Satire VII, vers 29\u200a\u2013\u200a32.]]<\/poesie>\n<p>Tant qu\u2019il fut jeune il ne se repen\u00adtit que m\u00e9dio\u00adcre\u00adment de ses exc\u00e8s. Il \u00e9tait fier de sa vigueur en mati\u00e8re d\u2019amour&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Guer\u00adrier infa\u00adti\u00adgable en ce doux exercice,<br>\nPar dix ou douze fois je ren\u00adtrois en la lice\u2026[[\u00c9l\u00e9gie IV, vers 53\u200a\u2013\u200a54.]]&nbsp;<\/poesie>\n<p>Il fai\u00adsait des po\u00e8mes sur la chaude-pisse, po\u00e8mes qui n\u2019ont pas vieilli et qui ravi\u00adraient encore les ama\u00adteurs de gau\u00adloi\u00adse\u00adries. Mais l\u2019\u00e2ge vint&nbsp;: Le Diable, en vieillis\u00adsant, se fait ermite, dit le pro\u00adverbe. R\u00e9gnier n\u2019alla pas si loin, mais il regret\u00adta am\u00e8\u00adre\u00adment son vigou\u00adreux printemps&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Un regret pen\u00adsif et confus<br>\nD\u2019avoir est\u00e9, et n\u2019estre plus,<br>\nRend mon \u00e2me aux dou\u00adleurs ouvertes&nbsp;;<br>\nA mes des\u00adpens, las&nbsp;! je vois&nbsp;bien<br>\nQu\u2019un bon\u00adheur comme estoit le&nbsp;mien<br>\nNe se cognoist que par la perte. [[Ode&nbsp;I.]]<\/poesie>\n<p>Et de ces vers on ne peut pas ne pas rap\u00adpro\u00adcher ceux de Marot, si d\u00e9li\u00adcieu\u00adse\u00adment m\u00e9lancoliques&nbsp;:<\/p>\n<poesie>Plus ne suis ce que j\u2019ay&nbsp;est\u00e9,<br>\nEt ne le s\u00e7au\u00adrois jamais estre&nbsp;;<br>\nMon beau prin\u00adtemps et mon&nbsp;est\u00e9<br>\nOnt fait le saut par la fenestre\u2026<\/poesie>\n<p>Notre sou\u00adhait serait que Boi\u00adleau, ce rigide cen\u00adseur, ait \u00e9crit d\u2019aussi jolis vers que ceux-ci en place de son des\u00ads\u00e9\u00adchant <i>Art Po\u00e9\u00adtique<\/i>.<\/p>\n<p><\/p><center>\n<h3>*  *  *  <\/h3>\n<p><\/p><\/center>\n<p>Mathu\u00adrin R\u00e9gnier a d\u2019ailleurs trou\u00adv\u00e9, par\u00admi les \u00e9cri\u00advains de jadis, des gens qui le pla\u00adc\u00e8rent \u00e0 son rang. M<sup>lle<\/sup>&nbsp;de Scu\u00adde\u00adri \u00e9cri\u00advait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Regarde cet homme n\u00e9gli\u00adgem\u00adment habill\u00e9 et assez mal\u00adpropre. Il se nom\u00adme\u00adra R\u00e9gnier, sera le neveu de Desportes et m\u00e9ri\u00adte\u00adra beau\u00adcoup de gloire. Il sera le pre\u00admier qui fera des satires en fran\u00ad\u00e7ais, et quoi qu\u2019il ait regar\u00add\u00e9 quelques fameux ori\u00adgi\u00adnaux par\u00admi ceux qui 1\u2019auront pr\u00e9\u00adc\u00e9\u00add\u00e9, il sera pour\u00adtant un ori\u00adgi\u00adnal lui-m\u00eame en son temps. Ce qu\u2019il fera sera excellent et ce qui sera moindre aura tou\u00adjours quelque chose de piquant. Il pein\u00addra les vices avec na\u00ef\u00adve\u00adt\u00e9, et les vicieux fort plai\u00adsam\u00adment. Enfin, il se fera un che\u00admin par\u00adti\u00adcu\u00adlier entre les po\u00e8tes de son si\u00e8cle, ou ceux qui le vou\u00addront suivre s\u2019\u00e9gareront bien sou\u00advent.&nbsp;\u00bb [[Made\u00admoi\u00adselle de Scu\u00add\u00e9\u00adri&nbsp;: <i>Cl\u00e9\u00adlie<\/i>.]].<\/p>\n<p>Jean-Bap\u00adtiste Rous\u00adseau accor\u00addait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Aucun n\u2019a mieux pris que lui le v\u00e9ri\u00adtable tour des anciens, et je suis per\u00adsua\u00add\u00e9 que M.&nbsp;Des\u00adpr\u00e9aux ne l\u2019a pas moins \u00e9tu\u00addi\u00e9 que Perse et Horace. La bar\u00adba\u00adrie qu\u2019on remarque en quelques endroits dans son style est celle de son si\u00e8cle et non pas la sienne&nbsp;; mais il a des vers si heu\u00adreux et si ori\u00adgi\u00adnaux, des expres\u00adsions si propres et si vives, que je crois que mal\u00adgr\u00e9 ses d\u00e9fauts il tien\u00addra tou\u00adjours un des pre\u00admiers rangs par\u00admi le petit nombre d\u2019excellents auteurs que nous connais\u00adsons.&nbsp;\u00bb [[.-B. Rous\u00adseau, <i>Lettre \u00e0 Bros\u00adsette<\/i>.]]. Mas\u00adsillon conc\u00e9\u00addait&nbsp;: \u00ab&nbsp;La po\u00e9\u00adsie elle-m\u00eame, mal\u00adgr\u00e9 les Marot et les R\u00e9gnier, mar\u00adchait encore sans r\u00e8gle et au hasard. Les gr\u00e2ces de ces deux auteurs appar\u00adtiennent \u00e0 la nature, qui est de tous les si\u00e8cles, plu\u00adt\u00f4t qu\u2019au leur.&nbsp;\u00bb [[Mas\u00adsillon&nbsp;: <i>Dis\u00adcours de r\u00e9cep\u00adtion \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00ad\u00e7aise<\/i>.]]. Mon\u00adtes\u00adquieu, dans les <i>Pen\u00ads\u00e9es diverses<\/i>, com\u00adpa\u00adrait R\u00e9gnier au G\u00e9or\u00adgion. Enfin, de si\u00e8cle en si\u00e8cle, des cri\u00adtiques ont affir\u00adm\u00e9 leur enthou\u00adsiaste admi\u00adra\u00adtion pour le po\u00e8te sati\u00adrique. M.&nbsp;Vil\u00adlet Le Duc lui consa\u00adcra, dans son <i>His\u00adtoire de la satire en France<\/i>, des pages o\u00f9 percent quelques r\u00e9ti\u00adcences, mais Sainte-Beuve ren\u00addit \u00e0 R\u00e9gnier ce qui lui \u00e9tait d\u00fb en l\u2019appelant le \u00ab&nbsp;Mon\u00adtaigne de notre po\u00e9\u00adsie.&nbsp;\u00bb [[Sainte-Beuve&nbsp;: <i>Tableau his\u00adto\u00adrique et cri\u00adtique de la po\u00e9\u00adsie fran\u00ad\u00e7aise au quin\u00adzi\u00e8me si\u00e8cle<\/i>.]].<\/p>\n<p>Main\u00adte\u00adnant, que de petits esprits s\u2019essaient \u00e0 chi\u00adca\u00adner notre po\u00e8te sur quelques lam\u00adbeaux de phrases, c\u2019\u00e9tait fatal et c\u2019est l\u00e0 le sort de tout homme de talent. Mais pour nous, qui ne regar\u00addons pas une \u0153uvre \u00e0 tra\u00advers le verre d\u00e9for\u00admant des pr\u00e9\u00adju\u00adg\u00e9s, Mathu\u00adrin R\u00e9gnier demeu\u00adre\u00adra un \u00e9cri\u00advain ind\u00e9\u00adpen\u00addant et robuste dont nous aime\u00adrons \u00e0 relire les vers tru\u00adcu\u00adlents et les saillies vengeresses.<\/p>\n<p>[\/\u200bGeorges <sc>Vidal<\/sc>.<br>\n<br><i>Aix, Mai\u00adson d\u2019arr\u00eat<\/i>.\/\u200b]<\/p><\/poesie><\/poesie><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mathu\u00adrin R\u00e9gnier un \u00ab&nbsp;oubli\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;? Oui&nbsp;; le compte serait vite fait, je crois, de ceux qui aujourd\u2019hui lisent encore ses \u0153uvres. D\u2019ailleurs il n\u2019est pas le seul&nbsp;: on ne lit plus le vieux fran\u00ad\u00e7ais. Les \u00e9cri\u00advains de jadis, jug\u00e9s et cata\u00adlo\u00adgu\u00e9s d\u00e9fi\u00adni\u00adti\u00adve\u00adment, ne sont plus que des noms pour la grande majo\u00adri\u00adt\u00e9. Il est cou\u00adtume&nbsp;de&nbsp;[\u2026]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[444],"tags":[],"ppma_author":[540],"class_list":["post-3672","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-revue-anarchiste-n14-20-fevrier-20-mars-1923"],"authors":[{"term_id":540,"user_id":1,"is_guest":0,"slug":"admin_3gikpwyf","display_name":"Vincent Dubuc","avatar_url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/d015720652c25fd2ced191ade86430094e1f288a17483713e3b34d26dea52507?s=96&d=mm&r=g","author_category":"","user_url":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net","last_name":"Dubuc","first_name":"Vincent","job_title":"","description":""}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3672","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3672"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3672\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3672"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3672"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3672"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-presse-anarchiste.net\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/ppma_author?post=3672"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}